Le principal trait de mon caractère
Je suis têtu


La qualité que je préfère chez les hommes
L’ouverture d’esprit


La qualité que je préfère chez les femmes
Quand elles sont obstinées


Mon principal défaut
Je suis souvent intolérant


Ma principale qualité
Présent pour mes amis


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur convivialité


Mon occupation préférée
Jouer à FIFA



Mon rêve de bonheur
Voir ma famille heureuse


Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre une personne chère


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Un enfant, car c’est la meilleure période de la vie


Le pays où j'aimerais vivre
En Espagne, sur la côte


Un héros dans la fiction
Batman


Un héros dans la vie réelle
Gillian Galan


Un héros du passé
Daniel Balavoine



Ce que je déteste le plus
Avoir tort


Le personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
Le sens de l’orientation


Comment j'aimerais mourir
Sans souffrir


Mon état d’esprit actuel
Toujours positif


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
L’erreur d’inattention


Ma devise
Toujours vouloir progresser

Vainqueur à l’arraché d’Oyonnax une semaine plus tôt (20-19), le Stade se fait beaucoup moins de frayeurs lors de ce deuxième match consécutif à domicile. Si l’écart à la pause est minime, une seconde période de feu, agrémentée des essais de Doussain, Médard et Bezy, permet aux Rouge et Noir de s’imposer très confortablement.

Le derby a cette année-là pour cadre la journée inaugurale de la compétition, au mois d’août. Et, au propre comme au figuré, les Toulousains ont eu très chaud. Handicapés par les cartons jaunes reçus par Bouilhou et Lamboley, ils ne passent devant qu’à la 72ème minute, grâce à un essai libérateur de Matanavou.

Pluie d’essais (7) ce jour-là à Ernest Wallon. Longtemps malmenés par des Tarnais accrocheurs qui se détachent 14-0, les Toulousains ne baissent pas les bras et grignotent leur retard, avant d’inverser définitivement la tendance dans les dix dernières minutes, avec des réalisations de Fritz et Galan.

Dans ce match de barrage disputé au Stadium, Médard, dès la troisième minute, place les siens sur de bons rails : il dépose Andreu, résiste à Diarra, et file entre les barres pour inscrire le premier essai de la partie. La suite, malgré une tension à couper au couteau entre les deux équipes, relève presque de la formalité.

Grégory Lamboley bénéficie d’un bon travail de Shaun Sowerby et inscrit le premier essai de son équipe. Privés de leurs internationaux retenus au même moment par le Tournoi, les Stadistes bataillent ferme dans ce derby mais finissent par s’imposer, 26 à 11.

En mal de temps de jeu en début de saison, le troisième ligne a multiplié les titularisations ces dernières semaines et a à chaque fois crevé l’écran. Alors qu’il vient à peine d’avoir 22 ans, l’avenir, plus que jamais, lui appartient.

Les statistiques ne disent pas tout, mais certaines sont tout de même révélatrices. En 2015-2016, François Cros avait été titulaire à deux reprises en équipe professionnelle d’un bout à l’autre de la saison. Alors que nous sommes encore loin d’avoir atteint la moitié de l’exercice actuel, ce chiffre a déjà doublé. Voilà pour les données brutes, qui ont néanmoins le défaut de ne pas retranscrire le côté qualitatif des prestations.

Pour cela, si on se réfère au tableau d’honneur fourni par le Midi Olympique à l’issue de chaque rencontre, le bilan est sans équivoque : Cros y figure à chaque fois. Et si, après quelques mois dans l’antichambre du groupe, l’intéressé s’y était fait une place définitive ?

« Je n’ai personnellement pas trop joué en début de saison. C’était un peu compliqué, mais j’ai travaillé à côté. Je suis maintenant utilisé depuis quelques matchs et je profite du temps de jeu qui m’est attribué. C’est une bonne période, que j’attribue peut-être au fait de ne pas avoir été utilisé au début. J’ai rongé mon frein et quand j’ai eu la possibilité de jouer, toute cette rancœur que j’avais, je l’ai mise sur le terrain. Ça s’est bien passé, mais je ne veux pas rester là-dessus. Si je me repose sur ces prestations-là, je sais que je peux vite repartir dans la situation initiale », témoignait l’intéressé après deux performances convaincantes en Top 14, face à Clermont et Grenoble. Une chose est certaine, on ne peut pas suspecter le joueur de modestie de façade. Ce n’est clairement pas le propre du personnage, qui a laissé, c’est le moins que l’on puisse dire, de très bons souvenirs du côté du Centre de Formation rouge et noir.

« On savait, quand il est arrivé au Centre de Formation, qu’il avait le potentiel pour être capitaine des Espoirs, dans un premier temps, puis pour intégrer l’équipe professionnelle. A l’époque, il lui manquait un peu d’explosivité et de prise de masse. Des lacunes qu’il a comblées depuis : il s’est physiquement transformé. Il a su être patient et attendre son heure. Depuis quelques matchs, il a la possibilité de s’exprimer, et on voit tout son potentiel », témoigne Michel Marfaing, directeur sportif du Centre.


« François est un garçon intelligent, posé et réfléchi. Il connaît le rugby, ce qui lui permet d’anticiper et d’avoir un temps d’avance sur son adversaire. C’est ce qui fait la différence entre un bon et un très bon joueur. Il a pu bénéficier d’une expérience internationale avec les -20 ans, qui lui a permis d’acquérir une certaine maturité.
Sur le terrain, il gagne la grande majorité de ses duels, mais parce qu’il est intelligent : il ne cherche pas l’affrontement physique en un contre un, mais va toujours au contraire dans l’intervalle ».

A 22 ans, Cros dispose évidemment d’une marge de progression, inhérente d’ailleurs à son jeune âge, selon Marfaing : « Ce qu’il lui manque aujourd’hui ? L’expérience du très très haut niveau. C’est en multipliant les matchs qu’il franchira un palier. Mais François représente l’avenir du Stade Toulousain à son poste, et il est en quelque sorte le successeur d’un joueur auquel il ressemble sur pas mal de points : Thierry Dusautoir ». C’est évidemment tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Trois joueurs actuels de l’effectif stadiste ont par le passé porté les couleurs du Castres Olympique. Joe Tekori, Piula Faasalele et Richie Gray ont ainsi disputé respectivement 158, 79 et 63 matchs pour le club tarnais.

Confronté à un calendrier difficile, le CO n’a pas fait le plein de points en ce début de saison. Mais le club tarnais mise sur un état d’esprit retrouvé pour redresser la tête et se rapprocher du haut du tableau.

La parenthèse européenne refermée, Castres a replongé dans le Top 14 la semaine dernière et a eu le bon goût de ne pas se laisser piéger à domicile par Bordeaux-Bègles. Sans présager de la suite de la Champions Cup (une nouvelle fois, une énième fois, le CO a hérité d’un groupe infernal, avec Montpellier, le Leinster et Northampton), le club pourrait être amené à jeter l’intégralité de ses forces dans le championnat.

La saison passée, le champion 2012 avait terminé son parcours en boulet de canon, mais avait payé au prix fort une entame poussive : si le retard sur les premières places, peu à peu, avait été comblé, c’est un barrage à l’extérieur que les Bleu et Blanc avaient dû disputer, avec, à la clé, une élimination logique devant le MHR.
Alors que Castres est quelque peu à la peine d’un point de vue comptable depuis le coup d’envoi de la saison, il serait tentant d’affirmer qu’il n’a pas appris les leçons du passé. C’est toutefois aller vite en besogne et mettre de côté que sur les quatre dernières journées, les Tarnais ont dû tour à tour se coltiner des équipes de très haut standing, comme Montpellier (décidément), le Racing, Clermont ou l’UBB.


Depuis le début du Top 14, un seul match fait tâche, c’est la défaite à domicile enregistrée face à l’équipe en forme de ce premier tiers de championnat, La Rochelle. Une contre-performance qui a débouché sur une prise de conscience, détaillée par le directeur sportif Christophe Urios : « Ce n’est pas parce que nous enfilons tous le même maillot que nous sommes vraiment soudés et prêts à faire un grand match de rugby. Cette défaite contre La Rochelle nous a réveillés. Jusqu’alors, nous étions un peu endormis. Personne ne voulait en rester là ».
Des propos qui font écho à ceux tenus par le capitaine Rodrigo Capo Ortega, qui accomplit actuellement sa quinzième saison au club : « La cohésion est une base indispensable de la réussite : ça facilite ton travail, ça rend le quotidien plus agréable, ça te permet de traverser les moments durs », détaillait l’emblématique international argentin à l’intersaison. « Il est capital de conserver cet état d’esprit qui est notre marque de fabrique, celle d’une équipe accrocheuse ».

Mais travailler dans la continuité ne coule pas de source quand, année après année, l’effectif se renouvelle. En juin dernier, ce sont plusieurs cadres (Diarra, Cabannes, Martial, Wihongi…) qui ont migré sous d’autres cieux. Aujourd’hui, parmi les 23 joueurs qui étaient sur le pré un certain 1er juin 2013, date du titre remporté aux dépens de Toulon, seuls six sont encore présents.
Un changement désormais monnaie courante dans le rugby actuel, et expliqué par Urios : « Un autre axe fort de notre recrutement était le rajeunissement de l’effectif, son oxygénation. Numériquement, nous sommes légèrement moins nombreux, mais c’est mieux. Sur le plan qualitatif, le groupe est plus homogène et plus performant que celui de l’année dernière ».

Si les résultats à l’extérieur sont pour le moment décevants (un nul chez le promu bayonnais et trois défaites), ils ne traduisent pas le bon comportement d’une formation qui a donné pas mal de fil à retordre à l’ASM et Montpellier sur leurs terres. Deux rendez-vous qui, avec un soupçon de réalisme en plus, auraient pu déboucher sur des victoires. Gageons que les Castrais auront pour objectif à Ernest Wallon de transformer les promesses en victoire.

Revenu au Castres Olympique en 2015, Christophe Urios a atteint dès sa première année les phases finales du Top 14. Avec son franc-parler habituel, il évoque le début de saison de son équipe et le derby à venir face au Stade.

Beaucoup de journalistes se demandaient si le club allait vraiment jouer la Coupe d’Europe… La performance accomplie contre Northampton n’est-elle pas la meilleure des réponses ?

Oui, effectivement. Pourquoi est-on très vigilant, et je le suis comme l’ensemble du staff, par rapport à cette compétition ? Parce qu’à Castres, on a toujours eu un rapport particulier avec cette épreuve. On se dit régulièrement qu’on ne peut pas la jouer, qu’elle mange beaucoup d’énergie… Mais je trouve au contraire qu’elle est tellement intéressante à disputer qu’elle donne justement de l’énergie.
Mais, bien entendu, il ne faut pas partir à l’abordage n’importe comment. Il faut aussi que les joueurs soient convaincus de la même chose, parce que le staff ne peut pas grand-chose dans ces moments-là. C’est pour cette raison qu’on avait décidé de l’appréhender pour commencer avec ce bloc de deux premiers matchs. Et aujourd’hui, au-delà de la performance contre Northampton, on se projette simplement sur les deux prochaines échéances européennes qui arrivent avec Montpellier. Ce ne sera pas facile du tout. On s’est dit qu’on allait jouer ces deux matchs à fond, puis nous referons le point pour savoir ce que l’on doit faire.
C’est une façon d’avancer petit à petit, mais cela permet en même temps d’impliquer mes joueurs et de prendre suffisamment de recul par rapport à cette compétition.

Numériquement, le groupe pro est légèrement moins nombreux que la saison dernière. Est-ce que, paradoxalement, Castres peut se permettre, comme d’autres clubs d’ailleurs, de briller en Coupe d’Europe, au risque d’y laisser des plumes en Top 14 ?

C’est vrai, on est un peu moins nombreux, mais je pense en revanche qu’on est beaucoup plus homogènes vers le haut que l’année dernière, et c’est le fruit de notre recrutement. On a pris beaucoup de joueurs qui étaient polyvalents, c’est à dire des éléments qui pouvaient être deuxième et troisième ligne, qui pouvaient évoluer des deux côtés de la mêlée, des flankers et numéros 8, des ailiers qui peuvent être arrières… On a vraiment fait un travail là-dessus pour remédier à des problèmes de fraîcheur ou de blessures dans ces périodes de grands rushs liés à la Coupe d’Europe. On a également des jeunes qui arrivent à maturité aujourd’hui. L’année passée, ce n’était pas encore le cas, ils étaient en train de mettre le nez à la fenêtre. Or, ces derniers temps, ils sont presque en train de porter l’équipe !

Il y a eu pas mal de changements à l’intersaison du côté du CO, et la mayonnaise, inévitablement, ne peut pas prendre immédiatement. Est-ce l’explication à la position du club en milieu de classement ?

Non, je ne le pense pas. Effectivement, il y a eu pas mal de changements : 17 départs, 14 arrivées, des mouvements dans le staff dans le domaine de la préparation physique, des kinés, des réajustements au niveau du fonctionnement…

Donc, effectivement, ça a pris un peu de temps, mais ce n’est pas la raison principale. La raison principale est très simple : on s’est plantés contre La Rochelle (N.D.L.R : Les Castrais se sont inclinés sur leurs terres 18 à 26 lors de la 3ème journée) ! Et aujourd’hui, si on avait ces 4 points, on serait cinquièmes. Ce jour-là, on n’a pas répondu présent, et La Rochelle, qui a fait de son côté un très bon match, en a profité. Je crois que ce n’est pas lié à une mise en route un peu plus lente, c’est surtout lié à une grosse contre-performance qui n’était pas du tout prévue.

A l’issue de la défaite face à La Rochelle, à Pierre Antoine, vous avez eu des mots assez durs, en soulignant : « Ce n’est pas parce que nous enfilons tous le même maillot que nous sommes vraiment soudés ». Ce sont des valeurs qui ont manqué à votre équipe à un moment donné ?

Non, je ne crois pas. Je ne pense pas qu’on ait manqué de cohésion. Ce sont des valeurs importantes à mes yeux, sur lesquelles j’insiste beaucoup. Effectivement, quand je dis que ce n’est pas parce qu’on porte le même tee-shirt qu’on fait une équipe, je parle davantage de la façon dont on remplit le tee-shirt… Il me semble que c’est important.
Contre La Rochelle, au-delà du fait que nous n’avions pas ce jour-là une grande cohésion, je crois qu’on a fait preuve d’un peu de suffisance, pour la simple et bonne raison qu’en fin de saison dernière, cette équipe avait pris presque 70 points à Pierre Antoine (N.D.L.R : lors de la 24ème journée, le CO s’était très largement imposé à domicile face à La Rochelle sur le score de 67 à 20).
Cette année, ils étaient évidemment venus pour ne pas revivre le même scénario, et de notre côté, on pensait que ça allait être facile. Et ça nous pénalise beaucoup aujourd’hui.

Vous avez été confrontés à de gros déplacements ces derniers temps : Clermont, Montpellier, le Leinster. Et à l’exception de la Coupe d’Europe, vous avez réalisé de très bons matchs, qui auraient pu ou dû déboucher sur des victoires. Il vous manque encore un déclic à l’extérieur ?

Je ne sais pas si c’est un déclic qu’il nous manque ou plutôt un manque de maturité, d’expérience… Pour s’imposer à l’extérieur face à de gros calibres, il faut aussi réaliser les gestes justes à des moments opportuns.
Si je fais le film de tous nos déplacements, à Bayonne, on fait match nul en ayant gâché je ne sais combien de situation d’essais. Au Stade Français, on perd de mémoire 29 à 25, sans avoir su gérer la fin de match alors qu’on avait pris le score…
A Clermont, une fois de plus, on a le match en mains, on est plutôt bien, mais on a 10 minutes où on n’arrive pas à maîtriser correctement notre rugby et on le paie cash. Quant à Montpellier, c’est un problème de réalisme également, où on a lâché beaucoup de points en route.

Au-delà de ça, ce n’est pas de la malchance ni un manque de réussite, je crois tout simplement qu’on n’est pas encore complétement prêts pour gagner ce genre de matchs, parce qu’on a encore des gestes techniques qui sont hasardeux. Notre jeu sous pression n’est pas encore parfaitement huilé. Ce Top 14 est impitoyable, et cela ne pardonne pas, même s’il me semble qu’on se trouve sur le bon chemin… Cela se joue à chaque fois à peu de choses, mais attention : ce peu de choses ne viendra pas tout seul ! Il faut qu’on soit capable de gommer nos erreurs, tant sur le plan individuel que collectif.

Vous avez eu le mérite de la franchise en déclarant viser ouvertement une place en phase finale cette saison. Mais alors que les gros bras sont là et que des équipes que l’on n’attendait pas forcément, comme Brive ou la Rochelle, pointent le bout de leurs nez, est-ce que ça ne devient pas de plus en plus difficile ?

Oui, et ce n’est pas un scoop. L’année dernière, on était quasiment huit ou neuf équipes à pouvoir se qualifier à quelques matchs de la fin de la phase régulière. Et nous sommes sans doute encore plus nombreux cette saison. Je sais que c’est difficile, je sais que c’est compliqué, car l’objectif est le même pour beaucoup d’entre nous.
Des clubs émergents dans de grandes villes comme Lyon, qui a beaucoup d’ambition. C’est le cas également de Bordeaux, qui a réalisé un recrutement de très haut niveau. Et évidemment, il y a toujours les indéboulonnables, dont fait partie le Stade Toulousain, qui est toujours dans les six premiers.
Donc oui, c’est difficile, mais en même temps c’est un grand défi. Et c’est un défi qu’on a envie de relever.

Tous les clubs du Top 14 ont des valeurs, mais on a l’impression que dans les clubs où vous êtes passé (Bourgoin, Oyonnax et Castres), les notions de solidarité et d’état d’esprit sont omniprésentes. Ce n’est pas un hasard si vous avez entraîné ces équipes-là ?

Non, en effet. C’est ce que je recherche. Les clubs qui m’intéressent sont ceux où il y a des valeurs de solidarité et de combat, où les valeurs de loyauté et de fierté sont également importantes. Je crois encore à l’amour du maillot, même si ça fait un peu vieille école. Je crois aussi beaucoup à l’influence d’un entraîneur.

Je vais dans des endroits où je peux, avec toute mon humilité, apporter ma pierre à l’édifice. C’est vrai que mon parcours rugbystique, au-delà des opportunités que j’ai pu avoir, ressemble à la même chose. C’est-à-dire des clubs plutôt familiaux, humbles, qui me ressemblent assez. Ce n’est pas un hasard, c’est certain.

Dernièrement, une vidéo de vous lors de Clermont-Castres a fait un sacré buzz, quand vous vous adressez au 4ème arbitre. Est-ce une chose dont vous vous moquez, ou vous dites-vous parfois que vous devriez vous méfier de l’omniprésence des caméras ?

J’ai été surpris de la proportion que ça a pris, parce que sur le moment, c’était un coup de gueule dans le contexte d’un match. Je fais habituellement attention, car je dis beaucoup de choses sur le bord de touche, je bouge pas mal… Mais là, visiblement, je me suis fait piéger. Ce n’était pas méchant, mais je me suis quand même excusé à la fin. Ça a fait rire beaucoup de monde et surtout mes enfants ! (sourires)

Plus généralement, dans un milieu où les propos sont assez aseptisés, votre franc-parler détonne ?

J’ai toujours fonctionné comme cela. Quand j’étais joueur, j’étais pareil et ça m’a parfois coûté des mises à l’écart ! Il me semble qu’un rapport d’honnêteté avec les joueurs est essentiel, tout comme le respect de la parole donnée. Ça fait partie de moi : j’ai cet état d’esprit parce que je ne sais pas faire autrement…
C’est le cas dans mon rapport avec mes joueurs, qui est très direct, je dis les choses… Parfois ça plaît, parfois ça ne plaît pas, parfois ça peut déstabiliser… Mais la chose essentielle reste que l’on sache où l’on va.

Je n’ai pas de raison de changer quand j’échange avec des journalistes, quand j’échange avec vous par exemple… Je dis les choses comme je les ressens. Parfois je me plante, parfois je dis des conneries, mais je fais en sorte de ne pas en faire beaucoup quand même. J’ai ce fonctionnement-là. Honnêtement, je ne sais pas si ça détonne… Je ne m’occupe pas trop de la communication des autres, sauf quand ça attaque mon groupe ou le staff. Dès que ça parle du CO, je peux lever un sourcil. Le reste, je m’en fous un peu ! (sourires)

Samedi, vous venez défier les Toulousains sur leurs terres pour ce qui est LE derby par excellence. Mais cela a t-il encore une réelle signification ? Est-ce un match particulier ?

Oui, c’est un match particulier, et il faut qu’il le reste. J’insiste beaucoup sur la notion de derby, sur la notion de rivalité, même si nous ne sommes pas des ennemis et que les deux clubs ont des fonctionnements complètement différents. Stade Toulousain-Castres, c’est une opposition de style, que ce soit sur le jeu, le management ou l’histoire des clubs. Mais cette opposition fait partie de notre patrimoine et en ce qui me concerne, je suis dans cette dynamique-là.

C’est une rencontre qui, pour Castres, précède la réception de Brive… Quelles seront vos ambitions pour ce match ?

Au-delà de Brive, il y a Toulon juste derrière. Tout les blocs sont compliqués. Après trois déplacements, nous recevons trois fois... Au classement, cela ne vous a pas échappé, on est un peu loin de ce que l’on veut. On n’a pas le droit à l’erreur. Mais on a la chance de ne pas avoir de blessés, d’avoir un groupe complétement réceptif et qui est très impliqué. On a quatre matchs avant la petite trêve, et on va les jouer à fond. Ce sera le cas à Toulouse, comme derrière face à Brive ou Toulon. Franchement, je ne me pose pas de questions. Avec la coupure qui arrive, il n’y a aucune question à se poser vis-à-vis de la gestion. Il faut bien travailler, bien récupérer et bien se préparer pour jouer chacune de ces échéances…

Comment analysez-vous le début de saison du Stade Toulousain ? Et globalement quelle image avez-vous du club ?

Le Stade Toulousain fait partie des très gros clubs du championnat français. Ils sont en pleine mutation après l’ère Guy Novès. C’est plutôt bien engagé. Sur le début de saison, le sentiment que nous avons de l’extérieur, c’est que c’est une grosse machine, un monstre de puissance, constitué de grands joueurs. Simplement, aujourd’hui, les Toulousains n’arrivent pas à concrétiser toutes les opportunités qu’ils se procurent, mais ça va venir. J’espère simplement que ça ne sera pas ce week-end ! (sourires)

Depuis le début de sa carrière, Maxime Médard a déjà marqué à cinq reprises face à Castres. C’était d’ailleurs face au CO, le 19 novembre 2004, qu’il avait inscrit le premier essai de sa toute jeune carrière.




Arrivé en France en 2012, à Oyonnax, Benjamin Urdapilleta, à l’image de son club de l’époque, a connu une ascension régulière. Doté d’un pied gauche en or massif, il s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs buteurs de notre championnat.
Joueur complet, très bon défenseur, capable d’attaquer la ligne, il a suivi Christophe Urios à Castres en 2015, où il s’est rapidement imposé comme le maître à jouer de la formation tarnaise.
Désormais estimé à sa juste valeur en France, il ne lui manque qu’une réelle reconnaissance internationale, malgré une dizaine de sélections avec les Pumas.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Clermont 32 9 6 2 1 101 3 1
2
Montpellier 27 9 6 0 3 62 2 1
3
Toulon 27 9 5 1 3 55 3 2
4
La Rochelle 25 9 4 2 3 46 2 3
5
Stade Toulousain 23 9 5 0 4 10 1 2
6
Bordeaux-Bègles 22 9 5 0 4 0 1 1
7
Racing 92 22 9 5 0 4 -2 2 0
8
Castres 20 9 4 1 4 40 1 1
9
Stade Français 20 9 4 1 4 12 1 1
10
CA Brive 19 9 4 1 4 -46 0 1
11
LOU 17 9 3 2 4 -37 1 0
12
Pau 16 9 3 0 6 -26 1 3
13
Grenoble 11 9 2 0 7 -114 1 2
14
Bayonne 8 9 1 2 6 -101 0 0



Après trois victoires consécutives qui lui avaient permis de progresser significativement au classement, Bordeaux-Bègles a terminé cette belle série la semaine passée en s’inclinant à Castres. Pour conserver néanmoins une dynamique intéressante en championnat, l’UBB doit à tout prix s’imposer ce week-end, alors qu’elle a déjà chuté sur ses terres (face à Montpellier lors de la troisième journée).

Avec deux succès en trois rencontres et une défaite très encourageante face au Racing, le Stade Français semble être en forme ascendante. Une trajectoire qu’il faut maintenant confirmer à l’extérieur, alors que pour le moment, les joueurs de la capitale n’ont pris qu’un malheureux point en quatre déplacements. L’année passée, ils avaient chuté à deux reprises, à l’aller et au retour, contre le club girondin.



La belle série briviste à domicile s’est arrêtée net la semaine dernière, avec une très lourde défaite survenue face au voisin clermontois (16-40). Si la position du CAB au classement n’est pas alarmante, il est clair que le club marque le pas après une entame de championnat tonitruante. La venue de Bayonne est en tout cas sur le papier une belle opportunité de relancer la machine.

Avec une seule victoire en neuf journées, le parcours de l’Aviron est pour le moment un véritable calvaire, alors que le club retrouve cette saison le Top 14. Les deux défaites et deux matchs nuls déjà concédés à domicile risquent de peser très lourd au final et obligent le club à réaliser des performances loin de ses bases.



L’ASM a confirmé sur la pelouse de Brive que personne, ou presque, n’était en mesure de lui résister jusqu’ici. Avec une seule défaite cette saison, toutes compétitions confondues, Clermont impressionne. A domicile, les Jaunards, malgré une performance moins aboutie face au Stade Toulousain lors de leur dernière sortie, présentent un bilan quasiment exempt de tout reproche, avec un total de 18 points engrangés sur 20 possibles.

Le revers concédé le week-end précédent sur la pelouse de Toulon était quelque part attendu et n’a sans doute pas trop miné les esprits des joueurs grenoblois, conscients que c’est ailleurs que se jouerait leur maintien.
Dans ces conditions, ce nouveau voyage à hauts risques se fera certainement sans pression pour le FCG, qui est sans doute déjà focalisé sur la prochaine journée, où il recevra Bordeaux-Bègles.



Malgré la défaite subie il y a quelques jours sur la pelouse de Montpellier, La Rochelle est toujours sur le podium au classement. Mais le club surprise de ce début de saison n’a plus gagné depuis la sixième journée et serait bien inspiré d’entamer un nouveau cycle positif. Si l’ASR a déjà concédé deux matchs nuls à Marcel Deflandre en 2016-2017, il convient de souligner que c’était face à deux gros bras de notre championnat, Clermont et Toulon.

La défaite face au Stade Toulousain, pour le compte de la 9ème journée, a rapproché la Section Paloise de la zone dangereuse. Les deux derniers déplacements des Béarnais en Top 14 ont été porteurs d’espoirs, avec un succès à l’arraché à Grenoble et une défaite bonifiée en terre lyonnaise. C’est déjà beaucoup mieux que la saison dernière, où le club avait dû attendre la 12ème journée pour débloquer son compteur loin de ses bases.



Après avoir chuté chez le Stade Français la semaine passée, le LOU retrouve le Matmut Stadium où il est encore invaincu, avec trois victoires et un nul (ils ne sont plus que cinq en Top 14 à pouvoir en dire autant).
Pour le moment, le promu navigue en milieu de classement, à distance respectable de la zone rouge. Cela doit suffire pour le moment à son bonheur, avant cette rencontre qui sera marquée par les retrouvailles de Pierre Mignoni et Fred Michalak avec leur ancien club.

Avec une seule défaite lors de ses six derniers matchs, de surcroît enregistrée sur la pelouse du Racing, Toulon a répondu de la meilleure des manières à ceux qui l’avaient enterré un peu trop vite. Moribond et onzième au soir de la troisième journée, le RCT a connu depuis une remontée spectaculaire.
A l’extérieur, les Varois font pour le moment partie des très bons élèves de la compétition, avec deux succès et un nul ramenés de leurs divers voyages.



Le Racing, qui n’avait encore jamais gagné à l’extérieur cette saison, a brisé ce qui commençait à ressembler à une malédiction en s’imposant le week-end dernier en terre bayonnaise. Ce succès, qui est le deuxième consécutif en championnat, est tombé à point nommé pour peut-être lancer définitivement la machine.
A domicile, le champion de France en titre n’a pour le moment jamais tremblé, avec quatre victoires en autant de matchs, sans jamais laisser le bonus défensif à son adversaire.

Montpellier n’a mordu la poussière qu’une seule fois au cours des sept dernières journées, et c’était sur la pelouse de Toulon. C’est dire si la dynamique dans laquelle sont installés les hommes de Jack White est positive, et c’est sans doute sans pression mais avec des ambitions qu’ils préparent cette affiche.
L’an passé, les Héraultais avaient encaissé quarante points à Colombes, d’où ils étaient repartis bredouilles (25-40).

Le 14 mars 2009
À l’issue de la réception de Castres, Rémi Lamerat peut avoir
le sourire : il vient d’inscrire le tout premier essai de sa jeune carrière
en Top 14 !

Toulousain de 1997 à 2004, Yann Delaigue n’a pas seulement remporté toutes les compétitions majeures avec son club. Il a aussi marqué l’histoire du Stade en étant un maître à jouer exceptionnel, le digne successeur d’un certain Christophe Deylaud.

Tu as remporté le Bouclier de Brennus et la Coupe d’Europe avec le Stade Toulousain. Lequel de ces titres reste spécial à tes yeux ?

C’est difficile à dire… Je suis arrivé en 1997 à Toulouse et le Stade Toulousain avait remporté quatre fois le Bouclier avant cette date. Quand on rejoignait le club à cette période-là, on s’attendait à remporter immédiatement des trophées, et finalement, ce n’est pas arrivé tout de suite. On a certes été champions de France en 1999, mais j’étais blessé et je n’ai pas pu participer à la finale. Je n’ai pas vraiment senti que j’avais remporté ce titre.
En revanche, il y a eu beaucoup d’émotions en 2001. J’avais remporté le Brennus neuf ans plus tôt avec Toulon, mais c’était déjà loin…
Un premier titre européen est également quelque chose de particulier, qui boucle une belle fin de saison. Il y avait eu moins de partage avec le public parce qu’on avait joué en Irlande et les supporters étaient moins nombreux. Ce sont deux émotions différentes.

Avant le Bouclier 2001, tu avais effectivement déjà été sacré champion de France avec Toulon. Est-ce que, comme le disent généralement les joueurs, le premier titre reste particulier ?

Oui, bien entendu ! J’ai soulevé le Bouclier en compagnie de joueurs avec lesquels j’avais grandi. Tout est arrivé très vite. En 1992, je jouais ma première saison en équipe première, et elle avait été particulière : nous n’avions pas été très bons durant une bonne partie du championnat, mais la compétition était ainsi faite que, sur le dernier mois et demi, on pouvait finir en boulet de canon et être sacré.

Il y a toujours un côté magique sur le premier titre. On était gamins et tout est arrivé très vite. On aurait pu penser que c’était facile d’être champion de France, mais en ce qui me concerne, il a fallu attendre neuf ans pour toucher à nouveau le Brennus…

Il n’est pas anodin de passer de Toulon à Toulouse dans une carrière. Te souviens-tu des circonstances de ta venue au Stade ?

Il y avait plusieurs aspects. Tout d’abord, Christophe Deylaud jouait au Stade Toulousain et j’étais en quelque sorte son second en équipe de France à cette époque-là, dans les années 1995-1996. Je m’entendais très bien avec lui et c’était intéressant de reformer notre duo en club. Le Stade Toulousain s’était mis dans l’idée de me récupérer pour préparer l’après-Christophe et être dans la continuité de ce joueur.
On ne pouvait être que séduit à cette époque par le Stade Toulousain, qui était trois fois champion de France et en passe de l’être une quatrième fois. Le discours de Guy Novès me plaisait, la culture du jeu de Toulouse me plaisait également… Je sentais vraiment qu’il y avait une envie de me récupérer puisque les tractations avaient commencé me semble-t-il en novembre. A ce moment-là, on ne recrutait pas les joueurs aussi tôt.
Et d’un autre côté, Toulon se donnait un peu moins les moyens de faire partie des meilleurs… Cela a pesé dans ma décision, qui n’a pas été très difficile à prendre quand même ! (sourires)

Tu as quitté le club en 2004, à 31 ans, alors qu’il te restait quelques belles années de joueur. Comment s’est terminée l’aventure ?

Plutôt bien, car j’ai gardé de bons rapports avec le club, avec les joueurs, avec les supporters… A chaque fois que je reviens dans cette ville, même si malheureusement, cela n’arrive pas très souvent, j’ai l’impression d’être accueilli à bras ouverts. J’ai gardé une amitié profonde avec les joueurs que je vois de temps en temps, même très régulièrement pour certains.
Le club tardait à me refaire signer parce que j’avais dépassé la trentaine, et il y avait une politique qui visait à faire jouer les plus jeunes. Dans le même temps, Castres m’avait fait une offre intéressante, en me proposant d’être le leader de cette équipe, en apportant mon expérience. Christian Gagan entraînait Castres à cette époque-là, et j’avais déjà évolué sous ses ordres au Stade. J’entretenais de bonnes relations avec lui. C’est comme ça que, finalement, j’ai franchi le pas… C’est dommage. (Il se reprend) Enfin, j’ai vécu de très belles choses à Castres, mais quand le Stade Toulousain s’est réveillé en me disant : « On ne pensait pas que tu allais partir et on aurait aimé que tu restes….», je m’étais déjà engagé moralement avec le CO. C’était trop tard…

Tu comptes 20 sélections en équipe de France, ce qui est déjà beaucoup. Y-a-t-il pourtant un petit goût d’inachevé avec les Bleus ?

En quelque sorte, car plusieurs fois, je me suis blessé au moment où j’étais appelé en équipe de France… Je pense à la Coupe du Monde 1999, où je me suis rompu les ligaments croisés, à 2003 où je suis titulaire en Argentine avant une Coupe du Monde et où je me blesse sérieusement au biceps… Il y a eu des rendez-vous manqués. C’est forcément un regret, car j’ai vécu des moments superbes au sein des Bleus. Mais les titres avec les clubs ont toujours été pour moi beaucoup plus importants.

On se souvient de deux de tes surnoms dont tu as hérité durant ta carrière :
- Le premier est le « Petit Mozart ». C’est évidemment un joli compliment, mais est-ce que cela a été lourd à porter ?

Oh non ! Je ne me suis jamais pris la tête avec ça. J’en ai plutôt souri. Les journalistes ont parfois besoin d’attribuer des surnoms… Mais je préférais le Petit Mozart au Goret, c’est certain ! (sourires)

- Le deuxième t’avait été donné par Mourad Boudjellal : « Robert Delaigue ». Avec du recul, c’était amusant ou c’était déplacé ?

Celui là, je l’ai beaucoup moins apprécié. Ce n’est pas tant le prénom « Robert » qui m’avait blessé, c’était le manque de respect de Mourad à mon égard. Je suis maintenant passé à autre chose, et heureusement d’ailleurs ! Aujourd’hui, ça me fait sourire.

Tu as en effet connu les premières années du Toulon ambitieux, avec un Président qui savait où il voulait aller. Tu imaginais que le RCT irait aussi haut ?

J’ai connu, en signant à Toulon pour ma dernière saison, un club ambitieux mais j’avais l’impression que, justement, Mourad Boudjellal ne savait pas trop où il allait. Tout était fait un petit peu n’importe comment. A partir du moment où il s’est entouré d’un directeur sportif et qu’il a lâché prise sur tout ce qui touchait au jeu, le club a commencé à avoir de bons résultats.
Mourad est un très bon président, qui fait parler de son club et qui, au niveau marketing, a apporté une dimension nouvelle. Il a fait bouger les lignes et obtenu de grands résultats. Il s’est associé d’abord avec Philippe Saint-André puis avec Bernard Laporte : des choix judicieux quand on regarde le palmarès qu’il a eu après.

Quand tu jouais, tu as toujours été très impliqué au niveau tactique. L’idée d’être entraîneur ne t’est jamais venue à l’esprit ?

Si, ça m’a traversé l’esprit… J’étais un joueur qui avait toujours l’envie de participer à la stratégie d’équipe : mon poste s’y prêtait, j’étais un leader sur le terrain et mon apprentissage du rugby a toujours tourné autour de ça. J’ai été passionné par le jeu, à refaire les matchs avec les coéquipiers pour essayer d’améliorer les choses. J’étais toujours très impliqué avec les coachs sur la stratégie.
Si je n’ai jamais embrassé une carrière d’entraîneur, c’est pour une raison très simple : je vivais à Paris après ma retraite sportive, alors que mes enfants vivaient et vivent encore à Toulon.

Ma priorité était de les voir régulièrement, notamment le week-end. Et par définition, un entraîneur doit être avec son équipe chaque week-end…
J’ai été contacté par des clubs, de Top 14 notamment, mais j’ai toujours directement refusé, sans même parler d’argent ou d’autres choses… C’était évident pour moi que la priorité des priorités était d’être proche de mes enfants.

Une carrière n’est pas faite que de bons souvenirs. Quel est le plus mauvais avec le Stade ?

On a quand même tendance à se rappeler uniquement des bons… A ce sujet, mon meilleur souvenir avec le Stade Toulousain, et même de ma carrière entière, reste mon dernier match à Ernest Wallon. C’est un moment qui restera gravé à jamais, avec un soutien inconditionnel des supporters, du club, des coachs, des coéquipiers… Tout cela m’a procuré une émotion d’une rare intensité. Il y a d’un côté les titres et les victoires, mais c’est ce moment-là qui reste le plus important.

Au niveau des mauvais souvenirs, il y a eu la finale de 1999, où j’étais en pleurs dans les tribunes à ne pas pouvoir la jouer. Même si j’ai évidemment partagé ce titre avec les copains et si j’étais sincèrement content pour eux, l’avant-match et le match ont été une vraie torture.
Il y a également eu un autre match que je n’ai pas pu jouer, et je l’ai très mal vécu : c’était au Stadium contre le Stade Français en 1999. Quelques mois plus tôt, les Parisiens nous avaient infligé une correction en demi-finale du championnat. Cette rencontre constituait en quelque sorte une revanche, et nous étions tous extrêmement motivés.

C’est vraiment une rencontre qui nous tenait à cœur… Et pour je ne sais plus quelle blessure, je n’ai pas pu y prendre part, alors que nous avions marqué plus de quarante points ce jour-là…

Il y aussi eu la défaite lors de la finale de Top 14 en 2003, mais nous avions été sacrés champions d’Europe quelques semaines plus tôt, et la déception était moins grande.
J’aurais également aimé partir du Stade Toulousain en 2004 avec un titre de champion d’Europe, mais on a malheureusement laissé filer la finale contre les Wasps à Twickenham, à l’issue d’un match magnifique.

Dans toute ta carrière toulousaine, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Au niveau de l’attitude agressive et guerrière, c’est Trevor Brennan, sans aucun doute. Pourtant, je venais de Toulon et en terme d’agressivité au niveau des avants, j’avais été servi. J’avais même été surpris par la façon qu’avaient les avants toulousains d’aborder les rencontres. Ils étaient beaucoup plus calmes que les Toulonnais, qui étaient un peu fous ! En dehors de Trevor, il y avait aussi Fabien Pelous, qui avait une agressivité plus froide. Je vous assure qu’il valait mieux être dans son camp !

Quel joueur stadiste t’a le plus bluffé par son talent ?

Il y en a eu tellement… Bien sûr, j’ai adoré la façon de jouer de Christophe Deylaud, même si, finalement, nous n’avons pas été souvent associés. Seulement quelques fois, quand je jouais au centre et lui à l’ouverture…
Il y a vraiment eu des joueurs de grand talent au Stade Toulousain. En sortir un plutôt qu’un autre est très difficile… Chez les avants, on savait que Fabien Pelous était toujours une garantie de très haut niveau, tout comme Christian Califano. Christian Labit a été très performant pendant des années.
En ce qui concerne les arrières, Emile Ntamack a fait des choses incroyables, tout comme Cédric Heymans ou Yannick Jauzion. Chacun avait son propre style. Sans parler également de Fred Michalak et Clément Poitrenaud, qui étaient plus jeunes mais qui nous ont aussi impressionnés.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

On a eu les petits br…eurs qui sont arrivés en 2000 et dont je viens de parler : Fred et Clément ! Ils ont vraiment apporté un vent de fraîcheur : ils n’arrêtaient pas de faire des bêtises mais nous, les anciens, on avait du répondant. Ils se sont retrouvés plusieurs fois attachés à des poubelles, nus, sur le parking ! C’est arrivé assez régulièrement… (sourires)
Dans le même registre, on peut également citer Jean-Baptiste Elissalde et Christian Califano, évidemment !

Le plus râleur ?

Il y avait Franck Belot, Didier Lacroix, Patrick Soula et peut-être Jérôme Cazalbou également… C’était l’ancienne génération, qui avait beaucoup d’expérience et râlait davantage.

Le plus ingérable ?

Avec Guy Novès, il n’y avait pas beaucoup d’ingérables. (sourires) Mais je dirais peut-être Franck Tournaire, avec Xavier Garbajosa juste derrière !

Une scène de vestiaire ou une troisième mi-temps toulousaine qui t’a particulièrement marqué ?

Il y en a tellement eu ! Christian Califano faisait du ventre et glisse dans le vestiaire, et c’était quelque chose ! « Cali » était facile à gérer, mais c’était un boute-en-train incroyable.
Je me rappelle des scènes de joie qui suivaient les victoires, et les troisièmes mi-temps n’étaient pas tristes non plus.
Je me souviens avoir fait une soirée pour Halloween, où nous étions tous déguisés… Je m’étais retrouvé en éléphant, sans les clés de chez moi. J’avais été obligé de me faire ramener par Jean Bouilhou, par ailleurs déguisé en vieille prostituée, pour réveiller ma belle-mère en pleine nuit. En ouvrant ma combinaison au petit matin, tous les confettis étaient tombés dans le salon… (sourires)

Deux de tes anciens clubs, le Stade et Castres, se retrouvent ce week-end à Ernest Wallon. Comment vois-tu cet affrontement ?

Pendant de longues années, le Stade Toulousain dominait régulièrement les Castrais. Le CO est aujourd’hui une équipe très sérieuse, avec une vraie âme, de vraies valeurs. C’est notamment ce qu’on pouvait lui reprocher dans les années 90… Ce sera à mon avis un match très serré, même si les Stadistes ont l’avantage de jouer à domicile.
Stade-Castres, ça reste un derby, un match particulier avec une ambiance particulière !

Que fais-tu aujourd’hui et quel pourrait être le mot de la fin ?

J’ai plusieurs casquettes. Je m’occupe du partenariat sportif pour le groupe Orangina-Schweppes, dans le rugby et le handball. J’ai monté en même temps le « Tournoi des 6 Stations », un tournoi de rugby sur neige. Je fais participer de nombreux anciens internationaux et notamment des Toulousains. Je partage principalement mon temps entre ces deux activités.
Je vis maintenant sur Paris. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup de temps pour aller à Toulouse, car ma famille se trouve encore à Toulon et je m’y rends dès que j’ai un petit peu de temps.
Je garde énormément d’affection pour Toulouse et son public, parce que je me suis toujours senti soutenu. Chaque fois que j’y suis retourné, j’ai reçu énormément de messages de sympathie ! J’espère que c’est le signe d’avoir laissé une bonne image dans la Ville Rose.