Le principal trait de mon caractère
La gentillesse


La qualité que je préfère chez les hommes
L’humilité


La qualité que je préfère chez les femmes
La sincérité


Mon principal défaut
La procrastination


Ma principale qualité
La générosité


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Ils sont vrais


Mon occupation préférée
M’occuper de mon fils de 2 ans et demi. Lui apprendre à être quelqu’un de bien


Mon rêve de bonheur
Je vis un rêve chaque jour, ma vie est un pur bonheur


Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre ceux que j’aime


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Je n’ai pas spécialement envie d’être quelqu’un d’autre


Le pays où j'aimerais vivre
Les Etats-Unis


Un héros dans la fiction
Léon dans le film de Luc Besson ; Spiderman


Un héros dans la vie réelle
Mon père Jean-Marc et ma mère Monika

Mes héros dans l’histoire
Nelson Mandela, Jacques-Yves Cousteau, Mohamed Ali



Ce que je déteste le plus
Les manipulateurs, les hypocrites


Le personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
Savoir voler


Comment j'aimerais mourir
J’y songerai le moment venu


Mon état d’esprit actuel
Apaisé, heureux, confiant


Ma devise
La vie est unique et s’écoule trop rapidement. Pas le temps de faire la gueule, profite !

En à peine un quart d’heure, les Toulousains aplatissent à trois reprises dans l’en-but adverse, par Fickou, Médard et Bezy. La suite sera au diapason, et c’est peu dire que les Palois, totalement dépassés, passent une mauvaise après-midi à Ernest Wallon. Avec 8 essais inscrits au total, les Rouge et Noir égalisent le record de leur saison.

On aurait pu croire les Toulousains encore en rodage à ce stade de la saison, mais le déroulement de la rencontre prouve qu’il n’en est rien. Si un certain Beauxis passe trois pénalités pour la Section, elles ne pèsent pas grand-chose face aux huit essais rouge et noir. Gareth Thomas, qui marque à deux reprises, fait partie des joueurs les plus en vue, alors que chez les avants, Servat et Lamboley apportent leur pierre à l’édifice en inscrivant chacun un essai.

Si le Stade n’inscrit pas d’essai durant la première demi-heure, sa domination et le rythme imprégné à la rencontre font lentement mais sûrement vaciller les Béarnais. Sanctionnés de trois cartons jaunes d’un bout à l’autre de la rencontre, ces derniers finissent par céder sur une charge d’Isitolo Maka. Cédric Heymans, auteur d’un doublé, et Florian Fritz participent également au succès toulousain.

Les trois essais toulousains inscrits en première période par Pelous, Garbajosa et Clerc laissent augurer une victoire aisée. Il n’en sera rien, car les Palois, accrocheurs, se rebiffent après la pause et recollent au score. Si les locaux ne seront jamais inquiétés, la rencontre, au cours de laquelle Harinordoquy score pour la Section, n’est en rien une promenade de santé.

Au cours de la première période, les deux équipes se répondent du tac au tac et c’est avec un maigre avantage que les Toulousains regagnent les vestiaires (16-9). Tout change à la reprise, et les joueurs de Guy Novès marquent en à peine cinq minutes, par Lapoutge et Belot. Assommés, les Béarnais ne s’en relèveront pas et concèderont deux autres essais en fin de partie, de la part de Lacroix et Desbrosse.

Après un début de saison compliqué car marqué par plusieurs petites blessures, le troisième ligne monte en puissance ces dernières semaines. Petit à petit, on retrouve le « Tala » de 2015-2016, celui qui avait été l’une des révélations de l’effectif toulousain.

Arrivé sur la pointe des pieds en tant que joker Coupe du Monde en 2015, Talalelei Gray était presque un inconnu du public français quand il a posé ses valises dans la Ville Rose. Les plus assidus se souvenaient néanmoins qu’il avait jadis porté les couleurs du Biarritz Olympique, en compagnie d’un certain Imanol Harinordoquy, avec lequel il avait notamment remporté le Bouclier Européen en 2012. Le Basque, d’ailleurs, avait été questionné quand l’opportunité de recruter Gray, même temporairement, s’était présentée. Et il n’avait pas tari d’éloges sur son compère de la troisième ligne : « J'ai plutôt poussé pour qu’il nous rejoigne. On en a parlé avec l'encadrement, car je connaissais son profil. Il va amener quelque chose au Stade Toulousain. Il est puissant, il est capable de faire jouer après lui, il est dur sur l'homme. On a vécu de belles choses ensemble à Biarritz », se souvenait à l’époque celui qui est devenu consultant sur Canal+.

D’abord Toulousain le temps de la Coupe du Monde, Gray n’a pas tardé à transformer l’essai. Le niveau de ses performances a rapidement convaincu tout le microcosme du rugby stadiste : entraîneurs, coéquipiers et supporters se sont rapidement rendu compte des qualités de l’intéressé.
Mais en rugby, être performant est une chose, mais le rester sur la durée en est une autre. L’adage est ultra connu, mais le flanker, également capable de jouer numéro 8, l’a expérimenté à ses dépens. Non pas que ses efforts se soient relâchés, mais depuis le début de la saison 2016-2017, des petits pépins en tous genres sont venus contrarier sa progression.


« Personnellement, je ne suis pas trop satisfait de ma saison jusque-là », admettait le joueur avec une belle sincérité. « Je n’ai pas trouvé assez de régularité. Je me suis blessé, j’ai repris, puis je suis tombé malade. J’essaie de retrouver mon état de forme de l’année dernière. Il y a beaucoup de monde en troisième ligne au Stade Toulousain. C’est difficile de garder sa place. Mais cela nous pousse à augmenter notre niveau de jeu », concluait-il au début du mois de décembre, conscient de ne pas avoir totalement répondu aux attentes placées logiquement en lui.

Ainsi, durant le premier tiers du championnat, on n’a pas réellement reconnu le « Tala » de l’exercice précédent. Mais le travail finit par payer, et après plusieurs apparitions en demi-teinte, l’ancien joueur des Waratahs s’est clairement montré à son avantage lors de la double confrontation européenne face aux Zèbres : activité inlassable, plaqueur acharné, franchisseur… Gray, incontestablement, était de retour, et ceux qui pensaient que la relative faiblesse de l’opposition expliquait ce regain de forme en ont été pour leurs frais : lors du dernier match de l’année civile, face au leader clermontois, il a sans doute été l’un des joueurs les plus performants de son équipe…

« Tala avait besoin de retrouver de la fraîcheur et de l’allant. C’est le genre de joueur qui se montre à son avantage quand il a du rythme. Il est intéressant quand il enchaîne les performances, c’est là qu’il a cette capacité à harceler les rideaux adverses, à porter le ballon, à redoubler d’efforts défensifs. Il est important pour nous de retrouver son appétit et sa faculté à multiplier les actions », analysait récemment Ugo Mola.

Peu à peu, on dirait bien que Gray va réussir son pari déjà gagné la saison passée : se rendre indispensable.

C’est le total de points inscrits par les Toulousains lors des trois derniers duels face à la Section en terre toulousaine. Que ce soit en 2017, 2005 ou 2004, les Rouge et Noir n’ont pas fait de détails, encaissant sur ces trois rendez-vous 12 points seulement.

Après avoir connu un début de saison mitigé, la Section semble avoir franchi un cap ces dernières semaines. Avec trois succès consécutifs, la formation béarnaise a peut-être fait mieux qu’entériner son maintien : et si elle se prenait à rêver plus haut ?

La saison passée, les ambitions paloises étaient toutes trouvées, et communes à quasiment tous les promus : le maintien. D’un strict point de vue comptable, l’objectif a été atteint on ne peut plus sereinement. En terminant avec une marge de 20 points d’avance sur Agen, premier relégué, les Béarnais n’ont quasiment jamais tremblé pour assurer leur place en Top 14 pour 2016-2017.
Pour autant, on n’est pas certain à 100% que l’exercice précédent ait contenté l’ensemble du staff technique. Il faut dire que Pau n’était pas un nouvel arrivant comme les autres : fort d’un recrutement clinquant mais intelligent, le club aurait sans doute pu viser un peu plus haut. « Nous avons simplement fait un peu mieux que le minimum syndical », indiquait à cet égard Simon Mannix, l’homme fort du secteur sportif.

Pour cette saison, il était clair que les coéquipiers de Colin Slade visaient (un peu) plus haut, même si leur préoccupation première restait de sécuriser leur place au plus haut niveau du rugby français. Et le début de championnat s’est révélé décevant, pour ne pas dire inquiétant. Régulièrement chahutée en conquête, et notamment en mêlée, l’équipe ne parvenait pas à enchaîner et occupait la peu enviable place de premier non-reléguable au soir de la 12ème journée.




Avant la réception de Clermont, l’état d’urgence n’était pas loin. Et l’ensemble du club, au moins, avait conscience que les semaines à venir pouvaient être décisives et conditionner grandement le futur proche. « Nous rentrons dans une période charnière avec quatre rencontres cruciales. En fonction de nos résultats, on va basculer du bon ou du mauvais côté du championnat », prophétisait le talonneur Thomas Bianchin, qui effectue sa deuxième année dans la capitale des Pyrénées-Atlantiques.

Aujourd’hui, le constat est clair : la Section a magnifiquement négocié ce tournant, peut-être même au-delà de ses espérances. Non seulement l’ASM et Montpellier, excusez du peu, ont mordu la poussière au Hameau, mais Pau s’est également offert le luxe de s’imposer à Bordeaux-Bègles ! Aujourd’hui, une simple victoire à quatre points à domicile face au LOU, dans la rencontre reportée en raison du gel le 7 janvier, positionnerait le club au septième rang, à deux points seulement des places qualificatives pour les phases finales.
Si tout cela demande confirmation, il semble bien qu’un cap ait été franchi, à l’image des dernières performances en mêlée, aux antipodes de ce qui était affiché quelques mois plus tôt. Raillé il n’y a pas si longtemps, le pack béarnais inspire aujourd’hui le respect, si ce n’est la crainte, à ses adversaires. 

« Aujourd’hui, les joueurs ont appris à se connaître, et c’est un élément important. Il est primordial que le talonneur, le pilier gauche et le piler droit sachent comment les autres fonctionnent. Face à Montpellier, c’était clairement notre meilleure prestation depuis mon arrivée au club », analyse Carl Hayman, l’entraîneur des avants.

Alors que tous les voyants semblent au vert, Pau a pu bénéficier de la coupure européenne pour recharger les batteries et préparer au mieux ce déplacement en terre toulousaine. Au vu des dispositions de l’équipe ces derniers temps, on serait très surpris que Julien Pierre et les siens se rendent à Ernest Wallon en victimes expiatoires.

TOP 14 28/01/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
1
2
3
4
TEKORI 5
6
7
GALAN 8
9
10
11
12
13
BONNEVAL 14
MEDARD 15
remplaçants
MARCHAND
GRAY
BEZY
VAN DYK

Le temps ne semble pas avoir de prises sur Julien Pierre, qui a fêté en juillet dernier ses 35 ans. Titulaire indiscutable au sein du pack béarnais, le deuxième ligne prend encore un plaisir immense à fouler les terrains du Top 14. L’heure de la retraite n’a pas encore sonné…

Après une entame mi-figue mi-raisin, la Section reste sur trois succès de rang en championnat. A quoi attribues-tu cette embellie ?

Je ne sais pas trop. Il y a eu, c’est vrai, trois bons matchs avec trois victoires au bout, et je crois que c’est avant tout dû au travail fourni par l’ensemble du groupe depuis le début de la saison. Tous nos efforts commencent à payer. Avant cela, on peut effectivement parler d’une entame de championnat mi-figue mi-raisin, avec des rencontres qui ont mal tourné pour nous… Sur les deux ou trois derniers matchs, la chance a enfin basculé de notre côté. C’est une bonne dynamique et c’est certain qu’il est préférable de travailler dans de telles conditions.

La victoire à Bordeaux-Bègles a-t-elle pu agir comme un déclic ?

Je pense que oui. Une victoire comme ça, chez un gros du championnat, c’est toujours encourageant et ça valide beaucoup de choses et beaucoup de travail fourni tout au long de l’année. C’est important. C’est un peu comme gagner contre l’ASM ou le Stade Toulousain, ce sont de grosses victoires qui comptent énormément dans la construction d’une équipe et d’un groupe. Mais cette victoire à Bordeaux n’est pas une fin en soi : il faut continuer ainsi car la saison est loin d’être finie.

Les performances de la mêlée paloise ont été décriées en début de saison, mais aujourd’hui, vous êtes devenus très performants. C’est le signe que le travail paie ?

Oui, bien sûr. Incontestablement, nous avons eu des soucis dans ce secteur en début de Top 14. C’était avant tout une histoire de réglages. Mais attention : on n’était pas les plus mauvais en début de saison, on n’est pas non plus champions du monde maintenant… C’est juste que le travail paie et que la confiance est aussi revenue chez les piliers et au sein du pack dans son ensemble.
Ce sont souvent des petits détails et un manque de confiance qui fragilisent une mêlée. Aujourd’hui ça marche bien, mais il ne faut pas non plus se reposer trop là-dessus. Il faut continuer à travailler car samedi au Stade, ça va être dur, notamment de ce point de vue.

A priori, la relégation n’est plus vraiment une menace pour vous. La Section regarde-t-elle désormais vers le haut et, pourquoi pas, vers la sixième place ?

Pour l’instant, mathématiquement, rien n’est assuré. La saison est encore longue, il reste une dizaine de matchs. Il faut continuer à construire. Nous sommes un groupe jeune, et à ce titre, il faut travailler. C’est certain que notre position est plus confortable aujourd’hui après trois victoires, mais il ne faut pas oublier qu’il y a encore quelques semaines, nous étions douzièmes. Tout peut vite basculer.

Après 16 journées de championnat, tu as pris part à 12 confrontations en tant que titulaire. Ce sont des statistiques qui doivent te satisfaire ?

Oui, bien entendu. J’étais venu à Pau pour chercher un petit peu plus de temps de jeu que lors de ma dernière saison à l’ASM. Je souhaitais aussi me relancer avec un dernier challenge avant de ranger les crampons. C’est maintenant chose faite. Je m’éclate ici, dans ce club qui est en reconstruction et qui a beaucoup d’ambitions pour le futur. C’est vraiment top !

Comment définirais-tu ton rôle dans cette équipe ? Te considères-tu comme une espèce de guide auprès de la jeune génération ?

Incontestablement, je fais aujourd’hui partie des vieux ! (sourires) Il est vrai que j’ai un peu plus d’expérience que beaucoup, je connais bien ce Top 14... J’essaie de montrer l’exemple tous les jours à l’entraînement et de donner le maximum à chaque fois pour le groupe et pour le club ! Tout simplement…

A 35 ans, qu’est-ce qui te fait encore courir ? La passion du jeu reste intacte ?

Oui ! Je m’éclate à jouer au rugby, je m’éclate à gagner, cela me procure des sensations extraordinaires… Quand je perds, j’ai l’impression que plus rien ne va… On a la chance d’avoir une vie formidable, et je pense qu’il faut en profiter au maximum. J’ai envie de continuer à tout donner sur le terrain.

Bien sûr, je vais moins vite qu’avant… Mais comme cela n’a jamais été de toute façon ma qualité première, ce n’est pas trop problématique ! (sourires)

On imagine cependant que tu ne prends pas part à 100% à tous les entraînements de la semaine, du lundi au vendredi. Bénéficies-tu d’un programme aménagé ?

C’est Jean Bouilhou qui a balancé tout ça ? (rires) Il arrive, c’est vrai, que James (Coughlan), Conrad (Smith) et certains « vieux », nous soyons exemptés de certains entraînements !

Une équipe réalise une première moitié de saison absolument bluffante, que ce soit en Top 14 ou Coupe d’Europe, c’est Clermont. Toi qui connais bien la maison jaune et bleue, penses-tu que 2016-2017 pourrait être, enfin, la saison de l’ASM ?

Je l’espère de tout cœur pour eux, car je connais les efforts qui sont faits tous les jours dans ce club pour être au top et battre les meilleurs chaque week-end. Je leur souhaite le meilleur. Maintenant, on sait que la course est rude et qu’il y a de grosses équipes partout… Je vais en tout cas regarder attentivement leur parcours, comme l’année dernière…

La Section compte trois défaites à domicile, dont une face au Stade. Quels souvenirs as-tu du match aller ?

J’ai le souvenir d’avoir martyrisé quelques gobelets en plastique car j’étais en tribune pour cause de blessure. On connaît les forces de Toulouse : une grosse conquête, et on parlait de mêlée tout à l’heure, ce sera à ce titre un test énorme pour nous samedi. Il y a également une touche ultra performante avec Jean (Bouilhou) qu’on connaît bien, qui a dû apporter tout son savoir, toute sa science et toute son analyse. Ça va être un gros combat.
Ce qu’on retient du match aller reste avant tout de la frustration, car on a perdu cette rencontre à cause d’un manque de discipline. C’était un rendez-vous qui était d’après moi à notre portée, mais malheureusement, on l’a laissé filé.

Quel regard portes-tu sur le Stade Toulousain version 2016-2017 ?

C’est un club qui est en train de monter en puissance depuis le début de la saison. Une équipe qui est costaud devant, on le sait, qui a une grosse défense, qui est capable de jouer énormément debout avec beaucoup d’offloads et beaucoup de jeu après contact… Et puis derrière ça peut aller très vite. On connaît les qualités de tous ces joueurs : Max Médard, Yoann Huget et compagnie… On ne va pas tous les citer ! C’est une grosse écurie, toujours difficile à manœuvrer, d’autant plus chez elle.

Le report de votre rencontre face à Lyon, le 12 février, va vous contraindre à rester sur le pont alors que d’autres seront en vacances. Cela tombe mal, ou est-ce que la gestion de l’effectif, notamment avec la Coupe d’Europe, vous permet d’être dans de bonnes dispositions physiques aujourd’hui ?

Il est certain que le staff se sert de la Coupe d’Europe pour faire tourner un petit peu… De toute façon, en ce qui concerne ce report, nous n’avons pas le choix, il faut faire avec. J’espère que ça ne nous portera pas préjudice. On ne saura jamais, de toute façon, ce qui serait arrivé si on avait joué le match il y a quinze jours. On perd quelques jours de vacances mais tant pis, c’est comme ça.

Jean Bouilhou, c’est 458 rencontres de rugby chez les professionnels, pour deux clubs seulement : le Stade et la Section Paloise. C’est évidemment sous les couleurs toulousaines que l’ancien troisième ligne a le plus souvent évolué, avec 393 matchs au compteur.



C’est une star du rugby mondial qui a posé ses valises à Pau à l’automne 2016. Colin Slade, c’est 77 matchs de Super Rugby au sein des Crusaders, 21 sélections chez les All Blacks et deux Coupes du Monde disputées (et accessoirement gagnées !) en 2011 et 2015. Arrivé dans les Pyrénées Atlantiques en compagnie de Conrad Smith, Slade a rapidement prouvé qu’il ne comptait pas prendre à la légère son nouveau challenge.

Après avoir été l’un des grands artisans du maintien de la Section la saison passée, le natif de Christchurch est encore le maître à jouer de son équipe, comme en attestent les 14 matchs disputés pour le seul championnat en 2016-2017. S’il lui arrive de passer à côté (comme lors du match aller face au Stade), Slade demeure l’une des valeurs sûres du Top 14 à son poste.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Clermont 51 16 10 2 4 146 5 2
2
La Rochelle 50 16 9 3 4 123 5 3
3
Montpellier 46 16 10 0 6 69 3 3
4
Stade Toulousain 42 16 9 0 7 25 2 4
5
Toulon 41 16 8 1 7 48 4 3
6
Castres 39 16 8 1 7 81 3 2
7
Bordeaux-Bègles 37 16 8 0 8 9 1 4
8
CA Brive 36 16 8 1 7 -38 0 2
9
Racing 92 36 15 8 1 6 13 2 0
10
Stade Français 34 16 7 1 8 -12 2 2
11
Pau 33 15 7 0 8 -39 1 4
12
LOU 28 15 5 2 8 -48 1 3
13
Grenoble 19 16 3 0 13 -170 1 6
14
Bayonne 16 15 3 2 10 -207 0 0



Très sévèrement battu sur la pelouse de Clermont avant la trêve européenne, Toulon a néanmoins conservé sa place dans le Top 6. Mais les Varois ne disposent pas de marge de sécurité suffisante pour se permettre un autre faux pas à domicile, après celui survenu contre Brive en début de compétition. Au match aller, le RCT avait obtenu le partage des points à Marcel Deflandre, 17-17.

 

Il y a déjà bien longtemps que l’on a compris que La Rochelle n’était pas une surprise éphémère dans ce championnat 2016-2017. Les hommes de Patrice Collazo, semaine après semaine, continuent de tutoyer le haut du tableau et font aujourd’hui office de candidats crédibles dans la quête du Bouclier de Brennus. A l’extérieur, les Maritimes comptent trois succès, ce qui constitue un record à l’heure actuelle en Top 14.



La défaite de Grenoble, sur la pelouse de Brive lors de la dernière journée, a quasiment entériné la relégation du club. Les espoirs nés de la dernière victoire à domicile face au Stade Toulousain semblent bien loin, et avec neuf points de retard sur le premier non-reléguable, qui compte un match en moins, la messe semble dite.

Le Stade Français, s’il n’a pas grand-chose à craindre en regardant vers le bas du classement, est également à distance respectable des six premières places. La dernière prestation des Parisiens en championnat, qui s’est conclue par une défaite à domicile face au Stade Toulousain, a fait très mal d’un point de vue comptable. A l’extérieur, le club est en grande difficulté depuis le coup d’envoi du championnat, avec un seul point de bonus défensif amassé en sept rencontres.



Toujours présent parmi les qualifiés virtuels, Castres ne parvient pourtant pas à enchaîner les résultats positifs. La nette défaite concédée à La Rochelle lors de la dernière journée, qui succédait à une victoire bonifiée devant Bayonne, en est la plus parfaite illustration. A Pierre Antoine, les Tarnais affichent dans l’ensemble de bonnes statistiques, mais traînent comme un boulet le revers inattendu survenu contre l’ASR en début de saison.

Sans forcément se montrer étincelant, Montpellier s’accroche au peloton de tête et n’a plus quitté le podium depuis de nombreuses semaines. Alors que cette confrontation sera déjà la quatrième entre les deux clubs cette saison (ils sont dans la étaient poule européenne), l’avantage est pour le moment aux Héraultais, qui mènent deux victoires à une. Gageons que ces derniers auront à cœur de creuser l’écart ce week-end, ce qui leur permettrait également d’accomplir un pas supplémentaire vers les phases finales.



Le LOU n’a pu disputer la dernière journée de championnat en raison du report de son match à Pau. Sportivement, le club rhodanien a relevé la tête lors de la 15ème journée, à la faveur d’un succès sur Bordeaux-Bègles qui est venu mettre un terme à une embêtante série de quatre défaites de rang. Aujourd’hui, le matelas de sécurité sur la zone rouge semble assez consistant pour se prémunir de toute désillusion.

Même si le classement est à relativiser car le club compte un match en moins, peu de monde aurait parié que le Racing occuperait la huitième place à ce stade de la saison. Le champion de France, qui n’a plus que le Top 14 à jouer, ne peut plus se permettre de galvauder le moindre rendez-vous. A l’extérieur, il connaît de sérieuses difficultés, car à l’exception d’un succès à Bayonne et d’un match nul à La Rochelle, il n’a connu que la défaite.



Avec seulement trois victoires en quinze journées, il semble malheureusement acquis que Bayonne échouera dans son opération maintien. S’il compte un match en moins (mais à disputer sur la pelouse du Racing), l’Aviron compte un retard trop important sur le douzième pour réellement croire en ses chances de disputer encore le Top 14 la saison prochaine. Au match aller, les Basques étaient repartis bredouilles de Brive (défaite 26-9), et malgré leur situation désespérée au classement, ils mettront certainement un point d’honneur à prendre leur revanche.

Comme en atteste sa très pénible victoire sur Grenoble (23-22) lors de la précédente journée, Brive n’est sans doute pas dans la forme de sa vie. Reste que le CAB n’accuse qu’un retard de trois points sur le sixième et peut encore largement prétendre à la qualification pour les phases finales.
A l’extérieur, depuis le phénoménal succès obtenu à Toulon lors de la troisième journée, les Corréziens n’ont connu que la défaite en déplacement.



Alors que tout semblait sourire à Bordeaux-Bègles, le club vient de connaître trois défaites consécutives en championnat qui l’ont fait reculer au septième rang. Rien n’est évidemment perdu, mais un sursaut semble nécessaire pour ne pas perdre le contact avec le wagon de tête. Les Aquitains, qui ont déjà été battus à deux reprises sur leurs terres, ne peuvent en tout cas pas se permettre une nouvelle contre-performance à domicile.

Tout va bien à Clermont, qualifié pour les quarts de finale de la Champions Cup et leader incontesté du Top 14. La dernière performance des Jaunards en championnat, à domicile devant Toulon, a ainsi marqué les esprits et confirmé la marge de manœuvre dont ils disposent aujourd’hui. A ce titre, il n’est pas certain que cette affiche, aussi alléchante soit-elle, constitue une priorité absolue pour l’ASM.

27 août 2005
A l’issue de la victoire sur la Section Paloise, quelques minutes plus
tôt, l’heure est à la récupération pour William Servat et Xavier
Garbajosa.

Christian Labit a rejoint le Stade Toulousain, en 1997. Peu à peu, le troisième ligne a su se faire une place au sein du groupe, au point de devenir l’un des joueurs préférés du public et l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du club.

Tu as rejoint le Stade en 1997, alors que tu étais un pur produit de Narbonne. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Elles sont assez simples. Ce sont celles d’un joueur qui faisait de bons matchs avec son club, Narbonne, dont il était le capitaine… Avec le RCNM, on rencontrait régulièrement le Stade Toulousain, contre lequel nous perdions régulièrement, notamment lors des phases finales. Cela a généré un peu d’attractivité auprès des dirigeants toulousains. Ce sont eux, à l’époque Jean-Michel Rancoule et Guy Novès, qui m’ont contacté.
Le club était à la recherche d’un certain profil, et à l’époque, il était très peu courant de faire appel à des étrangers.
Cette année-là, je n’étais pas le seul à arriver à Toulouse. Je pense notamment à Franck Tournaire, Yann Delaigue et Fabien Pelous par exemple. On était quelques joueurs issus de la formation française à intégrer le club. Je me souviens que le Stade Français voulait également que je le rejoigne, mais à l’époque, les Parisiens n’étaient pas encore au plus haut niveau : j’ai alors fait le choix de la proximité, de la qualité de la vie, du climat, de la région et du club évidemment ! Car c’était pour moi un honneur que le Stade Toulousain m’appelle.

Tu as gagné quatre titre majeurs avec le Stade : 2 Boucliers et 2 H Cup. Lequel de ces titres reste à part à tes yeux ?

Ils ont tous une saveur particulière. Celui de 1999 reste spécial dans le sens où c’est le premier. Le but ultime, quand tu es joueur professionnel, est de gagner ton premier titre. Tu te bats pour ça toute ta carrière : toucher le Bouclier de Brennus.
Mon premier Bouclier a forcément été exceptionnel. Ce sont des souvenirs fabuleux. Mais attention, le second a été bon aussi ! (sourires)
Le premier, tu l’attends tellement qu’il passe souvent très vite. Pour le second, tu en profites beaucoup plus. Mais avoir soulevé le Bouclier en 1999 reste pour moi un moment vraiment incroyable.

Et en Coupe d’Europe, quelle est ta préférence ?

Paradoxalement, les finales n’ont pas été pour moi les moments les plus forts. Les titres ont été fabuleux, mais les souvenirs les plus marquants ont été les demi-finales.
On en dispute une contre le Munster en 2003 où l’on gagne de justesse, contre une équipe vraiment de qualité. La rencontre s’est jouée dans un Stadium euphorique avec autant d’Irlandais que de Français. C’était incroyable !
En ce qui concerne la hiérarchie des titres européens, c’est un peu comme pour le Bouclier : le premier est extraordinaires car tu marches sur le toit de l’Europe. C’est brillant, c’est beau ! La Coupe d’Europe, ça reste des matchs de très haut niveau. Le premier titre reste celui qui m’a donné encore plus envie d’aller gagner le second.

Beaucoup de joueurs de ton époque voient la finale de championnat perdue en 2003 face au Stade Français comme leur plus mauvais souvenir stadiste. C’est aussi ton avis ?

Ah cette finale perdue… Je l’ai encore en travers en gorge. Cela reste un mauvais souvenir et ça prouve qu’une défaite reste un moment marquant. Aujourd’hui, elle me sert encore dans mon rôle d’entraîneur et elle me servira toujours. J’en parle souvent et ça souligne à quel point il est difficile de perdre des finales.

Dans le même registre, il y a également la défaite en Coupe d’Europe contre les Wasps où Clément Poitrenaud fait cette petite bévue dans l’en-but. Perdre comme ça, chez les Anglais, face à l’une des meilleures équipes d’Angleterre, à Twickenham…
La manière, l’endroit, le contexte font que ces deux défaites noircissent le tableau de mon aventure stadiste.

Trevor Brennan nous avait avoué que clairement, pour cette finale de 2003, il n’y avait plus d’essence dans le moteur : l’équipe était à bout de forces ?

On n’avait pas dû perdre beaucoup de matchs pendant l’année et je pense qu’effectivement, on aurait dû avoir plus d’essence ce jour-là… On regrette de ne pas en avoir eu assez, c’est un peu dommage.
D’après moi, il faut se servir de notre expérience pour apporter et transmettre aux autres. C’est ce que je veux essayer de faire en tant qu’entraîneur aujourd’hui. Avec beaucoup d’humilité, j’apprends à mes joueurs qu’il ne faut pas avoir de regrets.

Nous, nous n’avons pas eu de regrets car nous avons eu des résultats. Cette fameuse finale me laisse un goût amer, car si nous l’avions gagnée, cela aurait été quelque chose d’historique.
Il y avait toutes les nations représentées en H Cup et nous sommes champions d’Europe… Quelques semaines plus tard, on joue le Stade Français, au Stade de France, chez eux… On n’est pas loin, mais on avait plus de gaz, plus de jus.

Il y a aussi des circonstances, des contextes, des conditions. Je suis par exemple à deux doigts d’aplatir en première mi-temps, mais pas de chance, j’ai le ballon qui reste coincé dans le maillot alors que je n’ai qu’à allonger le bras pour marquer. Si je marque à ce moment-là, avant la mi-temps, on ne connait pas les conséquences…
Les souvenirs de victoires effacent les mauvais moments parce que la joie fait que… L’engouement, l’enthousiasme font oublier les mauvais souvenirs. A l’inverse, quand tu ne gagnes pas, les mauvais moments restent pour longtemps.

Tu étais au Stade à une époque où la rivalité entre le Stade Toulousain et le Stade Français était à son paroxysme. C’étaient vraiment des matchs à part, bien plus tendus que ce que l’on voit aujourd’hui ?

Il y avait une certaine rivalité et les rencontres étaient tendues. La situation géographique des deux équipes était la première explication à cette rivalité. Les deux formations comme les deux publics s’identifiaient de cette manière.

Ensuite, ces équipes-là avaient des internationaux. Elles étaient les deux grands pourvoyeuses de l’équipe de France. Dans le lot, il y avait forcément de la concurrence.
Et enfin, on se partageait les titres. La tension était forte, et plus le temps passait, plus ça devenait compliqué. Le Stade Français avait vraiment une équipe très compétitive, qui a tout mis en œuvre pour essayer de nous battre. Ils se préparaient pour ça.
Je ne dirais pas que nous étions invincibles car ce serait de la prétention, mais on a quand même dominé le championnat pendant des années. Ils sont venus un peu enrayer cette réussite et modifier notre tableau de marche. Mais c’était une bonne chose.

J’ai le souvenir d’un quart de finale au Stadium en 1999. L’année précédente, ils nous avaient battus sur le score de 39 à 3 en demi-finale… Pour la « revanche » en 1999, il y avait eu un engouement incroyable. C’est difficile de s’en rendre compte aujourd’hui. Le rugby est différent, notamment au niveau de sa médiatisation et de sa professionnalisation…
Ce jour-là, quand nous sommes rentrés sur la pelouse, le Stadium était en ébullition. On aurait dit un chaudron. Ce sont des souvenirs inoubliables.
Ces moments-là ont aussi été rendus possibles grâce au Stade Français, il ne faut pas l’oublier. Je leur tire mon chapeau, notamment à Max Guazzini. C’est lui qui a créé cette équipe, qui l’a faite renaître de ses cendres, mais pas uniquement. A la suite de ça, il a aussi permis au Racing d’exister suite à l’engouement généré par son club. Il faut rendre hommage à ce type de président qui a tout donné pour que le rugby devienne ce qu’il est aujourd’hui.

Au-delà des titres, une chose a marqué ton aventure au Stade, c’est la communion entre le public et toi. Comment expliques-tu ce lien très particulier qui existait avec les supporters ?

En toute honnêteté, c’était sans forcer et tout s’est fait de façon naturelle. Mais c’est surtout à eux qu’il faut poser la question. Pourquoi m’ont-ils adopté, apprécié, comme ils l’ont fait ? Je leur dois tout. Ce sont eux qui m’ont donné ce sentiment d’être aimé d’une manière particulière. J’étais même parfois gêné auprès de mes coéquipiers.
Ils se retrouvaient peut-être en moi. Ils avaient certainement le sentiment que je ne trichais pas sur le terrain, que je donnais et que j’étais quelqu’un de simple. Je ne partageais pas ma vie au quotidien avec les supporters mais je passais du temps avec eux.
J’aimais le club dans sa totalité. En tant que joueurs, nous ne sommes que de passage. Le club, lui, est là à vie. C’étaient toujours des moments sympathiques avec les gens. Pour moi, ils faisaient partie intégrante du club et ça ne me dérangeait pas de passer du temps avec certains, d’aller à leur rencontre, de faire des choses qu’ils estimaient importantes pour eux. L’engouement était également bien présent autour de l’équipe. On jouait une finale quasiment chaque année !
En toute honnêteté, je souhaite à beaucoup de joueurs de vivre ce que j’ai vécu. Le rugby est quelque chose de collectif. Quand les gens sont continuellement derrière toi, tu te dis automatiquement que tu n’es rien sans l’autre.
C’était un sentiment d’amour très fort, une osmose un peu particulière.

L’histoire s’est arrêtée avec le Stade en 2005, alors que tu avais 34 ans. C’était dans l’ordre des choses, ou a-t-il été difficile malgré tout de quitter le club ?

C’était difficile… C’est toujours délicat de quitter l’endroit qui t’a donné tes meilleurs moments. Mais il faut aussi savoir s’arrêter. Je pense que j’aurais pu encore jouer avec le Stade, mais il y a eu une réflexion de ma part et je devais faire un choix.
Je n’avais pas envie de partir, c’est certain. Ce que j’avais vécu, j’avais envie de le garder. On a parfois du mal à bien finir. Je n’avais pas envie de ça, de me fâcher avec les gens. Je n’avais pas envie de me froisser avec les autres qui m’avaient donné tant de bonheur. Pour garder cette relation, avec tous les gens qui composaient ce club, j’ai préféré arrêter. Je voulais qu’on garde la même image de moi.
A la fin, j’ai eu quelques matchs où j’étais un peu moins impliqué, même si j’étais présent dans les grands moments… Je sentais que le vent commençait à tourner et à un moment donné, il faut savoir prendre les bonnes décisions avant que ça devienne plus compliqué.
J’ai longtemps été un pion essentiel dans ce club. J’étais quasiment tout le temps aligné, je jouais tous les week-ends, même avec des fractures… Je mettais un bandage et je repartais. Lorsque tu commences à sentir que tu peux moins jouer, ça devient compliqué humainement et mentalement. Je ne voulais pas commencer à mal le vivre.

A la toute fin de ta carrière, tu as décidé d’aller jouer à Northampton, pendant 4 mois. Pourquoi as-tu fait ce choix ? Le championnat anglais était-il réellement différent ?

J’ai fait le choix par obligation. Après le Stade, je suis revenu à Narbonne, chez moi. Je « bouclais la boucle », en quelque sorte. Je revenais apporter ce que le club m’avait donné.
La première année au RCNM a été exceptionnelle. On avait l’une des équipes qui était la moins armée sur le papier, celle qui avait le plus petit budget. On termine à la 8ème ou 9ème place du Top 14. Il y avait beaucoup de jeunes joueurs et j’étais l’un des rares à être revenu.
Au début, tout se passait super bien et mentalement, ça me faisait beaucoup de bien. Tu as ce sentiment d’apporter. L’année d’après, tout a basculé : on a changé d’entraîneurs, des hommes avec qui je ne m’entendais pas. Ils ont essayé de me mettre des bâtons dans les roues, de faire de moi un bouc émissaire parce qu’il n’y avait pas de résultats.
Mais on le sait, c’est toujours plus facile de sortir un joueur que deux entraîneurs… Lors de mon départ, j’avais annoncé qu’ils seraient en Pro D2 à la fin de l’année. 6 mois après, ils y étaient. Je ne m’étais pas trompé...
J’ai été libéré en décembre. J’avais déjà tout gagné en France et je me suis dit que terminer ma carrière en faisant six mois à l’étranger pouvait être une incroyable expérience. En allant jouer à Northampton, je renouais également avec la Coupe d’Europe, que le club anglais disputait. Il y avait pas mal de paramètres qui me donnaient envie d’aller évoluer dans ce club.
On a affronté par la suite le Biarritz Olympique, à Anoeta en phase finale. On a remporté cette rencontre et cela m’a permis de renouer avec l’ambiance de ces moments si particuliers.

C’était exceptionnel pour moi. Sportivement, c’était vraiment une expérience géniale, même si ce sont les circonstances qui ont fait que j’ai terminé ma carrière là-bas. J’ai pu connaître un pays avec des personnes et une culture différentes. J’ai également rencontré des gens qui m’ont beaucoup apporté. Je pense notamment à Peter Sloane, l’ancien entraîneur des All Blacks, qui était coach à Northampton à cette époque. C’est un ensemble de choses qui ont fait que j’ai vécu une expérience incroyable.

Entre toi et l’équipe de France, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Tu as été absent des sélections à une époque où tu brillais pourtant avec le Stade… Mais cela s’est terminé en apothéose avec ta participation à la Coupe du monde 2003 ?

Avec les Bleus, j’ai vécu des moments magnifiques… J’ai participé au tournoi des 5 Nations, j’ai fait les 3 ou 4 tournées les plus belles, notamment dans l’Hémisphère Sud… Mais tout ça s’est passé après la période de Villepreux et Skrela à la tête du XV de France, puisque je n’étais pas dans leurs petits papiers. Cela fait partie de l‘histoire d’un joueur. On préfère parfois prendre des joueurs qui ne feront pas un match en Coupe du Monde mais parce que c’est bien pour eux de les prendre.
J’étais à mon avis plus en forme que certains qui ont été pris, mais ça fait partie de ma vie en équipe de France.
J’ai quand même vécu de bons moments par la suite puisque j’ai eu la chance d’être appelé par Bernard Laporte pour faire la Coupe du Monde 2003. Je dois beaucoup à Bernard. Il m’a redonné un sentiment de plaisir avec l’équipe de France. J’ai appris à connaître l’homme, qui est aujourd’hui Président, mais qui est avant tout un ami.

Tu es rapidement devenu entraîneur à l’issue de ta carrière sportive. As-tu toujours imaginé cette reconversion ?

Je ne sais pas trop. Cela s’est fait rapidement et naturellement, sans vraiment y réfléchir, un peu comme un passage naturel et non forcé. On est venu me solliciter, j’ai enchaîné et puis aujourd’hui j’en fais ma carrière. Mais au-delà de l’aspect professionnel et financier, je vis aussi tout ce que génère le rugby : les émotions, le plaisir, le sentiment de partager. Je suis ravi, car c’est formidable quand tu peux vivre de ta passion.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Didier Lacroix ! J’ai eu la chance de jouer contre lui, mais aussi et surtout la chance de jouer avec. L’avantage, quand tu jouais avec Didier, était simple : tu savais qu’il allait faire des choses que lui seul pouvait et savait faire, que ce soit dans l’investissement, la volonté et le courage. Il était capable de mettre la tête là où personne ne mettait les pieds !

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Il y avait beaucoup de talents au Stade. Devant, on s’est souvent appuyés sur des joueurs avec des qualités physiques impressionnantes, avec beaucoup de mental… A l’arrière, il y avait beaucoup de joueurs bluffants, mais de ma génération, je retiendrais peut-être Yann Delaigue. C’était un excellent joueur. Mais il y en a eu tellement d’autres, je pense notamment à un certain Michel Marfaing, qui a été exceptionnel.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

« Cali », sans aucun doute ! Il était naturellement doué pour ça. Il y avait aussi Cédric Soulette, mais, en ce lui le concerne, ce n’était pas volontaire. Il faisait rire, mais jamais de façon délibérée ! (sourires)

Le plus râleur ?

J’en faisais sans doute partie, mais je pense que Guy Novès était pas mal… Il y en avait beaucoup de toute façon. Notre groupe était formé de râleurs, car je ne crois pas qu’il y avait de la place pour des gens qui aimaient perdre. Quand tu es gagneur, tu es râleur…

Le mot de la fin ?

Mon club sera toujours le Stade Toulousain. Mon amour pour lui sera toujours aussi fort. Je parle du club au sens large, c’est-à-dire également des personnes qui gravitent autour mais en font néanmoins partie. Je pense aux supporters qui seront toujours ancrés au fond de mon cœur. Ce que j’ai donné reste minime par rapport à ce qu’ils ont pu me donner.