Julien Candelon

Entretien avec l'homme de l'ombre de France 7 !

Julien Candelon

Quels souvenirs gardes-tu de tes années toulousaines ? En quoi ont-elles marqué ton parcours ?

Le Stade est ma deuxième maison. C’est le club où j’ai joué le plus longtemps dans ma carrière, de la catégorie Crabos à la fin des Espoirs, en passant par les Reichel et le Centre de Formation. C’est là où j’ai grandi et où j’ai appris à être un joueur de rugby de haut niveau. À chaque fois que je reviens, je revois les mêmes têtes que celles d’il y a 20 ans. Je me sens en famille.

Tu as pu voir la magnifique saison effectuée par le Stade Toulousain, que t'évoque-t-elle ?

Au cours des dernières années, j’ai eu l’occasion de venir à Ernest Wallon commenter les matchs de Coupe d’Europe, en tant que consultant pour BeinSport. J’ai encaissé, à l’image des supporters, pas mal de souffrance sur cette période de transition. Cette saison fut celle de la délivrance. Le Stade a retrouvé sa place et LA place, la sienne, celle du Capitole. En tant qu’ancien stadiste, je sais à quel point la place du Capitole représente un symbole fort pour ce club. Je ne vous cache pas que j’ai regardé en live l’arrivée des joueurs et du bouclier devant la mairie avec une certaine nostalgie, et de beaux souvenirs.

J’ai suivi la saison et apprécié la manière dont elle s’est déroulée, j’étais très content pour le club et pour les gens qui sont présents depuis 30 voire 40 ans, avec une fidélité sans faille.

Tu occupes un nouveau poste désormais, décris-nous ton rôle au sein de France 7. 

Mon rôle est celui de « Team Manager » comme l’appellent les anglo-saxons. Je m’occupe de la logistique et de la coordination entre l’administratif et le sportif pour les 3 équipes de France à 7 masculines. Cela consiste à mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu’ils soient performants. Je règle l’extra-sportif car il a une incidence certaine sur le rendement sur le sportif.

C’est quelque chose que j’avais identifié quand j’évoluais encore sur les terrains. Je connais leurs problématiques, leurs contraintes, les lieux où ils se rendent, alors ça me facilite le travail. En ayant en mémoire certaines difficultés, je fais en sorte qu’elles disparaissent pour que les joueurs puissent atteindre des objectifs plus élevés que ceux que nous avons atteints par le passé.

Justement, quels sont les objectifs de France 7 ?

Je crois qu’à tous les niveaux de la Fédération, on rêve d’une médaille olympique à Tokyo. Le staff et les joueurs sont unanimes dans leur volonté d’atteindre la qualification olympique. Nous voyons grand, sommes ambitieux et ne nous formalisons pas sur les étapes. Elles ne doivent pas représenter une contrainte à notre progression. Mais ce sont les joueurs qui jouent et je sens qu’ils sont déterminés à aller chercher ce résultat aux Jeux Olympiques.

Le fait qu’ils s’entraînent dans vos locaux pour leur préparation au TQO n’est pas anodin car le climat y est serein et propice à la victoire. L’étape du week-end des 13 et 14 juillet à Colomiers est cruciale, mais elle peut nous permettre de viser loin, en cas de réussite. 

Portes-tu un nouveau regard sur l’univers du rugby français aujourd’hui ?

Il est complexe car les intérêts des parties qui le composent sont divergents. On peut avoir le sentiment que tout le monde ne rame pas à la même vitesse et dans le même bateau. Cependant je pense que contrairement à ce qu’on peut nous faire passer comme message, le rugby reste un sport de passionnés et que toutes les personnes qui gravitent autour le sont. Ils peuvent donc ne pas toujours employer les bonnes manières pour l’exprimer.

On connait quelques crises de croissance dans toutes les disciplines que ce soit à 7 ou à 15 mais je vois ça comme un passage sûrement obligatoire. Mon regard n’est pas inquiet parce que justement, ces passionnés s’impliqueront toujours. Il suffit de cadrer et d’être unanime mais cette question reste complexe, comme un rebond au rugby… (rires).