Après Stade-Oyonnax

Y. Maestri : " L'important ? Les quatre points"

Est-ce un match qui vous laisse tout de même un peu sur votre fin ?

Il y a deux façons de voir le match. La première est qu’on est derrière en première mi-temps et qu’on revient bien en seconde mi-temps. Nous avons clairement été mis à mal durant les cinquante premières minutes de ce match et nous avons bien su renverser la vapeur pour l’emporter par la suite. Après il y a une autre façon de le voir. Nous mourons à trois essais pour nous et nous aurions voulu marquer ce quatrième, ce qui nous aurait permis de marquer cinq points. On va dire que nous sommes mitigés même si on est quand même heureux de repartir avec cette victoire car on sait très bien que ce n’est jamais facile, notamment sur un match comme celui-là.

Avec deux mi-temps assez différentes, pour ce qui est du score ou de votre comportement… Y-a-t-il une explication à ça ?

Notre comportement est dû à la très bonne prestation d’Oyonnax. Il ne faut pas l’oublier. C’est la Coupe d’Europe, et cette Coupe d’Europe regroupe les six meilleures équipes de l’année dernière sur le championnat, avec les meilleures équipes européennes. Oyonnax a clairement montré pour son premier match européen qu’ils étaient là et qu’ils allaient vendre chèrement leur peau.

Nous nous sommes mis énormément de pression, notamment en faisant tomber beaucoup de ballons ce qui nous a obligé à jouer chez nous. Nous avons eu beaucoup de difficultés à sortir de notre camp. Dans ce sport, avec le vent contre et une équipe qui est venue pour ne rien lâcher, c’est extrêmement difficile de sortir de son camp si nous ne sommes pas capables de tenir le ballon et d’être précis. Malheureusement nous ne l’avons pas été assez sur cette première mi-temps. Le score était clairement compréhensible quand nous sommes rentrés aux vestiaires.

L’absence du bonus offensif peut-il vous coûter cher pour la suite de la compétition ?

Oui bien sûr, mais ça on le verra par la suite. L’année passée, nous avions fait quatre matchs sur quatre parfaits. Nous avions gagné à Bath et à Glasgow … Nous avions tout fait parfaitement et sur les deux dernières journées nous nous étions complétement écroulés. Nous avions été doublés à la toute fin face à Bath qui était venu l’importer chez nous. Cette année nous n’allons pas tirer de conclusions trop hâtives. Nous ne savons pas comment va se passer la suite, parce que n’oublions pas que certaines équipes n’ont pas pu jouer leurs matchs suite aux tristes événements qui se sont passés. Honnêtement nous ne savons pas quelle physionomie la compétition va prendre pour les prochaines semaines. Nous verrons à l’aube de la dernière journée si nous sommes toujours dans les clous. Pour l’instant, ce n’est pas le moment de faire trop de conclusions.

Que s’est-il passé à la mi-temps ? Vous marquez rapidement en revenant sur le terrain…

Je pense qu’Oyonnax a fait une très belle première mi-temps et que nous avons été un peu laxistes. Je ne dirais pas que c’était une première mi-temps catastrophique. Quand on connaît le sport de haut-niveau et plus particulièrement le sport de combat, nous savons qu’il y a de l’affrontement et du combat, comme deux combattants sur un ring. Il y en a toujours un qui faiblit un autre qui domine. Je dirai qu’il y avait une équipe qui dominait sur cette première partie de rencontre et que ce n’était pas nous.

Un joueur d’Oyonnax a émis une hypothèse en disant que vous les aviez peut-être pris un peu de haut…

Pas du tout. Qu’il se rassure. Nous avons été très faibles comme je l’ai dit précédemment. Mais c’est mal nous connaître de dire ça. Car par le passé on a eu la pire difficulté à l’emporter face à eux. Je pense que c’est une bonne excuse de se dire ça.

Les dernières minutes ne vous laissent-elles pas un goût amer ?

L’action de contre qui amène les Oyomens à l’essai, part d’une réelle volonté de notre part de jouer debout. Malheureusement le ballon tombe, il est ramassé et il y a une course de quarante mètres. Mais quelque part il vaut mieux avoir cette ambition de jouer et de faire vivre le ballon tous ensemble que d’être ternes dans notre jeu et dans nos ambitions. Aujourd’hui cela ne nous a pas souri. Il y a encore quelques semaines tout le monde levait les bras car il y avait un score à deux chiffres à la fin. Aujourd’hui il faut être humble, comme nous l’avons été l’an passé et savoir qu’il y a encore énormément de travail. Nous le savons depuis un moment et la saison est encore longue.

Le TOP 14, inconsciemment ou non, est-il une priorité pour vous cette saison ?

La priorité cette saison est de faire une saison pleine, chose que nous n’avons pas fait l’année passée malgré notre parcours jusqu’en demi-finale. Il faut prendre les matchs les uns après les autres et donner notre meilleur à chaque fois. L’emporter, reste une priorité. Ce soir c’est ce que nous avons fait, en marquant trois essais et non quatre. Malgré les pronostics nous n’avons pas eu une large victoire, mais nous savions que ça allait être compliqué. Les quatre points restent le plus important.