Cueillis à froid par un essai rapide d’Aplon, les Toulousains courent après le score et sont menés d’un petit point à la pause. Mais la réalisation de Palisson, dès la reprise, et la botte de Doussain permettent aux Rouge et Noir d’être en tête à la 70ème minute. Hélas, deux pénalités de Wisniewski, dont la seconde sur la sirène, crucifient les Rouge et Noir.

Le score final ne traduit pas les difficultés rencontrées par les locaux durant une mi-temps (7-3 à la pause). Tout devient plus simple au retour des vestiaires, avec cinq essais (dont deux doublés de Gear et Vermaak) en quarante minutes. Mais les Stadistes perdent sur blessures Médard, Clerc, Johnston et Millo-Chluski, laissant planer le spectre d’une victoire à la Pyrrhus.

Avec trois essais, dont un doublé de Huget, lors de la première période, l’issue du match est rapidement scellée. Pourtant, les Stadistes ne baissent pas de rythme à la reprise et ponctuent le deuxième acte de cinq nouvelles réalisations. Ce succès, obtenu lors de la dernière journée, qualifie le Stade pour un barrage à domicile.

C’est la famille Maka, avec des essais de Finau et Isitolo, qui permet aux Toulousains de prendre le large dans ce match. Alors que les Toulousains sont privés de leurs internationaux, retenus pour le Tournoi, ils parviennent néanmoins à maintenir la cadence en seconde mi-temps. Poitrenaud, Baby et Patey apportent leur pierre à l’édifice.

Le Stade caracole en tête de son groupe lors de ce match, à une époque où le Top 16 était divisé en deux groupes. Très vite, Nicolas Jeanjean ouvre les hostilités, suivi par Poitrenaud, qui réussira ce jour-là un doublé. Les Grenoblois, toutefois, ne lâcheront jamais totalement le morceau, et neuf essais sont inscrits d’un bout à l’autre de la rencontre.

Dans une compétition aussi difficile et maintenant aussi imprévisible que le Top 14, toute victoire, entendons-nous bien, est bonne à prendre. On aurait tort, à ce titre, de mésestimer totalement le succès engrangé il y a quelques jours à peine devant le Stade Français. Bien entendu, cela ne signifie pas pratiquer la politique de l’autruche : la prestation accomplie face à l’équipe parisienne n’était pas totalement aboutie, et les circonstances de la rencontre (nombreux blessés dans les rangs de l’équipe de la capitale, qui a de surcroît joué quasiment une mi-temps en infériorité numérique) auraient peut-être pu permettre une issue encore plus heureuse.

Mais le plus important était sans doute de renouer avec la victoire et d’entamer une remontée au classement que tout le monde, du côté des Sept Deniers, espère durable. A ce titre, la venue de Grenoble, prochaine échéance dans le calendrier rouge et noir, est donc l’occasion de doubler la mise. A condition, bien entendu, de gommer les imperfections entrevues la semaine passée.

« Cette victoire face au Stade Français est précieuse d'un point de vue comptable. Ce sont quatre points très importants dans un contexte particulier. Après, notre capacité à marquer durant nos temps forts est trop faible. On prend également trop de points facilement. Il faut retrouver l'appétit défensif que nous avions la saison dernière : on prend deux essais qui me laissent sur ma faim. On ne peut pas se satisfaire de cette prestation », analysait à chaud Ugo Mola, qui n’avait pas laissé son degré d’exigence aux vestiaires.

Difficile, sur le dernier point, de contester les faits énoncés par l’entraîneur en chef. Si la place du Stade, au classement des défenses du Top 14 (4ème), est très loin d’être infâmante, on ne peut pas nier non plus qu’il existe un coup de moins bien par rapport à la saison dernière. Au petit jeu des comparaisons, et alors que les joueurs de Jean-Baptiste Elissalde ont encaissé 10 essais après six journées, ce total n’était que de cinq unités la saison passée, au même stade de la compétition.

« On a des joueurs qui n’aiment pas encaisser d’essais », détaillait le spécialiste de la défense, Pierre-Henry Broncan, au lendemain du match disputé contre le Racing. « On s’aperçoit que dans les rencontres de haut niveau, le moindre détail, la moindre erreur coûte immédiatement très cher. Mais quand on encaisse un essai, cela ne relève pas d’un manque d’engagement ou de conviction, mais d’un mauvais placement qui peut toujours être analysé et corrigé à la vidéo. On a la chance d’avoir des joueurs qui défendent le maillot, leurs couleurs, et qui aiment leur club ».


Si Grenoble est actuellement à la peine au classement, avec une seule victoire depuis le début de la saison, personne n’entend en tout cas prendre ce match à la légère. Le succès, c’est bien connu, amène de la confiance, et celle-ci ne sera pas de trop au vu des échéances qui attendent les joueurs de la Ville Rose, avec un déplacement à Clermont qui sera suivi par les débuts de la Champions Cup.
« Le match face au Stade Français est un soulagement, mais on sait que Grenoble a perdu chez lui et nous savons déjà que ce match sera compliqué. On est un petit peu montés au niveau du classement, et quand tu gagnes, tu travailles plus sereinement à l’entraînement. Tu as la confiance qui revient et c’est vraiment très important », confirme Maxime Médard, qui a enchaîné quasiment trois rencontres dans leur intégralité depuis son retour de blessure.
A ce titre, un deuxième succès de rang, contre l’équipe iséroise, sonne comme une nécessité absolue.

 

La saison passée, lors de la très nette victoire toulousaine sur Grenoble, un joueur avait éclaboussé la rencontre de toute sa classe. Gaël Fickou avait ainsi trompé la défense iséroise à trois reprises, prenant une part prépondérante dans le succès des siens.
Il s’agit jusqu’ici du seul triplé réussi par Gaël depuis le début de sa carrière.

Entre mauvais résultats, blessures, suspensions et soucis financiers, le FCG n’est guère épargné par les problèmes en tous genres depuis le début de la saison. Mais le club, fidèle à ses habitudes, fait front et donnera tout pour connaître des jours meilleurs.

On ne sait trop quel mauvais sort a été jeté à Grenoble depuis le coup d’envoi du championnat, mais toujours est-il qu’il se révèle diablement efficace. Dire que le club accumule les ennuis s’apparente à un doux euphémisme. Et aujourd’hui, c’est l’avenir du FCG, présent en Top 14 depuis 2012 et revenu de l’enfer et d’une rétrogradation administrative en Fédérale, qui est en jeu.

Parmi les écueils rencontrés par le club, le premier d’entre eux est sportif. Si sa place parmi l’élite avait été sécurisée l’an dernier, cela avait été dans la douleur. L’exercice s’était terminé par une série vertigineuse de six défaites de rang, qui avait amené les Isérois à une anonyme dixième place au soir de la 26ème et dernière journée.
La suite, hélas, a été du même acabit. La mise en retrait (puis le départ) de Fabrice Landreau, remplacé par Bernard Jackman, n’a pas permis d’enrayer la spirale, tant et si bien que le succès sur Brive, il y a quelques semaines, venait après neuf revers de rang !

Voilà comment Grenoble, après six journées, bataille dans la zone de relégation. Et si la malchance et les coups du sort n’expliquent pas tout, il faut avouer que Gio Aplon et les siens ne sont guère épargnés. L’effectif a en effet compté jusqu’à dix-neuf blessés, auxquels il a fallu ajouter des suspendus, suite aux deux cartons rouges reçus lors de la venue du CAB.


A côté de ces errements sportifs, sont venus se rajouter, comme si cela ne suffisait pas, les soucis financiers du club, qui a dû demander à l’ensemble de ses salariés une baisse symbolique de 3% de leurs émoluments, afin d’aider à remonter la pente. La coupe était pleine, et Armand Battle, Grenoblois depuis 2015, dressait le constat suivant à l’issue de la défaite sévère concédée à Castres il y a quinze jours : « Ce n’est pas possible d’être comme cela sur courant alternatif. A l’extérieur, il va falloir changer d’état d’esprit. Même si le XV tourne, tout le monde doit être sur la même longueur d’ondes. L’équipe n’est pas en position de pouvoir lâcher des matchs.
J’ai conscience de la situation, mais il est encore trop tôt pour commencer à déprimer. Je me dis qu’il faut garder le moral et la confiance en notre jeu. Les soucis financiers sont derrière nous, nous avons décidé de ne plus en parler. Le groupe va désormais se resserrer pour mener à bien son seul objectif : le maintien. Rien ne nous est épargné, à nous d’en tirer une force »
.

Le revers concédé face à la Section Paloise, la semaine passée, a évidemment constitué un coup supplémentaire sur les têtes grenobloises. Mais il a aussi rappelé les valeurs d’un groupe qui, en dépit de tous les vents contraires, s’accroche et montre qu’il ne lâchera rien. Un comportement qui fait écho au discours de Fabrice Landreau, au moment de dire au-revoir au public isérois : « Ce club est très particulier, riche de 120 ans d’histoire, et est passé par de nombreuses difficultés. Mais à Grenoble, nous sommes sur une terre de résistance, où l’on ne renonce jamais. Un travail formidable est en train de s’accomplir ici, et s’il y a des débuts difficiles, il y a aussi de belles fins. J’ai foi en cette équipe, qui va se battre et s’accrocher. Je vous donne rendez-vous à la dernière journée, où nous partagerons un grand bonheur ».

La route est longue jusque-là, mais une chose est sûre : les joueurs n’abdiqueront pas, à commencer par leur voyage aux Sept Deniers ce samedi.

Après une courte expérience au Stade Toulousain, David Mélé a rejoint cette saison le FC Grenoble. Et malgré les débuts hésitants de sa nouvelle équipe, le numéro 9 ne regrette rien, et se montre même optimiste quant à l’opération maintien.

Cette interview a été réalisée la semaine dernière, avant la rencontre Grenoble-Pau (6ème journée).

David, tu as rejoint le FCG cette saison. Question habituelle mais obligatoire, pourquoi as-tu décidé de rejoindre le club des Alpes ?

Tout simplement car je n’avais signé qu’un an au Stade Toulousain, avec une autre saison en option, et on m’a rapidement fait comprendre que l’on n’activerait pas mon +1… J’ai quasiment tout de suite eu des contacts et j’ai rejoint le FCG car il y avait tout un tas de choses qui correspondaient à ma philosophie : le staff est en grande partie britannique et le fonctionnement l’est aussi. C’est vraiment quelque chose qui m’a convaincu et je suis vraiment très bien ici.

Le dépaysement a dû être important pour toi, et il le sera certainement davantage à l’approche de l’hiver. T’y es-tu déjà préparé psychologiquement ?

On m’en a déjà parlé ! On m’a dit que les saisons étaient assez extrêmes à Grenoble, avec des étés très chauds et des hivers particulièrement froids. Je m’y suis préparé, mais pour être honnête, j’ai été vacciné en passant deux ans en Angleterre. Là-bas, dès le mois de septembre, les températures peuvent aisément descendre en dessous de zéro. On va voir ce que ça donne ici, mais comme je suis un authentique amoureux de la nature et de la montagne, je suis optimiste et certain que je vais vraiment me régaler.

Vous êtes seulement trois joueurs à avoir signé à Grenole à l’intersaison. L’intégration n’a pas été trop difficile au sein d’un groupe déjà bien constitué, même si on a l’impression que tu es le genre de personnes qui pourrait facilement s’intégrer n’importe où ?

J’ai cette caractéristique, c’est vrai, d’être assez sociable et de pouvoir m’intégrer un peu partout. Au premier abord, on pouvait penser que l’intégration allait être difficile, car effectivement, le club a gardé un très gros noyau de joueurs, si ce n’est tout l’effectif de l’année dernière, en décidant de recruter seulement trois joueurs. Mais il y a un très bon état d’esprit dans le groupe, tout le monde s’entend très bien. Mon intégration en a été facilitée, d’autant plus que mon caractère a fait que… J’essaie souvent de balancer deux-trois blagues pour détendre un peu tout le monde, et ça aide forcément. (sourires)

Tu as pour le moment pris part à tous les matchs de Grenoble, dont trois en tant que titulaire. Sur ces statistiques, tu dois être forcément satisfait ?

C’est sûr et certain ! Je venais en grande partie ici pour retrouver le temps de jeu que je n’avais pas eu au Stade, en raison de l’éclosion de Sébastien Bezy et de la polyvalence de Jean-Marc Doussain. Mon objectif était clair et limpide : rejouer. Du coup, faire trois matchs en tant que titulaire sur cinq rencontres, c’est appréciable. Je pense montrer de bonnes choses aux entraîneurs, et ils me le rendent bien en me faisant jouer chaque week-end.
Pour résumer, je ne suis évidemment pas spécialement content des résultats de l’équipe, mais personnellement, en terme de temps de jeu, je suis satisfait.

On a constaté que tu avais déjà endossé le brassard de capitaine, ce qui est rare pour un nouvel arrivant. C’est également bon signe, et la preuve que tu es perçu comme un leader ?

C’est ce que pas mal de personnes m’ont dit… Porter le brassard de capitaine en étant depuis seulement trois mois au club, c’est très rare. Je pense, comme je l’ai dit tout à l’heure, m’être très bien intégré dans le groupe et auprès des coachs. J’essaie d’être un peu le relais entre le staff et les joueurs. Le fait que je sois bilingue me permet aussi de pouvoir parler à tout le monde et de pouvoir m’exprimer auprès du groupe. C’est un vrai plus pour moi, et c’était une belle marque de reconnaissance de me nommer capitaine lors de la 5ème journée. On connaît ensuite le résultat (N.D.L.R : Grenoble a été sévèrement battu par Castres, 46 à 9)… Ça ne nous a pas souri, mais j’étais malgré tout très flatté.

Défaites, blessures en cascade, cartons rouges… Comment le groupe vit-il cette succession de coups durs ?

C’est vrai que nous ne sommes pas épargnés depuis le début de la saison entre les blessures, les problèmes financiers, les suspensions… Je pense qu’on a quand même de la ressource dans le groupe, et en restant solidaires, en se resserrant, on pourra s’en sortir. On a pu le faire contre Brive notamment, malgré des circonstances très défavorables.
Globalement, je pense que le groupe n’est pas trop atteint par cette cascade de mauvaises nouvelles. Il va falloir encore le prouver samedi sur le terrain. Mais on veut clairement montrer à tout le monde que le FCG n’est pas mort.

L’équipe a démontré contre Brive des qualités de cœur et de courage certaines. Plus que jamais, c’est cette solidarité qui vous permettra de vous en sortir ?

Nous sommes actuellement dans une situation difficile, c’est indéniable, mais elle n’est pas non plus catastrophique. Ce qui doit impérativement nous guider pour les semaines et les mois à venir, c’est d’amasser le maximum de points contre des concurrents pour le maintien. Dans ces conditions, la solidarité, l’entraide et l’esprit d’équipe vont être des facteurs capitaux pour enchaîner les bons résultats, que ce soit à domicile ou à l’extérieur.

Les soucis financiers du club ont récemment éclaté au grand jour et vous ont directement impactés. Comment vis-tu personnellement cette situation et est-ce difficile d’en faire abstraction ?

Non, ce n’est pas difficile, car nous sommes avant tout joueurs de rugby et notre boulot reste le terrain. Peut-être malgré tout que pour certains, cela a pu être psychologiquement difficile de se dire que le club était en mauvaise santé financière et qu’il fallait faire des efforts, que ce soit les joueurs, les partenaires ou encore le personnel administratif. Ces 3% de baisse salariale, c’est de mon point de vue la moindre des choses pour aider le club, ne serait-ce que donner une image positive des joueurs… Le club est en difficulté, il est logique de faire en sorte de l’aider. Les partenaires et les sponsors ont vu ça d’un bon œil et participent également.

Avec 21 essais encaissés en cinq matchs, Grenoble est en queue de peloton des défenses du Top 14. C’est l’un des axes de travail prioritaires ?

C’est une statistique révélatrice, mais notre problème n’est pas réellement notre défense ou notre organisation. Cela relève davantage de l’erreur individuelle et de la technique de plaquage. On manque des plaquages, on relâche des types au sol… Collectivement, on a pu le montrer récemment, nous sommes en place. Après, il suffit qu’un seul joueur manque un plaquage et on prend une cascade d’essais, de contres… On a encore pu le voir contre Castres. Il suffit qu’on fasse une faute pour se retrouver 80 mètres derrière, dans notre ligne d’en-but.

Tu as quitté le Stade Toulousain l’année dernière après avoir porté les couleurs du club durant une saison. Avec forcément un léger goût d’inachevé ?

Je ne suis vraiment pas parti déçu, car mon passage au Stade Toulousain m’a fait rencontrer des mecs en or avec lesquels je suis encore très ami : Jean-Marc Doussain, Gillian Galan, Alexis Palisson, les jeunes Marchand, Baille et Aldegheri, Yann David… Je suis tout le temps en contact avec eux. Ce sont des mecs avec qui j’ai beaucoup accroché, et cela suffit à mon bonheur. Je ne qualifierais donc pas du tout mon expérience toulousaine de décevante, même si, évidemment, il y a eu sportivement de la frustration. Comme tout joueur de rugby, on aspire à être sur le terrain, et je suis effectivement frustré de ne pas avoir pu porter davantage ce maillot rouge et noir. Quand j’ai eu la chance de faire partie de l’équipe, j’ai éprouvé une grande fierté et j’ai toujours essayé de donner le maximum… même avec une main cassée !

Cette aventure, bien que brève, restera gravé dans ma mémoire, car pour tout joueur français, porter le maillot du Stade Toulousain est une immense émotion.

Quel regard portes-tu sur le Stade Toulousain version 2016-2017 ?

On connaît le Stade Toulousain, on sait comment le club fonctionne, et moi encore davantage pour l’avoir connu de l’intérieur. Il ne faut jamais enterrer le Stade. Les résultats ne sont pas forcément toujours là chaque week-end, mais je sais que les joueurs font le boulot, qu’à l’entraînement ça bosse et que ça va finir par payer. Cette saison, de nombreux joueurs sont arrivés, et il n’est pas évident d’intégrer et de retenir le système de jeu du Stade Toulousain. Cela ne peut pas se faire en quelques semaines. La sauce va bien finir par prendre et on retrouvera le Stade dans le top 6, voire le top 4 du championnat. Je ne me fais aucun souci pour cette équipe, ces joueurs et ce staff.

Le déplacement à Toulouse est intercalé pour vous entre deux matchs à la maison face à des concurrents directs, Pau et Bayonne. Le match à Ernest Wallon est-il dans ces conditions une priorité ?

Je pense que dans les têtes des joueurs et du staff, dans notre situation, il ne faut pas se tromper de guerre et donc choisir ses combats. Nos priorités sont les matchs à domicile contre les concurrents directs, et le Stade n’entre évidemment pas dans cette catégorie, puisqu’il vise les phases finales. Ce n’est pas parce qu’ils ont eu récemment quelques matchs « sans » qu’on les retrouvera en difficulté dans quatre ou cinq mois.
Envoyer une équipe pour essayer de gagner à Ernest Wallon serait à mon avis une erreur.

Après, je ne suis pas dans la tête des coachs, mais je ne pense pas me tromper là-dessus.

A bientôt 31 ans, comment te sens-tu mentalement et physiquement, toi qui as signé un contrat de deux saisons avec le FCG ?

Je me sens au top, sincèrement. Mentalement, ça ne pourrait pas aller mieux car je joue. C’est toujours difficile à gérer dans le cas contraire, comme je l’ai vécu l’année dernière : ça peut-être un peu usant à la longue, pour moi et pour ma famille… Mais pour le moment cette saison, tout est différent. Hormis de meilleurs résultats, je ne vois pas ce que je pourrais demander de mieux. Je ne dirais pas que j’ai l’impression d’avoir des cannes de 20 ans, mais de… presque 25 ans ! (sourires)

Sur les dix derniers affrontements aux Sept Deniers entre Toulousains et Grenoblois, les Rouge et Noir l’ont emporté à neuf reprises. La seule victoire du FCG date de 2014-2015, sur le score de 25-22, et c’est un certain Jonathan Wisniewski, formé au Stade, qui avait été ce jour-là le bourreau de son ancien club.




C’est avec le Stade Toulousain, il y a plus de onze ans, que Jonathan Wisniewski a effectué ses premiers pas en Top 14. Depuis, le joueur a pas mal bourlingué, passant par Aix, Castres, Colomiers, le Racing et aujourd’hui Grenoble.
Ceux qui avaient perçu son arrivée en Isère comme une régression en sont aujourd’hui pour leurs frais : meilleur buteur du Top 14 dès sa première saison sous les couleurs du FCG, il s’est largement imposé comme le maître à jouer de son nouveau club.
Promu capitaine en 2016-2017 (« Une énorme fierté », a déclaré l’intéressé), « John » est devenu à son poste l’une des références de notre championnat, auquel il ne manque qu’une sélection en équipe de France.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
La Rochelle 21 6 4 1 1 52 2 1
2
Clermont 19 6 3 2 1 63 2 1
3
Montpellier 19 6 4 0 2 74 2 1
4
Castres 16 6 3 1 2 53 1 1
5
Toulon 15 6 3 0 3 3 1 2
6
Racing 92 14 6 3 0 3 -13 2 0
7
CA Brive 14 6 3 1 2 -29 0 0
8
Pau 14 6 3 0 3 -15 1 1
9
Bordeaux-Bègles 13 6 3 0 3 2 1 0
10
Stade Toulousain 13 6 3 0 3 -18 0 1
11
Stade Français 12 6 2 1 3 8 1 1
12
LOU 11 6 2 1 3 -36 1 0
13
Grenoble 6 6 1 0 5 -84 0 2
14
Bayonne 6 6 1 1 4 -60 0 0



Battu à La Rochelle la semaine passée, Bayonne présente un bilan pour le moins inquiétant. L’Aviron n’a en effet gagné qu’un seul de ses six premiers rendez-vous, et c’était lors de la journée inaugurale. Depuis, les Basques sont en difficulté, et leur dernière prestation à domicile (défaite face à Montpellier, 9-21), n’a pas fait exception à une règle que l’on espère très provisoire du côté de la Nive.

Pour le LOU, les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Intraitable ou presque à domicile, le promu se montre nettement plus friable en déplacement, comme en atteste sa dernière défaite en date, concédée sur le terrain de Bordeaux-Bègles. La saison passée, alors que les deux équipes évoluaient à l’échelon inférieur, en Pro D2, les Rhodaniens avaient frappé un grand coup en s’imposant au Pays Basque, 15 à 11.



Si Brive a été défait à Montpellier pour le compte de la précédente journée, cela ne remet pas en cause le très bon début de saison une nouvelle fois effectué par le club. Les Corréziens, comme souvent, se montrent performants à domicile, même si cela passe parfois par un trou de souris (lors de leur dernière prestation à Amédée Domenech, ils s’en étaient sortis de justesse devant La Rochelle, 29-28).

C’est un drôle de début de saison que connaît le champion de France en titre. Absolument impérial à Colombes, le Racing accumule en revanche les déboires en déplacement, avec trois défaites en autant de matchs. Celui concédé à Castres, il y a quelques jours, accentue quelque peu la pression sur les Franciliens, qui, en 2016-2017, s’étaient inclinés chez leurs adversaires du jour (27-33).



Battu pour la première fois de la saison à Toulon la semaine passée, Clermont n’en effectue pas moins une première partie de championnat remarquable. A domicile notamment, les Jaunards n’ont pour le moment laissé que des miettes à leurs adversaires, en s’imposant à deux reprises avec le bonus offensif.
Il y a un an, l’affrontement entre les deux équipes avait tourné à la démonstration auvergnate, avec une victoire sans appel 42-13.

Après une période compliquée, Castres a su profiter de ses deux matchs consécutifs à Pierre Antoine pour relever la tête et s’imposer successivement devant Grenoble et surtout le Racing 92. Mais pour prouver que les ennuis sont désormais bel et bien derrière lui, le CO va devoir maintenant faire ses preuves à l’extérieur, là où il ne s’est pour le moment pas imposé.



Avec un bilan provisoire de trois défaites, deux victoires et un nul, le Stade Français a pris du retard sur les premières places du classement. Les deux revers consécutifs concédés en déplacement ont quelque peu plombé les statistiques des Parisiens, qui doivent maintenant relever la tête sur leurs terres. A Jean Bouin, si les joueurs de la capitale sont encore invaincus, ils ont néanmoins abandonné deux points en concédant le match nul face à Clermont.

La Rochelle est incontestablement l’une des équipes en forme de ce début de championnat. Les hommes de Patrice Collazo ne comptent jusqu’ici qu’une seule défaite, concédée par la plus petite des marges sur le terrain de Brive (28-29).
Sur une pelouse où ils avaient été balayés il y a un an (20-33), les Maritimes ont l’occasion de prouver, si besoin était, qu’ils ont franchi un palier cette saison.



Les statistiques de la Section traduisent sans doute les progrès accomplis par le club depuis un an. Alors que l’an passé, à la même époque, Pau accumulait les déboires à l’extérieur, il vient de signer une victoire capitale sur la pelouse de Grenoble. Un deuxième succès consécutif serait déjà, mine de rien, un premier pas important accompli dans l’optique du maintien.

Si la victoire obtenue lors de la journée précédente contre le LOU est évidemment bonne à prendre, elle a eu lieu à Bordeaux. Or, pour le moment, les Aquitains n’affichent pas la même sérénité à l’extérieur, où ils n’ont pu ramener qu’un seul et maigre point depuis le coup d’envoi de la saison. La saison dernière, l’UBB avait réussi une jolie performance en s’imposant 15 à 3 dans le Béarn.



Après le Stade Toulousain, le Racing et Clermont, Toulon continue sur le même tempo en affrontant une autre équipe qui jouait les phases finales en mai dernier. Le succès obtenu face à l’ASM a évidemment fait du bien aux têtes toulonnaises, et on ne doit pas se tromper en affirmant qu’une nouvelle victoire lancerait sans doute définitivement la saison des Varois. Rappelons que le dernier duel entre les deux clubs avait pour cadre les demi-finales du Top 14, et qu’il avait été remporté magistralement par le RCT.

Après des débuts quelque peu délicats, le MHR a rapidement relevé la tête et fait taire ses détracteurs. Le club reste en effet sur quatre victoires de rang et a quitté la douzième place qu’il occupait au soir de la deuxième journée pour remonter sensiblement au classement. 
Les deux dernières prestations des Héraultais à l’extérieur ont été pour le moins solides, avec deux victoires très nettes à Bordeaux-Bègles (32-15) et Bayonne (21-9).

Le 4 mai 2013
Un géant tourne la page. C’est en effet face à Grenoble, lors de la
26ème et dernière journée de la phase régulière, que Yannick
Jauzion dispute son dernier match à Ernest Wallon.

Si la carrière toulousaine d’Yves Donguy a été émaillée de quelques blessures, personne n’a oublié son exceptionnelle saison 2007-2008, ni son offrande à Maxime Médard en finale du championnat de France. « Yao » évoque ses grands souvenirs en rouge et noir.

Quand tu as signé au Stade, tu évoluais à Brive et tu n’étais pas une star du championnat. Te souviens-tu des circonstances de ta venue ?

Cela s’est fait assez simplement. Mon agent m’a prévenu que le Stade Toulousain était intéressé par moi, mais je dois bien avouer que je n’y croyais pas. Je pensais que le Stade Toulousain ne prenait que des éléments qui jouaient régulièrement en équipe de France ou qui en étaient très proches. En ce qui me concerne, j’étais à l’époque assez loin de pouvoir y prétendre, malgré quelques sélections chez les jeunes. Il a fallu que j’attende le rendez-vous avec Guy Novès pour vraiment me dire que c’était la réalité, qu’il ne s’agissait pas d’une blague de mon agent et qu’il existait une opportunité. Autant dire que la question, en ce qui me concerne, ne s’est même pas posée : je n’ai évidemment pas hésité !

Tu as joué sept ans au club et gagné quatre titres majeurs. On ne doit pas se tromper en disant que ton meilleur souvenir est le titre de 2008 ?

Oui, c’est effectivement le titre de champion en 2008, même si je n’ai pas eu le temps de bien le savourer, tant le match m’avait épuisé mentalement ! Mon vis-à-vis, lors de cette rencontre face à Clermont, était un certain Nalaga, qui était à l’époque l’un des meilleurs ailiers, et même l’un des meilleurs joueurs du championnat… Il écrasait tout le monde cette saison-là et était en tête du classement des essais. Quand Guy m’a dit qu’il allait me mettre en face de lui, j’ai évidemment approuvé, mais il m’a par la suite mis une pression incroyable. Cette pression m’a tellement épuisé, ainsi que le match en lui-même, que je n’ai pas eu le temps de fêter vraiment le titre. J’étais exténué, et à 2 heures du matin à peine, j’étais couché.

Ainsi, en ce qui concerne la fête, je dirais que le meilleur est celui de 2010, avec la Coupe d’Europe ! On a eu cette fois-ci le temps de s’amuser comme il se doit. Ceux de 2011 et 2012 étaient aussi très réussis… Ils étaient tous bien finalement ! (sourires)

Toi qui étais arrivé au club comme « joueur de complément », cette première saison 2007-2008 a été complètement folle, jusqu’à te voir titulaire indiscutable en phase finale ?

On sait pourquoi… Vincent Clerc s’était blessé et il n’y avait plus beaucoup d’ailiers. Clément Poitrenaud était également « out ». On avait fait de bons matchs pendant le Tournoi des VI Nations, en l’absence des internationaux, et cela a sans doute joué… Guy avait confiance en moi, et en retour, j’ai su montrer que j’étais là et qu’on pouvait compter sur moi. Philippe Rougé-Thomas m'a également aidé, car il m'a beaucoup entraîné individuellement : après les entraînements, on allait faire de la technique sur les passes, les chandelles…
Quand je suis arrivé au Stade, je ne pensais pas rester aussi longtemps. Je m’imaginais faire une ou deux années. J’étais là pour remplacer Xavier Garbajosa, qui était mon idole de l’époque. C’était impressionnant pour moi. Je suis arrivé dans un vestiaire avec des joueurs de classe mondiale, comme Fabien Pelous… J’étais comme un gamin, même si j’avais l’âge de Clément Poitrenaud et Vincent Clerc !

Lors de la finale face à Clermont, ta passe décisive sur l’essai de Maxime Médard est un modèle du genre. C’est une action que tu as encore en tête ? On t’en a beaucoup reparlé ?

Oui, énormément. Comme je l’ai déjà dit à Max, je ne sais pas comment j’ai pu lui faire la passe ! Les joueurs le savaient, je faisais parfois des choses inexplicables. Il est arrivé plusieurs fois que je ne réussisse pas à attraper des passes faciles, alors qu’à l’inverse, je rattrapais des passes beaucoup plus difficiles, que personne n’arrivait à maîtriser. Je ne peux pas l’expliquer. J’ai dit à Max plusieurs fois : « Je ne sais pas comment je t’ai filé le ballon, mais je te l’ai filé quand même ! » (sourires)
Mais il n’y a pas que cette dernière passe à retenir, il y a l’ensemble de l’action, avec notamment tout le travail accompli par Yannick Jauzion.

Dans ton histoire au Stade, il y a eu malheureusement la blessure qui est survenue dans un match de championnat face à Biarritz. C’est là que tout a basculé ?

Après la blessure, je suis revenu, mais beaucoup de choses n’allaient pas. C’était compliqué, et d’un point de vue général, cette blessure m’a fatigué. J’ai vraiment ressenti cet avant et après blessure. Comme on le dit tous, quand tu es au maximum de ta forme, c’est souvent là où tu te blesses, même si ce n’est jamais le bon moment.

Je suis malgré tout bien revenu à la compétition, après une année blanche, en terminant en 2011-2012 deuxième ou troisième meilleur marqueur du championnat. Cette saison-là, il me semble avoir fait partie des joueurs de l’effectif qui ont le plus joué.
Les deux années suivantes, en 2012 et 2013, cela a été beaucoup moins le cas. J’ai enchaîné les petites blessures, qui, au-delà du point de vue physique, m’ont fait beaucoup de mal mentalement.

A l’époque du titre de champion de France 2008, tu étais à la porte de l’équipe de France… Tu n’as malheureusement jamais porté le maillot bleu. Quel est ton sentiment ?

C’est forcément un peu énervant. A cette époque-là, il y avait beaucoup de joueurs de ma génération qui portaient le maillot bleu. Des gars avec lesquels j’avais partagé des sélections en équipe de France de -21 ans… Mais comme je dis, c’est le sport, c’est la vie, c’est comme ça…
Serge Blanco a beaucoup joué avec l’équipe de France, mais il n’a jamais gagné de titres. Moi, je n’ai pas joué en équipe de France, mais j’ai gagné autant de titres que certains qui comptent des dizaines et des dizaines de sélections. Je suis satisfait d’avoir remporté des trophées, même si c’est évident que quand tu es professionnel, ton rêve est un jour de jouer en Bleu. Mais si ça n’arrive pas, ça n’arrive pas…

Tes deux dernières années au Stade ont en effet été marquées par très peu de matchs. C’était une période difficile à vivre, malgré les titres ?

C’était évidemment frustrant, car j’ai toujours tout fait pour revenir au top de mon niveau. Mais au Stade Toulousain, quand tu loupes le début de saison, les bons joueurs qui sont là te remplacent. La place est tellement chère dans ce club… Il ne faut pas rater le bon wagon. Si tu te blesses une fois ou deux, c’est délicat de revenir. Tu as beau revenir en forme, l’autre joueur a commencé à prouver, à s’installer, et c’est compliqué de reprendre ta place. Pendant ces deux années, j’ai enchaîné les blessures d’un ou deux mois… Ce sont les blessures les plus pénibles : à la rigueur, quand tu sais que tu vas être absent six ou neuf mois, tu te fais une raison. Alors que sur les blessures plus légères, tu enrages car tu sais que l’autre à côté va prendre une petite avance…

Il n’y a malheureusement pas que de bons souvenirs dans une carrière. Quel est ton pire moment ?

Je pourrais dire la blessure, même si, au final, je l’ai plutôt bien prise. Le pire souvenir ? Je n’en ai pas beaucoup quand j’y pense…
Même quand j’étais blessé, on avait un bon groupe. On s’entendait bien, on passait de bons moments ensemble pour oublier la blessure et le fait de ne pas être sur la feuille de match. S’il faut choisir un mauvais moment, je dirais la finale de Coupe d’Europe perdue en 2008. Je l’ai mal vécu. On était bien physiquement et on perd le match de seulement trois points face au Munster…

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Il y en a beaucoup, mais disons Patricio Albacete ! Chez les avants, il y avait aussi Thierry Dusautoir, évidemment, mais Pato était impressionnant. Je peux aussi citer Florian Fritz et Yann David du côté des arrières… « Flo », quand je jouais à l’aile et qu’il était à côté, je savais que ça n’allait pas passer et que j’allais pouvoir me retourner tranquillement.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Clément Poitrenaud ! Il a un jeu spécial, tout ce qu’il réalise est fluide, élégant. C’est un joueur génial à regarder. Il faisait des choses que je ne comprenais pas, qui me surprenaient à chaque fois, même après plusieurs années.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

Peut-être bien que c’était moi ! (sourires) Je faisais toujours des bêtises. Il y avait Yohan Montès également qui n’était pas mal dans ce domaine ! On chambrait, on faisait des gaffes… Un souvenir particulier ? Ah non, ça ne se raconte pas !

Le plus râleur ?

Clément Poitrenaud râlait souvent, il n’était jamais content. C’était le plus souvent aux entraînements, et entre nous, il y avait un petit jeu. Il s’énervait parce que je lui demandais tout le temps la combinaison que nous devions mettre en place. J’énervais aussi souvent Fred Michalak pour les mêmes raisons ! Je leur demandais à chaque fois : « C’est quoi la combi ? » A chaque fois, ils me répondaient que je ne me souvenais de rien ! « Mais c’est bon, arrêtez de râler ! » était devenu ma phrase récurrente !

Tu as tenté de prolonger ton aventure rugbystique à l’US Carmaux , mais une malheureuse blessure t’en a empêché… Pourquoi avais-tu pris cette décision ? Tu te sentais encore capable de poursuivre l’aventure, mentalement et physiquement ?

Aujourd’hui encore, je serais capable de continuer. Je n’aime pas m’arrêter sur des échecs. Physiquement, j’ai toujours envie de jouer au rugby, même si c’est à un petit niveau. J’ai toujours le besoin de trottiner, courir ou encore d’aller voir d’autres personnes, d’autres supporters, d’autres visions du jeu, que ce soit amateur ou semi-professionnel.

Nous sommes une génération qui n’a connu que le rugby professionnel. On ne sait pas du tout ce qu’est le côté amateur : tout est devenu pro quand j’avais 17 ans, et ça ne s’est pas arrêté jusqu’à la fin de ma carrière. Aujourd’hui, je vais peut-être aller du côté de St-Supplice, pour retenter une nouvelle aventure. Je suis encore capable de courir un peu, même si maintenant il n’y a plus de gros crochets ! On essaie d’en faire des petits, des semblants de crochets et de trouver la bonne solution pour passer. (sourires)

Beaucoup de joueurs disent, une fois leur carrière terminée, qu’ils n’ont pas vu le temps passer et que tout va finalement très et trop vite. Tu le vois comme ça ?

Oui et non. Elle s’est déroulée assez vite, mais j’ai eu le temps de la voir passer. Quand tu arrêtes ta carrière professionnelle, la chose qui te manque le plus reste l’ambiance et les entraînements. Mais quoi qu’il arrive, il faut un jour ou l’autre arrêter sa carrière pro. Tout le monde est passé par là. On n’a pas tous eu la chance de continuer comme Vincent Clerc jusqu’à 35 ans. Il n’y a pas beaucoup de trois-quarts qui durent aussi longtemps. Je ne compte pas les demis de mêlée, qui peuvent aller jusqu’à 37 ou 38 ans. Il faut dire qu’ils ne vont pas trop dans les regroupements et n’y mettent jamais la tête ! (sourires)

Que fais-tu aujourd’hui ?

J’ai monté le projet d’un food-truck africain avec ma sœur, afin que les gens découvrent un peu la nourriture et la gastronomie du continent. Pour commencer, nous sommes partis sur un seul camion afin de montrer ce qu’on peut faire en espérant, pourquoi pas, aller plus loin.
Ce n’est pas ma seule activité. Quand j’étais au Stade, j’étais associé à un carreleur car initialement, avant d’être joueur professionnel, je faisais un apprentissage dans le bâtiment. Je m’étais associé pour faire un regroupement d’artisans afin de faire de la rénovation de maisons ou d’appartements. Pour l’instant, j’essaie de continuer cette activité en parallèle, même si je laisse davantage mon associé gérer. Je vais lui donner un coup de main de temps en temps, mais pour l’instant, je suis focalisé sur le lancement de mon food-truck.

Le mot de la fin ?

J’ai passé de très bons moments au Stade Toulousain, avec l’ensemble de mes anciens collègues ! J’espère que cette année sera encore meilleure que la précédente. Tout n’a peut-être pas été parfait jusqu’ici, mais je connais le club et les joueurs : personne ici n’aime perdre et je sais que tout le monde travaille dur. J’espère aussi que les supporters continueront toujours d’être derrière eux. En tout cas moi, je suis là et je serai toujours là pour les Rouge et Noir !