Interview

Pierre Gayraud : "Reprendre goût au rugby"

Interview

A quel âge as-tu commencé le rugby et pourquoi as-tu choisi de t’orienter vers ce sport ? 

J’ai commencé en 1999, suite à la Coupe du Monde. J'avais 7 ans à l'époque.

J’ai choisi le rugby parce que mon grand-père et mon père le pratiquaient. Nous étions en quelque sorte "élevés" au rugby. Nous le regardions sans cesse à la télé et on jouait avec mon frère dans le jardin. Pratiquer le rugby a été une évidence. J’ai commencé, ça m’a plu. Et je ne me suis jamais arrêté.

Tu as débuté ta carrière professionnelle sur les bords de la Nive avec l’Aviron Bayonnais. Que retiens-tu de cette expérience ? 

Ce sont eux qui m’ont mis le pied à l’étrier. Cela a été compliqué au début parce que j’arrivais dans une nouvelle ville, un nouveau milieu, un nouveau staff. Il a fallu s’adapter.

Ce sont eux qui ont fait ce que je suis aujourd’hui et je leur en suis très reconnaissant pour ça. J’ai vécu un rugby différent, où les choses n’étaient pas simples : chaque année, on jouait le maintien, ce qui signifie une remise en question tous les week-ends, et pas beaucoup de victoires… Il faut savoir rester motivé, continuer à s’entraîner et rester soudés au sein du groupe.

J’ai connu aussi la remonté du club de Bayonne en Top 14 pour ma 4ème année, ici à Toulouse. Je n’en garde que de bons souvenirs.

Tu as très peu joué chez les Grenats de l’UBB la saison dernière. On imagine qu’une certaine frustration peut accompagner ce genre de saison chez un joueur professionnel. Comment te sens-tu aujourd’hui ?

C’est sûr qu’il y a une frustration, mais j’étais présent à tous les entraînements, pour aider l’équipe le mieux possible, même si je n’étais pas sur les terrains le week-end. Humainement, cela m’a apporté d’autres choses : j’ai rencontré des personnes, j’ai découvert une nouvelle ville, je me suis fait de nouveau amis dont je suis resté très proche. Rugbystiquement aussi, sur certains points, ça m’a montré qu’il n’y avait pas que des hauts. Il existe aussi des bas et il faut apprendre à les gérer. Ça a été bénéfique, on apprend de ses échecs. A moi de ne pas reproduire ce qui s’est passé là-bas.

Quels sont tes objectifs personnels pour cette saison 2018-2019 ?

En premier lieu bien intégrer le groupe et le plan de jeu, et faire ce qu’on attend de moi. Ensuite, emmagasiner le plus de temps de jeu possible, montrer aux gens qui m’ont fait confiance en me faisant venir au Stade Toulousain qu’ils ont eu raison. Puis prendre du plaisir et reprendre goût au rugby. Et quoi de mieux que Toulouse pour ça !

Comment as-tu réagi quand l’opportunité de rejoindre le Stade Toulousain s’est présentée ?

J’ai d’abord cru que c’était une mauvaise blague. Je ne jouais pas à Bordeaux, ou très peu. Et au final, tout était vrai. Je suis Perpignanais d’origine et pour moi il existait deux grands clubs : l'USAP et Toulouse. Je me souviens côté toulousain de tous ces joueurs emblématiques, qui ont créé la légende. C’était un rêve de gosse, maintenant, c’est à moi de le poursuivre.

Tu remplaces numériquement Yoann Maestri chez les Rouge et Noir. Est-ce une pression supplémentaire pour toi ? Que penses-tu de ce joueur ?

On ne peut pas comparer nos compétences. C’est sûr qu’on va me demander d’avoir un peu le même style de jeu que lui. Il va falloir que je m’adapte. C’est un joueur fort, important sur le terrain et un leader incontesté. Je sais ce qu’on attend de moi et je vais tout faire pour répondre à ces attentes.

Quand un joueur change de club, il prend forcément quelques risques : nouveaux coéquipiers, nouveau staff, nouvelles règles… Pourquoi as-tu décidé de relever ce nouveau challenge ?

Je suis quelqu’un qui aime les défis et la difficulté. J’aurais pu rester à Bayonne et rester dans mon cocon, mais je me suis mis en danger en partant à Bordeaux, et au final ça a payé puisqu’aujourd’hui je suis ici, à Toulouse. C’est encore un nouveau challenge, pas facile à relever, c’est sûr. Il va falloir que je change beaucoup de choses dans mon jeu et dans mon attitude.
Mais je suis un compétiteur et c’est pour cela que j’ai accepté ce challenge.

Comment se sont déroulés tes premiers entraînements avec tes nouveaux coéquipiers ?

Très bien. C’est une façon de travailler qui est différente de tout ce que j’avais connu jusqu’à présent et qui me convient parfaitement. C’est un projet et un plan de jeu qui me plaisent, je vais tout faire pour les respecter et me donner à 100 %.

Au début, ce n'est pas forcément évident, on arrive dans un nouveau cadre, mais on s’adapte. Je vais monter en puissance et tout donner lors des entraînements pour montrer que si je suis ici, ce n’est pas pour rien.

Tu peux évoluer au poste de 2ème ou 3ème ligne. Cette polyvalence est-elle un plus pour toi ? A quel poste préfères-tu évoluer ?

Je n’ai pas de préférence, l’important est d’être sur le terrain. Le poste de seconde ligne est fatigant physiquement entre la mêlée et la course pendant les matches. Pour le poste de troisième ligne, il faut être presque sur toutes les actions et aider l’équipe du mieux possible.
Mais il est peut-être temps que je me stabilise, je dirais donc seconde ligne.

Les supporters toulousains ne te connaissent pas encore parfaitement. Quel genre de 2ème ligne es-tu ? Comment te définirais-tu ?  

Je dirais que je suis un seconde ligne de devoir. On ne me voit pas forcément le ballon en main, j’essaie de travailler pour l’équipe et de faire en sorte que mes coéquipiers puissent jouer le ballon. Je m’occupe de ce qu’on appelle les « tâches obscures ».

Je ne suis pas égoïste sur le terrain, et jouer pour le collectif c’est dans l’esprit du Stade Toulousain, c’est aussi pour ça que je suis venu ici. Mon point fort est peut-être la défense... même si c’est mieux d’avoir le ballon (sourires). On verra avec les matchs qui vont venir. Je laisse les supporters choisir par eux même.

Tu as sans doute suivi la saison du Stade Toulousain l’année passée. Comment l’as-tu vécu de l’extérieur ?

J'ai été très agréablement surpris. Je les ai vus venir gagner à Bordeaux, ce qui a vraiment relancé leur fin de saison. Ils ont eu un jeu très plaisant et ils ont montré de quoi ils étaient capables. J’espère évidememment que cela sera pareil cette année.

Que représente le Stade Toulousain aujourd’hui pour toi ?

C’est un club légendaire avec une renommée internationale. Quand on va quelque part, qu’on parle de rugby, je pense que c’est le Stade Toulousain qui revient dans les premiers clubs cités. Je sais ce que ça représente de jouer pour le Stade Toulousain, les plus grands joueurs sont passés par ici. A moi maintenant de me mettre au diapason.