Le principal trait de mon caractère
La folie


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
La fidélité


Mon principal défaut
Arrogant


Ma principale qualité
Etre à l’écoute et aider mes potes


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Qu’ils soient aussi fous que moi


Mon occupation préférée
Etre avec mes potes


Mon rêve de bonheur
Gagner des titres avec tous les jeunes
(Baille, Marchand,…)


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Dan Bilzerian (Joueur de poker professionnel)


Le pays où j'aimerais vivre
L’Afrique du Sud


Un héros dans la fiction
Pablo Escobar dans « Narcos »


Un héros dans la vie réelle
Mon petit frère Max


Mes héros dans l’histoire
Martin Luther King



Ce que je déteste le plus
Me lever tard


Personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
Voir à travers les murs


Comment j'aimerais mourir
En faisant l’amour


Mon état d’esprit actuel
Motivé pour gagner


Ma devise
Une de perdue, dix de retrouvées (sourires)

Avec une victoire pour deux défaites avant le coup d’envoi, les Toulousains n’ont pas le droit à l’erreur et sont sous pression. Fickou, dès la 7ème minute, place ses coéquipiers sur de bons rails, et le reste de la partie sera à l’avenant. Déchaînés, les hommes de Novès inscrivent deux essais supplémentaires, par Nyanga et Tekori, et s’imposent facilement, bonus offensif en poche. McAlister, auteur d’un 6/7 au pied, confirme à cette occasion ses bonnes dispositions face au Racing.

Deuxième affrontement entre les deux équipes dans la Ville Rose cette saison, et quasiment même scenario. Au Stadium, si les deux clubs marquent le même nombre d’essais (deux, signés Fickou et Picamoles côté stadiste), l’emprise rouge et noire sur les débats est quasi totale. Acculés en défense, les Franciliens multiplient les fautes et offrent à McAlister, auteur d’un 8/9 au pied, l’occasion rêvée pour prendre le large.

Cueillis à froid par un essai de Van der Merwe, les Toulousains courent un temps après le score, mais reprennent les devants grâce à des réalisations de McAlister et Huget. L’avance à la pause est ténue (15-10), mais en tout début de seconde période, Fickou donne de l’air à son équipe, qui ne sera jamais rejointe. Un essai de Clerc, à la 74ème, permet même au Stade d’empocher le bonus offensif. Mission (largement) accomplie.

Dès le début du Top 14, cette rencontre jouée au Stadium accouche d’un chef d’œuvre au scenario palpitant. Les deux équipes se rendent coup pour coup au cours d’un chassé-croisé haletant et de toute beauté. Sept essais sont inscrits de part et d’autre et c’est Jauzion, admirablement servi par Poitrenaud en toute fin de match, qui marque l’essai de la victoire.

Si le Racing retrouve cette saison-là le Top 14, ce n’est pas un promu comme les autres, et le club ne cache pas ses ambitions. Les visiteurs tiennent la dragée haute aux Toulousains, jusqu’à qu’un essai casquette de Maestri, entaché d’une touche non signalée par l’arbitre, ne fasse basculer la rencontre. C’est finalement Bouilhou, à quatre minutes du coup de sifflet final, qui parachève le succès des siens.

Le Centre de Formation du club vient d’être reconnu comme le plus performant de France par la Ligue Nationale de Rugby. Une belle distinction pour le Stade, qui a toujours misé sur ses jeunes. Une tendance qui n’est pas prête d’être démentie dans le futur.

Le 15 mars dernier, c’est en provenance de la Ligue Nationale de Rugby qu’est venue une bonne nouvelle. Dans un communiqué, le Comité Directeur de la LNR a en effet arrêté le classement des centres de formation des clubs professionnels, basé sur l’évaluation des résultats sportifs et scolaires obtenus lors de la saison 2015/2016. Le fonds d’aide aux centres de formation 2016/2017, doté de 5 M€, est réparti entre les clubs en fonction de ce classement et de bonus liés au suivi médical mis en œuvre.

A la première ligne de la hiérarchie, on trouve le Stade Toulousain. Un accessit que l’on pourrait trouver « logique » pour un club qui a toujours fait de la formation l’une de ses priorités absolues, mais qui est aussi la conséquence d’un travail titanesque et d’une politique cohérente.
« C’est une excellente nouvelle, et aussi le signe de la progression de notre Centre, qui est passé, en trois ans, de la cinquième à la première place de ce classement. Cette première place souligne l’importance de la formation au sein du Stade Toulousain, importance qui ne s’est jamais démentie depuis 1988, année de la création du Centre. Loin de nous rassasier, elle nous encourage au contraire à redoubler d’efforts pour les mois et saisons à venir afin que de plus en plus de jeunes issus de notre formation intègrent l’effectif professionnel. Le meilleur symbole de cette progression est sans doute un garçon comme Cyril Baille, qui n’est pas passé par le Pôle Espoirs, mais qui, après cinq saisons au Centre de Formation, est aujourd’hui un élément incontournable de l’équipe professionnelle et un jeune international.

La formation a toujours fait partie intégrante de l’ADN du club, et dans ce contexte de mondialisation du rugby, conserver cette identité fait partie de nos préoccupations essentielles pour l’avenir », a déclaré Valérie Vischi-Serraz, directrice du Centre de Formation, et qui était déjà là il y a 28 ans, quand il a ouvert ses portes.




Fabien Pelous, le directeur sportif du club, ne cachait pas non plus sa satisfaction : « Nous sommes très heureux de ce classement, qui vient récompenser notre politique, qui fait la part belle aux jeunes formés au club. Cela veut dire que le travail de formation sportive est de qualité puisqu’on arrive à sortir beaucoup de joueurs et les mettre dans notre effectif professionnel. Ce n’est pas seulement le cas dans notre effectif pro, beaucoup de points sont également amenés par ceux qui jouent dans d’autres clubs. Cela vient également valoriser la poursuite du double-cursus formation scolaire et formation sportive qu’on arrive à mener à bien. Cette première place n’est pas un hasard, mais le résultat d’une politique mise en place et réfléchie ».

Outre la vitrine constituée aujourd’hui par Cyril Baille, devenu titulaire au sein de l’équipe de France lors du dernier Tournoi des VI Nations, les exemples de la réussite du Centre de Formation ne manquent pas. On se souvient notamment de la réception victorieuse de Brive, au début du mois de décembre 2016, au cours de laquelle, sur la feuille de match, dix joueurs avaient par le passé été champions de France cadets en rouge et noir : Cyril Baille (né en 1993), Julien Marchand (95), Dorian Aldegheri (93), Gillian Galan(91), François Cros (94), Sébastien Bezy (91), Jean-Marc Doussain (91), Arthur Bonneval (95), tous titulaires, et la fratrie Tolofua, constituée de Christopher (93) et Selevasio (97), remplaçants au coup d’envoi.

Au-delà de la réussite sportive, impossible de passer sous silence l’importance des études menées en parallèle par les stagiaires du centre. Une donnée loin d’être prise à la légère, comme en témoignent les 80% de réussite scolaire enregistrés au cours des trois dernières années.
Tous les voyants sont au vert, donc, ce qui ne devrait pas empêcher Valérie Vischi-Serraz et ses équipes de redoubler d’efforts dans les mois et années à venir.



C’est peu dire que Luke McAlister, dans les rencontres disputées à Toulouse, se montre décisif face au Racing. Au total, le demi d’ouverture a passé 23 coups de pied (sur 29 tentés) face à l’équipe francilienne, pour un taux de réussite de 80%.

Quelques mois après avoir été sacré champion de France aux dépens de Toulon, le club des Hauts-de-Seine est toujours en course pour accéder aux phases finales du Top 14. Ce serait déjà une performance, tant les péripéties ont été nombreuses cette saison.

Arriver au sommet est une chose, s’y maintenir en est une autre. Le précepte est aussi ancien que le sport de haut niveau, mais il n’a pas pris une ride. Nombreux sont ceux qui en ont fait la plus ou moins amère expérience, et le Racing, lui aussi, l’a appris à ses dépens.
En juin dernier, pourtant, le club de Jacky Lorenzetti atteignait son Graal, en remportant enfin le Bouclier de Brennus, à l’issue d’une finale échevelée contre Toulon, disputée en quasi intégralité en infériorité numérique.
Les images de liesse qui ont suivi le sacre tranchent radicalement avec les différents scenarii qui se sont succédé depuis. « Les emm…, ça vole toujours en escadrille », avait un jour résumé Jacques Chirac, en référence aux différents déboires auxquels il était confronté. Côté Racing, ce n’est plus une escadrille qui a été perçue sur les écrans radars, mais presque l’intégralité de la patrouille de France.

 

Sans bien entendu analyser ni surtout juger ces diverses péripéties, rappelons que depuis le coup d’envoi de la saison, le champion de France en titre a été éliminé précocement de la Coupe d’Europe, compétition dont il avait fait sa priorité. A cet aléa purement sportif sont venues se rajouter diverses affaires, qui ont pollué le quotidien du club.
« Nous devons retrouver notre force mentale. Nous n'avons pas été humbles. Il va falloir qu'on se déshabille, qu'on enlève notre habit de roi. Il faut descendre tout nus dans l'arène », clamait le président Lorenzetti à la fin de l’année 2016.

Si la coupe, à ce moment-là, n’était pas loin d’être pleine, elle a par la suite carrément débordé avec l’épisode de la fusion, puis de la non-fusion, qui a eu de surcroît des conséquences sur le calendrier des Ciel et Blanc, qui comptent un match en moins à disputer, sur le terrain de Montpellier. Une rencontre dont personne ne sait aujourd’hui quand elle aura lieu. Si elle a lieu.

Le plus surprenant finalement, c’est que le Racing, en dépit de tout cela, soit toujours en position de se qualifier pour les phases finales, et donc de défendre son titre en mai prochain. Certes, le droit à l’erreur se réduit aujourd’hui à la portion congrue, mais l’espoir demeure. Les victoires sur Clermont puis Pau ont replacé les Franciliens au classement, et si le contenu reste encore perfectible, l’essentiel est ailleurs.
« Oui, forcément, on cogite. On se remet en question. Toutes ces histoires, ça vient de nous, les joueurs. Nous sommes responsables. A nous de montrer un autre visage. Parce que, après, c’est un engrenage. Tout se retrouve dans la presse qui le relaie et ça fait boule de neige. On n’en sort plus. Tout est ressassé sans cesse », admet Virgile Lacombe, le talonneur passé par le Stade Toulousain, qui croit encore en une issue heureuse : « Il n’y a pas trente-six solutions : si l’on parvient à se qualifier, peut-être que quelque chose va se décoincer. Nous devons nous faire confiance les uns les autres. Malgré tout ce qu’il s’est passé, si l’on arrive à offrir une belle fin à cette saison difficile, tant mieux. Essayons de reconstruire, si on le peut ».



La victoire au forceps obtenue sur l’ASM est venue rappeler que sur un match, et compte-tenu de la qualité de son effectif, le Racing était capable de battre n’importe qui. « On savait qu’une défaite aujourd’hui était synonyme pratiquement de fin de saison pour nous », résumait Chavancy à l’issue du succès face aux Jaunards.  « Rien n’est encore gagné, on en est encore loin. Mais rien n’est encore perdu non plus. Car aujourd’hui, on a gagné notre première finale ».
La seconde a donc été remportée la semaine dernière contre la Section Paloise. Et la prochaine aura pour cadre le Stadium, dimanche. C’est dire la détermination avec laquelle les Racingmen aborderont ce rendez-vous.

TOP 14 16/04/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
KAKOVIN 1
GHIRALDINI 2
JOHNSTON 3
FAASALELE 4
ALBACETE 5
DUSAUTOIR 6
CAMARA 7
GRAY 8
MARQUES 9
McALISTER 10
HUGET 11
FICKOU 12
DAVID 13
BONNEVAL 14
MEDARD 15
remplaçants
MARCHAND
STEENKAMP
TEKORI
GALAN
CROS
BEZY
FLOOD
ALDEGHERI

Formé au Racing, le trois-quarts centre a connu la montée en puissance, année après année, de son club de toujours. Lucide sur les difficultés rencontrées depuis le début de la saison, il n’abandonne pas pour autant toute ambition dans les semaines à venir.

Tu évolues au Racing 92 depuis la catégorie Benjamins. C’est une fidélité qui a tendance à se raréfier dans le rugby pro : le Racing, c’est vraiment TON club ?

C’est mon club de cœur, évidemment, et également mon club formateur. Aujourd’hui, je peux évoluer au plus haut niveau avec le club qui m’a formé. C’est une grande chance. Effectivement, j’en suis très fier et j’espère que ça continuera.

A bientôt 29 ans, on imagine que tu as dû avoir quelques opportunités de porter un autre maillot. Cela aurait-il été possible, ou ta fidélité au Racing fait que tu ne t’es pas posé la question ?

A chaque fois que j’ai eu des opportunités, je me posais effectivement des questions, c’est normal. Mais j’ai en fait eu la chance d’être dans un club qui a continué sans cesse d’évoluer. J’ai commencé en Pro D2 pendant 2 ans, puis il y a eu la montée en Top 14. Le club se structurait petit à petit. J’ai vraiment grandi en même temps que le Racing. Je me suis toujours dit que le meilleur pour moi était de rester et de continuer à grandir. J’en suis très content et je n’ai jamais eu à le regretter.
Effectivement, le fait de pouvoir jouer dans mon club formateur a toujours fait partie intégrante de ma réflexion et c’est quelque chose qui m’a également incité à rester.

Du coup, pour un enfant du club, on ne doit pas trop se tromper en disant que le Brennus conquis devant Toulon en juin dernier doit constituer ton meilleur souvenir chez les professionnels ?

C’est certain que c’est un souvenir incroyable, un grand moment. On courait un peu derrière depuis quelques années et remporter ce Bouclier a été en quelque sorte un accomplissement. Ça faisait près de 30 ans que le club ne l’avait pas remporté… C’est vrai que ça fait évidemment partie de mes grands moments jusqu’à présent. Il y a aussi eu le Bouclier en Pro D2, qui a été une étape et un moment très fort pour moi. Mais c’est vrai que la victoire en Top 14 était incroyable, surtout avec le scénario et le fait que le match soit au Camp Nou. Cela a en quelque sorte décuplé les sensations.

Tu as commencé ta carrière en Pro D2, et année après année, malgré le fait que le club monte en puissance et effectue des recrutements prestigieux, avec des staffs techniques qui ont changé, tu as toujours énormément joué. Ce doit être une forme de fierté ?

J’ai avant tout eu la chance de ne pas trop me blesser. C’est la première des choses et c’est quand même très important. J’ai pu jouer dans la continuité grâce à ça, grâce aussi à la confiance que me portaient les différents entraîneurs. C’est une fierté mais également une reconnaissance.
J’ai également eu la chance de jouer aux côtés de grands joueurs, qui m’ont tous énormément apporté. J’ai côtoyé des garçons avec beaucoup d’expérience, qui étaient très sympathiques avec moi, qui acceptaient finalement la concurrence de quelqu’un comme moi qui n’avait pas fait grand chose auparavant.

Ils ont toujours été bienveillants et ça c’est toujours très bien passé. J’ai eu beaucoup de chance, et j’ai aussi sans doute su saisir les opportunités qui se présentaient.

Sans revenir en détails sur un épisode dont on a sans doute trop parlé, on imagine que toi, 100% Ciel et Blanc, tu avais des raisons d’avoir un avis tranché sur la question de la fusion  ?

C’est évidemment quelque chose qui m’a beaucoup affecté. Cela signifiait que le club du Racing en tant que tel allait disparaître. C’était inconcevable pour moi, même si je respecte les gens qui pensaient le contraire. Je ne leur en voulais pas du tout. Si j’avais été dans un club qui n’était pas mon club formateur et qu’il y avait ce même genre de projet, je n’aurais peut-être pas réagi de la même manière. Typiquement, si je jouais demain à Toulouse et que le Stade Toulousain voulait fusionner avec Blagnac, je ne monterais pas forcément des barricades pour l’empêcher.
Je conçois tout à fait que certaines personnes pouvaient trouver ça positif, à commencer par les Présidents. Je n’en veux à personne, mais je suis très heureux que ça ne se fasse pas. Effectivement, si ça avait été le cas, cela m’aurait rendu très triste.

Il est connu que les lendemains de titre sont parfois difficiles, et si la saison n’est pas finie, le Racing en a fait l’expérience cette saison. Y a-t-il eu une forme de décompression après le Brennus remporté en juin 2016 ?

Le fait est que la saison est pour le moment assez compliquée. Est-ce que c’est une décompression ? Je ne sais pas.

C’est aussi, je n’ai pas envie de dire « à cause de », mais dû à ce Brennus. Nous avons terminé la saison très tard, avec la Coupe du Monde, et on a repris très tôt. On n’a pas eu vraiment de préparation physique cette année. On a justement joué contre Toulouse en match amical cinq jours après la reprise de l’entraînement.
Ça a aussi été une saison difficile d’un point de vue extra-sportif, avec pas mal d’affaires qui ont entaché notre quotidien. Je ne cherche pas d’excuses, mais il faut bien reconnaître qu’on a pour l’instant eu une saison délicate à gérer.
Malgré tout, je reste très confiant. On reste encore dans les clous pour la qualification, et si on sait que ça va être difficile, on a confiance en nous. On a su, quand il fallait le faire l’année dernière, gagner des matchs importants. On sait qu’on est capables de le refaire.

Sans rentrer dans les détails, on ne compte plus les affaires en tous genres qui vous ont perturbés cette saison. Le fait que le groupe n’ait pas explosé et soit toujours en course pour la qualification, c’est aussi le signe de sa force ?

Clairement, nous sommes chanceux d’avoir un groupe fort et solidaire. On a vécu énormément de choses, notamment l’an dernier, et c’est une grande force pour nous aujourd’hui. C’est vrai, je pense qu’il y a énormément de groupes qui auraient pu exploser. A l’inverse, on a toujours eu cette volonté de continuer à travailler, de rester solidaires. On était vraiment conscients que la roue pouvait tourner et qu’on pouvait basculer sur une fin de saison très positive. J’espère maintenant que c’est ce qu’il se passera. En tout cas, c’est certain que le groupe reste uni et soudé : on aura de ce point de vue là rien à se reprocher.

Vous voilà revenu dans la course à la qualification. L’idée, c’est de rentrer dans les 6 au soir de la 26ème journée, en sachant qu’en phases finales, et surtout avec la valeur de votre effectif, tout est possible ?

On n’a pas la chance aujourd’hui de pouvoir ambitionner les trois ou quatre premières places du championnat, même si rien n’est impossible encore. Je pense qu’on signerait tout de suite pour terminer sixième à l’heure actuelle. Et à partir de ce moment-là, c’est vrai, on sait que tout est possible. On a vu dans les années précédentes, que le premier ou le deuxième n’étaient pas forcément champions en fin de saison. C’est même rarement le cas sur ces dernières années. On sait très bien qu’on a su le faire l’an dernier et qu’on sera capables de le refaire, même si ce n’est pas forcément une vérité. Quelque part, si l’on accroche une des six premières places, on a une chance sur 6 d’être champion, au même titre que les autres.

Tu avais déclaré après la victoire face à Clermont que vous aviez gagné la première de vos cinq finales. On imagine du coup que c’est avec des ambitions certaines que vous déplacerez au Stadium ?

Au vu de notre classement et du retard qu’on a pris, on va évidemment se déplacer au Stadium avec des ambitions ! Mais aussi avec beaucoup de respect pour cette équipe de Toulouse qui traverse également une saison, un peu à notre image, compliquée. On est un peu « frère de parcours » dans le sens où on a une saison difficile. On sait très bien que sur les matchs importants, on sait répondre présents, et je pense que vous aussi. Vous avez un effectif très prestigieux, avec des qualités à chaque poste. Je pense que nous aussi, donc ça va être un bel affrontement !

On aura la malchance de se déplacer et ce sera très compliqué, mais on aura évidemment l’ambition de gagner ce match malgré la difficulté attendue.

Comment perçois-tu le Stade Toulousain ?

Le Stade Toulousain, un peu à notre image encore une fois, connaît une saison un peu difficile. Ils connaissent une transition avec beaucoup de jeunes joueurs de grande qualité qui arrivent dans l’effectif. Ça prendra peut-être un peu de temps à se mettre en place.
Il y a énormément de joueurs sélectionnés en équipe de France, donc j’imagine que ça a un peu perturbé la saison du club, avec des joueurs cadres absents une bonne partie de l’année. C’est aussi la crainte que j’ai avant notre affrontement : tout le monde est maintenant revenu et le Stade n’a plus aujourd’hui la Coupe d’Europe. Le dernier objectif pour les Toulousains, comme pour nous, est de se qualifier pour les phases finales. On sait qu’avec l’équipe au complet, Toulouse reste une équipe vraiment redoutable.
C’est une saison difficile, mais rien n’est perdu et encore une fois, c’est souvent en fin de saison que les différences se font. On en saura peut-être plus après notre rencontre. En tout cas, le perdant perdra beaucoup, c’est certain.

Tu as eu ta première sélection officielle avec le XV de France cette année en disputant une rencontre du Tournoi des 6 Nations face à l’Irlande. Quel était ton sentiment ? C’est le signe que tout vient à point à qui sait attendre ?

C’était un moment incroyable pour moi. C’était encore une fois une grande fierté et beaucoup d’honneur de pouvoir porter ce maillot. J’attendais ça depuis un moment. J’espérais toujours que ça puisse arriver et j’ai eu cette chance de pouvoir jouer un match du Tournoi et de vivre pas mal de temps avec le groupe pendant cette compétition. C’est une expérience unique, qui restera un grand moment de ma carrière, quoi qu’il arrive.


Quand tu vois que le club va rejoindre l’Arena dans quelques mois, est-ce que tu mesures tout le chemin parcouru par le club depuis des années, toi qui a dû connaître des conditions de travail assez différentes ?

C’est certain que lorsque j’ai commencé il y a 10 ans avec l’équipe première, il y avait une tribune à Colombes et peut-être 500 ou 1000 personnes par match… Le club va de nouveau franchir de nombreux paliers. L’Arena fait partie d’une nouvelle grande étape, et c’est très positif également pour notre public. Avoir un cadre comme ça pour venir supporter l’équipe, ce sera vraiment génial. On a tous hâte de pouvoir rentrer dans ce stade, même si à titre personnel, j’aurai un petit pincement au cœur de quitter Colombes, que j’ai toujours connu.

Sur les huit matchs de phase régulière joués par le Racing sur les terres du Stade Toulousain, le bilan francilien se résume à trois points de bonus défensif amassés. Toujours battus, les Franciliens avaient cependant réussi à limiter la casse en 2009-2010, 2010-2011 et 2011-2012, s’inclinant à chaque fois par cinq points d’écart.



Après avoir été formé à Agen et passé deux ans à Castres, Brice Dulin a posé ses valises dans les Hauts-de-Seine en 2014. Dire qu’il s’est imposé depuis comme l’un des éléments de base de son équipe actuelle relève de l’euphémisme : en un peu plus de deux saisons et demie, il a pris part à 73 matchs professionnels, dont 68 en tant que titulaire.
Rapide, incisif, redoutable grâce à des appuis hors-normes, Dulin est le parangon du joueur capable de faire basculer un match à lui seul.

En Bleu, s’il a pris part à la dernière Coupe du Monde, il n’avait plus par la suite été rappelé, jusqu’à un test de novembre 2016 face à la Nouvelle-Zélande. Sa fin de Tournoi réussie, il y a quelques semaines, semble lui avoir permis de prendre quelques longueurs d’avance sur Scott Spedding, avec lequel il est en concurrence à son poste.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
La Rochelle 79 23 16 3 4 214 6 3
2
Clermont 65 23 12 3 8 190 8 3
3
Montpellier 61 22 13 0 9 98 5 4
4
Toulon 57 23 11 2 10 121 5 4
5
Pau 53 23 11 1 11 -47 2 5
6
Racing 92 53 22 12 1 9 21 3 0
7
Castres 53 22 11 1 10 108 3 4
8
CA Brive 52 23 12 1 10 -55 0 2
9
LOU 50 23 10 2 11 -28 3 3
10
Stade Français 49 22 10 1 11 -13 4 3
11
Bordeaux-Bègles 49 23 10 1 12 3 2 5
12
Stade Toulousain 47 23 10 0 13 -5 2 5
13
Grenoble 33 23 6 1 16 -227 1 6
14
Bayonne 26 23 5 3 15 -380 0 0






Vainqueur surprise à Clermont le week-end dernier, Brive a vu l’écart vers les places qualificatives se réduire, et croit aux phases finales. Pour conserver une chance d’accrocher un strapontin, le CAB doit à tout prix l’emporter. Pour cela, il peut s’appuyer sur des statistiques à domicile très satisfaisantes (une seule défaite en onze matchs). Montpellier, dernier visiteur en date à Amédée Domenech, y avait d’ailleurs été battu (28-25).

La défaite logique concédée à La Rochelle lors de la dernière journée a sérieusement amenuisé les chances bordelaises d’intégrer le club des six à l’issue de la fin de la saison régulière. Ce deuxième déplacement consécutif, alors que la fin de championnat s’annonce particulièrement corsée (réception de Toulon et voyage au Racing), pourrait sonner le glas des espoirs aquitains en cas de revers.





Si Grenoble a été battu le week-end dernier à Montpellier, personne ne pourra reprocher au club de ne pas avoir joué le jeu jusqu’au bout. La dernière prestation des Isérois à domicile, qui s’était soldée par une victoire homérique devant Castres, en est la plus parfaite illustration. Pour son avant-dernier match de la saison sur ses terres, gageons que le FCG, une fois de plus, vendra chèrement sa peau.

 

Qualifié pour les demi-finales de la Coupe d’Europe, Clermont est plus à la peine en championnat. Aujourd’hui, le club n’est pas assuré, loin s’en faut, de rester dans les deux premiers, alors qu’une qualification directe pour le dernier carré du Top 14 serait un luxe immense, tant la fin de saison s’annonce particulièrement chargée. A l’extérieur, si l’ASM n’est plus la plus performante du championnat dans ce secteur, son bilan est cependant très positif, avec notamment deux victoires et deux nuls.





Il est désormais acquis que le LOU sera bien en Top 14 la saison prochaine, ce qui signifie que le pari est gagné pour Pierre Mignoni et ses joueurs. Aujourd’hui, Lyon peut même rêver aux phases finales, car le Racing, sixième, ne compte que trois points d’avance. A domicile, les Rhodaniens affichent des statistiques plus que satisfaisantes, avec une seule défaite concédée en onze rencontres.


Les qualificatifs manquent désormais pour évoquer la saison de La Rochelle, assurée de terminer à l’une des deux premières places et donc de prendre part aux demi-finales au mois de mai prochain. A domicile, les Jaune et Noir sont les derniers invaincus de notre championnat, avec huit victoires et trois nuls.





Aujourd’hui, Montpellier est revenu dans la course dans l’optique d’une qualification directe pour le dernier carré du Top 14. Afin de mener à bien ce qui est devenu clairement un objectif, une victoire bonifiée sera certainement l’objectif non avoué de ce match à venir. Au match aller, pour le compte de la cinquième journée, le MHR n’avait guère tremblé pour s’imposer au Pays Basque, 21 à 9.

Bayonne retrouvera dans quelques semaines la Pro D2, une saison seulement après l’avoir quittée. Cette relégation a pour principale explication le parcours de l’Aviron à l’extérieur, où rien n’a fonctionné depuis le coup d’envoi du Top 14 : en onze rendez-vous, le club n’a pas débloqué son compteur, encaissant 506 points pour seulement 162 marqués.







A l’issue d’une saison forcément particulière à plus d’un titre, le Stade Français aura réussi à conserver sportivement sa place parmi l’élite du rugby français. Battu 23-6 au Hameau lors du match aller, les Parisiens auront pour objectif symbolique de prendre leur revanche, voire même de continuer à rêver à une place de barragiste. A Jean Bouin, les coéquipiers de Sergio Parisse ont été dans l’ensemble performants, avec une seul défaite enregistrée, face au Stade Toulousain.

Impériale en début d’année 2017, la Section vient d’enregistrer deux revers consécutifs, bien malvenus au moment du sprint final. Toujours dans la course pour obtenir une place qualificative pour les barrages, les Béarnais, qui recevront Brive et iront à Toulon lors des deux dernières journées, sont quasiment dans l’obligation de réussir un coup dans la capitale. Pour une équipe qui s’est déjà imposée à Grenoble, Bordeaux-Bègles et Toulouse, ce n’est sans doute pas un pari impossible.







Eliminé de la Coupe d’Europe sur la pelouse de Clermont il y a quinze jours, Toulon a reporté tous ses efforts sur le championnat et vise une place de barragiste à domicile. Pour mener à bien ce dessein, le RCT a déjà accompli une marche importante en venant à bout du Stade Toulousain il y a quelques jours, et pourrait bien effectuer un pas décisif ce week-end, face à un concurrent direct. Attention toutefois, car les Varois ont déjà été battus à deux reprises sur leurs terres en 2016-2017.

 

Castres est à la bagarre en cette fin de championnat, et cherche à obtenir, à l’instar de son adversaire du jour, un barrage au mois de mai. La défaite étonnante concédée à domicile devant le LOU, le week-end dernier, a cependant compliqué les affaires tarnaises Le CO, qui s’était tranquillement imposé au match aller, 34-17, sait pertinemment que l’affaire sera tout autre ce week-end. A l’extérieur, les hommes de Christophe Urios ont ramené deux victoires et un nul de leurs divers voyages en Top 14.

 

2 octobre 2010
À l’issue de la victoire toulousaine (28-23) sur le Racing, au Stadium, Christian Labit rend visite à ses anciens coéquipiers, et en particulier à Cédric Heymans.

Rouge et Noir depuis la catégorie Cadets, William Servat a tout connu - et tout gagné - en tant que joueur. Celui qui est désormais entraîneur des avants se remémore les grands moments d’une carrière 100% stadiste.

Tu as gagné huit titres majeurs avec le Stade : 5 Boucliers et 3 Coupes d’Europe. Le premier (Brennus 1999) a-t-il, comme on le dit souvent, une saveur particulière, ou la H Cup de 2003, est pour toi le plus précieux ?

En 1999 et 2001, j’ai fais des matchs durant la saison mais je n’ai pas joué les finales. Donc effectivement, en 2003, j’étais rentré il me semble à la 6 ou 7ème minute de jeu après la blessure de Yannick Bru, puisque j’étais remplaçant au départ, et cela reste un souvenir particulier. C’était extraordinaire. J’étais très proche de Trevor Brennan, c’était chez lui, à Dublin, sur ses terres… C’était un match particulier pour lui aussi, et cela rend ce souvenir d’autant plus incroyable.

Natif de Saint Gaudens, tu as rejoint le Stade très jeune. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Il y a un dirigeant, qui s’appelait Marnac, qui avait essayé de me contacter. La première fois, mes parents avaient refusé sans même me demander mon avis, car ça faisait à peine un an que je jouais au rugby.
Puis, les dirigeants toulousains m’ont appelé une seconde fois, mais j’avais personnellement dit non cette fois-là. Après réflexion, je pense que c’est la peur qui avait dicté ce refus. Je venais de démarrer le rugby et je n’étais vraiment pas certain de vouloir entrer dans cette vie-là et surtout de venir habiter à Toulouse.

Après, les faits de vie et d’autres choses qui me sont arrivées dans ma vie personnelle ont fait que j’ai accepté de partir de chez moi.
J’étais au collège dans mon village mais j’étais externe et j’allais manger tous les jours chez mes grands-parents. Partir à Toulouse était pour moi une aventure un peu folle. Il a fallu que pas mal de choses se passent pour que je me décide finalement à rejoindre la Ville Rose. J’ai eu la chance qu’ils m’aient appelé trois fois, et je suis parti à la troisième.
Quand je suis arrivé au Stade Toulousain, j’ai fait la connaissance de joueurs qui étaient déjà en place. J’étais un peu perdu, mais ils m’ont un peu pris sous leurs ailes et ils m’ont accepté, tout simplement.

Le vestiaire toulousain était réputé pour compter de grosses personnalités à l’époque. A-t-il été difficile d’y trouver ta place ?

Ce n’était pas facile, notamment quand tu arrives en Cadets, au milieu de joueurs qui sont restés très longtemps ensemble et qui ont déjà gagné beaucoup de choses, même si ce ne sont que des titres de Minimes ou de Cadets 1ère année… Ils avaient déjà du vécu en tant que groupe. Je me posais beaucoup de questions en arrivant et je n’étais pas forcément le plus à l’aise. Finalement ça s’est fait, j’ai trouvé des copains qui sont toujours aujourd’hui des copains de vie et c’est quelque chose de génial.

Après j’ai des souvenirs de mes premiers pas dans le vestiaire de l’équipe première, où j’arrivais avec Jean Bouilhou. C’est vrai que le « vieux » Lacroix ou d’autres nous viraient régulièrement les affaires du vestiaire ! (sourires)
C’étaient les premiers moments et c’était toujours bon enfant. Ce sont réellement des souvenirs extraordinaires. Je me souviens également que le stade Ernest-Wallon n’était pas celui d’aujourd’hui, il n’y avait pas de tribunes sur les côtés. C’était une autre époque, à tous points de vue : par exemple, Hugues Miorin, que l’on badait à l’époque, était arrivé pour le footing du lundi avec ses deux Saint-Bernard, qui étaient venus trottiner avec nous. C’était très familial et ce sont vraiment de merveilleux souvenirs.

En jouant aussi longtemps au Stade, tu as connu plusieurs générations différentes. Quelle est selon toi l’équipe la plus forte, ou la plus complète, avec laquelle tu as joué ?

J’ai effectivement eu la chance de côtoyer plusieurs générations puisque j’ai démarré tôt. J’ai joué mon premier match en 1998… J’ai démarré face à l’Ulster, au talon alors que je jouais 3ème ligne. C’était assez particulier.
Aujourd'hui, je dirais que les meilleures années étaient aux alentours de 2008 et 2012. C’est dans ces années-là que l’on a eu une série de fins de saison vraiment sympas.

Une carrière n’est pas faite que de bons moments. Quel est pour toi le pire souvenir sportif de ta carrière professionnelle ?

Ce n’est jamais évidemment de vivre des blessures. Dans mon cas, en 2005, je pensais vraiment que ma carrière était terminée…
La vie fait qu’avec le temps, et en me donnant réellement de gros moyens, j’ai pu et j’ai surtout eu la chance de revenir. Je pense finalement que la blessure a été une bonne chose puisque ça m’a permis de beaucoup évoluer et d’être finalement, après le travail effectué, plus performant.
Sur cette année-là, j’avais beaucoup travaillé avec Thierry Savio, qui était préparateur physique à l’époque. Il a été le premier à croire en moi. Il m’a plus que poussé.
Ce n’est pas un travail normal que nous faisons en étant rugbyman, c’est avant tout une passion. Thierry était vraiment passionné, il venait parfois deux fois par jour pour moi, sans compter le samedi…
Quand tu es dans ces moments-là, chacun vit et souffre d’une façon différente, mais je pensais avant tout à pouvoir réutiliser mon bras correctement et avoir une vie normale.

Si je dois donner un autre moment difficile de ma carrière, je pense également aux finales perdues : en H Cup face aux Wasps et en Top 14 contre le Stade Français.

On a cru, et toi aussi, que tu terminais ta carrière de joueur sur un titre de champion en 2012. Mais les circonstances ont fait que tu as dû l’année suivante endosser la double casquette de joueur-entraîneur. Est-ce qu’on se trompe en disant que cela n’a pas été facile à gérer ?

Cela n’a pas du tout été facile à gérer… La transition joueur/entraîneur n’avait pas été forcément prévue. Avec le départ de Yannick Bru et la proposition de Guy Novès, les choses ont été différentes.
Avoir la possibilité d’entraîner ici, quand tu es Toulousain et que tu es arrivé au Stade en 1993 en tant que joueur, ça ne peut pas vraiment se refuser. Devoir partir était pour moi un véritable crève-cœur, et la possibilité d’entraîner mon club de toujours, que j’aime particulièrement, m’a donné la plus évidente des réponses : je n’ai pas pu quitter le club.
Il est toujours délicat d’entraîner des garçons avec lesquels tu as joué. J’étais plus basé sur l’affect… Cette situation a coupé pas mal de relations avec les mecs, mais ça fait partie de la vie. Je crois que c’est un cycle qui serait arrivé dans les années à venir mais qui s’est fait plus vite que prévu. Mais ça n’a pas été facile.
Sur le choix d’avoir rejoué, c’est très simple. Le club n’avait tout simplement pas recruté de joueur à ce poste-là, et avec les blessures, on s’est vite rendu compte que nous étions trop justes.

Je l’ai fait bénévolement, pour rendre service aux mecs avec lesquels j’avais joué et par respect pour ces derniers. C’était une demande de Guy. Je ne savais pas ce que mon retour sur les terrains pouvait permettre à l’équipe. Je n’étais pas certain que l’on puisse gagner, mais une chose est sûre, c’est qu’une équipe de haut niveau aujourd’hui, avec des talonneurs jeunes, n’a pas forcément le recul et l’expérience nécessaires. Je l’ai donc fait pour rendre service, même si je pense que je ne me suis pas rendu service en tant qu’entraîneur en le faisant.

Tu as connu 49 sélections avec le XV de France et terminé vice-champion du Monde en 2011. Quels souvenirs gardes-tu de ces années tricolores ?

Des années et des rencontres extraordinaires, aussi bien chez les joueurs que dans l’encadrement. Ce sont vraiment des souvenirs incroyables. La Coupe du Monde en 2011 a été le point d’orgue de ma vie en Bleu, avec des moments particuliers, des moments difficiles, mais des moments où le groupe a aussi pu se prendre en main et a finalement réussi à faire quelque chose qui aurait pu être extraordinaire. Cette finale a été fabuleuse dans tous les cas, mais elle aurait encore pu être au-dessus. Ce sont les aléas du sport.

As-tu un regret au vu de ta carrière, ou a-t-elle été suffisamment bien remplie pour ne pas en avoir ?

Franchement, je n’ai pas de regret. J’ai eu des opportunités de partir, de vivre autre chose, mais je suis très fier d’être resté fidèle toute ma carrière à mon club, car j’aime ce club.
Peut-être qu’aujourd’hui, tu peux te dire que connaître autre chose que le Stade Toulousain peut être sympa, mais sincèrement, je me suis jamais posé la question. J’ai toujours été bien ici. C’est à 80 kilomètres de chez moi, du petit village où je vivais avec mes parents. C’était un confort. On gagnait des titres, on était très potes sur le terrain mais aussi amis dans la vie. Je ne me serais jamais vu partir des Sept Deniers.

D’où vient ce fameux surnom de « La Bûche » ?

Quand je suis arrivé ici en Cadets, mes copains étaient de la ville, moi j’arrivais de la campagne… Je n’étais peut-être pas aussi technique qu’eux, mais j’essayais de me battre pour arracher les ballons. Comme je réussissais pas mal cet exercice, et que j’avais de la force dans les bras, Fabrice Martinez et Paul Guffroy m’ont surnommé le bûcheron. « La Bûche » était née !

A l’issue de ta carrière professionnelle, tu as décidé d’intégrer le staff sportif toulousain et de débuter une carrière d’entraîneur. As-tu toujours imaginé cette reconversion ?

Je pensais réellement et sincèrement passer à autre chose. Ce n’était pas du tout quelque chose d’envisagé. Je me souviens ensuite très bien du coup de fil de Guy pour me soumettre cette idée-là. C’est vrai que ça m’arrangeait bien car encore une fois, j’aime mon club et ma ville. Je n’avais pas vraiment envie de partir. C’était une belle opportunité, celle de continuer à être Rouge et Noir. La décision a été prise assez rapidement.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

J’ai eu la chance de jouer avec beaucoup de joueurs guerriers, chacun avec des registres différents. Quelqu’un comme Trevor Brennan avait cette image de guerrier. Salvatore Perugini également, avec un caractère différent, mais il avait une agressivité folle. Il y a aussi Thierry Dusautoir, Patricio Albacete et Jean Bouilhou, qui étaient de valeureux guerriers.
Mais c’est sûr que s’il ne fallait en citer qu’un, ce serait Trevor ! (sourires)

Quel est pour toi le plus grand joueur avec lequel tu as évolué au Stade ?

Encore une fois, il existe beaucoup de registres différents, mais je pense qu’un joueur comme Thierry Dusautoir fait partie des meilleurs, même si c’est difficile d’en parler car c’est vraiment un ami. C’est le mec qui n’est pas forcément là pour faire des grands discours ou essayer d’attirer les projecteurs, mais dans sa manière d’être, d’agir et dans son comportement, c’est un vrai leader.
Ce n’est pas un garçon qui parle juste pour montrer qu’il existe. Il est là pour que les choses avancent. On a eu la chance de vivre la Coupe du Monde 2011 ensemble, et pleins de saisons avec le club. On se promettait souvent des choses, surtout après quelques soirées ! (sourires) De manière générale, les choses qu’on se disait, on ne revenait pas dessus.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

Quand j’ai démarré, le plus drôle était Cali ! Christian était extraordinaire, pour tout. C’est réellement un super mec.

Le plus râleur ?

Franchement, entre Vincent Clerc, Clément Poitrenaud et Grégory Lamboley, je ne sais pas. C’était des râleurs-compétiteurs. C’était sympa, même si on pouvait se disputer pour n’importe quel jeu.

Le plus ingérable ?

Franck Tournaire ! Je me souviens d’un entraînement où il était en retard… Guy l’appelle et lui demande où il est. Franck lui répond qu’il arrive et qu’il est au péage. Seulement, il était au péage de Narbonne ! (sourires)
On cherchait une autre fois des piliers pour faire des mêlées au joug, Franck, toujours lui, était en train de taper des drops à côté !

Cinq Boucliers et trois H Cup, ce sont également huit soirées à fêter les titres. Laquelle a été la plus mémorable ?

Toutes ont été extraordinaires, mais en 2001, avec les anciens, on a fait des soirées d’après-finale qui étaient tout simplement monumentales.
On a fait des soirées pendant je ne sais pas combien de temps, c’était monstrueux ! Et ensuite 2008, car c’est nous qui avions pris les choses en mains et c’était le sentiment que ce titre nous appartenait beaucoup plus.

Lors de vos retours à Toulouse, nous avons entendu dire que tu étais l’organisateur en chef de vos semaines animées. Quelque chose à dire ? ;-)

Dans ma carrière, j’étais souvent avec les mecs qui organisaient les soirées. On a vécu de belles choses. On a fait des tournées des bars avec le Maire de Toulouse qui nous prêtait le petit train, avec des parcours préparés et avec le club qui nous mettait à disposition un taxi qui nous suivait et qui ramenait les joueurs au fur et à mesure afin que personne ne prenne la voiture.
On était tous à organiser une petite partie de notre retour. On a fait beaucoup de choses à côté du rugby, on vivait beaucoup de choses. Quand Benoît Lecouls était là, on était tous les deux célibataires, et on mangeait ensemble, en dehors du club, cinq fois par semaine. Quand Trevor est arrivé, il dormait chez moi. On était très proches.
Je n’ai pas d’anecdotes particulières, mais uniquement de bons moments en tête, où on vit bien ensemble et la vie de groupe prend tout son sens. Ils nous est arrivé, en 2008, après la finale perdue face au Munster, de nous promettre des choses. Nous avons organisé en retournant à Toulouse, une soirée dans le bar de Trevor avec l’ensemble de nos familles. On ne voulait pas se quitter comme ça, sur une défaite. Ce n’est pas ce qui nous a permis d’être champion de France, mais ça a bien sûr contribué à notre état d’esprit et à ce qu’on y mettait.

La chanson de Michel Delpech, « Les oies sauvages », est-elle ta chanson fétiche ? (sourires)

Ca date de 2001, quand on faisait les soirées sur Toulouse et qu’on allait au J’Go. On y a fait de nombreuses fêtes. Ça avait démarré à cet endroit-là. Quand on était de bonne humeur, on revenait toujours à cette chanson ! (sourires)

Le mot de la fin ?

On a un club qui a eu la chance de vivre de grands moments. On est dans une période difficile, mais c’est d’après moi dans ces périodes-là qu’on doit compter sur les personnes qui aiment vraiment leur club, qui ont envie de faire quelque chose.
Quand je vois aujourd’hui des mecs comme Thierry Dusautoir, Patricio Albacete ou Census Johnston, avec qui j’ai joué, mais qui mouillent encore le maillot… L’investissement qu’ils peuvent mettre au sein de notre équipe est très important.
La transition a vraiment lieu à tous les étages. J’espère que tout est en train de se remettre dans de bonnes conditions et que tout le monde y mettra du sien car la période est difficile. Je crois que le club a de belles infrastructures, de belles ressources et une ossature tellement forte que cela nous permettra certainement de revenir. Il faudra du temps, c’est certain, et le club devra s’en donner les moyens. Je crois que la stabilité et l’amour que l’ensemble des Toulousains ont pour le club fera qu’on va revenir et j’espère évidemment le plus vite possible.