Le principal trait de mon caractère
Jovial


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
Le respect


Mon principal défaut
Têtu


Ma principale qualité
Généreux


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur fidélité et leur soutien


Mon rêve de bonheur
Vivre heureux et sans soucis avec ma famille



Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre quelqu’un de ma famille


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Zinedine Zidane


Le pays où j'aimerais vivre
Les Etats-Unis


Mes héros dans la fiction
Wolverine et Hulk


Mes héros dans la vie réelle
Mes parents


Ce que je déteste le plus
Les hypocrites, les personnes seulement présentes par intérêt



Le personnage historique que je déteste le plus
Donald Trump


Le don de la nature que je voudrais avoir
Voler


Comment j'aimerais mourir
En faisant quelque chose de fun. Pas de vieillesse ou malade.


Mon état d’esprit actuel
Frustré


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
Si c’est pour survivre, je peux tout pardonner (sourires)


Ma devise
Chaque jour de ta vie, accroche-toi et ne lâche jamais rien

Lors de la 4ème journée du précédent Top 14, les Toulousains s’inclinaient logiquement devant Toulon, après avoir couru après le score durant toute la rencontre.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Toulon bat Stade Toulousain 32 à 15 (mi-temps : 9-18)
Beau temps ; belle pelouse ; 18 839 spectateurs (guichets fermés). Arbitrage de M. Garcès (Béarn)

Pour Toulon : 3 essais de Guirado (21), Muller (39) et Ollivon (80). 1 transformation (39) et 4 pénalités (6, 28, 53, 66) de Halfpenny ; 1 drop de Trinh Duc (75)

Pour le Stade Toulousain : 5 pénalités de Bézy (1, 34, 61) et Fritz (25, 52)

Evolution du score : 0-3, 3-3, 3-8, 6-8, 6-11, 9-11, 9-18/12-18, 12-21, 15-21, 15-27, 15-32

STADE TOULOUSAIN : Médard ; Huget, Fickou, Fritz (Flood, 66), Palisson ; (o) McAlister (Doussain, 66), (m) Bezy ; Faasalele, Galan (Maka, 54), Dusautoir (cap.) ; Gray, Maestri (Lamboley, 71) ; Aldegheri (Johnston, 31 puis Aldegheri, 63), Ghiraldini (Marchand, 49), Steenkamp (Baille, 49)

TOULON : Halfpenny ; Carraro, Bastareaud (Mermoz, 52), Nonu, Muller ; (o) Trinh Duc, (m) Tillous Borde ; Davis, Ollivon, Gill (Fernandez Lobbe, 59) ; Manoa, Gorgodze (Taofifenua, 68) ; Van der Merwe (Chilachava, 52), Guirado (cap.) (Etrillard, 52), Fresia (Delboulbes, 52)

Alors que le Stade avait réalisé une entame de championnat convaincante, il accueillait une équipe toulonnaise en plein doute et qui restait sur une défaite à domicile face à Brive. C’est peu dire que le RCT n’avait pas effectué le voyage en victime expiatoire, et l’équipe de Diego Dominguez n’allait pas tarder à le faire savoir.
Si la domination toulousaine ne souffrait d’aucune contestation, les mouvements offensifs de Médard et sa bande se heurtaient à un véritable mur, quasiment infranchissable. Et quand l’ouverture, enfin, apparaissait, un en-avant (celui de Steenkamp en l’occurrence) venait réduire à néant les efforts toulousains.

En face, le réalisme varois faisait froid dans le dos. La formation au muguet scorait lors de chacune de ses incursions dans les 40 mètres adverses, que ce soit au pied par Halfpenny ou à la main par Guirado. Pire encore, les pensionnaires d’Ernest Wallon encaissaient juste avant la pause un essai à une passe de Muller, consécutif à une erreur sur un renvoi.
A la mi-temps, les affaires des hommes d’Ugo Mola étaient mal engagées, mais la physionomie de la seconde période ne permettait en outre aucun espoir. Toujours aussi hermétique, la défense toulonnaise ne cédait pas un pouce de terrain et exploitait à merveille la moindre approximation adverse. A la dernière seconde, les protégés du Président Boudjellal marquaient un essai synonyme de bonus offensif, sur leur première séquence d’envergure de la partie.

Certes, les Stadistes avaient réalisé plus de passes que leurs adversaires, mais ils s’inclinaient sans jamais avoir pu marquer un essai, contre trois pour Toulon. Une rencontre à oublier.

« On est tombé sur une équipe bien plus réaliste que nous. On avait l'impression de jouer contre un mur et on n'a pas su trouver les solutions. Il y a eu trop d'approximations pour assurer l'essentiel. J'espère que l'on sera en mesure de relever la tête très vite car aujourd'hui le Stade Toulousain a fait une vraie contre-performance. Tout le monde doit se remettre en question. Bravo à Toulon qui mérite sa victoire et qui a prouvé que c'était toujours une grande équipe, » reconnaissait Ugo Mola au coup de sifflet final.

Formé au Stade Toulousain, Thomas Ramos a réussi un défi audacieux à Colomiers qui lui permet aujourd’hui de s’imposer comme un élément important de l’effectif rouge et noir. Portrait d’un joueur qui a su se montrer stratégique pour s’affirmer au plus haut niveau.

Voici un joueur dont le parcours est porteur de belles promesses pour l’avenir du Stade Toulousain. Son nom : Thomas Ramos. L’arrière stadiste débute le rugby à l’âge de 5 ans au Sporting Club de Mazamet. Une orientation qui n’est en rien le fruit du hasard :

« J’ai voulu pratiquer ce sport car mon père y jouait, mais également mon grand-père et mon oncle maternel, » affirme le joueur de 22 ans. « C’est une histoire familiale, qui m’est venue assez naturellement. »

Dans son club du Tarn, il séduit les recruteurs rouge et noir, qui l’attirent à Ernest Wallon à l’âge de 15 ans. Ses débuts au sein des catégories de jeunes du Stade sont couronnés de succès. Il est en effet sacré champion de France Cadets Alamercery en 2012, puis champion de France Crabos en 2013. Le Mazamétain réalise ensuite une prestation remarquée pour sa première apparition avec l’équipe première, puisqu’il inscrit un essai face au Castres Olympique le 22 février 2014.

Malgré cette performance, le commencement de son aventure professionnelle toulousaine ne permet pas à Ramos de s’affirmer. Entre 2013 et 2016, le jeune arrière comptabilise seulement 109 minutes de jeu, grâce à une titularisation et cinq entrées en jeu en Top 14. La conséquence d’une concurrence redoutable à son poste au sein de l’effectif stadiste :

« Côtoyer les joueurs au Stade Toulousain était enrichissant mais je redescendais tous les jeudis avec les Espoirs, » déclare-t-il au sujet de cette première expérience chez les Rouge et Noir.

Pour gagner du temps de jeu et poursuivre sa progression, l’intéressé décide alors de s’expatrier à quelques kilomètres de la Ville Rose, à l’US Colomiers, où il est prêté pour une année. Ce choix s’avère concluant puisque le Tarnais enchaîne les rencontres (24 rencontres de Pro D2 disputées), et réalise des prestations de haute volée. Lors de la victoire columérine face au Biarritz Olympique le 20 avril dernier, il inscrit, grâce notamment à deux essais, 32 des 37 points de son équipe.

Ces performances lui valent d’être récompensé du trophée de « Meilleur joueur de Pro D2 » lors de la cérémonie de la Nuit du Rugby le 18 septembre dernier. D’autre part, le travail effectué auprès de l’ancien buteur international David Skrela permet au Mazamétain de terminer la saison 2016/2017 meilleur réalisateur du championnat, avec 345 points inscrits au pied. Au sujet de cette expérience columérine, il s’exprime avec beaucoup d’enthousiasme :

« Le fait d’avoir autant joué et enchaîné les matchs m’a permis de prendre confiance en moi, » confiait-il en juillet dernier. « Cela m’a montré ce qu’était le rugby de haut niveau. Avant de partir, je jouais en Espoirs avec le Stade Toulousain et le niveau était inférieur à celui de Pro D2. Cette saison à Colomiers restera une superbe année sur un plan personnel. J’ai beaucoup appris sur des points où je disposais d’une grande marge de progression et où il faudra encore que je progresse dans les années à venir. »




Un choix de carrière payant salué par l’ancien capitaine du Stade Toulousain et du XV de France, Thierry Dusautoir : « Il s’est mis en danger à un moment donné de sa carrière en allant en Pro D2 pour avoir du temps de jeu, » a déclaré le néo-retraité. « Il a su prendre ce risque-là et aujourd’hui, il en récolte les bénéfices. Il a été un des patrons de l’équipe à Colomiers. Et aujourd’hui, il s’installe comme étant celui du Stade Toulousain. » 

En effet, son retour chez les Rouge et Noir cette saison confirme que le Tarnais a changé de dimension en l’espace d’un an. Depuis le début de l’exercice 2016/2017, Thomas Ramos est le deuxième joueur le plus utilisé de l’effectif toulousain, avec 709 minutes de jeu disputées en dix rencontres de Top 14. Il s’est déjà illustré avec deux doublés réalisés lors des rencontres à Ernest Wallon face au Stade français et à Castres. A 22 ans, l’arrière est aujourd’hui épanoui au Stade, au sein d’un système tactique qui lui correspond :

« Je suis content d'évoluer au Stade, à ce poste d'arrière, et je prends beaucoup de plaisir avec ou sans le ballon, » avoue-t-il. « J'aime le jeu de mouvement que l'on propose et je me sens très à l'aise. J’étais parti l’an dernier pour revenir plus fort. Aujourd’hui, je tente un peu plus, même s’il y a toujours des points à corriger, comme mon attitude dans les rucks. »


Au-delà de son efficacité dans le jeu, le natif de Mazamet s’est affirmé comme un buteur incontournable. Il figure actuellement en deuxième position du classement des buteurs du championnat avec 131 points inscrits à l’issue des douze premières journées de Top 14. Dans cet exercice, il affiche un pourcentage de réussite impressionnant de 85,2 %. Malgré ces belles statistiques, le maître-artilleur ne se repose pas sur ses lauriers :

« Mon taux de réussite est bon, mais il pourrait être meilleur si je n’avais pas manqué certaines pénalités faciles, parfois par manque de concentration, » juge-t-il. « Je me remets en question. »

Preuve de la confiance que lui accorde désormais les dirigeants rouge et noir : le Tarnais a signé le 4 octobre dernier une prolongation de contrat jusqu’au terme de la saison 2020/2021 avec son club formateur. Une décision dont s’est satisfait le président toulousain, Didier Lacroix :

« La prolongation de contrat de Thomas est une excellente nouvelle, » avait alors déclaré l’ancien troisième ligne stadiste. « Il confirme actuellement les espoirs placés en lui. Son choix de poursuivre son aventure sportive au sein du club est le signe de son adhésion à notre projet et confirme les ambitions du Stade Toulousain pour les saisons à venir. »

Au regard de sa progression, Thomas Ramos incarne sans aucun doute le futur du club rouge et noir.

Avec 13 essais inscrits en autant de journées, l’ailier international Chris Ashton impose une cadence infernale et caracole en tête du classement des marqueurs de la compétition. Il n’y a visiblement pas eu de période d’adaptation pour la star anglaise, qui a découvert le Top 14 cette saison.

Après avoir opéré un renouvellement de son staff et de son effectif, le Rugby Club Toulonnais compte écrire cette saison une nouvelle page de sa riche histoire. Malgré un début d’exercice en demi-teinte, le club varois a prouvé récemment qu’il pouvait compter sur ses individualités de classe mondiale pour aider le collectif à atteindre ses ambitions.

Après une saison qui pourrait être qualifiée « de transition », avec trois managers se succédant à la tête du club, le Rugby Club Toulonnais entre dans une nouvelle ère à l’occasion de cet exercice 2017/2018. Un changement de cycle marqué par l’arrivée l’été dernier de Fabien Galthié au poste de manager général. Un homme très convoité par le président varois, Mourad Boudjellal :

« Je le voulais depuis longtemps, » reconnaissait-t-il au printemps dernier. « Je le voyais comme le successeur naturel de Bernard Laporte. J’aime travailler avec ce genre de personnes. Mais il n’était pas disponible quand Bernard est parti. Comme lui, Fabien Galthié évolue dans une autre galaxie. »

Le challenge proposé à l’ancien technicien montpelliérain comporte plusieurs défis majeurs : mettre en scène un projet de jeu ambitieux, spectaculaire et efficace, amener de la stabilité sur la Rade et ramener un titre à Mayol après deux saisons d’attente et de frustration.

« Je m’attache au contenu, » déclarait le nouvel homme fort du staff du RCT au moment de sa nomination. « Nous sommes très concentrés sur l’organisation, la méthode et les détails qui vont construire une histoire. On aimerait donner la capacité à cette équipe de se replacer, de jouer collectivement et de poser des questions à l’adversaire. Je compte conserver les atouts de cette équipe et lui amener la capacité d’alterner. »

Un point de vue partagé par l’entraîneur des avants, Fabrice Landreau. L’ancien talonneur, qui a déjà collaboré avec Galthié au sein du staff du Stade Français, fait également partie des arrivants de l’intersaison. Il connaît le poids de l’histoire chez le club triple champion d’Europe :

« Le passé toulonnais est riche et il faut être conscients que nous sommes les héritiers d’un patrimoine national, » affirme-t-il. « Mourad (Boudjellal) nous a confié la mission de continuer à l’enrichir. Pour y arriver, il faudra que l’ensemble du groupe soit convaincu que le moment nous est venu d’écrire un nouveau chapitre. On souhaite cependant que cette nouvelle ère se construise progressivement, en s’appuyant à la fois sur ceux qui ont écrit les plus belles lignes du palmarès toulonnais et les nouveaux venus. C’est l’occasion pour nous de repartir d’une page blanche, tout en s’appuyant sur des joueurs qui ont un passé glorieux à Toulon. Que ce soit le staff ou l’effectif, chacun a envie que le RCT prenne un nouveau virage, et qu’il soit évidemment le plus fructueux possible. »




Les changements opérés sur le banc de touche coïncident avec un renouvellement en profondeur de l’effectif. De nombreux hommes forts du triplé européen ont quitté Mayol, à l’instar des Matt Giteau, Drew Mitchell, David Smith ou encore Leigh Halfpenny. Si le paquet d’avants est resté identique dans ses grandes lignes, les lignes arrière ont été bouleversées par l’intégration de certains joueurs de classe mondiale, telles que Chris Ashton, Hugo Bonneval, Malakai Fekitoa et JP Pietersen.

Malgré cet effectif de premier plan, Toulon réalise pour le moment une saison en demi-teinte. En effet, le RCT ne figure actuellement pas parmi les potentiels barragistes du Top 14 puisqu’il pointe à la septième place au classement, avec un bilan équilibré de six victoires pour six défaites. La période des doublons du mois de novembre a fragilisé le club varois qui a concédé trois défaites consécutives contre Agen, le Racing 92 et Castres, avant de retrouver des couleurs le 2 décembre dernier face à Lyon.

En l’emportant à domicile dans cette rencontre de la 12ème journée de Top 14 (39-11), les Toulonnais ont obtenu le fruit de leurs efforts répétés depuis le début de saison. Un progrès salué par l’entraîneur des avants, Fabrice Landreau :

« Depuis vingt semaines, personne ne triche, » racontait-il après la victoire de son équipe. « Les joueurs sont exemplaires, mais la victoire nous échappait, notamment lors des trois dernières sorties. L’investissement des joueurs était fort, mais nous n’étions pas récompensés. Avant le match on sentait un peu de crainte, de peur de s’engager, de faire un mauvais geste. Les joueurs avaient besoin de se libérer. Ce match va nous faire du bien. On sait que le projet de jeu ne sera validé que par les succès. Il faut des victoires pour cimenter un collectif. Face au LOU, on s’est approché de ce que l’on veut mettre en place. »

Cette victoire face aux Lyonnais a été facilitée par le retour des internationaux, à l’image de Mathieu Bastareaud, auteur à la 12ème minute de l’essai qui lança la machine toulonnaise après un duel remporté, ou encore de François Trinh-Duc, efficace dans l’animation du jeu de son équipe et impérial face aux perches (cinq sur cinq dans les coups de pied au but). Ce noyau de joueurs, comptant également Chris Ashton et Guilhem Guirado, a apporté la confiance nécessaire pour goûter à nouveau à la victoire dans les rangs varois :

« Depuis son arrivée, Fabien tente d’insuffler un nouveau projet de jeu, » confiait Ashton à l’issue de la partie. « Mais entre les blessés et les internationaux, l’équipe n’a jamais été au complet, et on n’a pas encore travaillé dans la continuité. Le retour de ces joueurs nous a donc permis de travailler de manière plus confortable. Ils ont un vrai impact sur l’équipe, je pense notamment aux joueurs français. Ils ont beaucoup d’expérience et sont de vrais leaders à Toulon. »

L’ailier anglais Chris Ashton, auteur d’un doublé face à Lyon qui porta son total personnel à treize essais en Top 14, n’était d’ailleurs pas satisfait de sa performance malgré ses statistiques impressionnantes, comme le soulignait Fabrice Landreau :

« C’est un chasseur d’essais. C’est le renard des surfaces. C’est incroyable. D’ailleurs, il n’était pas content car il affirme qu’il aurait pu marquer un troisième essai. Au-delà de sa performance, ce qui est bien c'est son état d’esprit. »

Avec des joueurs d’une telle ambition, preuve est que le RCT est hautement armé au moment de se déplacer en terres stadistes pour le choc des Rouge et Noir.  

TOP 14 30/12/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
BAILLE 1
MARCHAND 2
ALDEGHERI 3
GRAY 4
MAESTRI 5
ELSTADT 6
CROS 7
TEKORI 8
DUPONT 9
HOLMES 10
MJEKEVU 11
FICKOU 12
FRITZ 13
KOLBE 14
RAMOS 15
remplaçants
GHIRALDINI
CASTETS
FAASALELE
VERHAEGHE
MADAULE
DOUSSAIN
GUITOUNE
FAUMUINA

Quelques jours après la courte défaite enregistrée face au Racing 92, l’entraîneur en chef toulousain se projette sur la réception de Toulon. Une échéance qu’il juge importante, face à une équipe qu’il porte en haute estime.

Ugo, quel bilan fais-tu de la dernière journée et de la défaite concédée à la U Arena ?

On s’était fixé comme objectif de revenir avec quelque chose de ce déplacement sur le terrain du Racing. De ce point de vue, nous sommes en phase avec nos ambitions. On aurait même pu espérer mieux. Ce n’est pas réellement la discipline qui nous a fait défaut, car nous sommes d’un bout à l’autre de la partie pénalisés seulement cinq fois, ce qui est une statistique assez remarquable. Mais sur ces cinq pénalités, il y en a trois qui sont inutiles et évitables et qui nous coûtent très chers à l’arrivée.

On est dans une période où l’on a besoin de prendre des points, d’autant plus après le revers survenu il y a quelques semaines à domicile face à Castres. Il faut que l’on rebascule rapidement dans une dynamique positive, mais c’est le cas de pas mal d’équipes dans ce Top 14.

Comment as-tu trouvé les joueurs après la très courte trêve de Noël ?

On l’avait lâché frustré et déçu d’avoir laissé échapper des points dans la nouvelle enceinte du Racing. Mais quand la frustration engendre de l’envie et de l’enthousiasme quelques jours plus tard, c’est toujours positif. Mais le plus important, c’est ce que les joueurs montreront sur le terrain samedi soir. Ce qu’il se passe avant ou après n’a que peu d’importance.

La période de fin d’année, avec des matchs intercalés entre Noël et le 31 décembre, est-elle particulière ?

C’est toujours spécial à gérer. On aimerait dans l’absolu que les joueurs soient focalisés uniquement sur le rugby durant onze mois dans l’année, mais c’est impossible. Certains joueurs étrangers sont loin de leurs proches et ce n’est pas facile humainement, d’autres au contraire passent beaucoup de temps en famille.
Ce qui nous attend face à Toulon reste un moment sympa, où les joueurs seront dans un stade plein, devant ceux qui leur sont chers. Si je me positionne à l’extérieur, je le vois plutôt comme un bel événement, même s’il n’est pas évident à gérer. Et l’affluence attendue prouve que les gens perçoivent cette rencontre comme un événement sympa.

Jouer devant plus de 18.000 personnes constitue-t-il une pression supplémentaire ?

Pas du tout. Au contraire. C’est une bonne nouvelle, dans la lignée de ce début de saison, où le club est dans une phase de reconquête. Ce guichets fermés s’inscrit dans cette dynamique, même si nous restons assez lucides là-dessus : on est conscients que les victoires génèrent de l’enthousiasme, et les défaites beaucoup moins.

Comment perçois-tu cette équipe toulonnaise actuellement ?

Apparemment, Toulon avait clairement ciblé son dernier match, à domicile contre Oyonnax, comme le moins dangereux sur le papier de cette fin d’année, et avait donc fait pas mal tourner. Le RCT, avec les vacances dues aux uns et aux autres, est dans le même cas que nous. Logiquement, ils ont gardé leurs forces vives lors de la double confrontation face à Bath et ont dû donner des jours de congés obligatoires la semaine dernière.

Toulon va enchaîner deux déplacements consécutifs, à Toulouse et à Brive, et tout porte à croire que c’est l’équipe type qui va effectuer le déplacement à Ernest Wallon. La rencontre sera d’autant plus intéressante à jouer, et c’est en tout cas une très bonne nouvelle pour les spectateurs qui seront présents samedi.

On a l’impression que le RCT fait moins peur cette année, notamment devant ?

C’est un avis qui n’engage que vous. Devant, au regard de la composition du groupe toulonnais, je ne vois pas comment on peut dire que le club est moins bien armé que la saison passée. Leur touche est l’une des plus performantes du Top 14, et s’ils ont connu des revers en mêlée en début de saison, cela va beaucoup mieux depuis quelques semaines. Franchement, il suffit de regarder la qualité de l’effectif toulonnais. C’est une équipe effrayante, avec un casting de très haut niveau. On est dans la situation de se préparer à faire un grand match. Et seul un très bon Toulouse sera susceptible de rivaliser.

Le Stade a prouvé, il y a deux ans contre Toulon et la saison passée face à l’ASM qu’il était capable de mettre les bons ingrédients dans ce genre de rencontres au sommet ?

 

On était au Stadium, avec le petit supplément d’âme que procure cette enceinte. Cette période est spéciale car elle conclue une première partie de saison et on aura une idée assez précise où l’on se situe sans doute après le déplacement à Pau. Sur les chocs que vous évoquez, on a été performants car nous avons été solides sur les points essentiels : la conquête, la défense, qui a besoin de retrouver de l’éclat et de l’efficacité, tout en gardant l’enthousiasme offensif qui nous caractérise depuis le début de la saison. Mais on se rend bien compte que marquer des essais ne suffit pas pour gagner des matchs : il faut qu’il y ait des ingrédients supplémentaires.

Un mot sur David Roumieu, qui va finalement terminer la saison à vos côtés ?

Il est arrivé suite à la conjugaison des blessures de Julien Marchand et Peato Mauvaka, et à l’absence programmée de Leonardo Ghiraldini pour cause de sélection. David s’est comporté comme un joueur d’expérience, qui débarquait dans un effectif assez jeune, et il nous a énormément apporté de ce point de vue.
Son comportement a été exemplaire et agréable, et si nous avons pris la décision de le conserver, c’est également en raison de ses aptitudes à fédérer, à encadrer nos jeunes joueurs. Je rappelle que Julien et Peato n’ont pas dépassé les 22 ans, et on a un peu tendance à l’oublier. Ils ont besoin d’être accompagnés, et David est dans une phase de sa carrière où il peut et a envie de transmettre.
Aujourd’hui dans le rugby, on parle beaucoup de job, de métier, et moins de jeu, de plaisir et d’appartenance à un maillot. C’est une nouvelle génération qui arrive, dans un autre rugby professionnel. Notre sport a changé, mais ce n’est pas pour autant la faute des joueurs : je crois davantage aux déviances du système qu’à la déviance des hommes.  

En six matchs à domicile disputés en Top 14 cette saison, le Stade Toulousain a déjà inscrit 24 essais. Cela représente une très belle moyenne de 4 essais pour chacune des rencontres ayant eu pour cadre Ernest Wallon.



Après être passé par le SU Agen, club avec lequel il aura évolué au sein des catégories Espoirs, Anthony Belleau rejoint le RC Toulon en 2014. Après avoir fait ses gammes en suivant les conseils de la référence Jonny Wilkinson, le jeune ouvreur dispute son premier match avec l’équipe professionnelle le 18 septembre 2016 sur le terrain du Racing 92. Au cours de ses douze apparitions en championnat lors de l’exercice 2016/2017, Anthony Belleau s’illustre en inscrivant le drop de la victoire en demi-finale du Top 14 face à La Rochelle (18-15).

La saison actuelle, marquée par l’arrivée de Fabien Galthié sur le banc toulonnais, permet au natif de Villeneuve-sur-Lot de s’affirmer comme le choix numéro 1 de son équipe à l’ouverture. Belleau est en effet titularisé lors de sept des neuf premières rencontres de championnat auxquelles il prend part. Sa progression lui vaut d’être appelé pour la première fois en équipe de France à l’occasion de la rencontre face à la Nouvelle-Zélande le 11 novembre dernier au Stade de France. Une semaine après ce baptême du feu, le buteur du RCT crève l’écran lors du test-match contre l’Afrique du Sud en ouvrant son compteur essai en sélection sur un exploit personnel. Au regard de la vitesse à laquelle il gravit les échelons, nul doute qu’Anthony Belleau sera un des éléments à surveiller lors du choc de samedi soir au stade Ernest-Wallon.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 42 13 9 0 4 94 6 0
2
La Rochelle 39 13 9 0 4 116 3 0
3
Castres 38 13 8 0 5 49 3 3
4
Racing 92 37 13 8 0 5 69 2 3
5
Toulon 36 13 7 0 6 65 4 4
6
Stade Toulousain 33 13 7 1 5 38 1 2
7
LOU 33 13 7 0 6 36 4 1
8
Bordeaux-Bègles 33 13 7 1 5 34 2 1
9
Pau 31 13 7 0 6 -2 0 3
10
Clermont 30 13 6 1 6 57 2 2
11
Stade Français 22 13 5 0 8 -93 0 2
12
Agen 18 13 4 0 9 -79 0 2
13
CA Brive 15 13 3 1 9 -187 0 1
14
Oyonnax 11 13 1 2 10 -197 0 3






Après sa formidable épopée européenne et la double victoire face aux SaracensClermont a été rattrapé la semaine passée par la réalité du Top 14. Battu à Pau, le champion de France en titre est toujours en dehors des places qualificatives pour les phases finales à l’amorce de la phase retour. Rien n’est bien sûr irrémédiable, mais l’ASM serait inspirée de ne plus gaspiller de points en route.

Depuis la septième journée, Castres a engrangé six succès de rang et s’est positionné dans les hauteurs du classement. Alors que l’aventure européenne du club est quasiment terminée, il va pouvoir concentrer toutes ses forces sur le championnat. La saison dernière, le CO n’avait pas démérité mais était reparti bredouille du stade Michelin (29-19).

 





Vainqueur d’Oyonnax lors de la 12ème journée, Brive s’est en revanche incliné la semaine dernière face à un autre concurrent direct dans la lutte pour le maintien, Agen. Le CAB navigue dangereusement dans la zone rouge et ne compte que trois succès en treize journées, tous acquis à Amédée Domenech.

Deux fois vainqueur de Glasgow lors de la parenthèse européenne, Montpellier a confirmé sa bonne forme du moment en disposant du LOU à domicile pour le compte de la dernière journée. Le MHR présente pour le moment un bilan négatif à l’extérieur dans le Top 14, avec deux succès pour quatre défaites. En 2016-2017, les Héraultais s’étaient inclinés d’un souffle en Corrèze, 25-28.  





Les deux dernières semaines ont jeté un léger trouble sur la première moitié de saison rochelaise. Battu nettement chez les Wasps en Champions Cup, les Maritimes ont enchaîné avec une défaite sur la pelouse de Bordeaux-Bègles. Rien de tout cela ne saurait remettre en cause leur formidable parcours, mais une réaction est aujourd’hui attendue. Au match aller, l’ASR s’était certes imposé à Armandie, mais ne s’était pas promené pour autant (15-20).

Vainqueur de Brive il y a quelques jours, Agen a quitté la zone de relégation, mais sa marge de manœuvre reste bien mince. Le SUA, qui n’a marqué qu’un petit point de bonus défensif en six déplacements, n’aura rien à perdre ce week-end, où il ne partira pas, c’est un euphémisme, avec la faveur des pronostics.  





Equipe surprise du championnat en début de saison, le LOU est depuis rentré dans le rang et reste en championnat sur cinq revers consécutifs, qui l’ont fait sensiblement reculer au classement. Il devient urgent de stopper l’hémorragie, et cette rencontre au Matmut Stadium est peut-être une belle occasion pour cela, même si Lyon a déjà été battu à deux reprises sur ses terres en Top 14.  

Après une période moins favorable, la Section a su rebondir et l’a emporté à trois reprises lors de ses quatre dernières sorties en Top 14. Pau a les places qualificatives en ligne de mire et a déjà prouvé cette saison qu’il pouvait être efficace en déplacement, comme en attestent ses deux succès à l’extérieur. La saison passée, les Béarnais avaient obtenu le point de bonus défensif lors de leur voyage dans le Rhône (défaite 22-27).







Oyonnax a bouclé la phase aller avec une seule victoire au compteur. Lanterne rouge au classement, le promu est déjà décroché et a hypothéqué une partie de ses chances de maintien. Mais avec encore treize rencontres à disputer, l’USO est loin d’être condamnée. Il faut pour inverser la tendance se montrer conquérant à domicile, là où trois défaites et deux nuls ont déjà été concédés.

Après un début de saison mi-figue mi-raisin, le Racing semble avoir trouvé la bonne carburation. Les cinq succès engrangés lors des six dernières journées ont positionné le champion de France 2016 dans le haut du classement alors qu’à l’extérieur, il alterne le bon et le moins bon, comme le prouvent ses deux dernières sorties : défaite chez le Stade Français (17-27) et victoire à Toulon (40-29).







Il est bien difficile jusqu’ici d’analyser la première moitié de saison du Stade Français. Dans les deux compétitions dans lesquelles il est engagé, le club de la capitale a prouvé qu’il était capable du meilleur comme du pire. Battus il y a quelques jours à Castres, les Parisiens restent à portée de fusil de la zone rouge et ne peuvent pas se permettre de galvauder le moindre rendez-vous.

Branché sur courant alternatif, Bordeaux-Bègles peine à enchaîner les résultats positifs. Lors de la dernière journée, les Aquitains ont confirmé que sur un bon jour, ils étaient capables de battre n’importe qui (La Rochelle en l’occurrence).
Jusqu’ici, le parcours de l’UBB à l’extérieur est un handicap certain pour le club, qui compte une victoire pour cinq défaites. La saison précédente, les coéquipiers de Baptiste Serin avaient été sévèrement défaits dans la capitale, 32 à 9.

Lors de la 10ème journée du Top 14 2008-2009, les Toulousains s’imposaient d’un souffle à Ernest Wallon face au RCT, 19 à 18. Florian Fritz, qui signait l’un des deux essais de son équipe, prenait une part prépondérante dans le succès des siens.

Membre de la génération dorée du Stade Toulousain des années 1990, Philippe Carbonneau s’est aujourd’hui reconverti comme entraîneur et homme d’affaires. L’ancien international, capable de jouer demi de mêlée, au centre ou à l’ouverture, évoque sa riche carrière où le maillot rouge et noir a eu une importance particulière.

Tu as joué six ans au Stade entre 1990 et 1996. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Je suis arrivé très jeune, à l’âge de cinq ans. J’ai joué au sein de toutes les catégories de jeunes jusqu’en senior. Lorsque je suis arrivé dans le groupe senior en 1990, j’alternais entre les Espoirs et l’équipe première. J’ai évolué au sein de la génération des années 1980, avec tous les grands noms qui la composaient, avant de passer senior et de jouer à temps plein avec l’équipe première.

Quel est ton plus beau souvenir en tant que joueur ?

Le titre de champion de France en 1994. Je l’ai remporté avec mon frère (Olivier Carbonneau) qui portait le numéro 12 lors de la finale et moi le 13. Il y a eu de nombreux titres gagnés avec différents groupes. Je n’ai pas participé au « quadruplé » (le quatrième Bouclier de Brennus consécutif remporté, en 1996) mais au « triplé » (en 1995). Je me souviens également des deux titres en Reichel en 1990 et 1991.

Tu as été partie prenante de la première épopée européenne du club. Tout le monde se souvient de la finale remportée, mais on croit savoir que le premier match de l’histoire du club, en Roumanie, a également été mémorable ?

Oui, il se déroulait à Constanta. Cela avait été un grand moment. Je ne pense pas que le pays était en guerre mais c’était vraiment le chaos. Nous étions arrivés dans un petit hôtel et nous ne savions pas trop où on allait. C’était notre tout premier match de Coupe d’Europe et on ne connaissait pas l’équipe adverse. Le voyage et le match restent de sacrés souvenirs. Il devait y avoir 250 supporters dans le stade. Nous étions dans une ville que l’on ne connaissait pas, face à une équipe que l’on ne connaissait pas. On partait un peu à l’aventure et cela reste mémorable.

Les joueurs de l’époque mettent énormément en avant l’amitié qui existait au sein du groupe dans ces années-là. C’était quelque chose de fort ?

Oui, c’était quelque chose de très fort. En plus, je suis quelqu’un pour qui cela compte beaucoup. J’ai connu un croisement entre les générations des années 1980 et des années 1990. Lorsque j’étais jeune, nous avions beaucoup de respect pour les « anciens » qui étaient déjà au club. Quand je suis arrivé en équipe première, je faisais partie d’un groupe qui se connaissait depuis quelques années car nous avions évolué ensemble au sein de plusieurs catégories d’équipes jeunes. Mon meilleur ami est Franck Belot avec qui j’ai été champion de France en Reichel et en seniors. Nous avons réussi à percer grâce à la politique du Stade Toulousain, qui comme on le sait, est fortement axée sur la formation. Nous étions donc un « paquet » de jeunes à arriver en même temps et nous nous connaissions vraiment bien. De plus, à l’époque, on s’entraînait souvent contre l’équipe première pendant la semaine. Tous ces éléments réunis créaient une forte amitié.  

Sans tomber dans le fameux « c’était mieux avant », une telle amitié est-elle possible dans le rugby actuel ?

Oui, je pense que cela existe toujours, même si le rugby a beaucoup évolué. Aujourd’hui, il est important qu’il y ait des leaders qui sortent, comme des « anciens », afin d’accompagner les jeunes qui montent. Même s’il y a beaucoup d’étrangers, il faut que le vestiaire arrive à créer une forte amitié. Je pense cependant que les groupes sont quand même assez unis aujourd’hui et que l’amitié est encore présente. Il est vrai que j’ai connu un rugby d’une autre époque. Je me souviens qu’au Stade Toulousain, nous avions des « anciens » qui étaient là pour nous cadrer et nous recadrer si nécessaire. Je ne dis pas que cela ne se faisait qu’au Stade mais c’était vraiment une des forces du club.

Tu as remporté quatre titres majeurs avec le Stade Toulousain (Trois Boucliers de Brennus et une Coupe d’Europe). Le premier a été spécial à tes yeux comme tu l’as dit, que peux-tu dire sur les trois autres ?

Cela a été grandiose. Avant la période que j’ai connue au Stade Toulousain, le dernier titre de champion de France que le club avait remporté était en 1989. Nous avons perdu la finale de 1991 contre Bègles et il y a ensuite eu une ou deux années où le Stade n’a pas décroché de titres, en 1992-1993. A force de persévérance, nous avons fini par été sacrés champion de France en 1994. Le club a par la suite réalisé le « quadruplé » et remporté la Coupe d’Europe en 1996. Nous nous sommes battus et avons « bossés » pour y arriver, cela a été quelque chose de très grand.

Tu as pris part à certains titres du fameux enchaînement de 1994, 1995 et 1996. Quel était le secret de l’équipe pour ne jamais être rassasiée ?

Quand on y goûte une fois, on a envie d’y revenir (rires). La génération précédente nous avait montré la voie car elle avait été championne de France en 1985, en 1986 et en 1989. Le club gagnait beaucoup de titres, c’était dans l’ADN du Stade Toulousain. Nous avons perdu une finale en 1991, bataillé également en 1992 et en 1993 sans être récompensé. Une nouvelle génération est ensuite arrivée pour rejoindre les « anciens » comme je l’ai dit précédemment. Quand on gagne un titre, on a envie d’en remporter à nouveau car le fait de « toucher » le Bouclier de Brennus est quelque chose de grand et de magique pour tout joueur de rugby. La Coupe d’Europe est aussi arrivée et cela a été une source de motivation de pouvoir s’étalonner face aux équipes anglo-saxonnes. Tous ces ingrédients réunis nous ont donné de la force pour remporter tous ces titres.

Tu as quitté le Stade Toulousain en 1996 à seulement 25 ans. Pourquoi ne pas avoir prolongé l’aventure en Rouge et Noir ?

J’avais besoin de jouer à la mêlée et au Stade, ce n’était pas possible à ce moment-là. J’ai donc décidé de partir et cela m’a vraiment fait un pincement au cœur car j’étais un « enfant » du club. J’aurais aimé réaliser toute ma carrière au Stade Toulousain comme l’a fait par exemple Emile Ntamack, qui est également un grand ami. Mais parfois dans la vie, on prend d’autres routes. J’ai fait mes choix seul comme je le fais tout le temps et j’ai assumé ma décision.

Tu as connu 33 sélections avec le XV de France. Quels sont tes souvenirs avec les Bleus ?

C’est une autre étape dans une carrière. Le premier objectif est bien sûr de jouer d’abord en club et c’est quelque chose que l’on nous a inculqué au Stade. De toute manière, c’est le club et les coéquipiers qui aident à franchir les étapes. J’ai eu la chance de jouer au sein de très bons groupes, ce qui m’a permis d’accéder à l’équipe de France. C’est également quelque chose de magique pour un joueur de représenter son pays. J’ai plein de souvenirs avec l’équipe de France, mais mon plus beau est la victoire contre les All Blacks au Stadium de Toulouse (22-15, le 11 novembre 1995). Il y a eu également les Grands Chelems remportés en 1997 et en 1998. Cela a été des moments très forts. Là-aussi, nous avions eu des « modèles » avec les générations précédentes, notamment celle victorieuse du Grand Chelem en 1977, qui a été une équipe très marquante pour moi.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Ils ne sont pas de ma génération mais j’en citerai deux. Tout d’abord, Daniel Santamans, qui a été mon entraîneur pendant de très longues années chez les jeunes et pour qui j’avais un énorme respect. Et ensuite Philippe Rougé-Thomas, qui était mon père spirituel ainsi que celui de mon frère au Stade Toulousain. C’est lui qui nous a aidé à franchir les étapes les unes après les autres.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Tout d’abord mon frère, Olivier Carbonneau, qui a été un modèle puisque c’est l’aîné. Il m’a inspiré par sa lecture du jeu, ses passes… Il y a également Albert Cigagna, qui était un très grand joueur. Christophe Deylaud m’a aussi marqué par sa magie. Et puis enfin les finisseurs, qui faisaient partie du « triangle de derrière », comme David Berty et Emile Ntamack par exemple. Ils m’ont impressionné par leurs qualités.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

Christian Califano et Eric Artiguste. Les deux, lorsqu’ils étaient ensemble, faisaient des choses pas possibles. « Cali », même s’il jouait devant, était toujours avec nous, les trois-quarts, quand on sortait, quand on était dans le vestiaire… Un jour, on mangeait sous la tribune et « Cali » était à l’entrée en-dessous de la conciergerie. On se chambrait et « Cali », énervé, est parti avec sa voiture. Lorsqu’il est arrivé à notre hauteur, avec les trois-quarts nous avons bombardé sa voiture de yaourts, de petits suisses, elle était bien décorée (rires) ! Cela avait été un grand moment.

Le plus râleur ?

Franck Belot, Patrick Soula et Hugues Miorin étaient de grands râleurs. C’était des compétiteurs, je pourrais me citer moi-même également.

Le plus ingérable ?

Mon frère (Olivier Carbonneau). Mais cela ne concerne qu’un seul domaine : le fait qu’il soit tout le temps en retard. Nous allions souvent ensemble aux entraînements et aux rendez-vous avant les matchs et il était vraiment ingérable au niveau des horaires. Nous sommes à l’opposé : moi je suis le « mec » toujours présent à l’heure, voire même avant l’heure, et lui c’est l’inverse.

Parmi toutes les troisièmes mi-temps à fêter les titres de champion de France, laquelle te laisse le souvenir le plus mémorable ?

Je les citerai toutes car à chaque fois, les célébrations au Parc des Princes étaient magiques. J’ai joué là-bas et au Stade de France, mais je préférais cent fois le Parc des Princes car l’ambiance était vraiment « chaude », le public était proche de nous. Ce moment jusqu’à l’arrivée à la Place du Capitole puis ensuite les soirées dans la semaine… Tout était magique.

Après ta carrière, tu es devenu entraîneur à Tarbes avant de rejoindre Lannemezan et plus récemment Brive. Etre entraîneur, est-ce quelque chose que tu avais imaginé ?

J’ai passé mon diplôme premier degré quand je jouais à Dax. Lorsque j’ai quitté Dax, Frédéric Torossian, l’ancien demi de mêlée de Pau, m’a appelé pour me proposer d’entraîner Tarbes. Il m’avait entraîné à Pau et je connaissais ses compétences. J’ai accepté très rapidement. Les premières années ont été un peu dures car il n’est pas simple de passer de joueur à coach du jour au lendemain. J’ai cependant réalisé de belles choses aux côtés de Frédéric (Torossian) et cela m’a donné envie de continuer.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Comme tout le monde le sait, j’étais au club de Brive où j’étais entraîneur des trois-quarts. Je me suis « rapproché » de la marque de vêtements Oliphil que j’ai créée avec mon frère Olivier. Cette marque nous appartient toujours. Nous travaillons notamment sur la possibilité d’ouverture de boutiques et nous allons peut-être créer une ligne pour les clubs de rugby ou les entreprises. Nous sommes donc sur une mission de développement de la marque.

Le mot de la fin ?

Je souhaite adresser un grand merci au Stade Toulousain, à toutes les générations que j’ai connues et notamment à la génération 71. Ils se reconnaîtront (rires).