Le principal trait de mon caractère
Têtu


La qualité que je préfère chez les hommes
La loyauté


La qualité que je préfère chez les femmes
L’écoute


Mon principal défaut
Introverti


Ma principale qualité
Déterminé


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
L’absence de jugement


Mon occupation préférée
Etre avec ma fille



Mon rêve de bonheur
Vivre la vie sans regrets


Quel serait mon plus grand malheur ?
Etre séparé de ma famille


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Personne


Le pays où j'aimerais vivre
L’Argentine


Un héros dans la fiction
James Bond, Tintin, Buck Danny


Un héros dans la vie réelle
Ma mère




Ce que je déteste le plus
Les hypocrites


Le personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
Savoir voler


Comment j'aimerais mourir
Paisiblement


Mon état d’esprit actuel
Compétiteur


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
L’échec après une prise de risque


Ma devise
Never give up

Les entames de championnat sont souvent délicates à négocier, mais les hommes d’Ugo Mola réalisaient pourtant une première période parfaite, avec des essais successifs de Bonneval, Harinordoquy et David. L’affaire était entendue et Brive voyait son compteur bloqué à zéro, jusqu’à la 75ème minute et un essai de pénalité accordé aux visiteurs. La victoire était donc au rendez-vous, mais le Stade passait in extremis à côté du bonus offensif.

En tête du classement mais privé de ses internationaux, le Stade se méfiait au plus haut point de ce match. La suite lui donnait raison, car des Brivistes accrocheurs faisaient longtemps la course en tête. La réussite au pied de Michalak et un essai d’extra-terrestre signé Caucaunibuca, qui résistait seul à quatre plaquages adverses, permettait aux joueurs de la Ville Rose de se sortir de ce guêpier. D’extrême justesse.

Pourtant en rodage à ce moment-là de la saison, le Stade réalise le match presque parfait. Mis sur de bons rails grâce à un essai d’Heymans inscrit dès la troisième minute, les Toulousains ne sont jamais inquiétés tout au long de la partie. Médard, Clerc et le tout jeune Lamerat apportent leur pierre à l’édifice, pour une victoire nette et sans bavure.

Leader du classement, le Stade éprouve de grandes difficultés lors de ce match et se trouve mené à la pause, malgré l’essai précoce d’Ahotaeiloa. En face, la botte d’Andy Goode fait mouche et ce n’est qu’à l’heure de jeu, avec une réalisation de Dusautoir, que les Stadistes se donnent de l’air.
La victoire est finalement acquise, mais le CAB empoche un point de bonus défensif largement mérité.

Avant-dernier au moment de ce match, Brive réalise une petite sensation en s’imposant à Ernest Wallon. Un essai rapide de Bolavocu et la botte d’Orquera permettent aux visiteurs de prendre le score et de mener à la pause, 16 à 6.
Les Rouge et Noir réagissent en seconde période, avec notamment deux essais de la troisième ligne signés Dusautoir et Lamboley, et reviennent à égalité. Hélas, un drop de Dalla Riva, à trois minutes du coup de sifflet final, scelle le sort de la partie.

Agé de seulement 23 ans, le jeune pilier a vraisemblablement de belles années devant lui. Appelé à défendre les couleurs de son pays lors de la tournée d’automne avec le XV de France, Cyril Baille impressionne.

Il ne faut pas l’oublier… Cyril Baille n’a que 23 ans ! Arrivé au Stade Toulousain en Cadets, il est devenu champion avec ses coéquipiers dès sa première saison en rouge et noir. Pour le reste, tout s’est enchaîné très vite.

Ses premières feuilles de match avec l’équipe professionnelle remontent à la saison 2012-2013. Cyril avait alors endossé le maillot de remplaçant à deux reprises et était entré en jeu face au Stade Français et Montpellier.

Cumulant cette saison 404 minutes de jeu, toutes compétitions confondues, Cyril est incontestablement devenu un élément majeur du club. Le chemin parcouru est déjà immense, mais le jeune pilier ne s’imagine pas pour autant en rester là et relâcher ses efforts.

« Ugo Mola m'avait fixé quelques objectifs en me disant qu'il fallait que je travaille physiquement. J'ai fait un gros travail de musculation avec les préparateurs physiques depuis cet été. Je sens que cela porte ses fruits, mais il faut que je continue dans cette optique car c'était un peu mon point faible. J'ai tendance à prendre du poids et parfois ne pas être bien physiquement », déclarait le principal intéressé avant la rencontre face aux Wasps en Coupe d’Europe.

 

Un jeune joueur qui reconnaît avoir beaucoup de chance d’évoluer aux côtés d’une génération dorée, issue de la formation toulousaine. Marchand, Aldegheri, Cros, Bonneval… La liste est longue et non exhaustive. La jeune génération continue d’apprendre et de progresser au Stade Toulousain et apprécie la chance d’évoluer au plus haut niveau au sein de son club formateur.

 

« C’est le seul club qui fait jouer autant de jeunes. Nous lui en sommes très reconnaissants. Toulouse nous laisse une chance que nous n’aurions peut-être pas ailleurs. » notait récemment Cyril en conférence de presse.


Ses bonnes prestations en ce début de saison, notamment en mêlée fermée, ont projeté le jeune pilier sous les feux de la rampe, jusqu’à interpeller le staff tricolore pour la tournée de novembre. Il a ainsi rejoint Marcoussis à la fin du mois d’octobre, endroit bien connu du jeune Toulousain après y avoir séjourné avec les -20 ans.

Sur le banc des remplaçants lors du premier test d’automne face aux Samoans, Cyril, quelques minutes avant la fin de la première mi-temps, est entré sur la pelouse du Stadium, chez lui, dans sa ville. Tout un symbole.

S’il était évidemment très heureux et honoré à l’issue de sa prestation, jugée sans faute par de nombreux experts, les réactions restaient logiquement prudentes du côté des entraîneurs du XV de France, comme en témoigne l’avis de Yannick Bru : « C'est un jeune joueur qu'on avait failli emmener en Argentine. Notre envie de le convoquer ne date pas de quelques semaines. C'est un jeune pilier qui est très mobile, qui a de bonnes mains comme on dit. Il a des qualités de vitesse et de gestuelle qui nous plaisent. On a vu aussi que durant ce début de saison, il a confirmé une très bonne tenue en mêlée fermée. C'est donc un potentiel qui peut faire partie de ce projet. Je dis bien qui « peut », car il a aussi beaucoup d’efforts à faire. Il le sait, on en a parlé. Il lui reste encore beaucoup de chemin pour être compétitif au niveau international », annonçait le coach des avants à l’issue de la large victoire des Bleus face à l’équipe samoane.

Yoann Maestri, le grand frère, était plus que réjoui de la première cape de son ami et coéquipier de club : « Je suis très heureux pour Cyril parce que cela fait quelques années que je joue avec lui. On est proches comme beaucoup de Toulousains. J'ai essayé de l'accompagner »

Le jeune pilier tricolore doit aujourd’hui confirmer les espoirs placés en lui afin de trouver définitivement sa place au plus haut niveau. C’est évidemment tout ce qu’on lui souhaite. Pour le Stade Toulousain, et pour l’équipe de France.

Le 9 mai 2015, le Stade ne faisait pas dans la demi-mesure lors de la réception de Brive et inscrivait pas moins de 67 points. C’était un record pour la saison,
et depuis, il n’a plus été battu.

Equipe surprise de la saison passée et auteur d’un début de Top 14 tonitruant, le CAB, sur le strict point de vue des résultats, marque légèrement le pas ces dernières semaines. Pas de quoi tout chambouler dans un club discret, mais pas pour autant dépourvu d’ambition.

Il se passe souvent des choses insolites lors des rencontres entre le Stade Toulousain et Brive. Le dernier exemple en date ? Une fin de partie rocambolesque à Amédée Domenech, en milieu de saison dernière, quand la transformation après la sirène de Sébastien Bezy, susceptible de donner la victoire aux siens, avait été contrée. Un fait de match oublié et sur lequel on ne reviendra pas, mais qui avait beaucoup fait parler à l’époque.
Cette action, qu’elle ait été ou pas dans le respect de la règle, traduisait au moins une chose : même quand les vents mauvais sont présents, même au plus fort de la tempête, le CAB est une équipe qui ne lâche jamais le morceau. C’est en grande partie grâce à cet état d’esprit que le club corrézien a été l’une des (bonnes) surprises de notre championnat en 2015-2016 : en terminant l’exercice à la 8ème place après avoir été longtemps à la lutte pour la qualification, les Noir et Blanc s’étaient constitué un matelas de sécurité de… 36 points sur la zone de relégation. Pour une équipe que beaucoup voyaient condamnée avant l’heure au coup d’envoi de la compétition, l’exploit n’était pas mince.

Et cette saison ? Durant de longues journées, Brive semblait poursuivre sur sa lancée. Au contact des meilleurs, les Coujoux étaient plus que dans les clous pour assurer le maintien le plus rapidement possible, leur objectif officiel. Et ils s’étaient entre autres payé le luxe de s’imposer à Toulon, signant l’un des exploits les plus retentissants du premier tiers du Top 14.

La suite, sans être infâmante, n’a pas été tout à fait du même acabit. Une véritable correction subie à domicile face à Clermont (16-40), lors de la neuvième journée, est venue mettre à mal la réputation - justifiée - d’une équipe intraitable à domicile.
Mais pas plus que l’on ne s’enflammait quand tous les voyants étaient au vert, pas plus on ne s’affole aujourd’hui, quand la machine ne tourne plus à plein régime.

« Nous avons gagné à Toulon un jour où le RCT n’était pas prêt. Nous sommes tombés un soir où ça ne tournait pas et nous avons su mettre les choses dans le bon ordre », tempérait ainsi Nicolas Godignon, le manager du club, il y a quelques semaines. « Nous avons vu des choses intéressantes depuis le début de la saison, mais je n’oublie pas le jour où nous sommes tombés dans le traquenard grenoblois, le jour où l’on s’est fait emporter par les Montpelliérains. Tout n’est pas rose ».

Le technicien fait ici référence à deux déplacements qui avaient tourné au cauchemar pour ses protégés, avec des défaites sur les pelouses du FCG (23-36) et du MHR (13-42), avec, sur l’ensemble des deux rencontres, quatre cartons jaunes et un carton rouge ! Un manque de maîtrise évidemment rédhibitoire, mais sur laquelle le staff s’est depuis penché : « La seule chose dont je suis ravi, c’est l’indiscipline. On nous a pointés du doigt en début de saison, mais nous avons beaucoup travaillé. Aujourd’hui, c’est un secteur qui fonctionne », poursuit Godignon.

Si, comme on l’a dit, les récents résultats ne sont pas tous positifs, le CAB voit plus loin, et pose les bases de sa philosophie : « Le discours est de faire du mieux possible, de s’entraîner pour s’améliorer. Le staff doit faire en sorte d‘être toujours plus précis sur nos exigences, sur la qualité des séances. Les joueurs doivent s’impliquer aux entraînements pour devenir meilleurs. Enfin, les dirigeants sont toujours à la recherche de partenaires supplémentaires pour avoir un budget plus important et améliorer nos structures. Depuis plusieurs saisons, cela nous permet d’avoir une bonne santé financière et rugbystique, tout en se donnant les moyens de faire toujours mieux ».

Pour Brive, qui n’a plus gagné à Ernest Wallon depuis 2006, nul besoin d’explication de texte pour savoir ce que signifie « faire toujours mieux ». Et comme le rappelle Guillaume Namy, ailier historique du club, « le passé a prouvé qu’on est meilleurs quand on est frustrés. Quand on est vexés, on réagit plutôt bien »… Les Toulousains sont prévenus.

TOP 14 04/12/2016
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
BAILLE 1
MARCHAND 2
ALDEGHERI 3
GRAY 4
5
TEKORI 6
CROS 7
GALAN 8
BEZY 9
10
BONNEVAL 11
12
13
14
15
remplaçants
TOLOFUA

Entraîneur en chef du CA Brive depuis 2012, il est celui qui a fait remonter le club au plus haut niveau et qui accompagne depuis sa progression. Malgré des moyens aujourd’hui limités, Nicolas Godignon n’entend pas pour autant abandonner toute ambition.

Alors que l’on se rapproche de la moitié de la saison, quel bilan faites-vous du parcours de votre équipe ?

Globalement, nous sommes satisfaits de ce que nous avons réalisé jusqu’ici. Etre allé chercher des points à Toulon et à Lyon, et quelques bonus, notamment à Bordeaux, c’est assez satisfaisant, même si on ne peut pas occulter la défaite à domicile contre Clermont (N.D.L.R : 16-40 lors de la 9ème journée). Mais par rapport à cette rencontre, nous savons que l’ASM est l’un des gros cadors du championnat et l’une des meilleures équipes d’Europe… Dans l’ensemble, donc, nous n’avons pas vraiment à rougir de notre début de saison.

Pourrait-on résumer ainsi la philosophie du club : raisonnable mais ambitieux ?

Oui, absolument. Bien sûr, on aimerait avoir encore plus d’ambitions et être peut-être un peu moins raisonnable, mais aujourd’hui, nous n’avons pas les finances de certains clubs de Top 14, notamment celles du Stade Toulousain. Je crois qu’en la matière, en comparant les budgets des deux clubs, on peut parler de grand écart.

On parlait du côté « raisonnable » du CAB, qui affiche une excellente santé financière. Là aussi, on touche à la philosophie du club ?

Je crois que pour être pris au sérieux, il faut être sérieux. Tenir les finances est déjà l’un des premiers axes importants. Il est responsable d’avoir des finances équilibrées. C’est primordial, car quand on veut avoir un discours vis-à-vis des joueurs qui soit pertinent et cohérent, il faut aussi assurer une santé financière au club. C’est vrai que les voyants sont au vert à ce niveau-là depuis trois ans, et c’est je pense une bonne chose…

Même si, encore une fois, on aimerait de temps en temps casser la tirelire pour obtenir des recrues un peu plus médiatiques ou un peu plus reconnues. Mais nous ne souhaitons pas non plus mettre en péril l’équilibre financier qui est le nôtre.

Brive a été l’une des bonnes surprises de la saison passée, en terminant huitième alors que certains faisaient de vous l’un des favoris à la descente. Ce statut de « petit » qui lutte face aux gros, c’est l’un de vos axes de motivation ?

Pas essentiellement, car ce serait épuisant d’aller chercher continuellement dans ce registre-là. Aujourd’hui, on est petit par le budget mais on a des joueurs de qualité. Je prends pour exemple Julien Ledevedec, qui est aujourd’hui le 2ème ligne de l’équipe de France, mais également Karlen Asieshvili, qui est le pilier titulaire de la sélection géorgienne. On a d’autres joueurs de qualité au sein de notre effectif. Franchement, si on se focalise sur le talent, nous n’avons pas à envier beaucoup d’équipes.

On sait que le Top 14 est de plus en plus concurrentiel, avec des mécènes à la tête de plusieurs clubs qui peuvent dépenser quasiment sans compter. Stratégiquement, quelle est la stratégie pour exister dans ce contexte et se mêler à la lutte pour jouer les premiers rôles ?

Essayer de recruter malin. Essayer aussi de s’appuyer sur un tissu local important et surtout de diversifier nos revenus. Aujourd’hui, on a un modèle économique un peu à part mais qui nous permet aussi, en cas de perte d’un partenaire, de garder une vraie stabilité. Nous ne sommes pas dépendants d’une seule personne. C’est plutôt une belle garantie de pérennité selon moi.

Offensivement, si on raisonne en terme d’essais marqués, vous êtes plutôt à la peine du strict point de vue des statistiques, et c’était le cas en fin de saison dernière. Clairement, cela reste un chantier prioritaire aujourd’hui ?

On a toujours envie de faire mieux, même si on ne fait pas de fixation sur ces statistiques-là. Je crois que le plus important est d’essayer d’avancer et de se dire que les choses peuvent aller mieux si on travaille, si on s’investit pleinement et si on est déterminé à s’améliorer. Si tout le monde est dans cet état d’esprit, que ce soit les joueurs, le staff ou encore les dirigeants, on pense que le système offensif s’améliorera.

Gaëtan Germain a inscrit plus de 60% des points pour le CAB depuis le début de la saison. C’est évidemment une bonne chose pour vous, mais n’y a-t-il pas un risque de « Germain dépendance » ?

Non… On a d’autres buteurs que Gaëtan Germain. Thomas Laranjeira est un buteur qui est à 100% de réussite sur son jeu au pied. Teddy Iribaren est également excellent dans ce secteur : aujourd’hui, il est lui aussi sur une trame à 100%.
Mais comme Gaëtan est évidemment un excellent buteur, on ne voit pas pourquoi on changerait. Etant donné que c’est notre arrière titulaire et qu’il enchaîne les matchs, c’est lui qui vient concrétiser les temps forts de l’équipe. Je ne pense pas qu’on connaisse actuellement une « Gaëtan dépendance ». Je comprends que cela puisse paraître ainsi de l’extérieur, parce qu’il enchaîne les bonnes performances, mais ce n’est pas le cas.
Quand nous sommes allés à Bordeaux, ce n’est pas lui qui a assuré le jeu au pied et on a tout de même réalisé un 7/7.

A la lecture des stats, et si celles-ci sont très largement influencées par l’atypique Grenoble-Brive, l’indiscipline vous a sans doute coûté quelques points jusqu’ici. Cela est sans doute l’un des axes de travail, même si cela semble s’améliorer depuis plusieurs semaines ?

C’est vrai, c’est un secteur qui s’améliore, et on évite du coup de ressasser ce qui appartient au passé. Nous ne sommes pas la même équipe qu’il y a deux mois et certainement pas la même que dans deux mois. Cet axe-là a été travaillé.

Je pense aussi que le corps arbitral avait largement durci le ton à ce niveau, et la sortie des cartons était quand même plutôt rapide. On a eu un épisode douloureux, c’est vrai, qui est aujourd’hui révolu. Nous sommes maintenant l’une des équipes qui tournent, sur les 6 derniers matchs, à 11 pénalités de moyenne. C’est plus qu’honorable.

On sait que Clermont est irrésistible en ce début de championnat et passe à la moulinette quasiment tout le monde. Pour autant, la défaite subie à Amédée Domenech, lourde, est-elle de nature à avoir marqué négativement les esprits ?

Quand on perd au cours d’un derby, ce n’est jamais vraiment facile de se relever et de se dire que tout va bien. Je pense que le Stade Toulousain, à l’issue de la large défaite à domicile face au RCT, ne devait pas être dans les meilleures conditions possibles la semaine suivante. Ce qui a également été le cas pour nous. Mais aujourd’hui, on s’est redressé, on a battu Bayonne, on a perdu à Castres… Les choses ont déjà basculé depuis longtemps.

La semaine de vacances a mis un terme à une très longue série de matchs consécutifs. Sentez-vous, dans les têtes et les corps, que vos joueurs en avaient besoin ?

Oui, c’est une certitude ! Nous avons enchaîné 16 matchs consécutifs et les organismes sont soumis. Il ne faut pas non plus oublier l’aspect mental et la fatigue. On peut vraiment ressentir cette dernière et je pense que cette semaine de vacances a été la bienvenue pour tout le monde. L’important est de bien « breaker » pour repartir avec de la fraîcheur sur un prochain bloc de 11 matchs.

Le déplacement à Toulouse sera suivi de la Challenge Cup, où, après des débuts compliqués, vous avez relevé la tête en vous imposant à Worcester. Aujourd’hui, quelles sont vos ambitions dans cette compétition, que peu de clubs jouent à fond ?

Nous aimerions clairement nous qualifier et essayer d’aller le plus loin possible dans cette épreuve. Cela fait aujourd’hui 20 ans qu’on a une étoile sur le maillot et on aimerait faire honneur à nos aînés en essayant de réaliser le meilleur parcours possible dans cette Coupe d’Europe.

Avec quelles ambitions allez-vous aborder ce déplacement à Toulouse ? Et globalement, quelle image avez-vous du Stade Toulousain ?

Le Stade Toulousain est une belle équipe, une équipe historique avec sa pléiade d’internationaux et de grands joueurs. On ne peut être qu’admiratif de tout le palmarès de ce club. Nous sommes très fiers d’affronter cette équipe toulousaine et on ira ce dimanche à 12h30, avec toute l’humilité qui convient, pour essayer de réaliser un bon match, sans aucune autre ambition que de faire une bonne partie.

Vous avez pris la tête de l’équipe briviste après le départ d’un certain Ugo Mola, en 2012. Comment le définiriez-vous en tant qu’homme et technicien ? Quelles sont la nature de vos rapports aujourd’hui ?

Ugo est quelqu’un qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier et je l’en remercie vraiment. On a passé une année difficile tous les deux, pas sur le rapport humain ou professionnel bien évidemment, mais dans l’émotion d’avoir échoué à maintenir le club dans l’élite. Cela a été une année rude en émotion. Je suis vraiment content de son parcours, de son retour à Toulouse qui est son club de cœur, et de tout le travail qu’il met aujourd’hui en place. Nous sommes bons amis et j’ai toujours beaucoup de plaisir à le revoir. Et ce sera bien entendu le cas dimanche sur le bord du terrain.

Le 7 avril 2008, lors de la venue de Brive à Ernest Wallon, Maxime Médard aplatissait à trois reprises dans l’en-but adverse, aux 26ème, 56ème et 68ème minutes. Un exploit extrêmement rare, qui reste à ce jour le seul triplé réussi par le Toulousain en Top 14.




En mal de temps de jeu au Racing 92, Gaëtan Germain a posé ses valises à Brive en 2013. Et un peu paradoxalement, c’est au sein du club corrézien qu’il a pris son envol et gagné en notoriété.
Germain, c’est avant tout une précision redoutable au pied : depuis ses débuts au CAB, il tourne autour des 300 points marqués par saison, et il a d’ailleurs été sacré meilleur réalisateur du Top 14 en 2015-2016.
Avant la 13ème journée, sur les 276 points inscrits au total par Brive, 170 l’ont été par Germain. Soit 62% : tout simplement énorme.
Régulier, jamais blessé, l’arrière est sans doute, plus qu’aucun autre joueur du championnat, le véritable baromètre de son équipe. « Quand Germain va, tout va ».

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Clermont 40 12 8 2 2 97 3 1
2
Bordeaux-Bègles 34 12 8 0 4 46 1 1
3
La Rochelle 34 12 6 2 4 47 3 3
4
Montpellier 32 12 7 0 5 51 2 2
5
Toulon 31 12 6 1 5 43 3 2
6
Racing 92 30 12 7 0 5 6 2 0
7
Castres 29 12 6 1 5 75 2 1
8
Stade Toulousain 28 12 6 0 6 2 1 3
9
CA Brive 27 12 6 1 5 -35 0 1
10
Stade Français 24 12 5 1 6 -21 1 1
11
LOU 23 12 4 2 6 -31 1 2
12
Pau 21 12 4 0 8 -51 1 4
13
Bayonne 16 12 3 2 7 -107 0 0
14
Grenoble 14 12 2 0 10 -122 1 5



Depuis plusieurs semaines, Grenoble ne démérite pas mais ne parvient pas à entamer une série positive. La dernière sortie des Isérois à domicile s’était soldée par une défaite amère et cruelle devant Bordeaux-Bègles. Alors que le FCG s’est déjà incliné à trois reprises au Stade des Alpes, un nouveau revers compliquerait encore un peu plus la tâche du club dans l’optique du maintien.

Si le Stade Français a infligé lors de la dernière journée à Montpellier sa cinquième défaite de la saison, ce dernier est encore dans le peloton de tête. Cependant, la marge de manœuvre des Héraultais s’est quelque peu réduite, et ce deuxième rendez-vous consécutif à l’extérieur est important pour ne pas perdre le contact avec les équipes de tête. La saison dernière, le MHR s’était facilement imposé, 30 à 19, sur la pelouse grenobloise.



Confrontée à un nombre assez impressionnant de blessures, La Rochelle a cédé il y a quinze jours sur la pelouse de Bordeaux-Bègles. Le club maritime, véritable surprise de ce premier tiers de championnat, retrouve Marcel Deflandre ce week-end, où il est invaincu jusqu’ici. Sa dernière prestation à domicile, devant le Stade Toulousain, s’était ainsi conclue par une victoire, même si cela avait été difficile (25-19).

Le Racing a renoué avec la victoire il y a deux semaines lors de la venue de Grenoble à Colombes. C’est évidemment bon à prendre, mais cela ne masque pas tout à fait les difficultés actuelles du champion de France qui, de son propre aveu, fait le dos rond en attendant des jours meilleurs.
En 2015-2016, le Racing, à l’inverse de beaucoup, avait signé une superbe performance en s’imposant sans coup férir (30-14) sur le terrain de La Rochelle.



Les deux derniers matchs du LOU, sur les terrains de Montpellier et Clermont, ont débouché sur autant de défaites. Le promu, qui reste à distance très respectable de la zone rouge, n’est pas pour autant en danger mais voudra évidemment réagir lors de ses retrouvailles avec son public.
Le club rhodanien, avec quatre victoires et un nul, est encore invaincu sur ses terres en Top 14 et fait partie dans ce domaine des très bons élèves de notre championnat.

Castres reste sur deux performances de très bon niveau, qui lui ont permis de triompher tour à tour de Brive et Toulon. Les Tarnais ont ainsi consolidé leur position dans la première moitié de classement, mais ces deux prouesses ont été réalisées à Pierre Antoine. Or, pour le moment, le CO est à la peine en déplacement, où il n’a jamais connu la victoire en cinq occasions.



Le Stade Français semble connaître une période particulière en coulisses, mais cela ne l’a pas empêché de battre Montpellier il y a deux semaines. Alors que le club de la capitale est bien malgré lui installé en queue de peloton, ce deuxième rendez-vous de rang à Jean Bouin pourrait lui permettre de grappiller quelques places au classement. Pour le moment, le parcours des Parisiens sur leurs terres est quasiment exempt de tout reproche, avec cinq victoires et un nul (concédé devant Clermont lors de la 3ème journée).

Alors que certains faisaient de Bayonne un condamné avant l’heure, ce dernier vient de surprendre son monde en enchaînant deux succès coup sur coup, face à Clermont et au Stade Toulousain. Tous les espoirs sont donc de nouveau permis sur les bords de la Nive, même s’il faut maintenant exporter ce bon comportement loin de Jean Dauger. Or, pour le moment, les Basques éprouvent de terribles difficultés à l’extérieur, d’où ils n’ont pas ramené le moindre bonus en cinq tentatives, encaissant au total 169 points.



La défaite concédée à Brive il y a plusieurs jours a confirmé qu’à l’heure actuelle, Pau était avant tout concerné par le maintien. C’est dire si la réception de Clermont s’annonce capitale, mais pas insurmontable : lors de sa dernière sortie à domicile, la Section avait en effet battu le Racing, champion de France en titre, 26 à 17. Cela ne masque pas cependant les difficultés de l’équipe béarnaise sur ses terres, où elle présente un bilan équilibré mais insuffisant de trois succès et trois défaites.

Après avoir connu à Bayonne sa deuxième défaite de la saison, Clermont a réagi de belle façon en terminant la période des doublons sur une note positive, en venant à bout de Lyon au Michelin.
Toujours leader au classement, l’ASM revient sur une pelouse où elle s’était difficilement imposée la saison passée, 16 à 10.



Depuis sa victoire à Toulouse lors de la 4ème journée, Toulon ne s’est plus imposé à l’extérieur et reste sur un revers à Castres, concédé il y a deux week-ends. Toujours en position de qualifié virtuel pour les phases finales, le RCT ne peut pas pour autant se permettre un nouveau faux pas à domicile, après celui survenu devant Brive il y a maintenant quelques semaines.

Sans forcément faire beaucoup de bruit, Bordeaux-Bègles est l’une des équipes en forme du moment, et grignote, semaine après semaine, des places au classement. Les Girondins ont ainsi remporté six de leurs sept derniers matchs et réaffirmé, si besoin était, leurs ambitions. Un temps en difficulté à l’extérieur, les hommes de Raphaël Ibanez ont de toute évidence définitivement progressé dans ce secteur, puisqu’ils ont récemment obtenu deux victoires, à Pau et Grenoble.

Saison 2009-2010
Brive se déplace à Ernest Wallon pour le compte de la 2ème
journée du Top 14. A la tête de l’équipe corrézienne, ici au milieu
de ses joueurs, un certain Ugo Mola.

Vainqueur du championnat et de la Coupe d’Europe avec le Stade, finaliste de la Coupe du Monde en 1999, Cédric Soulette a vécu une carrière pleine, et riche de nombreuses amitiés. Rencontre avec un joueur et un homme sensible et atypique.

Tu as joué quatre ans au club, entre 1999 et 2003, et gagné deux titres majeurs. Quel est ton plus beau souvenir avec le Stade Toulousain ?

Sans aucune hésitation, le titre de champion de France en 2001 ! Soulever le Bouclier reste toujours un objectif et un rêve pour un rugbyman professionnel.
J’ai connu beaucoup d’anciens joueurs quand j’étais à Béziers qui avaient vécu ça, des mecs qui pouvaient remporter cinq, six, ou même dix titres ! Tout ça me paraissait très loin, car il fallait s’arrêter aux années 80 pour avoir un témoignage de quelqu’un qui avait gagné. Et personnellement, toucher du doigt ce rêve d’enfant a été pour moi un moment de suspension, notamment lors du lever de Bouclier ! C’était comme un détachement de mon âme, comme si j’étais parti très haut au-dessus du stade. C’était incroyable. C’est une émotion qui permet par la suite de mieux vivre les mauvais moments dans nos quotidiens.

Et le pire ?

Sans doute une demi-finale contre Agen, en 2003… J’avais pris un carton jaune sur un combat face à Omar Hasan, et j’avais trouvé ça très injuste. Aller m’asseoir sur le banc et laisser mon équipe à 14, sur un match de phase finale, c’est endosser une grosse part de responsabilité. Sans parler de la vexation. C’était terrible.
Ce n’était pas comme aujourd’hui, les cartons ne se distribuaient pas autant. J’ai passé tout le reste du match inconsolable. Sans parler de l’après-match. Ça ne m’était jamais arrivé de toute ma vie, je ne pouvais pas arrêter mon chagrin.

C’était dingue, un moment réellement éprouvant. Ce n’est pas commun dans une vie d’avoir une telle réaction. Il faut savoir que nous gagnons la rencontre malgré tout : l’issue était favorable pour le Stade, mais en ce qui me concerne, je suis passé par toutes les émotions.

Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée au Stade Toulousain ? Formé à l’AS Béziers, tu avais refusé à deux reprises de rejoindre Toulouse avant 1999…

Ce n’était pas du snobisme. J’étais très idéaliste à l’époque, avec des valeurs de soutien et de loyauté envers mon club formateur. J’étais également redevable envers les joueurs qui m’avaient fait découvrir le très haut niveau… J’ai refusé l’offre du Stade Toulousain pour aller jouer en championnat B et ainsi tenter de faire remonter Béziers. Je préférais ce challenge à ce moment-là. Ce n’était pas forcément le bon moment pour moi de changer de club.

A contrario, tu as quitté le Stade lors de la saison 2003-2004 pour rejoindre Clermont. Pourquoi ton aventure stadiste s’est-elle terminée ?

Je suis parti en janvier 2004 parce qu’il me semblait que je n’avais pas le vent en poupe avec Serge Laïrle… Il y avait au début de cette saison-là la Coupe du Monde, et les internationaux étaient donc partis. J’avais joué tous les premiers matchs, et à leur retour, je sentais que je n’étais plus une priorité et que ça n’allait pas changer.
Pendant un mois, tu tentes de relativiser : tu gagnes de l’argent, tu n’es pas non plus à plaindre… Tu essaies de te rassurer avec des choses qui ne sont pas forcément objectives. Au bout de ce mois, je ne pouvais plus faire semblant de me raconter des « conneries ». La souffrance était trop forte.
J’ai eu au même moment l’opportunité d’être joker médical à Clermont Ferrand. J’ai donc cassé le contrat d’un an et demi qu’il me restait au Stade Toulousain. Je ne voulais pas faire partie des brebis galeuses, qui se plaignent à qui veut bien l’entendre dans les vestiaires et diffusent les mauvais sentiments ou les mauvaises ondes.

J’ai donc saisi cette opportunité de ne pas embêter un groupe qui avait instinctivement, d’après moi, pris une autre direction. Je pense que ça m’a grandi aux yeux de ceux qui en étaient conscients. Je ne voulais pas être un fardeau, et en terme de réactivité, la vie ne pouvait pas m’offrir une meilleure qualité d’exécution.

Il faut dire aussi que j’étais déjà abimé. J’avais eu un accident de voiture en 2001, puis subi une grave blessure musculaire début 2002. Je suis quand même champion d’Europe en 2003 avec un mollet en moins…
C’était bien d’être attendu ailleurs. Je ne suis resté qu’un an et demi à Clermont, puis j’ai eu un petit pépin supplémentaire… Malgré des sollicitations de l’Angleterre, j’ai préféré arrêter.

Tu as évolué quatre ans avec Guy Novès. Quels souvenirs en gardes-tu ? Quels étaient vos rapports ?

Guy Novès, c’est la rencontre d’une vie. Quand tu colles à son approche et au rôle qu’il tient, tu ne peux que l’apprécier. Il a cette caractéristique qui fait de lui un homme rationnel mais également très proche de l’hypersensibilité de chacun. Il a une vraie intelligence émotionnelle. Et je ne pense pas que cette dernière soit stratégique : elle est d’abord sincère et profonde. Quand il s’adresse à toi, il ne s’adresse à personne d’autre. Il n’est pas dans un discours généraliste, mais dans un discours précis, propre à chaque individu. Cela laisse entendre qu’il nous rend hommage, qu’il nous estime et qu’il nous connaît précisément. Ça nous laisse alors la possibilité d’être pénétré dans l’émotion, ce qui est un véritable complément pour la performance. C’est ça, la force de Guy. Il sait se positionner sur l’émotion, ce qui m’a personnellement permis d’être transcendé ! C’est un plaisir dont on n’est pas victime.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

A Toulouse, et sans hésitation, je dirais Christian Labit. Mon choix est lié au plaisir que l’on peut prendre quand nous sommes au ras du sol avec des coéquipiers et que l’on est des spectateurs : on se dit parfois que c’est quand même très beau ce que l’on voit ! (sourires)
Pour Christian, on voit un ami et on se dit qu’il est beau dans le combat. L’avoir en tant qu’ami, en tant que partenaire, le voir évoluer dans son élément... Il arrive d’avoir parfois des coups de fatigue où tu n’es plus toi-même. Christian, lui, franchissait les obstacles sans encombre et était d’une grande régularité. Je l’aime et je l’aimerai toujours. C’est mon ami et c’était un très grand joueur.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Jean-Baptiste Elissalde, car son gabarit n’est pas franchement exceptionnel ! (sourires) Jean-Ba est un mec qui « pue » le jeu, qui sait se situer dans l’espace, qui est adroit, qui est créatif. Jean-Baptiste, il faut le voir évoluer pour le comprendre, même à l’entraînement. Tu te demandes toujours comment il réussit à faire des passes aveugles… Il sent tout, c’est incroyable.
Ensuite, j’ai admiré Christophe Dominici, qui arrivait à se sortir de toutes les situations avec une technique qui était la sienne. Il arrivait à se propulser sur l’adversaire tout en le dépassant. Ce sont vraiment des mecs qui ne ressemblent à aucun autre.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

J’ai toujours été fan de « Cali » (N.D.L.R : Christian Califano) ! C’est un vrai créatif, qui scénarise beaucoup de choses. Il est vraiment incroyable. Il a l’art de te mettre en scène, il plante un décor et il y a toujours un dénouement que tu ne vois jamais venir. Il fait très souvent le pitre. Quand tu arrives à être autant touché par sa fantaisie, tu te demandes toujours comment il fait pour faire débloquer le compteur du rire aussi loin. J’adore !

Le plus râleur ?

Luigi Esposito ! Je n’ai jamais vu un mec aussi râleur que lui. C’est un mec très intelligent, brillant, mais il ne fait que râler ! Je l’appelais « le syndicaliste » ! (sourires) Il n’y a absolument aucune animosité et c’est évidemment avec humour que je dis ça. Mais dans son genre, c’était un authentique phénomène.

Un mot sur l’équipe de France, où tu as connu 13 sélections et participé à l’une des plus fameuses épopées lors de la Coupe du Monde 1999… As-tu conscience d’avoir participé, lors de la demi-finale face aux Blacks, à l’un des plus fabuleux exploits du sport français ?

Effectivement, les gens me rappellent très souvent ce souvenir. Les spécialistes disent de ce match qu’il était celui du siècle… Chacun voit où il voit et ce qu’il veut. Personnellement, ce que je retiens, c’est que c’était un moment magique et incroyable ! Sur toutes les fois où j’ai porté le maillot de l’équipe de France, je n’ai perdu qu’un seul match… La finale de Coupe du Monde !

En Bleu, je n’ai jamais connu de soupe à la grimace, et ça, c’est exceptionnel, quelque chose de dingue. Ce qui m’étonne le plus, dans mon petit parcours de 1996 à 1999, c’est de m’être blessé et d’avoir, malgré tout, été réinvité par la suite. Cette aventure en équipe de France a été magique sur un plan personnel.
A l’issue de la finale, on s’est dit : « On perd contre une équipe plus forte, mais on a quand même réalisé un exploit quelques jours plus tôt ». Quand on a fait le tour d’honneur pour saluer le public, on n’était pas dans la tristesse d’une défaite ou perturbés que ce soit la fin d’une aventure…

Le fameux choc face à Josh Kronfeld, lors de la demi-finale contre les Blacks, a beaucoup fait parler. Peux-tu revenir sur ce moment ?

Je ne sais pas si on peut résumer un laps de temps aussi court comme un moment. C’est un dixième de seconde qui est défavorable… Je l’assomme mais je m’assomme également. Tu es quand même prêt à te détruire toi aussi, tu prends le risque de te casser un os !
Cette action a beaucoup fait rire les copains de cette épopée, mais les actions collectives favorables ont été nombreuses ce jour-là. Je crois qu’on ne peut pas résumer une victoire comme celle-là sur une action d’un dixième de seconde. Elle compte comme d’autres actions destructrices !

Beaucoup de Blacks ont dit que l’agressivité française lors de ce match avait été au-delà de la limite. Avec du recul, quelle est ta position sur le sujet ?

Je pense que cet argument est venu d’une action où Franck Tournaire prend le visage d’un adversaire. Il n’y a eu aucune preuve, puisque Franck a pu jouer la finale. Sur l’ensemble, ce qui pourrait se rapprocher d’une violence, c’est simplement de la détermination. On pouvait arriver à plusieurs sur un gars qui récupérait le ballon et le faire voler. C’est là où c’est violent. Sans se consulter, on était dans un timing de destruction. Mais attention, toujours à la loyale !

Durant ta carrière, tu étais connu pour avoir quelques problèmes de vue. Etait-ce vraiment handicapant ?

C’était un réel handicap, mais il n’a pas duré car je me suis fait opérer en 2001 ! Ce qu’il faut retenir, c’est que mes coéquipiers en ont beaucoup souffert car je pouvais leur faire autant mal qu’à mes adversaires ! Mais au-delà du flou artistique que j’avais, il y avait une notion qui m’était propre et qui consistait à ne pas faire les choses à moitié : à l’entraînement, comme dans le jeu, si je n’y étais pas, je pouvais me faire mal. Tenant compte de ce paramètre, je m’engageais énormément… Parfois peut-être un peu trop !

Beaucoup de jeunes Toulousains s’imposent actuellement en première ligne : Baille, Marchand, Aldegheri… Comment juges-tu cette prometteuse et très jeune génération ?

Je suis allé les voir jouer à Clermont-Ferrand, et j’étais placé juste derrière Jean Bouilhou et Jean-Baptiste Elissalde pendant le match. J’ai été jusqu’à leur dire : « C’est un truc de fou : tu as vu le match qu’il nous fait le petit numéro 1 » (N.D.L.R : Cyril Baille) ! J’ai pris beaucoup de plaisir à le regarder jouer, c’est vraiment beau ce qu’il fait. C’est quand même étonnant car il faut un peu de temps pour « faire le dos » : même si tu commences jeune, tu as souvent des douleurs pendant 2 ou 3 ans, le temps que ton corps se fasse.
Etre dans la domination comme ça, face à un mec comme Zirakashvili, que je connais un peu puisqu’il est arrivé au club quand je partais, a confirmé que c’était vraiment une très belle performance.

C’est tout de même la patte du Stade : faire naître des jeunes, les pousser à évoluer, les mettre dans une certaine responsabilisation, et de voir par la suite qu’ils sont à la hauteur. C’est une belle réussite.

J’ai vu beaucoup de piliers, qui ont joué en équipe de France, que j’observais, qui avaient tout l’avenir devant eux. Malheureusement, après une blessure, un mental pas à son maximum ou un club qui ne fonctionne pas bien, tu vois ces mêmes garçons disparaître. Tout est fragile et il faut juste leur conseiller de vivre tous ces moments comme si c’étaient les derniers ! Il faut être capable de se remettre en question de façon hebdomadaire. Ce n’est pas facile et ce n’est pas donné à tout le monde.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Les garçons m’ont connu dans les vestiaires à imaginer la suite, avec quelque chose qui n’est pas très compréhensible quand on n’est pas sensible à cela, puisque mon projet était dans le monde artistique. J’ai profité de la Coupe du Monde 2007 en France pour revaloriser la symbolique sportive française, en créant des coqs de 2 mètres de hauteur et en demandant à de nombreux d’artistes de les interpréter à leur façon. L’idée était de rendre ce support, qui était un peu ringardisé, beaucoup plus original et moderne.

J’ai fait des expositions à Paris et Toulouse, j’ai côtoyé des mairies, des entreprises et j’ai ensuite crée des miniatures de ces coqs. Ce sont des cadeaux d’entreprise ou de collectionneurs. J’en ai fait 10 000 depuis que j’ai commencé, avec 17 ou 18 modèles différents. C’est chouette, c’est original et c’est du beau travail. Ceci est la première partie de ma transition sportive et sociale.
Je fais également des sculptures uniques, environ une tous les un an et demi. En ce moment, on peut voir une grande grappe de raison monumentale, de 3m40, dans le caveau de Leclerc Roques !

J’ai ensuite réalisé la Cow’Parade, une exposition de vaches dans le centre ville de Toulouse. J’ai développé ce concept américain dans notre Ville Rose et ça a été un gros succès populaire. J’aide à chaque fois les associations, auxquelles j’ai déjà reversé quasiment 700 000 euros. Suite à ces différentes actions, j’ai maintenant un gros réseau de chef d’entreprises, et souvent de copains. Je gère donc aujourd’hui des portefeuilles d’acheteurs et je leur fais acheter de l’art. Sur les 170 contrats que j’ai avec les artistes, entre les vaches et les coqs, j’ai une vingtaine d’artistes qui ont vraiment beaucoup de sens, avec une cote, et eux me permettent d’acheter à bon prix.
Ma société, basée à Toulouse, s’appelle « Stan Art ». « Stan » étant la reprise du surnom qui m’était donné lorsque j’étais joueur, et que beaucoup de copains du ballon ovale utilisent encore aujourd’hui.

Le mot de la fin ?

Je suis originaire de Béziers, je suis venu à Toulouse, je suis parti à Clermont-Ferrand et aujourd’hui, je suis toujours sur Toulouse car j’adore cette ville. Mon passage dans ce club a contribué à ce que je suis aujourd’hui, à ma sensibilité et à la construction de ma détermination. Je crois réellement que c’est un passage-clé dans ma vie.