Le principal trait de mon caractère
La franchise


La qualité que je préfère chez les hommes
La simplicité


La qualité que je préfère chez les femmes
Quand elles sont passionnées


Mon principal défaut
L’impatience


Ma principale qualité
Je suis attentionné


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur connerie :)


Mon occupation préférée
Pas une en particulier, mais beaucoup de hobbies (bricolage, golf, peinture...)


Mon rêve de bonheur
Avoir un enfant


Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre quelqu'un de proche


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Personne


Le pays où j'aimerais vivre
La France


Un héros dans la fiction
Jon Snow


Un héros dans la vie réelle
Ma mère

Mes héros dans l’histoire
Les résistants durant la seconde Guerre Mondiale



Ce que je déteste le plus
Les hypocrites


Le personnage historique que je déteste le plus
Les leaders causant des génocides


Le don de la nature que je voudrais avoir
Soigner les gens


Comment j'aimerais mourir
Dans mon sommeil


Mon état d’esprit actuel
Il reste combien de questions ? Je n’en peux plus :)


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
La maladresse


Ma devise
Il ne faut pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même

Dernier match de la saison à Ernest Wallon, ce Stade-Clermont marque les adieux de plusieurs joueurs et se révèle fort en émotions. Malgré tout, les Rouge et Noir restent concentrés et mènent du début à la fin. Les essais de Picamoles et Fickou sont les points forts d’un succès mérité.

Premier match de l’année civile, ce choc accouche d’un duel âpre, indécis et passionnant. Alors leader au classement, Clermont est cueilli à froid par un essai de Médard. Devant au score, les Rouge et Noir ne seront plus jamais rejoints, grâce notamment à la précision au pied de Doussain.

Si le score final est relativement serré, il ne traduit pas la domination quasi totale des Toulousains sur les débats. Les hommes de Guy Novès marquent à trois reprises (Huget, Burgess et David) et n’encaissent qu’un seul essai. Grâce à cette victoire, le Stade double son adversaire du jour au classement et s’empare de la deuxième place.

Dès la 5ème minute, Yann David met son équipe sur orbite en aplatissant dans l’en-but auvergnat. Inspirés, créatifs, impeccables en conquête, les Stadistes maîtrisent la partie de bout en bout et inscrivent deux autres essais, par Matanavou et Poitrenaud. L’essai offensif apparaît comme une juste récompense au vu de la prestation fournie.

Journée cauchemardesque pour les Toulousains, qui s’inclinent logiquement au Stadium face à une équipe clermontoise dominatrice et perdent Vincent Clerc, blessé au genou, pour de longs mois. La tournure des événements fait craindre le pire pour les échéances à venir mais la suite, heureusement, prouvera le contraire.

Son patronyme a marqué l’histoire du club dans les années 2000 : neveu d’Isitolo et Finau, le jeune Edwin doit bien malgré lui assumer un lourd héritage. Si ses performances ont d’abord été marquées d’une certaine irrégularité, il semble bien avoir franchi un cap cette saison.

Il a évidemment un nom sans doute plus difficile à porter qu’un autre quand on est joueur au Stade Toulousain. Ses oncles, Isitolo et Finau, ont marqué les esprits et participé à certaines des plus belles pages de l’histoire du club. Edwin, lui, n’en est pas encore là. Même si, à 22 ans seulement, on a presque l’impression qu’il fait partie des meubles.
Il faut dire que sa première apparition en équipe professionnelle remonte déjà au 25 août 2012, lors de la venue de Mont-de-Marsan à Ernest Wallon. Le public avait alors découvert un garçon au gabarit exceptionnel, capable de mettre à mal toutes les défenses et n’importe quel adversaire.

Le jeune Maka avait un potentiel évident, mais il restait un diamant brut, encore éloigné des exigences du très haut niveau. Ses statistiques, très loin d’être déshonorantes pour un garçon de cet âge, témoignent d’ailleurs d’une certaine irrégularité : les mois passaient, les saisons également, mais il ne parvenait pas à se faire durablement une place au sein des feuilles de match.
Il y a un peu plus d’un an et demi, Finau dressait un portrait attendri mais néanmoins sévère de son neveu : « Il a les capacités pour jouer au plus haut niveau. Mais je pense qu’il lui manque encore de l’expérience, du travail et peut-être du mental pour jouer davantage dès maintenant. S’il se concentre et s’il continue d’augmenter son niveau, il aura certainement l’opportunité de se montrer un peu plus. Il a une marge de progression importante.
Sa taille et son physique sont des atouts indéniables, y compris pour jouer en pro. Maintenant, c’est dans la tête qu’il doit travailler 
».


Depuis, le message a été transmis. Et entendu. Revenu amaigri pour la reprise de l’entraînement en juillet dernier, Edwin a rapidement fait comprendre qu’un palier avait été franchi. Ugo Mola, à l’époque, ne cachait pas ses espoirs en l’intéressé : « Edwin est certainement l’un des plus gros potentiels que j’ai eu la chance de croiser. Le problème, c’est que pour se stabiliser au haut niveau, il doit être capable de répéter les efforts et de répéter les matchs de premier plan. S’il s’en donne les moyens, il pourra jouer au Stade Toulousain sans souci, car il a les qualités. A chaque fois qu’il touche le ballon, il pèse sur la défense adverse et est capable de faire la différence. Qu’il soit seconde ligne ou 8 ne change pas grand-chose… Il faut qu’il passe un cap, et il en est conscient. Il a perdu 7 kilos pendant l’intersaison, et il se rapproche des exigences du très haut niveau. Oui, on compte beaucoup sur Edwin ».

La suite a donné satisfaction à l’entraîneur en chef. Les dernières prestations de Maka ont marqué les esprits, à l’image de la performance réalisée face à Brive : un match plein, intelligent, où Edwin, au-delà du défi physique, est parvenu à assurer une continuité dans le jeu, si chère à la philosophie du Stade Toulousain. « Certains diront que son éclosion est tardive. Je pense qu’elle s’est réalisée en trois étapes essentielles. D’abord au niveau de son corps. Il s’est stabilisé en terme de poids et a passé un vrai cap physique. Ensuite au niveau de l’agressivité et de l’état d’esprit général sur lesquels il a trouvé une constance. Enfin, dans le jeu, où il est arrivé à maturité », conclut Mola.

Cette fois, et malgré la blessure à la main qui le tiendra éloigné des terrains quelques semaines, les promesses semblent avoir été tenues. Ce n’est surtout pas le staff qui s’en plaindra.

Sur les dix derniers affrontements entre le Stade Toulousain et Clermont disputés dans la Ville Rose, l’ASM l’a emporté à trois reprises. Sur le même laps de temps, aucune autre équipe du Top 14 ne possède un tel ratio de victoires en terre toulousaine.

Depuis de nombreuses semaines, l’ASM caracole en tête du Top 14. Mais en plus de résultats remarquables, l’équipe s’appuie sur un jeu spectaculaire et efficace. Souvent frustré ces dernières fins de saisons, le club auvergnat a peut-être cette fois trouvé la formule qui gagne.

La septième journée du championnat a marqué un tournant dans la saison qui, depuis, ne s’est jamais démenti. C’est en effet à ce moment-là, à la faveur d’une victoire à domicile face à Castres, que Clermont s’est emparé de la tête du championnat, et ne l’a plus lâchée depuis. On ne pouvait pas vraiment dire que cette passation de pouvoir ait constitué la surprise du siècle, car auparavant, depuis le coup d’envoi de la compétition, le club n’avait jamais quitté les six premières places.
Souvent placée, rarement gagnante (faut-il rappeler que l’ASM, pour quatorze finales disputées en Top 14 et H Cup, ne compte à son palmarès qu’un seul titre de champion de France, acquis en 2010), l’équipe semble cette fois sur de bons rails. Tout ceci mérite évidemment confirmation, notamment au moment des phases finales, mais ce qui est pris, c’est bien connu, n’est plus à prendre.

Le sport de haut niveau, on le sait, laisse peu de place au hasard. Et la première moitié de saison réussie des Jaunards n’est en rien un heureux concours de circonstances. Le club tire d’abord profit d’une politique misant sur la stabilité de l’effectif : ainsi, lors de la dernière intersaison, seuls trois joueurs, tous internationaux, sont venus renforcer le groupe : Lamerat, Timani et Jarvis.




Un choix davantage porté sur le qualitatif que le quantitatif, et qui, selon Damien Chouly, porte aujourd’hui ses fruits : « C’est la clé, je pense, de notre début de saison. Nous n’avons intégré que trois nouvelles recrues. Pas mal de jeunes complètent notre groupe mais ils étaient déjà là. Ils nous poussent et obligent tout le groupe à élever son niveau. Cette stabilité est aussi vraie sur le projet de jeu, qui est à peu près le même. Tout cela nous donne peut-être un temps d’avance sur les autres ».

Depuis quelques semaines, les Jaune et Bleu sont entrés dans une période décisive, qui conditionnera grandement la suite de leur saison. Cette même période qui, un an plus tôt, avait coûté si cher sur le plan européen, alors que le groupe était décimé par les blessures. « Nous avons eu un échec patent en Coupe d’Europe, l’an dernier, parce qu’en décembre et janvier, quand tout se jouait, nous n’étions pas dans notre meilleure forme collectivement. Il faudra veiller à ce que ça ne se renouvelle pas. La cible de notre début de saison, elle est là, sur ces deux mois d’hiver qui décideront de beaucoup de choses pour la suite de la saison », analysait il y a quelques mois le Président De Cromières.

Alors que le mois de décembre touche à sa fin, Clermont reste plus que jamais en lice, et bien placé, sur tous les tableaux. Et si, en rugby, les compétitions sont ainsi faites que la vérité de janvier n’est pas forcément celle de mai ou juin, cela témoigne d’une chose : au moment des phases finales, l’ASM devrait être au rendez-vous.

TOP 14 31/12/2016
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
BAILLE 1
2
ALDEGHERI 3
GRAY 4
TEKORI 5
6
7
CROS 8
BEZY 9
10
HUGET 11
12
13
BONNEVAL 14
MEDARD 15
remplaçants
GHIRALDINI
FAASALELE
AXTENS
VAN DYK

L’entraîneur en chef de Clermont, en poste depuis le départ de Vern Cotter, est bien plus qu’un technicien. Il est aujourd’hui un guide, le garant de l’identité auvergnate, qui entend bien concilier résultats et beau jeu.

La saison passée, cette période charnière de décembre-janvier avait été extrêmement délicate pour le club. Il reste encore des matchs jusqu’à fin janvier, mais vous avez apparemment retenu la leçon ?

Vous savez, les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : ce n’est jamais la même chose, même si elles se rejoignent sur un point, en l’occurrence qu’elles sont compliquées. Il y a souvent différentes causes auxquelles nous sommes confrontés et qui expliquent des passages à vide. Il est vrai que l’année dernière on avait un peu souffert, notamment en raison du nombre extrêmement important de blessés, avec une vingtaine d’opérations. Cette saison, on passe un peu entre les gouttes à ce niveau-là, et ça aide forcément dans la construction de la saison. Notre début de championnat a été dans l’ensemble satisfaisant, et c’est toujours plus facile pour pouvoir entretenir et pérenniser la sérénité et la confiance à l’intérieur du groupe.

Sur le plan européen, la qualification est bien engagée, même si pas encore acquise. Clairement, après l’inhabituel échec de la saison passée en Champions Cup, il y avait la volonté de montrer un autre visage ?

Oui, on reste fidèle à ce que l’on aime faire, à ce que l’on aime produire : essayer d’avoir un rugby qui fasse à la fois plaisir et qui nous fasse également plaisir. Ce rugby doit aussi être efficace. On est focalisés sur ça, avec toujours en tête cette notion de s'en donner à coeur joie sur le terrain.

Les résultats sont une chose, la manière en est une autre. L’ASM parvient à concilier les deux et c’est clairement une volonté affichée, une marque de fabrique du club ?

C’est vrai, cela fait partie de notre ADN, de notre façon de faire. Quand on joue à l’ASM, c’est important d’avoir ces valeurs-là et cette culture-là, à la fois sur le jeu et sur notre façon de vivre à l’intérieur du groupe. L’idée est de partager ça avec l’extérieur et nos supporters. Effectivement, cela reste une priorité.

Ce beau jeu explique-t-il l’engouement cette saison autour de l’équipe, même s’il n’est évidemment pas nouveau ?

Indéniablement, ça compte. Avoir de la régularité, être capable d’afficher des bonnes performances, avoir des standards de haut-niveau et essayer que tout le monde s’aligne là-dessus au sein du groupe… Ce sont des éléments importants, et je pense que les gens et la presse en général le reconnaissent.
Il est vrai que nous avons une belle affluence au stade Michelin, mais tout est lié. Il y a de la qualité sur le terrain, il y a des garçons généreux… Et à côté de ça, il y a un public extraordinaire qui booste l’équipe. C’est du « donnant-donnant » et on sent qu’il y a une certaine émulation, un échange qui s’est établi entre le public et les joueurs.

Lors d’un récent déplacement à Bayonne, le club avait communiqué sur le nombre très important de joueurs formés au club (13) sur la feuille de match. Là aussi, on touche à l’une des marques de fabrique de l’ASM ?

J’en suis persuadé, et il faut s’appuyer là-dessus. On a une bonne formation à Clermont depuis quelques années, et on essaie de l’optimiser au maximum. Je crois aux jeunes et à la qualité qu’ils dégagent, à leur enthousiasme et à leur insouciance. Cela fait partie du mélange de générations qu’on a dans notre groupe aujourd’hui, et il est important. Comment les joueurs intègrent le groupe, comment les valeurs se transmettent à l’intérieur… Ce sont toutes ces choses-là auxquelles on essaie de prendre soin. Avoir une identité auvergnate, avoir une appartenance font partie des choses auxquelles je crois, c’est certain.

Le choix de la stabilité, avec un nombre très restreint de recrues à l’intersaison, explique-t-il aussi cette première moitié de saison réussie ?

Oui, ça compte, car les joueurs ont des repères, ils ont de la clarté sur ce qu’on essaie de faire. Le projet de jeu est en perpétuelle évolution, mais ils ont des bases solides. Aujourd’hui, il y a des contraintes de salary cap à respecter : Il faut en tenir compte mais quand on a confiance en les garçons avec lesquels on travaille, c’est important de leur montrer, de les fidéliser et de continuer à travailler avec eux.

Pour chercher la petite bête, on pourrait dire que ces derniers temps, Clermont encaisse beaucoup d’essais : 13 sur les trois derniers matchs. S’agit-il de l’un des effets pervers du jeu total que vous préconisez ? Est-ce l’un des chantiers qui vous préoccupe ?

On est tourné évidemment là-dessus puisque c’est important, mais ce n’est pas corrélé à notre jeu. C’est lié à notre manque de concentration, à nos difficultés à changer de registre offensif/défensif… Ce sont des petites choses mises bout à bout qui font que l’on s’expose. C’est ce que l’on essaie de gommer en ce moment.
On était déjà beaucoup mieux la semaine dernière, même si on a quand même eu un passage à vide d’une dizaine de minutes. On est en train de bosser là-dessus, mais je pense que les garçons savent tous défendre, il reste maintenant à bien le faire ensemble. Comme l’attaque, c’est quelque chose qu’il faut remettre en question en permanence. A nous de continuer de le cultiver à l’entraînement.

Comment appréhendez-vous ce match à Toulouse et dans quel état d’esprit allez-vous vous déplacez ?

On va essayer de faire honneur au fait de venir jouer au Stade Toulousain. On sait que c’est toujours un match compliqué. Le Stade fait partie des grosses écuries du championnat français, avec ce que cela implique sur le terrain, et notamment de la densité dans leur paquet d’avants. Les Toulousains l’avaient montré quand ils étaient venus au Michelin. Ils nous ont posé beaucoup de difficultés sur les phases de conquête, en mêlée…

On était passés ce jour-là entre les gouttes.
On sait qu’il y a également une grosse ligne de trois-quarts et la volonté de produire du bon rugby. On a conscience qu’il faudra être prêts si on ne veut pas prendre une raclée. Honnêtement, avec les congés de Noël, on a eu peu de temps pour s’entraîner avant la venue au Stadium… Ce sera assez compliqué, mais je sais qu’on va tout faire pour bien mouiller le maillot et donner le meilleur de nous-mêmes.

Quels souvenirs avez-vous du match aller ? Ce n’est pas courant, mais Clermont, notamment devant, avait été bousculé sur ses terres ?

J’espère qu’on aura de la mémoire et qu’on saura se rappeler de cette rencontre. On sait qu’il s’agit de l’un des points forts de Toulouse et j’imagine qu’ils voudront forcément s’appuyer là-dessus.

Plus globalement, quelle image avez-vous du Stade Toulousain ?

Pour moi, le Stade Toulousain reste une référence dans le rugby français. On parlait tout à l’heure de l’ASM, qui était capable d’associer du beau jeu et de l’efficacité, et je pense que Toulouse est dans ce registre-là également. Il y a aussi cette notion d’identité et de formation qui est présente. On ne peut pas dire qu’on évolue de la même manière en permanence sur le terrain, mais il y a cette envie commune. Le Stade est une valeur sûre du championnat et un gros concurrent pour notre équipe.

Il n’est pas courant de jouer un 31 décembre à 17 heures. Logistiquement, quelle est votre organisation ?

C’est compliqué. Honnêtement, on va faire le réveillon dans le bus en rentrant, et nous avons prévu les cotillons pour le retour ! Cela fait partie du rugby professionnel aujourd’hui, des exigences des droits TV et des médias… C’est plus facile pour les Toulousains car ils reçoivent et ont donc moins de contraintes. En ce qui nous concerne, on va faire avec. Il n’y a pas d’autres choix.

Sur les dix dernières années, c’est l’écart moyen au score final entre les deux équipes quand elles s’affrontent à Toulouse. La plus large victoire sur cette période est à mettre au crédit du Stade, vainqueur 24-7 lors de la saison 2006-2007.




Après avoir un temps envisagé de faire carrière dans le football, Wesley Fofana s’est orienté vers le rugby. Bien lui en a pris, car ses qualités athlétiques naturelles en ont rapidement fait un phénomène : rapide, physique, capable de casser n’importe quel plaquage et possédant une qualité d’appuis rare, il a effectué ses débuts professionnels au sein de l’équipe de Clermont, qu’il n’a plus quittée depuis.

Son ascension, que ce soit en club ou en équipe de France, a été dans l’ensemble régulière, en dépit de quelques blessures qui ont momentanément freiné sa progression. Associé au centre à Rémi Lamerat, à l’ASM et chez les Bleus, les deux compères forment un duo qui s’annonce plus que prometteur et devrait faire des dégâts.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Clermont 41 13 8 2 3 92 3 2
2
Montpellier 37 13 8 0 5 65 3 2
3
Toulon 36 13 7 1 5 70 4 2
4
La Rochelle 36 13 6 3 4 47 3 3
5
Castres 34 13 7 1 5 79 2 2
6
Bordeaux-Bègles 34 13 8 0 5 19 1 1
7
Stade Toulousain 33 13 7 0 6 20 2 3
8
Racing 92 32 13 7 1 5 6 2 0
9
Stade Français 29 13 6 1 6 25 2 1
10
CA Brive 27 13 6 1 6 -53 0 1
11
Pau 25 13 5 0 8 -46 1 4
12
LOU 24 13 4 2 7 -35 1 3
13
Bayonne 16 13 3 2 8 -153 0 0
14
Grenoble 14 13 2 0 11 -136 1 5



Alors que Castres restait sur trois victoires de rang, il s’est incliné juste avant Noël sur la pelouse du Racing. Cette défaite n’est évidemment pas un drame pour les Tarnais, toujours bien cramponnés au peloton de tête. A domicile, ils comptent jusqu’ici six victoires pour une seule défaite, concédée devant La Rochelle.

 

L’Aviron a perdu un match capital dans l’optique du maintien lors de la dernière journée, à Jean Dauger devant La Rochelle. A l’extérieur, de surcroît, les choses ne se passent pas de la meilleure des façons pour les Basques, balayés 51-3 sur la pelouse du Stade Français lors de leur dernière sortie et qui, depuis le coup d’envoi du championnat, n’ont pas ramené le moindre point de leurs divers voyages.



La Rochelle a réalisé une superbe opération la semaine passée et a marqué les esprits en effectuant une promenade de santé à Bayonne. A domicile, les hommes de Patrice Collazo sont toujours invaincus, et s’ils ont déjà concédé trois matchs nuls sur leurs terres, c’était il est vrai face à Clermont, Toulon et le Racing 92.

La victoire au forceps obtenue la semaine dernière face au Stade Toulousain a permis à Grenoble de quitter la dernière place du classement et de conserver intacts les rêves de maintien En déplacement, les Isérois n’ont connu que la défaite en sept rendez-vous, pour seulement deux petits points de bonus amassés.



Après un premier tiers de championnat très satisfaisant, le LOU vient de connaître quatre revers de rang qui l’ont dangereusement rapproché de la zone rouge. C’est dire l’importance de cette ultime rencontre de l’année civile pour le promu, qui, au match aller, avait été balayé en Gironde, 32 à 10.

C’est un petit coup de tonnerre qui s’est abattu sur les têtes bordelaises à l’occasion de la dernière journée, avec une défaite aussi surprenante qu’inattendue devant la Section Paloise. A l’extérieur, les Aquitains sont parvenus à tirer leur épingle du jeu à deux reprises, avec des succès sur les pelouses de Pau et Grenoble.



Le Stade Français n’a pas existé il y a quelques jours sur la pelouse de Clermont. Si cette défaite était quelque part attendue et n’a évidemment rien d’infâmante, elle est venue mettre un terme à la (petite) série de victoires en cours. Ce retour à Jean Bouin, où les joueurs de la capitale restent sur deux victoires devant Bayonne et Montpellier, sera l’occasion de confirmer la belle performance de la saison passée, quand ils s’étaient imposés 32 à 17 face au CAB.

 

La dernière journée a permis à Brive de renouer avec la victoire, à Amédée Domenech contre le LOU. Mais il faut maintenant confirmer à l’extérieur, là où le club, depuis son superbe et inattendu succès à Toulon, est quelque peu à la peine. Les Corréziens ont ainsi encaissé 62 points lors de leurs deux derniers déplacements, et pour basculer durablement dans la première moitié du classement, c’est un comportement qu’il faudra bien entendu corriger.



Après son exploit à Bordeaux-Bègles pour le compte de la quatorzième journée, Pau retrouve le Hameau, où il alterne le chaud et le froid cette saison. Si les Béarnais ont en effet déjà été battus à trois reprises sur leurs terres (par le Stade Toulousain, Toulon et Bordeaux-Bègles), ils ont aussi été capables des exploits les plus retentissants, comme en attestent les victoires sur Clermont (40-35) et le Racing (26-17).

Après un petit coup de moins bien, Montpellier a repris du poil de la bête et vient d’engranger deux succès de rang en championnat, qui l’ont replacé au sommet du classement. Les Héraultais, qui avaient été battus sur la pelouse de la Section il y a un an (26-16), seront d’autant plus sur leurs gardes pour ce match de clôture de l’année 2016.



Avec une seule victoire sur ses trois derniers rendez-vous en Top 14, Toulon, toujours installé parmi les qualifiés virtuels, a bien malgré lui pris ses distances avec les deux premières places. Pour ce remake de la dernière finale du championnat, il y aura à coup sûr de la revanche dans l’air, d’autant plus qu’au match aller, à Colombes, le RCT avait encaissé 41 points.

Vainqueur de Castres la semaine passée, le Racing a assuré l’essentiel mais reste encore éloigné des hauteurs du classement. La raison tient principalement à son parcours à l’extérieur où, en dehors d’une victoire à Bayonne et d’un match nul à La Rochelle, le champion de France n’a connu que la défaite.

15 avril 2005
A l’issue de la victoire toulousaine devant Clermont (28-10),
Romain Millo-Chluski porte les stigmates du rude
combat qui a opposé son équipe à l’ASM.

Il est peut-être le joueur le plus marquant de la décennie glorieuse des années 90. Demi d’ouverture génial, buteur d’exception, Christophe Deylaud a marqué de son empreinte l’histoire du club.

Tu as joué au club durant huit saisons et gagné cinq titres. Est-ce que ton premier titre, en 1994, reste particulier ?

Oui, incontestablement. C’était un moment euphorique. On dit toujours que ce sont des instants assez intenses, et pour ma part, seule la naissance d’un enfant équivaut au Bouclier de Brennus. On a l’impression de décoller dans les nuages au moment où on le soulève.
Bien entendu, l’ensemble des titres a été important mais celui-ci m’a particulièrement marqué. C’était un groupe qui se construisait entre quelques anciens, comme Albert Cigagna et Claude Portolan, auxquels s’étaient greffés tous les jeunes qui arrivaient, Emile Ntamack, David Berty… Ces garçons-là sortaient à peu près tous de la mère nourricière du Stade Toulousain, et quant à moi, j’étais arrivé deux ans plus tôt, dans un moment de galère puisqu’il y a avait eu un trou financier à la même période. J’ai été finalement projeté dans ce monde où on s’est tous découvert et nous avons réussi à créer quelque chose de fort. Ce premier titre a été fondateur, car il nous a amenés dans une spirale positive.

Une carrière n’est malheureusement pas faite que de bons moments. Quel est ton pire souvenir avec le Stade ?

C’est la fin, avec Guy (Novès)… C’est clair que cela constitue mon pire souvenir, un moment douloureux. Notre relation a été très forte durant des années, mais elle s’est dégradée en quelques mois. Pour ce qui est des tenants et des aboutissants, les gens n’ont pas besoin de savoir. Mais cela a été quelque chose de dur.

Je ne suis pas parti aigri, contrairement à ce que peuvent croire beaucoup de personnes, mais malheureux et vexé de la façon dont l’histoire s’était terminée. Avec les tripes un peu à l’air, comme on dit. J’avais l’envie de continuer dans ce club, mais comme je ne sais pas faire les choses à moitié, je suis parti. Au-delà du départ en lui-même, c’est la façon dont ça s’est terminée qui m’a le plus dérangé.

Tu as aussi participé à la première Coupe d’Europe avec le Stade. Vous avez connu de grandes émotions, mais pas toujours pour les mêmes raisons. On pense notamment :
- Au premier match en Roumanie
- Et à la fameuse finale de Cardiff

En Roumanie, c’était un peu spécial. L’histoire est connue, il s’est passé beaucoup de choses là-bas. C’étaient des moments particuliers, c’est le moins que l’on puisse dire, avec un véritable bourbier, dans un stade vétuste… On a apprécié ces moments-là, à une époque où ce n’était pas du tout organisé de la même manière qu’aujourd’hui, puisqu’il n’y avait que la phase aller : on ne rencontrait chaque équipe qu’une seule fois en phase de groupes.
Nous avons remporté la compétition, la première de l’ère européenne. Nous gagnons cette finale à Cardiff devant le public gallois, à une heure improbable puisque je crois qu’on avait joué à 12h30 ou 13h. Cela ajoute de la particularité à l’événement !

Face à nous, Cardiff comptait 14 internationaux parmi les 15 titulaires : c’était quasiment l’équipe nationale que nous devions affronter. On a gagné après prolongation alors qu’on a longtemps eu le match en mains : on inscrit deux essais d’entrée et on réussit cette pénalité pratiquement à la fin, qui nous fait passer devant. On se voit quasiment champions… Et ils inscrivent une pénalité à la dernière seconde, qui nous fait basculer dans les prolongations...
Heureusement qu’on était, à cette période, assez forts dans nos têtes pour ne pas douter. Le trophée était un peu particulier puisqu’il a fini en lambeaux. Ce n’était pas vraiment de notre fait, car nous étions dans l’ensemble assez respectueux des trophées que l’on gagnait, mais celui-ci ne tenait pas ! C’était définitivement une autre époque… (sourires)

Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée au Stade Toulousain ? Natif de la région, tu as tout de même décidé de rejoindre le RC Toulon pour une saison…

C’était là aussi une autre époque, nous n’étions pas dans le professionnalisme, loin de là. J’ai commencé dans un petit club, à Portet, avant de faire quatre saisons à Blagnac. Et c’est vrai qu’avec un peu de bouche-à-oreille, par le fait d’Erik Bonneval, il se faisait un peu un appel du pied de la part de Jean-Claude Skrela et Pierre Villepreux pour que je vienne au Stade. Mais sans que rien d’officiel ne me soit proposé : à ce moment-là, le Stade n’avait jamais fait la démarche de venir me chercher, alors qu’il n’y avait que le pont à traverser ! Les Toulonnais, de leur côté, m’avaient déjà sondé en 1987, et ils sont revenus trois ans après pour me chercher. C’est pourquoi j’ai fait le choix de partir là-bas.

Si le Stade s’était clairement manifesté, peut-être que j’aurais directement fait le choix d’y jouer.
J’ai donc signé à Toulon, et quelques mois plus tard, Skrela et Villepreux m’ont appelé pour savoir si je ne voulais pas signer au Stade. C’est ce que j’ai fait l’année suivante, car je suis de toute façon un Toulousain pur souche.

Comment expliques-tu tes très bonnes performances lors des finales, où tu as toujours excellé ? Avais-tu un secret, une préparation particulière ?

Non, pas du tout. Le pourquoi, le comment… On ne peut pas le savoir. Je ne sais pas pourquoi j’ai globalement été en réussite lors des finales, mais une chose est sûre : je me préparais très tôt. Sans être anxieux, j’étais plongé dès le premier jour de la semaine dans les matchs de phases finales, je m’enfermais complètement. Même quand j’allais au boulot, j’avais du mal à discuter avec les gens, je me mettais dans une bulle.
Quand je rentrais sur le terrain, j’essayais de maîtriser l’ensemble des éléments que je pouvais maîtriser. Mais ne perdons pas de vue qu’il existe toujours une part de réussite, de chance. Il y a eu par exemple un quart de finale à Perpignan face à Narbonne, où je crois que je manque 6 ou 7 coups de pied. En tout, je crois qu’avec Thomas (Castaignède), on loupe 9 pénalités ! Pourtant, je mets le drop de la victoire à la 83ème, un coup de pied de 45 mètres qu’il m’arrivait rarement de taper. Peut-être qu’à ce moment-là, j’avais un bon dieu sur la tête qui voulait que ça passe.
Je ne peux pas dire que j’étais le plus fort à ce moment-là. J’avais peut-être cette part de chance, qui fait que sur une journée, tout se passe bien. Il faut savoir qu’en 1995, lors de la finale contre Castres (N.D.L.R : Deylaud inscrivit ce jour-là 26 points sur les 31 de son équipe), j’étais mal en point : j’avais eu plusieurs opérations et deux doigts cassés… Je n’avais qu’une main valide lors de cette finale. Il fallait donc se servir du pied ! Le record a ensuite été battu par Dimitri Yachvili, qui a inscrit 28 points me semble-t-il dans une finale, mais après les prolongations. Sur les 80 minutes, je reste toujours le détenteur du record ! (sourires)

Tu n’as jamais perdu de finale avec le Stade Toulousain, et ce n’est sans doute pas un hasard. Quel était le secret du groupe pour ne jamais flancher dans ces moments importants ?

Je crois qu’au fil des années, les matchs qu’on voulait absolument gagner, on arrivait à les gagner, même si je ne dis pas que nous avons perdu volontairement certaines rencontres. Le groupe se connaissait par cœur, et il existait une culture toulousaine, une méthode toulousaine. Il y avait également la confiance que les coachs donnaient aux joueurs, et ces derniers avaient leur propre système et leur propre fonctionnement.
Je crois que le groupe dégageait en plus une réelle amitié : nous étions vraiment heureux de vivre ensemble et heureux de jouer ensemble. Il y avait quelque chose de fort entre nous. C’est un paradoxe car aujourd’hui, on se fréquente moins, on s’appelle peu, mais dans cette période-là, on avait vraiment un groupe très uni. Quand un groupe est fort, quand il n’y a pas d’ego, de jalousie et qu’il y a en plus un système de jeu et une expérience acquise en remportant les matchs couperets, il ne peut pas arriver grand-chose.
L’équipe s’est par la suite, et notamment en 1997, un peu désagrégée. Certains sont partis sous d’autres cieux. Le groupe était alors un peu restreint, mais nous avons quand même remporté le titre en 1997. Puis certains nous ont rejoints et nous sommes partis sur une autre ère, avec de nombreux jeunes joueurs.

Tu avais une technique bien particulière pour te préparer à buter, en te mettant presque dos aux poteaux ?

Cela a toujours été un grand débat chez ceux qui suivaient le Stade. Pourtant, si on prend les buteurs aujourd’hui, ils sont tous à peu près dans la même position. La seule chose qui change, c’est que mon regard ne se portait pas sur les poteaux. Je me concentrais davantage sur ma respiration et sur ma préparation que sur les poteaux puisque comme je le disais souvent : ils sont toujours au même endroit. Je savais où j’allais taper. Tout le monde dit que j’avais le dos tourné, mais mon regard était simplement différent, tourné sur un autre objectif.

Après huit ans sous les couleurs rouge et noire, tu as quitté le Stade lors de la saison 1999-2000 pour rejoindre Agen, en tant que joueur tout d’abord, puis entraîneur des lignes arrières. As-tu toujours imaginé passer de l’autre côté de la barrière à l’issue de ta carrière ?

Je tiens tout d’abord à dire que je n’ai pas quitté le Stade pour signer à Agen. J’ai quitté le Stade et j’ai mis fin à ma carrière parce que je considérais que j’avais passé l’âge et qu’il fallait premièrement laisser la place aux jeunes, et deuxièmement, certaines de mes blessures ne me permettaient pas de continuer à jouer au rugby. Le SUA est tout de même venu me chercher au mois de novembre. J’avais des fourmis dans les jambes et j’ai repris la compétition pendant un an. J’ai toujours, durant toute ma carrière, voulu ensuite être entraîneur, même si ce n’était pas forcément au plus haut niveau.

J’ai été éducateur depuis l’âge de 17 ans, puis entraîneur à Portet à côté de chez moi. Entraîner est vraiment ma passion première. Je l’ai toujours eue en moi. Depuis mon plus jeune âge, c’est une passion : transmettre, faire passer des messages. J’aime avoir ma propre idée du jeu.
Je ne suis pas comme certains, aujourd’hui, qui sortent d’une carrière de joueur et qui se découvrent des talents d’entraîneur. J’ai toujours eu cette volonté en moi. C’est arrivé très tôt et j’aime ça.

Tu as à ton compteur 16 sélections en équipe de France. C’est finalement assez peu pour toi, qui étais le maître à jouer du grand Stade Toulousain. Pourquoi ce chiffre ?

On peut y voir effectivement un certain paradoxe. Il y a des garçons qui excellent au niveau international, qui ont beaucoup de sélections, mais qui, en club, restent des joueurs, je ne vais pas dire « moyens », mais des joueurs qui ne sont pas des leaders.
Il y en a d’autres qui peuvent être leaders dans leur club, exceller dans la maîtrise d’un groupe en championnat mais qui n’ont pas les qualités pour jouer au niveau international. Je vais me mettre dans cette catégorie. J’étais un leader, naturel peut-être, sur les hommes, sur la stratégie, avec toujours cette envie de gagner.
Est-ce que j’avais les qualités pour être un international sur le long terme ? J’en doute, car j’avais des manques. Je suis arrivé assez tard au niveau international. Je n’avais peut-être pas tout ce qu’on peut développer aujourd’hui : la vitesse, la musculation… Il y a beaucoup de petites lacunes qui font que je n’étais peut-être pas un international indiscutable.

J’ai eu quelques sélections, c’est bien, mais je ne me considère pas comme un international. Je me considère plutôt comme un joueur qui avait du tempérament, qui essayait d’amener quelque chose de positif, notamment dans l’énergie que je pouvais donner au groupe afin qu’on avance tous ensemble. Evoluer au Stade a été pour moi l’une des plus belles périodes que j’ai vécues, entre les trophées et les garçons avec lesquels j’ai joué, des grands et bons mecs. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il n’y a jamais eu de jalousie entre nous et ce n’est encore que du bonheur quand on se voit aujourd’hui. J’ai eu une grande chance de les croiser et de croiser des joueurs comme Albert Cigagna, qui a été notre maître à jouer. Quelqu’un que tu ne peux rencontrer nulle part ailleurs !

Le temps fort de ta carrière en Bleu est certainement la Coupe du Monde en 1995, où tu avais reçu la totale confiance du sélectionneur Pierre Berbizier. Est-ce ton meilleur souvenir avec les Bleus ?

Non, mon meilleur souvenir reste la tournée en Nouvelle-Zélande, même si je ne peux pas oublier ma première sélection, au Havre contre la Roumanie. Mais mon plus beau reste ces matchs face aux Blacks ! Gagner deux tests là-bas, en 1994, personne ne l’a fait.
Le moment le plus difficile ? C’est en Afrique du Sud, lors de la demi-finale de la Coupe du Monde perdue 15 à 19 contre le pays hôte. La confiance que m’a donnée Pierre, je crois que c’est un moment fort. Est-ce qu’il fallait le faire ? C’est une question qu’on peut se poser.
Lors de la demi-finale, fallait-il réellement que j’attaque la rencontre ? Si j’avais été entraîneur, peut-être que j’aurais rectifié les plans…
La flotte qu’il y avait ce jour-là ne permettait pas d’avoir un ouvreur

comme Christophe Deylaud et j’aurais peut-être fait jouer quelqu’un d’autre à ma place. Dans de telles conditions, je n’avais pas les qualités pour faire avancer l’équipe à travers du jeu au pied. Je crois que Pierre m’a témoigné sa confiance sur la Coupe du Monde : le fait de m’amener malgré une main fracturée en est la preuve. Malheureusement, ça ne nous a pas réussi, à lui comme à moi. J’en suis désolé pour l’équipe de France, et également pour lui.

A 31 ans, c’est toi qui a demandé à Jean-Claude Skrela de ne pas te sélectionner une nouvelle fois avec les Bleus ?

Jean-Claude m’avait appelé pour disputer la Coupe Latine, et j’ai refusé dans un premier temps. Il arrive finalement à me persuader d’y aller, car il y avait Castaignède qui arrivait à peine chez les Bleus, tout comme Carbonneau. Il voulait en quelque sorte que j’encadre cette nouvelle équipe de France. Je lui ai donc dit que je faisais la Coupe Latine et que j’arrêtais en suivant, malgré la venue des All Blacks à Toulouse… Dans ma tête, je suis quelqu’un de lucide sur mes qualités et mes capacités pour continuer à jouer. Je ne me voyais pas être sur les terrains quatre ans après. Peut-être, je ne sais pas, que cela aurait pu être possible, mais je considérais déjà qu’il fallait basculer sur un nouveau groupe, avec des jeunes joueurs pour préparer la Coupe du Monde. J’ai donc décidé d’arrêter l’équipe de France. C’est un choix qui me paraissait cohérent et je pense que les joueurs devraient en tenir compte. Aujourd’hui, c’est totalement différent. Il y a tellement d’avantages autour de cette sélection. Il y en a d’autres, même de ma génération, qui ont continué à jouer avec le XV de France pour avoir un nombre exact de sélections. Mon choix a été différent.

Comment juges-tu le positionnement de Jean-Marc Doussain au poste de numéro 10 au Stade et en équipe de France ? Existe-t-il des similitudes entre vos deux profils ?

Pas du tout, dans la mesure où nous ne sommes absolument pas constitués de la même façon. Jean-Marc se rapproche plus d’un Philippe Rougé-Thomas que d’un Christophe Deylaud. Je veux bien une comparaison avec Fred Michalak, mais avec Jean-Marc ce n’est pas possible. Il fait 95 kilos, c’est un tueur au plaquage, c’est un garçon qui a d’autres qualités que moi mais qui n’a peut-être pas certains points que je développais. On ne peut pas nous comparer.
En ce qui concerne la nouvelle génération, je pense que le Stade doit s’appuyer dessus. Je déplore toutes les arrivées de joueurs étrangers dans le rugby, car je crois qu’on a la possibilité d’avoir encore davantage de licenciés en France et je suis persuadé que sur la région toulousaine, ou aux alentours, il y a encore de très bons jeunes. Mais il faut arriver à les encadrer pour qu’ils soient le plus efficaces possible. Je crois qu’il y a assez de compétences au Stade Toulousain, avec les anciens joueurs qui constituent le staff technique, qui ont gagné des titres et qui ont beaucoup d’expérience, pour donner les éléments nécessaires à ces jeunes joueurs et ainsi tenter de regagner des titres.
La preuve, les jeunes joueurs français qui jouent au Stade Toulousain aujourd’hui font l’unanimité et je crois que ce sont les plus efficaces quand ils sont sur le terrain. Ils écriront peut-être une histoire toulousaine, avec une culture toulousaine, une méthode toulousaine, et je crois qu’on peut avoir de beaux jours devant nous avec ce club.

D’après moi, il faut arrêter de penser que c’est parce qu’on va recruter des étrangers, que ce soit au Stade ou ailleurs, qu’on va être plus efficace. Exploiter le formidable réservoir français demande de la formation, de recréer cette culture qu’avait mise en place à l’époque Bru et Villepreux, dans les années 80. Il ne faut pas avoir peur de retenter cette expérience. Toulouse doit redevenir une usine à jeunes car il y a toutes les conditions pour y arriver.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Finalement, nous n’avions pas de gros guerriers au Stade. Il y avait des joueurs qui n’avaient pas peur de grand-chose. Je ne vais pas dire que nous étions les plus courageux, mais on savait faire les efforts nécessaires. C’était un ensemble, on ne peut pas citer un joueur en particulier.
Jean-Luc Cester et Thierry Maset étaient tout de même deux gros plaqueurs : s’ils t’attrapaient, ils ne te faisaient pas du bien ! Pour les avoir affrontés quand nous ne portions pas le même maillot, je faisais attention à ne pas les croiser ! (sourires)
Après, le joueur qui m’a le plus marqué au Stade reste Albert Cigagna, comme je l’ai dit précédemment. Il reste notre modèle à tous, à cette génération et à ce groupe, parce qu’il n’avait qu’un geste à faire pour qu’on le suive techniquement, tactiquement et stratégiquement.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Philippe Carbonneau. C’est indéniable, il savait tout faire, et c’est certainement le joueur le plus doué de cette génération. Même au-delà, j’ai vu peu de joueurs en France faire ce qu’il faisait. Il avait une facilité évidente, c’était un garçon qui puait le rugby, et s’il y avait évidemment d’autres joueurs de qualité, comme par exemple Emile Ntamack, Philippe reste le premier, au niveau de la technique notamment… Vitesse, puissance, gestuelle, c’était vraiment un garçon de grande qualité.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

« Cali », évidemment ! C’est lui qui mettait la bonne ambiance, qui savait passer de la préparation sérieuse et efficace sur le terrain, au clown dans les vestiaires. Il trouvait toujours quelque chose à faire et il réussissait toujours à nous faire rire.

Le plus râleur ?

Patrick Soula, et j’imagine que beaucoup ont dû vous dire dire la même chose, même si Franck Belot a certainement eu quelques suffrages. Mais Patrick avait toujours un prétexte pour râler. (sourires)

Que fais-tu aujourd’hui ?

Je suis éducateur à la Mairie de Toulouse. J’encadre les seniors, c’est-à-dire les retraités, et je mets en place les activités sportives sur la ville de Toulouse pour eux. C’est la première chose. Je m’occupe ensuite, en dehors de ça, de l’équipe première de Blagnac en Fédérale 1. Je ne suis pas loin du Stade. (sourires)

Le mot de la fin ?

Pendant des années, je ne me suis pas exprimé vis-à-vis de ce club parce que j’avais été clairement malheureux de quitter le Stade Toulousain... Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. On se resserre maintenant la main avec Guy, même si on ne se prend pas dans les bras. Les choses se sont un peu atténuées. J’ai passé de belles saisons là-bas. Ce club m’a marqué, et j’aimerais le revoir gagner des titres. Quand ils arrivent en phases finales, j’envoie régulièrement un petit mot aux entraîneurs que j’ai un peu côtoyés. J’en ai marre de voir les autres nous enlever des titres, et je souhaite réellement qu’on redevienne les numéros un en France.