Le principal trait de mon caractère
La détermination


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
La sincérité


Mon principal défaut
Trop compétitif


Ma principale qualité
Cohérent


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur honnêteté, j’ai une confiance totale en eux


Mon occupation préférée
Jouer au rugby


Mon rêve de bonheur
Etre toujours heureux


Quel serait mon plus grand malheur ?
Avoir des problèmes familiaux


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Personne d’autre


Le pays où j'aimerais vivre
L’Italie


Un héros dans la fiction
K 2000


Un héros dans la vie réelle
Ceux qui ont une véritable intégrité morale, qui ne changent pas en fonction des événements


Mes héros dans l’histoire
Quiconque a rendu le Monde meilleur


Ce que je déteste le plus
L’incompétence et l’hypocrisie


Personnage historique que je déteste le plus
Je vous dirai ça la prochaine fois !


Le don de la nature que je voudrais avoir
L’invisibilité


Comment j'aimerais mourir
Satisfait


Mon état d’esprit actuel
Serein et énergique


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
Les étourderies de ma femme… (sourires)


Ma devise
Carpe Diem

Lors du dernier match de l’année civile, les Toulousains réalisaient une prestation de tout premier plan au Stadium et s’imposaient face au futur champion de France.

A Toulouse (Stadium) - Stade Toulousain bat Clermont 26 à 20 (mi-temps : 21-13) 24 989 spectateurs. Arbitre : M. Gauzere (Côte Basque-Landes)

Pour le Stade Toulousain : 3 essais de Huget (27), A. Bonneval (35) et Fickou (44) ; 1 transformation de Bezy (27) ; 3 pénalités de Fritz (7), Doussain (10) et Bezy (22)
Pour Clermont : 2 essais de Yato (19) et de pénalité (77) ; 2 transformations de Fernandez (19) et Parra (77) ; 2 pénalités (13, 33) de Fernandez

Evolution du score : 3-0, 6-0, 6-10, 9-10, 16-10, 16-13, 21-13
26-13, 26-20

Stade Toulousain : Médard ; A. Bonneval, Fickou, Fritz, Huget (o) Doussain (Mc Alister, 20) (m) S. Bezy ; T. Gray, Cros (Lamboley, 75), Dusautoir (cap., 59 puis Axtens, 65) ; Tekori (Faasalele, 65), R. Gray ; Aldegheri (Van Dyk, 33 puis Aldegheri, 59), Tolofua (Ghiraldini, 65), Baille (Steenkamp, 59).
Carton jaune : Médard (32, antijeu), Aldegheri (77, fautes répétées en mêlée)

Clermont : Abendanon ; Planté, Stanley, Toeava, Raka (o) Fernandez (Parra, 41 puis Toeava, 65), (m) Cassang (Parra, 65) ; Lapandry (cap.), Lee, Yato (Cancoriet, 61) ; Jedraziak (Vahaamahina, 57), Timani (Iturria, 69) ; Ric, Ulugia (Beheregaray, 70), Chaume (Debaty, 59).
Carton jaune : Chaume (24, fautes répétées), Stanley (34, antijeu)

Battus à Grenoble quelques jours plus tôt à l’issue d’une rencontre qui laissait énormément de regrets, les Toulousains devaient une revanche à leurs supporters, bien entendu, mais aussi à eux-mêmes.

Devant quasiment 25.000 spectateurs qui avaient pris place au Stadium à quelques heures du Nouvel An, les Toulousains attaquaient la partie plein d’envie, martyrisant les Clermontois sur ce qui allait être leur point fort tout au long de la rencontre, ou presque : la mêlée.

Les pénalités obtenues par ce biais étaient nombreuses et permettaient non seulement aux Stadistes de scorer, mais aussi d’occuper le terrain et de se retrouver en supériorité numérique (carton jaune infligé au pilier Chaume).

Malgré l’essai de Yato contre le cours du jeu, les hommes de Mola, inspirés et créatifs, scoraient deux fois avant la pause. Si Tala Gray, incontestablement, était le Stadiste qui se mettait le plus en évidence, les deux premiers essais étaient signés Huget et Bonneval. On le répète, ce n’était que justice.

Le score était ainsi de 21-13 au moment où les deux équipes regagnaient temporairement les vestiaires, et Fickou, dès la reprise, enfonçait le clou. Toujours dominateurs, les Toulousains géraient presque tranquillement la suite des événements, même si un essai de pénalité, sifflé en faveur de Clermont en fin de partie, ternissait à peine le bilan global de la journée.

« Toutes les victoires font du bien. On a pris du plaisir à regarder les joueurs en prendre. Ils se sont donné les moyens de l'emporter face à une équipe peut-être remaniée mais non moins redoutable. Il reste quelques détails à régler, mais cela fait du bien de réintégrer les six premières places. Maintenant, il va falloir continuer d'engranger des points pour se donner les moyens d'exister jusqu'au bout, » se réjouissait William Servat au coup de sifflet final.

Avec quatre victoires en six matchs depuis le début de la saison, les Toulousains réalisent une entame quasi parfaite. Une dynamique que le staff entend pérenniser, tout en étant pleinement conscient des écueils à venir.

Quatre succès et un nul en six journées, deux points de bonus récoltés, un défensif ramené de Toulon et un autre offensif obtenu aux depens du Stade Français. Voici exposé de manière brute le bilan comptable du Stade Toulousain en ce mois d’octobre. Si l’on compare avec le début d’exercice réalisé en 2016, les voyants sont au vert : au même stade de la compétition, les Rouge et Noir totalisent aujourd’hui 21 points, contre 13 la saison passée. Le comportement global à l’extérieur est lui aussi porteur d’espoir : en trois rendez-vous loin d’Ernest Wallon, le club a déjà emmagasiné 7 points. Sur la durée totale du précédent exercice, le compteur était resté bloqué à 8.

La belle forme affichée par la défense, qui truste les premières places du classement, l’attaque et les buteurs sont autant d’éléments qui incitent à l’optimisme et permettent de croire en des lendemains souriants. Si David Roumieu ne représente pas le futur à long terme du rugby toulousain, l’une des dernières recrues en date incarne pourtant lui aussi le renouveau du club. Malgré une carrière bien remplie, le talonneur aligne les prestations très satisfaisantes et se sent comme un poisson dans l’eau dans son nouvel environnement. Comme porté par les ondes positives qui émanent du groupe en cette entame de Top 14.

« On fait notre bout de chemin, » confie-t-il. « Personnellement, je suis arrivé il y a un mois et je me régale. On va dire que je suis le « vieux con », mais je prends toujours beaucoup de plaisir et à chaque fois, il me tarde le lendemain pour aller m’entraîner, même à 36 ans. Il y a vraiment un super groupe et cela fait du bien de revoir le Stade comme ça. » Un enthousiasme qui fait évidemment plaisir à voir et qui, de surcroît, se révèle contagieux, à en croire l’importance prise par le joueur dans le vestiaire, où chacune de ses prises de parole est écoutée attentivement.


Au-delà du bilan chiffré déjà évoqué, la qualité du jeu mis en place depuis la première journée est également réconfortante. Les joueurs gagnent, prennent du plaisir sur le terrain et en donnent à leurs supporters. « A partir du moment où nous avons l’envie et les moyens, on voit que lorsque l’on met du jeu en place, que l’on arrive à tenir le ballon et à accélérer, il existe des qualités de vitesse et de maîtrise de la balle dans l’équipe, aussi bien devant que derrière. On arrive ainsi à exploiter des espaces. C’est le jeu que l’on veut mettre en place, » explique Thomas Ramos, qui s’affirme chaque match au poste d’arrière. « Je suis très heureux d’évoluer à ce poste dans ce club. Je prends énormément de plaisir sur le terrain, que ce soit avec ou sans le ballon. On veut mettre en place du jeu en mouvement et c’est ce que j’apprécie dans le rugby. Je suis donc très à l’aise pour le moment. Je ne suis jamais totalement satisfait de mes performances, mais je reste quand même très content. »

Maxime Médard, qui aligne les essais et les bonnes prestations depuis plus d’un mois, abonde dans le même sens : « Après la saison que nous avons connue la saison dernière, il était essentiel de prendre un bon départ. L’ensemble du groupe a pris conscience qu’il fallait que l’on se réveille. On a beaucoup parlé, beaucoup échangé, que ce soit entre nous, avec les coachs ou le Président. Aujourd’hui, ça fait plaisir de retrouver une équipe qui joue, qui prend du plaisir. Il y a un très bon état d’esprit, qui se retrouve au travers de nos performances sur le terrain. Les recrues ont toutes apporté quelque chose. On a désormais un groupe rajeuni, et c’est à nous, les anciens, de prendre la main et de montrer la voie. »

Si les occasions de se réjouir sont nombreuses, on ne trouvera pourtant personne au club pour s’emballer. Sans que cela ne s’apparente à de la langue de bois, joueurs, entraîneurs et dirigeants préfèrent rester prudents. Le souvenir de la saison précédente incite en effet à la plus élémentaire des prudences, sans parler de certaines problématiques, qui, calendrier international oblige, ne tarderont pas à apparaître.

« Nos résultats valident un très bon début de saison de notre part. Maintenant c’est la 5ème journée, vous savez tous qu’il en reste beaucoup. Les problèmes ont plutôt tendance à arriver bien plus tard », expliquait Ugo Mola après la victoire signée à Brive. « Il y a un apport impactant qui est incontestable. Mais cet apport ne vient pas que des recrues, il vient de la concurrence que cela a généré. Mais il ne faut pas penser pour autant que tout était noir et que tout est rose aujourd’hui. Il y a pas mal de turnover d’un match à l’autre, nous n’avons jamais aligné deux fois consécutivement la même équipe. Je rappelle que la saison est longue et que vont arriver dans pas si longtemps des matchs internationaux, avec des joueurs qui vont disparaître pendant un mois. On a un devoir de gestion par rapport à cela, tout en essayant de garder un niveau constant. »

Si le Stade ne jouera pas sa saison lors de la réception du champion de France en titre, dimanche, une victoire de prestige, avant le début de la Coupe d’Europe, permettrait de voir la suite avec davantage encore de sérénité.

Sur les dix dernières saisons, l’ASM a réussi la performance de s’imposer à trois reprises en terre toulousaine, que ce soit à Ernest Wallon ou au Stadium : 13-9 en 2014-2015, 16-15 en 2009-2010 et 23-11 en 2007-2008. Aucune autre équipe du Top 14 ne peut se targuer de telles statistiques dans la Ville Rose.

Après avoir glané le deuxième Bouclier de Brennus de son histoire la saison dernière, l’ASM tentera de relever le défi de la confirmation. Malgré de nombreux départs, les Auvergnats misent sur la densité de leur effectif pour atteindre leurs objectifs.

Pour l’ASM, l’objectif cette saison sera simple : confirmer le titre de champion remporté l’année passée. Et ce n’est historiquement pas une mince affaire : depuis 2012 et le Stade Toulousain, aucun club n’est parvenu à conserver le Bouclier de Brennus. Afin de concrétiser cette ambition et de briller également en Champions Cup, une compétition dans laquelle ils ont échoué à trois reprises en finale lors des dix dernières saisons, les Clermontois ont opéré un renouvellement de leur effectif et de leur staff.
Celui-ci est principalement marqué par le départ de joueurs cadres, ainsi que celui de l’entraîneur des avants néo-zélandais Jono Gibbes, remplacé par Bernard Goutta. La fin d’une époque, comme le confiait le talonneur Benjamin Kayser au soir de la finale remportée face à Toulon en juin dernier :

« Je pense que c’est la fin de quelque chose parce que Jono Gibbes s’en va, » affirmait-t-il. « Il influençait pas mal ce qu’on faisait. Il y a aussi des mecs importants du groupe qui s’en vont comme Benson (Stanley), Thomas (Domingo), le Belge (Vincent Debaty), Clément Ric, Rado (Ludovic Radosavljevic), Adrien Planté… Il y aura une vraie phase de transition la saison prochaine avec une évolution des jeunes. Ça ne veut pas dire qu’on sera moins bons, mais ce sera différent. Il y a eu la période de Vern (Cotter) qui s’est arrêtée sèchement. Il y a la période de Franck (Azéma) et Jono (Gibbes) qui s’arrête aujourd’hui. »

Si une page se tourne en Auvergne, l’arrivée du Catalan en charge des avants s’inscrit cependant dans un principe de continuité. En effet, seules les arrivées de cinq nouveaux joueurs sont à noter, et l’ASM continuera de s’appuyer sur la profondeur et la capacité de rotation de son effectif, des éléments qui ont fait sa force et se sont accentués depuis l’arrivée de Franck Azéma. A titre d’exemple, 51 joueurs ont été utilisés par le manager principal clermontois la saison dernière, pour 23 places seulement en phases finales. Forte de ces caractéristiques, l’ASM pourra mettre en place ses bases de travail, comme l’explique Bernard Goutta :

« L’équipe est championne, ce n’est pas dû au hasard, » confie-t-il. « Beaucoup de choses fonctionnent déjà très bien. Ce qu’on va chercher, c’est accroître notre vitesse. C’est le critère principal du très haut niveau. Il faut améliorer notre vitesse d’exécution sur tous les gestes du rugby. Il y a aussi un focus sur notre défense, qui a fini 9ème du Top 14 l’an dernier. Ce sont des réglages de système, qui seront mon premier chantier. Ensuite, la relation entre les hommes entrera en compte pour les transcender. »

En effet, les dirigeants clermontois continueront d’insister sur la vitesse, afin de faire perdurer l’ADN du club auvergnat, réputé pour son côté joueur. Il faut dire que les atouts pour y parvenir ne manqueront pas au sein de l’effectif, notamment en raison des belles promesses de la saison dernière. Tandis que Camille Lopez continuera certainement d’évoluer proche de la ligne d’avantage, le duo composé d’Arthur Iturria et de Paul Jedrasiak en deuxième ligne devrait privilégier le jeu d’évitement. Enfin, les appuis de Wesley Fofana, de Damian Penaud ou de Rémi Lamerat permettront sans doute aux trois-quarts de l’ASM de finir la saison parmi les meilleurs marqueurs du championnat.

Dès le début de la saison, les confirmations ont déjà été visibles. Si certains cadres ont justifié leur statut, à l’image de Morgan Parra qui a une fois de plus impressionné par sa science du jeu et son intelligence tactique, les prestations de Clermont ont mis en avant certaines révélations. Le centre Damian Penaud, auteur de trois essais depuis l’entame du Top 14, a séduit, grâce notamment à un coup de reins lui permettant de franchir de nombreux obstacles.

Enfin, les performances d’Alivereti Raka ont également marqué les esprits. Le deuxième essai de son triplé face à Brive lors de la 4ème journée (62-6), où il passa six défenseurs en revue, est un exploit de premier plan. L’ailier fidjien a poursuivi sur sa lancée une semaine plus tard en étant le grand artisan de la victoire de son équipe face au Racing 92 (23-21) au stade Marcel-Michelin. Auteur du premier essai du match à la réception d’une passe au pied de Lopez, le Fidjien a ensuite été à l’initiative de celui de Nick Abendanon juste avant la mi-temps, pour ce qui fut certainement le tournant du match. A l’issue de la partie, les propos de Laurent Labit, l’entraîneur des Racingmen, venait confirmer l’impression dégagée par Raka :

« Face à lui, il n’y a pas grand-chose à faire, » déclarait-t-il. « Tu peux juste faire le plus possible pour qu’il ne touche pas de bons ballons, essayer de déposer le ballon au pied dans son dos pour l’obliger à se retourner, parce qu’il n’est peut-être pas très à l’aise lorsqu’il doit se servir de son pied. Mais lorsque ses partenaires lui donnent de bons ballons, il n’y a aucun plan qui vaille… »

Les futurs adversaires de l’ASM sont prévenus, le club auvergnat est hautement armé pour relever le défi délicat de la confirmation du titre en Top 14.

TOP 14 08/10/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
POINTUD 1
GHIRALDINI 2
ALDEGHERI 3
MAESTRI 4
TEKORI 5
AXTENS 6
MADAULE 7
GRAY 8
DUPONT 9
HOLMES 10
KOLBE 11
FICKOU 12
FRITZ 13
HUGET 14
RAMOS 15
remplaçants
MARCHAND
MIENIE
FAASALELE
VERHAEGHE
BEZY
POI
MEDARD
VAN DYK

Formé au Stade Toulousain, Rémi Lamerat a choisi de quitter le club pour augmenter son temps de jeu il y a déjà six ans. Aujourd’hui élément incontournable chez le champion de France en titre, il évoque l’actualité de l’ASM.

Première saison l’an dernier à Clermont, et premier titre, dans un club qui l’attendait depuis sept ans. Tu es en quelque sorte le porte-bonheur de ton nouveau club ?

C’est vrai que l’on m’a souvent fait la blague. J’ai surtout eu la chance d’arriver dans un groupe qui avait très peu bougé. Après une défaite en demi-finale lors de la saison 2015-2016, nous n’étions que trois recrues à arriver à l’intersaison suivante. Cela facilite énormément les choses, que ce soit en terme d’organisation ou de compréhension des systèmes de jeu.
L’effectif était déjà rôdé, avec des joueurs ambitieux, qui avaient les dents qui rayaient le parquet. Je ne suis pas vraiment le porte-bonheur, mais j’étais quand même content car quand j’ai annoncé que j’allais à Clermont pour gagner des titres, on s’était un peu moqué de moi… Au final, j’ai réussi à en obtenir un dès la première année : je ne suis donc pas déçu de mon choix.

Ce titre, c’est tout de même ton troisième de champion de France, mais on imagine qu’il a évidemment une toute autre saveur que les deux précédents ?

Bien sûr ! J’ai eu la chance de faire partie de deux très belles aventures, que ce soit plus jeune au Stade Toulousain ou plus tard avec le Castres Olympique. J’ai vu mes coéquipiers soulever un Bouclier et c’est vrai que ce sont toujours de super moments de voir ses potes heureux, un club et des supporters récompensés. Mais quand on ne fait pas régulièrement partie de l’effectif, on ne se sent pas vraiment titré.

C’est vrai que cette année, c’était le premier sacre où je participais régulièrement aux matchs à enjeux et où je me sentais vraiment un joueur « important » de l’effectif. C’est ce qui fait la différence, même si les deux autres étaient aussi beaux !

De l’extérieur, on a l’impression que tu as trouvé à Clermont un club qui te correspond finalement assez bien : très ambitieux, mais aussi tranquille et discret ?

C’est vrai. Le fait d’être discret peut parfois être décrit comme un défaut, tout comme le fait de se laisser parfois un peu marcher dessus, mais je n’ai pas trop cette impression me concernant. C’est peut-être l’image que les gens ont de l’extérieur, et effectivement, à Clermont, on n’a pas trop envie de fanfaronner comme le font certaines cultures en France, mais on n’en reste pas moins ambitieux comme vous l’avez dit. C’est vrai, quand j’ai pesé le pour et le contre des clubs dans lesquels je souhaitais jouer pour gagner, j’ai trouvé que l’équilibre proposé par l’ASM était le plus complet. C’est aussi pour cela que je m’y plais autant.

Il n’y a pas un seul champion qui ne fait pas l’expérience de la difficulté de remettre la machine en route la saison suivante. Est-ce quelque chose que vous avez ressenti ou que vous ressentez encore ?

Oui bien sûr, on le ressent encore, même si on a réussi à battre deux gros bras du championnat comme Toulon et le Racing. Nous avons également connu quelques belles contre-performances.

Au-delà des résultats, c’est surtout le comportement qui interpellait en début de saison, que ce soit sur le terrain ou à l’entraînement. On avait un petit peu moins envie de se faire mal les uns pour les autres et à ce sport-là, quand on triche, on est tout de suite puni. On ne s’y attendait pas forcément car Clermont est un club qui, historiquement, a toujours eu faim. Ça nous a quand même mis un coup de pied aux fesses et on espère qu’on va redresser la barre pour la suite de la saison.

Plusieurs cadres de l’équipe ont quitté le club à l’intersaison, Bernard Goutta est arrivé. Vivez-vous ce championnat 2017-2018 comme le début d’une nouvelle aventure ?

C’est exactement ça. Vous avez bien résumé la situation : il y a eu le départ de beaucoup de joueurs historiques, qui ont peut-être moins joué la saison dernière mais qui étaient des joueurs hyper importants dans le vestiaire. Des éléments qui portaient en eux l’ADN du club et qui étaient en charge de la transmission. Autant de changements, c’est un peu inhabituel à Clermont, mais ça permet de remettre les compteurs à zéro et de partir sur une nouvelle aventure qui, je l’espère, aura la même issue un jour ou l’autre.

Prendre plus de 50 points, comme cela est arrivé à La Rochelle, n’est pas vraiment dans les habitudes du club. Est-ce que cette claque a été salutaire et vous a permis de vous réveiller ?

Ça m’est déjà arrivé plusieurs fois avec d’autres clubs, mais c’est vrai que 50 points, c’est assez dur.

C’est toutefois à remettre dans un contexte : La Rochelle est une équipe exceptionnelle, on était à l’extérieur, un peu en contre-performance depuis le début de la saison… Mais il n’y a aucune excuse à avoir pour ce genre de défaite. Comme l’a très bien dit Franck Azéma, quand on porte ce maillot, on n’a pas le droit de lâcher. Je n’ai pas l’impression qu’on ait vraiment baissé les bras mais on s’est laissé submerger par la vague rochelaise. C’est évidemment préférable de ne pas vivre ce genre de chose, mais c’est mieux si ça arrive en début de saison, pour permettre à tout le monde de prendre une grosse claque et de se remettre en question pour la suite.

En cinq journées de Top 14, votre équipe a déjà écopé de sept cartons jaunes. La discipline semble vous poser quelques problèmes…

C’est le gros point noir de ce début de saison. On ne passe pas comme on arrivait à le faire l’an dernier, et on est donc frustrés et un peu nerveux. Ça entraîne souvent des petites fautes bêtes, toujours des choses instinctives, parfois dans un élan de générosité, mais qui au final coûtent cher à l’équipe.

Parallèlement à la saison clermontoise, comment analyses-tu ton propre début de saison ?

Pas très bon… Je fais partie des joueurs qui amènent beaucoup moins cette année que la saison dernière. J’ai beaucoup d’approximations dans la discipline, où je suis un peu trop pénalisé. Il y a également les pertes de balles dans le jeu courant, qui sont un peu mon point faible et qui reviennent cette année.

Je suis donc assez déçu mais aussi très motivé pour ne pas passer pour un guignol auprès de mes coéquipiers et essayer de donner le meilleur pour l’équipe à chaque fois que l’on fait appel à moi.

Tu as maintenant 27 ans, tu es international en puissance… Ton rôle au sein du vestiaire a t-il évolué depuis quelques années ? Joues-tu un rôle auprès des plus jeunes pour les encadrer ?

Je ne le fais pas naturellement car j’ai l’impression d’être jeune dans ma tête. J’ai encore énormément à apprendre des joueurs qui ne sont pas forcément plus vieux que moi, mais qui ont plus de vécu dans un club où je suis encore nouveau aujourd’hui. Franck Azéma m’a demandé en début de saison de remplir un peu ce rôle auprès des centres un peu plus jeunes, car c’est quelque chose de culturel à l’ASM et c’est vrai que j’y prends goût. Travailler avec des plus jeunes, me faire chambrer, avoir un peu cette insouciance dans le travail fait aussi du bien au quotidien.

Dans un club aussi ambitieux que l’ASM, il est logique que la concurrence soit présente à tous les postes. Mais au tien, avec Penaud, Rougerie, Betham et le retour prochain de Fofana, on peut dire qu’elle est très importante. Comment la gères-tu au quotidien ?

Elle est vraiment très dense mais je la gère comme un gros plus. C’est vrai que les ambitions du club restent de bien figurer sur les deux compétitions dans lesquelles il est engagé. On sait que le championnat est une compétition très longue, qui a des fenêtres internationales, ce qui impacte un peu plus l’effectif d’un club.

On est obligé d’avoir énormément de ressources au sein du même poste, même si j’avoue que je n’aimerais pas être à la place du staff quand on est tous valides et qu’il faut faire un choix. Il y a des qualités et des profils différents. Mais j’ai la chance, et ça a toujours été comme ça depuis le début de ma carrière, d’avoir affaire à des mecs qui sont vraiment formidables humainement. Il n’y a pas d’animosité dans notre concurrence et tout le monde s’entraide pour le bien de l’équipe. On sait qu’il y a un roulement, qu’on ne pourra pas jouer tous les matchs et chacun, à sa façon, essaie d’apporter sa pierre à l’édifice.

Un mot justement sur Aurélien Rougerie, qui joue au plus haut niveau depuis presque vingt ans. Qu’est-ce que cela fait de jouer à côté d’un historique comme lui, qui va bientôt raccrocher les crampons ?

Honnêtement, je pèse mes mots, c’est vraiment un honneur. Je ne le connais pas depuis longtemps, mais ce que représente Aurélien à l’ASM, et je vais même plus loin en parlant de la région, c’est exceptionnel. J’aurais rêvé d’avoir une carrière au sein d’un même club, c’est quelque chose que l’on ne retrouvera pas aujourd’hui ou ce sera vraiment très rare.
Aurélien est un peu à l’image d’un Clément Poitrenaud, ou actuellement d’un Maxime Médard qui peut finir dans le club où il a débuté en pro. Ce sont des dinosaures. J’aime appeler Aurélien « Mon vieux dinosaure » car ce qu’il a amené au club, ce qu’il représente humainement, justement auprès des jeunes ou auprès des nouveaux qui devront prendre le relais, il le fait toujours de façon très humble. C’est vraiment quelqu’un que j’admire beaucoup.

Après le match à Toulouse, ce seront les débuts de la Coupe d’Europe, une compétition qui vous tient historiquement beaucoup à cœur. Une chose est sûre, compte-tenu de la qualité de votre groupe, il faudra être prêt dès la première journée ?

Je pense que chaque équipe n’aura pas le droit ne serait-ce qu’à un petit retard à l’allumage ou à contre-performance face à un gros, même à l’extérieur. C’est une compétition particulière ou le moindre faux pas se paie cash. C’est vrai que cette année, on n’a pas eu trop de chance de tomber dans ce groupe-là, mais ce sont quand même des challenges qui peuvent être sympas à relever, dans une compétition derrière laquelle le club court depuis de longues années.

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la 7ème journée de championnat. Entre nécessité de résultat et début de la Coupe d’Europe la semaine suivante, dans quel état d’esprit aborderez-vous ce match ?

L’état d’esprit est toujours le même. Rentrer sur le terrain, quel que soit le groupe et quel que soit l’adversaire, avec le plus d’envie possible et ensuite, advienne que pourra. On ne part pas chaque début de semaine en se disant : « On joue tel club à domicile, ce sera tant de points… » Je n’ai jamais entendu cela à Clermont, ou ailleurs.

On essaie d’avoir le maximum de précision sur ce que l’on travaille, ce qu’on sait faire et ce que l’on veut faire. On est aussi conscients qu’en face il y a de grosses équipes. C’est un championnat de plus en plus relevé. Tous les matchs sont difficiles, d’autant plus face au Stade Toulousain. On sait qu’après une année un peu charnière, où tout le monde lui tombait dessus, le club des Rouge et Noir ne meurt pas comme ça en un an, les joueurs ne deviennent pas mauvais d’un seul coup.

C’était juste un petit accroc dans la machine. Le début de saison le prouve actuellement. Ça restera toujours un gros club avec de grands joueurs.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis ton départ du Stade, mais revenir à Ernest Wallon est-il toujours particulier pour toi aujourd’hui ?

Oui, bien sûr… C’est là où j’allais voir les pros jouaient quand j’étais jeune : les Jauzion, Fritz, Médard, Dusautoir, Pelous, Servat… Les mecs que je badais plus jeune et que j’avais en posters dans ma chambre. Je me souviens de l’ambiance extraordinaire, des matchs en plein soleil où il y avait une farandole d’essais. Le jeu du Stade Toulousain m’a toujours fait rêver et c’est pour ça que j’ai choisi ce club plus jeune pour essayer de progresser. Forcément, ça fait quelque chose de revenir, même si en tant que professionnel, on essaie de laisser le côté émotionnel dans un coin. Ce n’est parfois pas facile…

Comment perçois-tu le Stade Toulousain aujourd’hui ?

Le Stade Toulousain, je le suis maintenant d’un peu loin, notamment à travers les médias. Il y a eu la passation de pouvoir au niveau de la présidence et je pense que la nouvelle équipe dirigeante a tout à fait les moyens de redorer l’image du Stade Toulousain, qui a été légèrement ternie par une seule saison difficile. Je pense qu’il faut le temps de digérer toutes ces choses-là.
Après, on connaît le rugby, on voit le talent qu’il y a dans cet effectif-là, avec de nombreux jeunes… Les générations futures vont prendre peu à peu le relais et sont pétries de talent. A mon avis, sans faire de langue de bois, le Stade Toulousain a vraiment de beaux jours devant lui. Mais si ça pouvait être après notre match, ce serait mieux ! (sourires)

Tu as eu ta première sélection officielle avec le XV de France cette année en disputant une rencontre du Tournoi des 6 Nations face à l’Irlande. Quel était ton sentiment ? C’est le signe que tout vient à point à qui sait attendre ?

C’était un moment incroyable pour moi. C’était encore une fois une grande fierté et beaucoup d’honneur de pouvoir porter ce maillot. J’attendais ça depuis un moment. J’espérais toujours que ça puisse arriver et j’ai eu cette chance de pouvoir jouer un match du Tournoi et de vivre pas mal de temps avec le groupe pendant cette compétition. C’est une expérience unique, qui restera un grand moment de ma carrière, quoi qu’il arrive.


Quand tu vois que le club va rejoindre l’Arena dans quelques mois, est-ce que tu mesures tout le chemin parcouru par le club depuis des années, toi qui a dû connaître des conditions de travail assez différentes ?

C’est certain que lorsque j’ai commencé il y a 10 ans avec l’équipe première, il y avait une tribune à Colombes et peut-être 500 ou 1000 personnes par match… Le club va de nouveau franchir de nombreux paliers. L’Arena fait partie d’une nouvelle grande étape, et c’est très positif également pour notre public. Avoir un cadre comme ça pour venir supporter l’équipe, ce sera vraiment génial. On a tous hâte de pouvoir rentrer dans ce stade, même si à titre personnel, j’aurai un petit pincement au cœur de quitter Colombes, que j’ai toujours connu.

Les duels entre les deux équipes sont traditionnellement très serrés à Toulouse. Ainsi, le Stade, si l’on se réfère aux dix derniers exercices, ne s’est jamais imposé par plus de 12 points d’écart face à Clermont. Cette physionomie s’était aussi appliquée la saison dernière en Auvergne, où les Rouge et Noir avaient été battus d’un souffle, 29-25.


Arrivé à Clermont dans la catégorie Espoirs, Damian Penaud a joué son premier match en équipe professionnelle le 16 avril 2016, lors d’une rencontre sans enjeu face à Agen. C’est dire si le fils d’Alain a parcouru du chemin en l’espace de quelques mois.
En 2016-2017, il a totalisé 17 apparitions, mais il était surtout titulaire lors des deux dernières rencontres du Top 14, remportées successivement devant le Racing et Toulon. Avec, à 21 ans seulement, un premier titre de champion de France à la clé.

Véritable casseur de plaquages, véloce, capable d’appuis aussi fulgurants que déconcertants, Penaud a pu bénéficier des conseils d’un certain Aurélien Rougerie pour prendre son envol. Ses magnifiques prestations, tout au long du dernier exercice, lui ont permis de connaître ses premières sélections sous le maillot bleu, lors de la récente tournée estivale en Afrique du Sud. Pas de doute, l’avenir lui appartient.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 24 6 5 0 1 102 4 0
2
LOU 22 6 5 0 1 65 2 0
3
Stade Toulousain 20 6 4 1 1 59 1 1
4
Toulon 18 6 4 0 2 13 1 1
5
La Rochelle 18 6 4 0 2 73 2 0
6
Bordeaux-Bègles 18 6 4 0 2 38 2 0
7
Racing 92 16 6 3 0 3 26 1 3
8
Pau 14 6 3 0 3 4 0 2
9
Clermont 13 6 3 0 3 19 1 0
10
Castres 11 6 2 0 4 -23 1 2
11
Stade Français 9 6 2 0 4 -56 0 1
12
Oyonnax 6 6 1 1 4 -116 0 0
13
Agen 6 6 1 0 5 -58 0 2
14
CA Brive 1 6 0 0 6 -146 0 1






Alors qu’il traversait une passe délicate, matérialisée par trois défaites consécutives, le Stade Français a déjoué les pronostics en ramenant de Pau une courte mais ô combien précieuse victoire.
Le club a du coup pris ses distances avec la zone de relégation et se rapprocherait du milieu de tableau en cas de deuxième bonne performance ce week-end.

Sévèrement battu à Bordeaux-Bègles il y a quinze jours, Montpellier n’a pas mis longtemps à remettre les pendules à l’heure. Brive, étrillé la semaine passée à l’Altrad Stadium (54-10), peut en témoigner.
La saison dernière, le MHR avait subi une très courte défaite à Jean Bouin, sur le score de 21-17.





Depuis le début de la saison, Bordeaux-Bègles réalisait de superbes prouesses sur ses terres mais se montrait au contraire très friable loin de ses bases. Mais la semaine passée, la très nette victoire obtenue sur la pelouse d’Oyonnax a balayé cet état de fait et totalement relancé le club, désormais installé dans le Top 6.
Après avoir battu en Gironde Clermont et Montpellier, l’UBB accueille un autre ténor ce samedi. La saison passée, les Grenats avaient subi la loi du RCT sur leurs terres (13-26).

Avec quatre victoires en six journées, le RCT est dans les clous et semble sur une bonne dynamique. Les Rouge et Noir, depuis leur lourde défaite à Montpellier (43-20), ont enchaîné deux succès de rang : le premier sur la pelouse du Stade Français et le second contre La Rochelle. Des performances qui ont consolidé la place du club dans le Top 6 et qui lui permettent d’aborder sereinement cette échéance bordelaise.





Oyonnax a perdu la semaine passée son premier match à domicile de la saison, en s’inclinant très lourdement à Charles Mathon devant Bordeaux-Bègles. Cette deuxième rencontre consécutive à domicile est une belle opportunité d’effacer immédiatement ce faux pas, qui a placé l’USO à la 12ème place, tout proche de la zone rouge.

Après un début de saison mi-figue mi-raisin, la Section avait relevé la tête et fait figure d’équipe en forme du moment. Les Béarnais restaient ainsi sur trois victoires consécutives, avant la contre-performance inattendue enregistrée il y a quelques jours, au Hameau, devant le Stade Français. Pour le moment, la saison à l’extérieur du club est contrastée, avec une performance à Agen mais des revers à Toulon et au Stade Toulousain.





Six défaites en autant de matchs. Très peu auraient pu imaginer pareille entame pour le CAB, qui avait réalisé un parcours très convaincant en 2016-2017. C’est peu dire que l’état d’urgence est désormais décrété en Corrèze, et Brive vise désormais, en tout cas dans un premier temps, le maintien.
Jusqu’ici, les trois apparitions des Noir et Blanc à domicile ont été plus que délicates, avec un seul point de bonus offensif amassé.

Castres était il y a peu dans une situation précaire, mais la victoire enregistrée face à Clermont lors de la dernière journée a redonné du baume au cœur aux troupes de Christophe Urios.
Reste qu’avec seulement deux succès en six matchs, le CO est encore englué dans le ventre mou du classement, et une victoire à l’extérieur, qui serait la première de la saison, permettrait d’améliorer la situation. Il y a un an, les Tarnais s’étaient inclinés sur la pelouse de son adversaire du jour, 33-27.







Avec une seule victoire depuis le début de la saison, Agen connaît un certain retard à l’allumage et semble aujourd’hui bien ancré en queue de peloton. La seule victoire du SUA est intervenue à Armandie, face au Racing 92, 23-19.
Mais depuis, le club a engrangé quatre défaites consécutives, et il est évident qu’il n’aborde pas ce rendez-vous, pourtant très important, dans les meilleures dispositions.

Equipe en forme de ce début de championnat, le LOU a réalisé une superbe performance en s’imposant sur les terres du Racing pour le compte de la précédente journée. Cela ne fait que confirmer pas la très belle impression d’ensemble laissée par les Rhodaniens, actuellement deuxièmes et plus que jamais candidats aux phases finales.
Lyon, qui s’est déjà imposé au Stade Français depuis le coup d’envoi du championnat, pourrait engranger un sixième succès en sept matchs en cas de bonne performance dans le Lot-et-Garonne.







Après une série d’excellents résultats, La Rochelle a vu sa dynamique stoppée net sur la pelouse de Toulon le week-end dernier. Ce deuxième choc consécutif est l’occasion pour les Maritimes de se relancer immédiatement, face à une équipe qui avait obtenu le partage des points la saison dernière à Marcel Deflandre.

Depuis sa surprenante défaite à Agen lors de la deuxième journée, le Racing n’avait pas démérité, en totalisant trois victoires en quatre rendez-vous, et un revers sur le fil à Clermont. Mais la défaite à domicile survenue face à Lyon lors de la dernière journée a semé le trouble dans les rangs ciel et blanc.
Les Ciel et Blanc sont aujourd’hui dans l’obligation de réagir, même si un bon résultat ce week-end s’apparenterait à un exploit.

Les deux internationaux Yoann Huget et Rémi Lamerat échangent à l’issue de la victoire toulousaine face à l’ASM, au Stadium, lors de la saison 2016-2017.

Demi de mêlée au Stade Toulousain de 1987 à 2001, Jérôme Cazalbou est aujourd’hui de retour au sein de son club de toujours en tant que vice-président du Centre de Formation. Il évoque ses souvenirs chez les Rouge et Noir.

Tu as joué quinze ans au Stade et tu y as débuté très tôt, dès 1987. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Oui, évidemment ! Je suis toulousain de naissance et mon père a été formé au Stade Toulousain. Il a terminé sa carrière en créant l’école de rugby à Labastide-Beauvoir. J’ai donc débuté le rugby dans ce petit club. Tout en étant là-bas, j’ai eu la chance d’être appelé sur de nombreuses sélections, notamment en U18 avec l’équipe de France. Du coup, des clubs m’ont contacté et le Stade Toulousain en faisait partie.

Comme j’habitais Toulouse, que j’étais dans le quartier des Minimes et que je n’avais pas le permis de conduire, c’était beaucoup plus simple de signer au Stade Toulousain. La question de savoir à quel club j’allais répondre favorablement ne s’est pas trop posée. Si je n’avais pas habité aux Minimes et que j’avais eu la possibilité de conduire, je serais peut-être parti ailleurs !


Le joueur d’un seul club, cela n’est pas si courant. Comment expliques-tu ta fidélité envers le Stade ? As-tu eu des opportunités de porter un autre maillot ?

Je crois quand même que dans la génération à laquelle j’appartiens, la grande majorité des joueurs ont fait leur carrière dans un seul et unique club. Si ce n’est que sur la fin, on a vu quelques joueurs, comme Hugues Miorin, porter les couleurs de Colomiers et d’autres faire un ou deux ans par-ci par-là.

Pour ma part, la question ne s’est pas trop posée car j’ai arrêté de jouer suite à des problèmes physiques. En tant que joueur, ce n’était pas possible de m’investir ailleurs. En revanche, j’ai eu des sollicitations pour partir dans un rôle d’encadrement et de management d’équipe.
J’étais attaché aux couleurs du Stade Toulousain, j’étais attaché à ce club. Je ne me voyais pas partir faire quelque chose ailleurs, ou du moins le faire seul. Ça aurait été avec d’autres membres de l’équipe, qui se seraient investis dans un autre club, peut-être. Cela ne s’est pas présenté. J’avais aussi un emploi à côté puisque j’avais commencé à être consultant pour France Télévisions. J’étais finalement suffisamment occupé et je n’avais pas besoin d’aller encore un peu plus loin.

Tu as pleinement connu les deux rugbys : ceux de l’avant et après professionnalisme. Toi qui as eu très tôt une activité professionnelle, la transition a-t-elle été difficile ?

Pour ma part, et je pense pour ma génération, on a évolué et on a même participé à cette évolution. On a structuré cette évolution puisqu’on ne l’a pas subie mais, bien au contraire, nous l’avons construite. C’est vrai qu’on a commencé par être amateurs, puis semi-amateurs, puis semi-professionnels, puis un petit peu professionnels, même si je pense que le rugby professionnel a vraiment commencé à se structurer à la création de la LNR, en 1998.
J’ai arrêté ma carrière cinq ans plus tard, en 2002, et les clubs étaient un petit peu à tâtons, se construisaient doucement. Tout s’est vraiment fait en douceur. Les employeurs nous avaient embauché car ils avaient un rôle un peu paternaliste. Le club nous avait permis de nous rapprocher des partenaires. C’était beaucoup plus simple. Chacun écoutait les problématiques des uns et des autres. Pendant un certain temps, on a augmenté nos entraînements mais c’était en dehors des heures de travail. Puis ensuite, les entraînements étaient pendant les heures de travail, mais nous avons toujours su négocier avec nos employeurs pour maintenir un temps plein. Ça a toujours été fait en bonne intelligence.
Pour la génération suivante, celle qui nous a remplacés, cela a automatiquement été différent. Les entraîneurs et les managers de l’époque, que ce soit au Stade Toulousain ou ailleurs, ont aussi profité de ce changement générationnel pour accentuer et mettre un petit peu plus la pression sur les joueurs afin qu’ils soient disponibles pour faire du rugby et pas forcément pour être dans l’entreprise.

Cela s’est ressenti sur les joueurs qui ont émergé très tôt. Ils n’avaient pas déjà un pied dans le monde du travail et c’était donc beaucoup plus simple de les utiliser uniquement pour le rugby. Pour eux, malgré les superbes moments passés, la sortie était parfois un peu plus compliquée.

Nous, nous avons eu la chance de ne pas avoir à travailler notre reconversion puisqu’on avait déjà un pied dedans !

Quel est ton plus beau souvenir en tant que joueur ?

Le plus beau souvenir reste toujours le premier titre. Si on ne doit en choisir qu’un, je dirais donc celui de 1989 où l’on gagne la finale contre Toulon ! Deux ans auparavant, je regardais la finale avec des copains et je ne m’imaginais pas forcément à la place des joueurs qui levaient le Bouclier. J’ai aussi affronté et battu deux joueurs que je respectais et que j’admirais énormément : Pierre Berbizier en demi-finale et Jérôme Gallion en finale. C’était un rêve de gosse qui se réalisait. J’ai dépassé les deux joueurs dont je m’inspirais quand j’étais gamin, et c’était un sentiment incroyable.

Tu as été partie prenante de la première épopée européenne du club. Tout le monde se souvient de la finale remportée, mais on croit savoir que le premier match de l’histoire du club, en Roumanie, a également été mémorable ?

Ça a été burlesque, ubuesque. Le déplacement a été compliqué, on a eu du retard… On a appris plus tard qu’on ne savait même pas si l’avion allait atterrir puisqu’il avait quelques soucis techniques… En avant-match, ils ont voulu jouer un hymne mais ce n’était pas le bon. Il y avait plus de militaires dans les tribunes que de spectateurs. Ça fait aussi le charme de cette première Coupe d’Europe ! On s’était également déshabillés dans une salle qui était plus une salle d’école qu’un vestiaire. Ça nous permet de garder de bons souvenirs, et nous sommes revenus entiers de Roumanie, à une époque où c’était un pays un peu compliqué… A cette période-là, on avait également eu la chance d’aller faire des matchs avec l’équipe de France A en Union Soviétique… C’était tout aussi particulier.

Les joueurs de l’époque mettent énormément en avant l’amitié qui existait au sein du groupe dans ces années-là. C’était quelque chose de fort ?

Il y a eu plusieurs époques à cette période, mais si on prend celle où l’on a gagné les 4 titres (1994, 1995, 1996, 1997), plus la Coupe d’Europe, plus le Challenge Yves du Manoir et la Coupe de France, il est clair que des liens très forts s’étaient tissés. L’effectif était resté stable également. Beaucoup avaient vécu la période des Juniors/Reichels… Il y avait vraiment une identité de jeu, une capacité à jouer ensemble sans se parler. Nous étions en totale osmose et en totale confiance.

Quand on arrive à ressentir cela sur le terrain, ça veut aussi dire qu’en dehors du terrain cela se passe très bien.

On était totalement dans un management participatif parce que le club se construisait avec les joueurs, les entraîneurs et les responsables de toutes les entités (médicale, la préparation physique…). Le club avait également la volonté de totalement intégrer les familles à la vie du club. Tout ça faisait qu’on était comme dans une entreprise qui était dirigée par ses salariés. Automatiquement, on n’avait qu’une volonté commune : réussir. Tout le monde a tout fait pour cela, même si à un moment donné, il y avait bien entendu de la compétition entre nous pour gagner sa place… Certains nous ont malheureusement quittés car la concurrence a fait qu’ils n’ont pas été amenés sur une finale, et ça peut se comprendre. Mais malgré tout, même avec ces joueurs-là, il y a toujours eu des liens très forts qui ont été conservés.

Sans tomber dans le fameux « c’était mieux avant », une telle amitié est-elle possible dans le rugby actuel ?

Avoir des liens d’amitié très forts avec certains joueurs ou un groupe de joueurs, oui. Avec l’ensemble des joueurs, je ne dis pas qu’on était nous-même tous copains, mais on arrivait à fédérer et à avancer ensemble.
Aujourd’hui, il faut intégrer d’autres cultures, il y a des joueurs étrangers qui arrivent, on reste moins longtemps dans les clubs…
Certaines formations arrivent à être totalement homogènes et à avoir un groupe qui avance ensemble. Avoir une unité et une adhésion à un projet, à un discours, à une manière de vivre et au plaisir à prendre et à donner, ça peut exister.

Après, il y a tout ce qu’il se passe en dehors du terrain et aujourd’hui, dans un monde professionnel avec un fonctionnement différent, je pense que c’est un peu plus compliqué.

Pourtant, on voit des joueurs, étrangers parfois, qui ont cet esprit de clan et qui continuent à vivre en groupe et en famille. C’est parfois en opposition avec des joueurs d’autres personnalités et il faut éviter de tomber dans des séparations culturelles.

Ce n’est pas que c’était mieux avant, mais c’est différent. Même si on tendait à avoir un comportement professionnel, il y avait quand même toujours une très grande convivialité, parfois quelques excès en troisième mi-temps. Et je parle d’une troisième mi-temps qui se faisait tous les week-ends !

Tu as remporté huit titres majeurs avec le Stade Toulousain. Le premier reste-t-il spécial à tes yeux ?

Il y a celui de 1989 que j’ai déjà évoqué, c’est une certitude. Après, sur le côté bons souvenirs, il y a également eu celui de 1994, car c’est justement le début de la période d’invincibilité. Je pense aussi à celui de 1997 qui conclut le quadruplé dans un contexte difficile, puisqu’on embêtait un peu la France entière du rugby de haut niveau.

Entre 1994 et 1997, vous avez remporté le titre de Champion de France chaque année. Comment l’équipe faisait-elle pour ne jamais être rassasiée ?

On avait simplement goûté à la victoire, au Bouclier, et on ne souhaitait pas forcément s’en passer. On avait su créer beaucoup de choses autour. C’était un peu la période faste, il n’y avait pas autant de joueurs retenus avec l’équipe de France. On n’était pas non plus tous les week-ends au vert.

On avait créé ces fameux voyages de fin de saison où on partait trois semaines aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Nouvelle-Calédonie. On jouait, mais on savait qu’au-delà de ça, il pouvait y avoir le Bouclier et un voyage derrière… On n’était pas loin d’être au paradis ! (sourires)

On restait sur une bonne dynamique avec le titre précédent. On était également en pleine confiance. Quels que soient les scénarios de matchs, on pensait systématiquement qu’on allait quand même gagner. C’est difficile à décrire car il faut l’avoir vécu. C’était vraiment une unité. A chaque fois qu’un nouveau joueur arrivait, on arrivait à lui faire passer ce message, cette sensation…

Ton histoire avec le XV de France a été assez mouvementée. Quel souvenir en gardes-tu ?

Des rendez-vous manqués, certains par malchance. Souvent, je me blessais avant ou même pendant les rassemblements de l’équipe de France. Ça a été le cas lors du premier Tournoi que j’ai fait. J’étais remplaçant et je me blesse légèrement sur l’échauffement avant la rencontre France-Ecosse. Ensuite, par esprit club, je joue quand même le week-end suivant face à Toulon et je me déchire de 6 centimètres. Je ne suis pas retenu pour la fin du Tournoi. Tournoi que le XV de France gagne...

Ensuite, je peux être appelé pour le Tournoi de 1997 parce que Fabien Galthié et Philippe Carbonneau sont blessés. J’ai un souci familial et je reste finalement auprès de mon fils. Quand je suis retenu en tournée en Afrique du Sud, je me fracture le gros orteil trois mois avant de partir. Et puis le dernier rendez-vous, c’est un peu de ma faute. Contre les Springboks, lors que nous sommes étrillés au Parc des Princes, e dis ce que je pense aux entraîneurs… Comme je dis ce que je pense, je n’y suis plus.

D’autres joueurs émergents sont par la suite sélectionnés. C’est normal. Ce n’est pas quelque chose que je regrette. Certains entraîneurs que j’ai côtoyés plus tard, avec lesquels j’ai discuté, me disaient que j’étais peut-être un joueur un peu trop collectif.
J’étais dans un mode de jeu différent par rapport à certains joueurs avec lesquels j’étais en concurrence. Eux, on les voyait plus pour leurs actions individuelles qui permettaient à l’équipe d’avancer et de se montrer, alors que pour ma part, j’ai toujours essayé d’apporter au groupe et à l’équipe par rapport à une certaine stratégie, une vision de jeu. Je n’étais pas le plus fort techniquement et physiquement, mais j’essayais tactiquement et au niveau du scénario de match d’apporter certaines solutions à l’équipe.

Tu as été commentateur TV à plusieurs reprises à l’issue de ta carrière. Qu’as-tu retenu de cette expérience ?

Je le suis encore ! Je suis presque le plus vieux consultant TV aujourd’hui à l’antenne. J’ai commencé en 2000. Grâce à cette expérience, j’ai pu mieux vivre mon après-carrière car j’ai gardé un contact avec le haut niveau.

Ça m’a permis aussi, justement parce que j’étais le joueur d’un seul club, de pouvoir échanger avec des techniciens d’autres pays et d’autres clubs afin de savoir comment ils appréhendaient le rugby.
Il n’y a évidemment pas qu’une manière de le faire, et ça a été parfois des confrontations d’idées, de jeu, de projets… Cela m’a permis de garder ce lien avec le rugby, même si je ne l’ai pas mis à profit pour un club professionnel. Cela m’a permis de rester en veille et de nouer des relations étroites et sincères avec le corps arbitral. Je n’avais plus aucune relation avec le terrain donc je pouvais leur dire ce que je pensais et eux ce qu’ils pensaient de moi. Nous pouvions échanger à bâtons rompus et surtout rencontrer de bons mecs. C’était une très bonne expérience.

J’essaie de faire vivre un petit peu ma passion et d’amener quelque chose, comme quand j’évoluais sur le terrain. Je ne suis pas celui qui va hurler ou qui va dire à chaque fois que c’est un exploit quand un mec va marquer un essai… J’essaie d’apporter aux téléspectateurs une vision que j’espère la plus objective possible : quand un joueur est bon il est bon, quand il ne l’est pas, c’est pareil. Sachant que tout joueur a le droit de ne pas être bon sur un match.

As-tu un regret au vu de ta carrière, ou a-t-elle été suffisamment bien remplie pour ne pas en avoir ?

Je crois que j’aurais tort de me plaindre, c’est un premier point. Avec le groupe que l’on était en 1999, je pense qu’on peut en avoir un regret lors de la victoire face à Clermont en finale.

C’est un peu compliqué, mais vu les joueurs qu’étaient Christophe Deylaud et Patrick Soula, je crois que même en ayant un faible écart face à cette équipe de l’ASM, même à 10 minutes de la fin, en rentrant en jeu alors qu’ils étaient remplaçants, ce n’est pas eux qui nous auraient fait perdre le match, au contraire. Nous, sur le terrain, nous n’avons pas réussi à creuser suffisamment l’écart pour obliger les entraîneurs à les faire rentrer. C’est un regret, clairement, car ils méritaient d’avoir une autre fin que celle qu’on leur a donnée.

Quel est pour toi le plus grand joueur avec lequel tu as évolué au Stade ?

C’est toujours compliqué car on a vécu tellement de trucs… Je vais sortir un peu des sentiers battus car c’est quelqu’un qui a passé très peu de temps au club, mais qui est venu et qui était un joueur énorme. Il a fait preuve d’une humilité exceptionnelle par rapport au statut qu’il avait en Angleterre… C’est Rob Andrew. Rob, c’est quelqu’un qui est arrivé dans un contexte délicat. L’entraîneur de l’époque nous avait réunis en nous expliquant que ce joueur arrivait mais qu’on lui avait imposé et qu’il ne voulait pas entendre parler de lui.

Il remonte presque le groupe, avec des joueurs qui n’avaient pas besoin d’être remontés, pour que sa venue soit compliquée.
C’est un type qui, par rapport au règlement de l’époque, passe ses 6 ou 7 premiers mois à jouer obligatoirement avec l’équipe, alors que c’est le demi d’ouverture de l’équipe d’Angleterre.

C’est quelqu’un qui, en étant avec l’équipe B, s’entraîne contre nous et prend des plaquages à retardement et des tampons de la part de Philippe Rougé-Thomas, de Christophe Deylaud, et de ceux qui voulaient le « dézinguer ».
Un mois après son arrivée, on s’aperçoit que c’est un mec qui est adorable et super. On était finalement triste de ne pas jouer avec lui et qu’il ne puisse pas être dans le groupe pendant un certain temps à cause de cette règle. C’est quelqu’un qui a laissé énormément de regrets à son départ. Franchement, c’est vraiment dommage qu’on n’ait pas pu lui offrir un titre de champion de France cette année-là, puisqu’on est éliminés par Dax sur un match qui est resté dans les mémoires comme une belle farce. Heureusement, il a été champion de France avec la Nationale B !
Ce qui caractérisait Rob, c’était son humilité, sa gentillesse, sa capacité à s’adapter et à ne rien dire, mais également sa volonté d’essayer de faire grandir le club par rapport à son expérience et tout ce qu’il connaissait.

Qui était d’après toi le joueur le plus rugueux, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Le rugby a quand même évolué, mais comme j’ai débuté avec la génération des Karl Janik, des Daniel Santamans, Jean-Marie Cadieu, Philippe Rougé-Thomas… Je savais que normalement, on n’allait pas me toucher ! (sourires)

En sortir un du lot c’est compliqué, mais à l’époque, j’avais des gardes du corps de qualité !

Le joueur le plus drôle ?

Je crois qu’on doit souvent vous citer le même… Christian Califano doit ressortir en permanence, il était le trublion du groupe, qui nous a foutu des entraînements en l’air à lui tout seul. On a arrêté des entraînements à cause de lui ! Surtout quand il y avait un peu de pluie, des flaques sur le terrain… On essayait de ne pas lui donner la balle, car dans le cas contraire, il prenait le ballon tout seul et il courait sur 40 mètres pour aller plonger dans une flaque… Tu ne pouvais pas faire de mise en place à vide car tu ne t’en sortais jamais ! (sourires)
Sur le terrain, c’était sûrement lui. Après, dans une vie de groupe, on a eu aussi Philippe Lapoutge qui n’était pas mal. Il est resté un petit moment et on lui faisait croire des trucs incroyables. Il croyait tout le temps ce qu’on lui racontait, et on se servait un peu ça ;-)


Le plus râleur ?

Sur le terrain, Christophe Deylaud était un vrai râleur. Il se faisait rappeler régulièrement à l’ordre par l’arbitre. Après, des mecs jamais contents, je pourrais en citer un paquet !

As-tu le souvenir d’une scène de vestiaire particulièrement mémorable ?

J’ai une scène de vestiaire qui me reste, quand on prend une belle br… face aux Wasps, 77 à 17… Là, il y a eu un groupe qui était énormément affecté, mais qui a su montrer sa force car on réussit à rebondir une semaine plus tard. Mais cette scène-là m’a marqué car elle a évidemment été difficile.

Sur le côté plus joyeux, il y a celle de la finale de la première Coupe d’Europe. Nous étions dans l’ancien Cardiff, dans l’Arms Park, avec beaucoup de joueurs qui y avaient joué avec le XV de France. C’était mémorable, avec une véritable fête, il y avait du monde partout, et cette Coupe d’Europe qui était dézinguée alors que cela ne faisait même pas cinq minutes qu’on l’avait dans les mains !

 

La vie en club n’est pas faite que de victoires et de bons moments : quel est ton pire souvenir avec le Stade ?

Comme pour beaucoup je pense, c’est mon départ du club… Mais c’était écrit et c’était comme ça pour notre génération. De la manière dont le Stade s’était construit, les personnes avec lesquelles il s’était construit, le passage de l’amateurisme vers le professionnalisme, le fait de ne plus être dans un rugby de transmission mais plutôt dans un rugby de profession… Certaines habitudes qui avaient été prises ont disparu.
Que les joueurs puissent s’investir dans un deuxième temps, après avoir reçu pendant des années, ça ne pouvait plus être possible. Il était question d’hommes et d’égo… Ça s’est fait comme ça. Ce sont des choses qui ont été parfois difficiles à vivre car quelques années après, pour les joueurs qui étaient restés beaucoup moins longtemps dans le club, ils ont été fortement honorés, parfois plus que pour des joueurs qui étaient restés 15 saisons au club et où on leur a seulement dit de prendre la porte…

Passer de l’autre côté de la barrière et tenter une carrière d’entraîneur au plus haut niveau ne t’as jamais traversé l’esprit ?

Non, car je ne me projetais pas comme entraîneur, c’est une première chose. On me l’a proposé mais je n’ai pas souhaité le faire. J’envisageais davantage, suite justement à l’évolution du rugby, un poste de manager pour être au service de l’entraîneur de l’équipe première et mettre en place dans le club une politique générale, un projet de jeu qui va de l’école de rugby jusqu’au plus haut niveau. Ce sont des choses qui m’ont parfois été proposées dans d’autres clubs mais là aussi, j’avais les commentaires et mon boulot à la Société Générale qui me plaisaient…
Je me suis investi dans beaucoup d’autres choses une fois que j’ai arrêté : j’ai été trésorier du syndicat des joueurs, Président de Provale. J’ai eu beaucoup de missions qui ont fait que je n’avais pas vraiment le temps. Et puis, comme je le disais, j’étais lié aux couleurs rouge et noir et je ne me voyais pas forcément faire quelque chose ailleurs, au moins à ce niveau-là.
J’ai eu à un moment donné une proposition d’Agen où il y avait Christophe Deylaud qui était là. J’y ai réfléchi, mais finalement, le SUA a également réfléchi et ça ne s’est pas fait.
Je ne l’ai pas fait au niveau professionnel, mais je me suis engagé dans une action bénévole, sur ce type de poste, à la Vallée du Girou puisque j’habitais depuis 1999 à Pechbonnieu. Je l’ai notamment fait avec Sylvain Dispagne de 2003 à 2010.

Quelles sont tes fonctions au club aujourd’hui ?

J’occupe le poste de vice-président du Centre de Formation du Stade Toulousain Rugby, en charge du sportif. Mon rôle est de m’occuper de tout ce qui concerne le suivi des jeunes au Centre de Formation, de leur donner les moyens de s’affirmer sur un passage qui n’est pas facile.
Ils ont l’obligation d’être à la fois des joueurs de rugby de très haut niveau, mais aussi des étudiants attentifs devant valider leurs diplômes. Ce n’est pas simple et il faut savoir les accompagner. Il faut surtout leur donner les dernières touches de formation pour qu’ensuite ils soient prêts à évoluer avec l’équipe des professionnels.
Il est important de continuer à valoriser le travail qui a été fait précédemment par les personnes qui se sont investies au Centre de Formation, en essayant d’apporter quelques plus pour qu’il continue d’être dans les premiers classés parmi les clubs pros.

Le mot de la fin ?

J’ai simplement envie de dire que la vie est souvent un éternel recommencement. Il y a des moments où nous sommes à un endroit, on n’y est plus puis on y revient… Le tout c’est de le faire toujours en ayant la volonté de faire avancer les choses sans trop regarder ce qu’il s’est passé auparavant, et de toujours donner aux structures ou aux personnes qui se sont sacrifiées pour vous à un moment donné. Il faut savoir rendre ce qu’on a pris.