Le principal trait de mon caractère
Généreux


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
La franchise


Mon principal défaut
Je ne sais pas dire non


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
La fidélité


Mon occupation préférée
Les promenades en forêt


Mon rêve de bonheur
Voir mes proches en bonne santé


Quel serait mon plus grand malheur ?
Je ne préfère pas y penser


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Filou, mon Jack Russel


Le pays où j'aimerais vivre
L’Australie


Un héros dans la fiction
OSS 117


Un héros dans la vie réelle
Ma femme et mon fils


Mes héros dans l’histoire
Jean Moulin


Ce que je déteste le plus
Le manque d’ouverture d’esprit


Personnage historique que je déteste le plus
Staline


Le don de la nature que je voudrais avoir
Le feu


Comment j'aimerais mourir
Dans mon sommeil


Mon état d’esprit actuel
Conquérant


Ma devise
Seul le travail paye

Pour leur deuxième match à domicile de la saison, les Toulousains, longtemps accrochés, prenaient finalement le meilleur sur l’UBB.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Bordeaux-Bègles 22 à 17 (mi-temps : 9-9)
Beau temps ; belle pelouse. 12 356 spectateurs. Arbitrage de M. Ruiz (Languedoc)

Pour le Stade Toulousain : 1 essai de Marchand (68) ; 1 transformation et 5 pénalités (15, 26, 33, 50, 56) de Bezy
Vaincus : 1 essai de Buttin (72) ; 4 pénalités de Beauxis (2, 10) et Madigan (40, 46)

Evolution du score : 0-3, 0-6, 3-6, 6-6, 9-6, 9-9/9-12, 12-12, 15-12, 22-12, 22-17

Stade Toulousain : Huget ; Perez, Fritz (Guitoune, 76), Fickou, Palisson (o) Doussain, (m) S. Bezy (Marques, 69) ; Faasalele (T. Gray, 52), T. Gray (Galan, 52), Dusautoir (cap., Tekori, 69) ; R. Gray, Maestri (Lamboley, 64) ; Van Dyk (Aldegheri, 39), Ghiraldini (Marchand, 52), Steenkamp (Baille, 52)

UBB : Buttin ; Cros (Vakacegu, 69), Spence, Rey, Connor (o) Beauxis (Madigan, 32), (m) Serin (cap.) (Audy, 76) ; Chalmers (Tauleigne, 64), Goujon, Braid ; Cazeaux (Aliouat, 57), Jones ; M. Clerc (Cobilas, 46), Chambord (Auzqui, 30), Poirot (S. Taofifenua, 52)
Carton jaune : Braid (25, plaquage dangereux)

 Après avoir battu Montpellier, déjà à Ernest Wallon, pour le compte de la journée inaugurale du Top 14 2016-2017, les Toulousains remettaient le couvert une semaine plus tard, toujours à domicile. C’était cette fois Bordeaux-Bègles qui venait défier les Rouge et Noir, un an après avoir obtenu le partage des points (13-13) dans la Ville Rose.
Le début de rencontre n’incitait guère à l’optimisme. En l’espace de quelques minutes, les Stadistes perdaient une touche et se mettaient deux fois à la faute. Très rapidement, les Aquitains prenaient une petite avance (6-0) et donnaient du fil à retordre jusqu’à la pause. Une pause atteinte sur un score de parité, ce dont les locaux ne pouvaient se plaindre. Car sans les échecs successifs au pied de Beauxis, Serin et Madigan, les Bordelais auraient nettement mené au tableau d’affichage.

 Plus tranchants, plus efficaces en mêlée, les hommes d’Ugo Mola affichaient une bien meilleure maîtrise au retour des vestiaires. Leur jeu de mouvement, tel un travail de sape, finissait par éprouver les organismes adverses. Des espaces s’ouvraient peu à peu, les occasions se succédaient, et c’est finalement Marchand, à la conclusion d’une pénal’touche, qui inscrivait l’essai de la délivrance, à dix minutes du coup de sifflet final.

Si l’UBB, par l’intermédiaire de Buttin, marquait à son tour quelques secondes plus tard, cela restait sans incidence, et les Rouge et Noir ne connaissaient pas de frayeurs majeures jusqu’au dénouement.

« On enchaîne une deuxième victoire et même si la manière n'y était pas, c'est bien pour la confiance. Il y a des choses à revoir, notamment notre entame de match qui a été très mauvaise. Il reste des réglages mais c'est le début de la saison et c'est un peu normal. Il faudra surtout veiller à mettre plus d'alternance dans notre jeu lors de nos prochaines sorties, » analysait lucidement Gaël Fickou après cette victoire au forceps.

Arrivé à l’intersaison en provenance de La Rochelle, l’ouvreur australien Zack Holmes réalise un excellent début de saison avec les Rouge et Noir. Retour sur le parcours d’un joueur au profil taillé pour le jeu toulousain.

C’est l’un des principaux artisans du très bon début de saison stadiste, un ambassadeur idéal de la philosophie « jeu de mains, jeu de toulousains ». Son nom : Zack Holmes. Le demi d’ouverture australien, arrivé cette saison dans les rangs des Rouge et Noir, est un joueur rapide et explosif, doté d’une certaine capacité à franchir les lignes défensives : un véritable attaquant dans l’âme. Ses qualités, combinées à son excellente lecture du jeu, lui ont permis de devenir le maître à jouer de ses précédents clubs.

A 27 ans, le natif de Perth possède une solide expérience du haut niveau. Grâce à son père néo-zélandais, qui évoluait au poste d’ouvreur pour la province de Waikato, Zack Holmes découvre le rugby à l’âge de 7 ans, avant de faire ses armes au sein du Super Rugby. De 2011 à 2015, il défend les couleurs de deux formations participant à la compétition australe, les Brumbies puis la Western Province, et effectue plusieurs apparitions dans le circuit mondial de Rugby à VII.  

A l’issue de ces quatre saisons dans l’hémisphère Sud, le joueur australien réalise le grand saut en rejoignant le Stade Rochelais. Une première expérience dans l’Hexagone que Zack a apprécié :


« Je garde de très bons souvenirs de La Rochelle, » confie-t-il. « Les dirigeants de ce club m’ont offert une opportunité lorsque ma carrière n’évoluait pas vraiment, je leur en serai toujours reconnaissant. La saison dernière (2016/2017) a été assez spéciale car nous avons atteint les phases finales du Top 14 et été très proche d’atteindre la finale, ce fut également le cas en Challenge Cup. C’était la première fois que le club réussissait de telles performances. L’atmosphère là-bas était fantastique et il y a des personnes avec lesquelles je suis resté très proche. »

Le natif de Perth réalise une première saison pleine en Charente-Maritime, au cours de laquelle il s’affirme comme un buteur de référence et démontre ainsi sa polyvalence. A l’issue de ses 25 matchs disputés avec les Jaune et Noir en Top 14 (incluant 23 titularisations), il termine l’exercice 2015/2016 au deuxième rang des meilleurs réalisateurs du championnat, avec 254 points inscrits au pied.
La suite de son aventure rochelaise sera cependant plus délicate. Si le néo-Toulousain prend part au formidable parcours des Maritimes la saison dernière, marqué par une place de leader au classement du Top 14 au terme de la phase régulière, l’arrivée de Brock James au sein de l’effectif rochelais change la donne. La venue de son compatriote réduit en effet son temps de jeu à l’ouverture, son poste de prédilection, et l’oblige à évoluer au centre et à l’arrière. Ce contexte, associé à quelques blessures (Holmes dispute 16 rencontres de Top 14 lors de la saison 2016/2017, soit dix de moins qu’au cours de la saison précédente), freine la progression de l’ancien joueur des Brumbies et ouvre la porte à un départ. 


Zack Holmes choisit alors de rejoindre le Stade Toulousain, séduit par le projet rouge et noir à un moment important de sa carrière :

« J’ai pris la décision de rejoindre le Stade lorsque j’ai senti que mon rugby était prêt pour cela et pour progresser lors des trois prochaines années, » confiait-t-il à son arrivée dans la Ville Rose en juillet dernier. « Le Stade Toulousain est l’un des plus grands clubs en Europe. Pour moi, le challenge de jouer ici pourrait être le point culminant de ma carrière. Ce nouveau chapitre à Toulouse arrive à mes 27 ans, j’ai encore certainement six ou sept années à évoluer au plus haut niveau et je suis sans doute actuellement proche de la meilleure partie de ma carrière. J’avais envie de jouer dans une grande équipe, le Stade Toulousain comporte de nombreux internationaux et une histoire riche. C’est très excitant pour moi de faire partie de ce projet et j’espère avoir du succès ici. »

L’ouvreur australien a su se montrer à son avantage dès ses premières rencontres sous le maillot toulousain. En cinq rencontres disputées cette saison avec les Rouge et Noir, il a inscrit deux essais, lors des victoires sur le terrain de Brive (19-22) et face à Clermont au stade Ernest-Wallon (28-18). Deux actions au cours desquelles le public a pu admirer les qualités de vitesse et d’évitement de l’ancien rochelais. Avec ce total, Zack Holmes égale déjà son nombre d’essais inscrits lors de ses deux saisons avec La Rochelle (un par saison). Au-delà de ses performances individuelles, la complicité du natif de Perth avec une autre recrue stadiste, le demi de mêlée international tricolore Antoine Dupont, a marqué les esprits en ce début de la saison. La nouvelle charnière toulousaine a notamment démontré toute son efficacité lors de la victoire à domicile face au champion de France en titre clermontois.

En effet, c’est ce duo qui a inscrit l’ensemble des essais stadistes au cours de ce match comptant pour la 7ème journée de Top 14 : deux pour Dupont, un pour Holmes. Pour certains observateurs avisés du club rouge et noir, ces deux joueurs amènent une nouvelle étincelle au jeu toulousain :

« Ils ont des qualités qu'on n'avait plus l'habitude de voir à Toulouse à ces postes, » affirme l’ancien ailier international toulousain Erik Bonneval« Dupont, c'est une machine, une bombe nucléaire. Holmes, lui, aime attaquer la ligne. Il apporte ce qu'apportait Luke McAlister lorsqu'il était à son meilleur niveau à Toulouse. Il est capable de franchir avant de donner intérieur ou extérieur. Or, quand tu veux proposer du jeu, c'est mieux d'avoir un 10 qui sème le doute chez l'adversaire dès sa prise de balle. »

Un point de vue partagé par Yann Delaigue, pour qui le rugby pratiqué par Zack Holmes, basé sur des prises d’initiatives et des qualités techniques, s’accorde idéalement au sein de l’échiquier rouge et noir :

« Il a ce côté instinctif qui avait disparu au Stade ces dernières saisons, » explique l'ancien ouvreur international, présent dans l’effectif rouge et noir entre 1997 et 2004. « Quand tu as des puncheurs comme Huget, Médard, Kolbe, Ramos, Bonneval, Fickou, Fritz ou David sur la ligne d'attaque, tu as besoin d'un créateur qui saura leur ouvrir des brèches. »

Une statistique confirme l’hyperactivité de l’Australien dans le jeu toulousain depuis l’entame du championnat : avant la victoire face à Clermont le 8 octobre dernier, Zack Holmes était l’ouvreur du Top 14 ayant parcouru la plus longue distance ballon en main (276 m) en quatre rencontres officielles disputées. A charge pour lui de confirmer ses récentes performances.  

Sur les cinq derniers duels entre le Stade Toulousain et Bordeaux-Bègles, la moyenne d’écart entre les deux équipes est plus que ténue, puisqu’elle s’élève à 2 points. Un chiffre qui annonce peut-être une rencontre acharnée ce samedi à Ernest Wallon.

Sans avoir réalisé un recrutement clinquant, l’UBB réalise un début de saison convaincant. Grâce à la science de son nouveau staff, le club girondin a démontré que les capacités ne manquent pas au sein de son effectif.

Plus de deux mois après le coup d’envoi du Top 14, le pari de la discrétion tenté à l’intersaison par les dirigeants bordelais s’avère pour le moment payant. Avant le début des hostilités en championnat, le président de l’Union Bordeaux-Bègles Laurent Marti se félicitait d’avoir conservé de précieux atouts de son effectif, malgré les départs de Ian Madigan et d’Adam Ashley-Cooper : « Notre meilleur recrutement, c’est quand même d’avoir su garder nos cinq internationaux, non ? » précisait-t-il en faisant référence à Baptiste Serin, Loann Goujon, Clément Maynadier, Julien Rey et Jefferson Poirot.

Au-delà de cette stabilité, le recrutement opéré par l’UBB, s’il n’a pas entraîné l’arrivée de noms ronflants, pourrait être qualifié de « ciblé ». En effet, de nombreuses recrues viennent de Pro D2 et sont en mesure d’être très efficaces dans l’élite du rugby hexagonal. Le club girondin a ainsi attiré dans ses rangs des joueurs aptes à s’imposer dans les chocs, à l’image du talonneur Adrien Pelissié (arrivé d’Aurillac), du centre Apisai Naqalevu (ex-Dax), du troisième ligne Mahamadou Diaby (ex-Grenoble) et du deuxième ligne Pierre Gayraud (ex-Bayonne). En plus de ces renforts, les dirigeants girondins ont décidé de miser sur de jeunes talents tricolores en devenir, en témoigne la présence des recrues Alexandre Roumat, Nathan Decron et Florian Dufour au sein de l’effectif.



Une recomposition du staff bordelais est également à signaler puisque Jacques Brunel est cette année entouré de deux nouveaux assistants anglo-saxons. Il s’agit de l’Irlandais Jeremy Davidson, arrivé en provenance d’Aurillac et en charge des avants, et de l’Anglais Rory Teague, ancien membre de l’encadrement du XV de la Rose, responsable des trois-quarts. Ce trio a déjà convaincu au sein de l’équipe, comme le confirment les propos de l’arrière de l’UBB, Nans Ducuing :

« Jacques supervise et synthétise le travail de ses adjoints qui nous ont fait découvrir un nouveau système de jeu et de nouvelles combinaisons, tout cela a apporté une précision qui nous faisait un peu défaut par le passé ».

Le travail effectué porte déjà ses fruits puisque les Bordelais réalisent un début de saison de qualité, avec une sixième place ex-æquo (avec La Rochelle) en Top 14 après sept journées. Le club affiche un bilan de cinq victoires pour trois défaites. Parmi les succès girondins, celui à domicile face à Montpellier lors de la 5ème journée (47-17), a marqué les esprits. Ce jour-là, en infligeant sa première défaite de la saison au MHR, à l’époque leader du championnat, l’UBB est pleinement parvenue à mettre en place le rugby offensif auquel elle aspire cette année. Les Bordelais enchaînaient les passes debout avec des soutiens proches, afin de trouver le « offload » (passe rapide sur un plaquage) qui fait la différence. A l’issue du match, Jacques Brunel était satisfait du visage affiché par son équipe :

« Aujourd’hui, nous avons vu le jeu que l’on veut pratiquer, c’est une certitude, » confiait le manager girondin. « C’est dans cet esprit que l’on travaille. Mais il y a toujours une question de réussite, nous avions la confiance, nous n’avons pas fait tomber le ballon et nous avons su garder le tempo. » Un sentiment positif partagé par Nans Ducuing : « Collectivement, tout a bien marché, nous avons réussi à déplacer nos adversaires pour ne pas tomber dans le panneau d’un jeu frontal et puissant ».

Lors de la septième journée face à Toulon, un autre poids lourd du championnat, les Grenats ont également trouvé la parade pour pouvoir l’emporter devant leur public (30-27) grâce notamment à un doublé du centre Jean-Baptiste Dubié. Ce jour-là, les Bordelais ont réussi à remonter un handicap de quinze points et se sont illustrés en inscrivant en fin de rencontre deux essais en trois minutes sur des actions lumineuses. Deux séquences au grand large où les Girondins se livraient pleinement à la puissante défense toulonnaise. Une stratégie à l’opposé de celle dévoilée face à Montpellier, comme l’expliquait le manager Jacques Brunel après la rencontre :

« Nous voulions les prendre sur les largeurs et ils nous attendaient là-dessus, » avouait l’ancien entraîneur de la sélection italienne. « Mais au niveau de l’intensité, nous n’étions pas performants. Alors, nous avons changé la donne en deuxième mi-temps, nous avons été plus agressifs à l’impact et nous avons recentré certaines choses. Nos avants n’étaient pas assez recentrés, nous avons compris qu’il fallait les défier dans le même intervalle, autour de Loann Goujon notamment. Quand il rentre et qu’il a du soutien, nous savions que ça pouvait passer. »

Avec l’efficacité de ce plan de jeu, l’UBB a démontré que sa palette était complète et qu’elle était parfaitement capable d’adapter son rugby à son adversaire du jour. Les Toulousains ont donc de bonnes raisons de prendre au sérieux la réception de cette équipe à l’occasion de la neuvième journée de Top 14.

POINTUD 1
MARCHAND 2
ALDEGHERI 3
VERHAEGHE 4
MAESTRI 5
AXTENS 6
GRAY 7
GALAN 8
BEZY 9
HOLMES 10
GUITOUNE 11
FICKOU 12
DAVID 13
KOLBE 14
RAMOS 15
remplaçants
GHIRALDINI
CASTETS
TEKORI
CROS
MADAULE
FRITZ
MJEKEVU
VAN DYK

Pour sa troisième saison sous les couleurs de l’Union Bordeaux-Bègles, Jean-Baptiste Dubié réalise un début de saison prometteur au sein d’une équipe qui ne manque pas d’ambitions. Le trois-quarts centre de 27 ans se confie sur son parcours dont la progression est constante. 

Pour évoquer l’actualité récente de l’UBB, vous restez sur une défaite sur la pelouse du Racing 92 (29-13). Cela n’a évidemment rien de déshonorant, mais pourtant, cela semble être une défaite qui doit vous laisser des regrets ?

Oui, c’est le cas, car nous avons réussi une bonne première mi-temps et nous maîtrisions notre sujet face au Racing 92, qui évoluait sur son terrain. C’est bien sûr très positif. Au début de la seconde période, nous confirmons par un essai assez bien construit. En revanche, cela a été ensuite un peu la débandade… Beaucoup d’erreurs, de mauvais choix, et nous avons réellement manqué de caractère pour pouvoir renverser un peu cette pression que nous nous étions mise en étant en surnombre, puisque les Racingmen avaient reçu un carton rouge. C’est cela qui est négatif et qui nous donne beaucoup de regrets. 
Personnellement, j’ai passé des examens car j’ai été touché au cours du match, et il n’y a rien de méchant. J’ai une contracture au trapèze et au cou, mais cela aurait pu être plus grave. 

C’est la deuxième fois cette saison, après le match à Castres (défaite 33-19, 2ème journée), que vous menez à la pause avant de connaître une deuxième période défavorable. Comment justifies-tu les deux visages montrés par l’équipe au cours d’une même rencontre ?

C’est quelque chose que nous avions réussi à gommer depuis ce match contre Castres, mais nous sommes un peu retombés dans nos travers ce week-end. Cela arrive, c’est une piqûre de rappel. C’est négatif bien sûr, et il va donc falloir travailler à nouveau pour corriger ce passage à vide. Nous avons manqué d’intelligence, de caractère et de maîtrise de jeu. C’est ce qui nous avait fait défaut à Castres et c’est encore ce qui est arrivé face au Racing 92.

L’UBB est actuellement sixième au classement, avec cinq victoires et trois défaites. On n’en est évidemment pas à l’heure des bilans, mais comment analyses-tu globalement le début de saison de ton équipe ?

Le début est positif car nous avons quand même réussi à renverser les « gros » chez nous, des équipes qui sont capables de faire des résultats à l’extérieur, comme Toulon, Clermont ou encore Montpellier. Nous avons eu plus de difficultés à l’extérieur, même si cela revenait un peu mieux après des matchs comme celui à Oyonnax (victoire 9-39). C’est sur cela que nous devons travailler et progresser afin d’arriver à maintenir ce classement sur les deux tableaux (Top 14 et Challenge Cup).  

Bordeaux-Bègles s’est effectivement déjà bâti cette saison une solide réputation de « coupeur de têtes », avec des victoires de prestige sur Toulon, Clermont ou Montpellier. Etre capable de battre les plus forts, est-ce bon pour la confiance ?

Oui, c’est évident ! Mais même si cette première mi-temps face au Racing 92 est bonne pour les têtes, nous sommes aussi capables d’être très fébriles et de baisser un peu les bras en deuxième mi-temps. Nous laissons ainsi des points en route. C’est cela qui est un peu malheureux sur ce dernier match. 

Le Stade et l’UBB ont un point en commun : une saison 2016-2017 à oublier… Cela a-t-il été difficile de repartir sur de nouvelles et bonnes bases cette saison ?

Oui et non. Il faut évidemment parvenir à oublier que nous avons terminé onzièmes à l’issue de la saison régulière 2016-2017. Il y a eu ensuite un renouvellement du staff, avec de nouveaux membres, de nouveaux coachs… Cela nous a aussi permis de voir autre chose, une nouvelle façon de s’entraîner, avec d’autres mecs. Cela permet d’avancer et d’aller de l’avant au lieu de penser à la saison passée. A ce niveau, cela nous a vraiment aidé. 

Ces nombreuses arrivées à l’intersaison, au niveau des joueurs et des entraîneurs, signifient-t-elles que le club est encore en rodage et qu’il dispose d’une belle marge de progression ? 

Au vu de nos résultats et de nos erreurs, il est certain que nous avons une marge de progression. Mais nous ne pouvons pas nous dire que nous sommes en rodage car nous avons quand même bien avancé dans cette saison. Nous ne pouvons pas nous cacher derrière cela. 

Tu as (re)découvert le Top 14 un peu sur le tard, il y a seulement trois saisons. Depuis, la progression semble régulière de ta part. Partages-tu cette analyse ?

J’ai effectué mes premiers pas en  Top 14 avec Mont-de-Marsan, à 19 ans. J’ai réalisé une saison entière il y a cinq ans au cours de laquelle je n’avais pas raté un seul match.  J’en avais sûrement disputé vingt-six (N.D.L.R : 23 matchs de Top 14 disputés en réalité, lors de la saison 2012/2013). Je suis aujourd’hui dans une équipe avec des ambitions différentes de celles que Mont-de-Marsan avait à l’époque.

Je connaissais suffisamment le niveau pour pouvoir me préparer en conséquence. 
C’est maintenant ma troisième saison en Top 14 avec l’UBB. Ce qui me caractérise un peu, c’est que je n’ai jamais brûlé les étapes, j’ai toujours progressé « step by step ». Ma progression a peut-être été lente en comparaison avec d’autres joueurs de ma génération, mais j’évolue d’année en année. La saison passée, j’ai été convoqué pour un stage à Granville avec l’équipe de France, j’ai participé à une tournée avec les Barbarians… Ce n’est que du positif et cela montre que je progresse d’une saison sur l’autre.    

En ce début de saison, tu as en tout cas déjà marqué à cinq reprises, alors que tu restais sur un seul essai marqué en deux ans. Est-ce le signe que tu as franchi un cap ?

Peut-être. C’est aussi lié à une question de confiance et d’adaptation. Le fait d’être entouré de joueurs que je connais bien m’aide davantage à cibler leurs points forts. Je peux ainsi m’appuyer sur eux pour pouvoir finir des actions par exemple, même si je préfère la création à la finition. Il est vrai que cette année, cela se passe plutôt mieux que les précédentes.        

Tu as l’avantage de la polyvalence, puisque tu peux évoluer au centre ou à l’aile. C’est une question que l’on doit avoir l’habitude de te poser, mais à quel poste va ta préférence ? 

Je préfère jouer au poste de deuxième centre, mais je prends aussi énormément de plaisir à jouer à l’aile. C’est un poste complètement différent de celui de 13. Cela ne me dérange pas d’alterner selon les besoins de l’équipe. Je peux ainsi éventuellement dépanner à l’aile, où j’arrive aussi à prendre du plaisir. 

A côté du Top 14, vous disputez également une compétition européenne, la Challenge Cup. Quels sont les objectifs de l’UBB dans une compétition que tous les clubs ne disputent pas à fond ?

Nous voulons justement la disputer à 100% et aller le plus loin possible. Nous avions bien commencé en allant gagner en Russie (victoire contre Enisei-STM, 17-57) et avons ensuite connu un faux pas à domicile contre Newcastle, avec une défaite d’un point (20-21). Ce n’est pas non plus la fin de l’aventure pour nous car la compétition est rude et nous avons quand même réussi à prendre un point de bonus défensif sur la dernière rencontre. Il faudra forcément réaliser un résultat à l’extérieur, où ce ne sera pas impossible d’aller chercher des points.  

La saison dernière, tu as connu deux sélections avec les Barbarians ! Un bon souvenir ?

Oui, je garde un très bon souvenir de cette tournée en Afrique du Sud. Nous avions un groupe fantastique avec des joueurs vraiment géniaux. Nous n’avons malheureusement pas été récompensés par une victoire sur les deux matchs qui ont été accrochés. Malgré le peu d’entraînement que nous avons eu, nous avons réussi à faire quelque chose de vraiment sympa. C’était une belle expérience.   

Et l’équipe de France ? Elle représente un rêve pour tout joueur de rugby… Y penses-tu ? 

Oui, elle est un peu dans un coin de ma tête. Après l’annonce des listes pour l’équipe de France et les Barbarians Français (le 25 octobre), j’étais assez déçu de n’avoir été appelé dans aucune des deux. J’y pensais, mais je suis maintenant passé à autre chose.

De toute façon, pour atteindre cet objectif, je dois être performant lors de mes prestations en club, sur lesquelles je me focalise entièrement.       

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la 9ème journée de championnat, dans quel état d’esprit aborderez-vous ce match ?

Nous abordons cette rencontre dans un état d’esprit revanchard par rapport à la deuxième mi-temps plus que moyenne que nous avons réalisée contre le Racing 92 le week-end dernier. Il va falloir que nous ayons une réaction par rapport à cela. Nous y allons aussi en se préparant au combat car le Stade Toulousain est vraiment costaud à domicile et est en train de retrouver son niveau. Toulouse reste Toulouse. Le match face au Stade va être rude et compliqué. Ce sera un gros test dans notre saison, juste avant la trêve internationale.

Comment perçois-tu le Stade Toulousain aujourd’hui ?

Le Stade réalise un bon début de saison et fait de gros résultats à domicile, en marquant beaucoup d’essais. On retrouve un peu le Stade Toulousain que l’on a connu par le passé, avec du jeu debout, du mouvement. Il y a des joueurs qui sont vraiment en forme. L’équipe semble en confiance malgré la défaite lors du dernier match, mais beaucoup d’équipes repartiront avec zéro point de La Rochelle. Et sur cette rencontre, les Toulousains ne méritent pas de repartir bredouilles. Ce Stade Toulousain va être revanchard par rapport à sa saison passée, où il a été déçu de ne pas s’être qualifié pour les phases finales du championnat.

Durant sa carrière stadiste, Yves Donguy a inscrit 25 essais chez les professionnels. Et c’est précisément face à l’UBB, lors de la saison 2012-2013, que l’ailier a passé pour la dernière fois l’en-but adverse sous les couleurs toulousaines.


Quand il pose ses valises à Bordeaux-Bègles, en juillet 2015, Nans Ducuing n’a qu’une expérience limitée du haut niveau. Formé à Lannemezan, le joueur n’a dans les jambes qu’une saison à Perpignan, en Pro D2, où il a pris part à 11 rencontres. Sans brûler les étapes, sa progression a depuis été régulière, jusqu’à connaître un certain emballement ces derniers mois.

L’exercice 2016-2017 a en effet été celui de la confirmation pour Ducuing. Celui qui n’a jamais connu de sélections dans les différentes catégories de jeunes a été appelé par Guy Novès pour la tournée estivale en Afrique du Sud. Une juste récompense au vu de la qualité de ses performances sous le maillot grenat.
Membre de la liste Elite, il a conservé depuis cette (bonne) dynamique : titularisé six fois en sept matchs avec Bordeaux-Bègles en Top 14, Ducuing, qui a disputé son premier match au plus haut niveau en août 2015, est aujourd’hui lancé.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
LOU 32 8 7 0 1 118 4 0
2
Montpellier 28 8 6 0 2 97 4 0
3
La Rochelle 26 8 6 0 2 96 2 0
4
Toulon 24 8 5 0 3 27 2 2
5
Stade Toulousain 24 8 5 1 2 53 1 1
6
Bordeaux-Bègles 22 8 5 0 3 25 2 0
7
Racing 92 20 8 4 0 4 35 1 3
8
Pau 18 8 4 0 4 1 0 2
9
Castres 17 8 3 0 5 -13 2 3
10
Clermont 17 8 4 0 4 32 1 0
11
Stade Français 13 8 3 0 5 -68 0 1
12
Oyonnax 7 8 1 1 6 -153 0 1
13
Agen 6 8 1 0 7 -92 0 2
14
CA Brive 5 8 1 0 7 -158 0 1






Avec une seule victoire en huit journées, l’avenir agenais en Top 14 apparaît déjà fort compromis. Seul le Racing a permis au club, lors d’une rencontre disputée à Armandie pour le compte de la 2ème journée, de connaître une issue favorable. Il va sans dire que malgré le pedigree de son adversaire du week-end, un sursaut semble déjà indispensable pour le SUA.

Après une campagne européenne plutôt réussie et deux succès en autant de matchs, le RCT a confirmé la semaine passée face à Brive. Pour tenter de conserver cette dynamique, Toulon doit maintenant tenter d’engranger une deuxième performance positive en déplacement, après le succès ramené du Stade Français à la fin du mois de septembre.





Brive a enfin connu le parfum de la victoire lors de la septième journée, avec un succès au forceps devant Castres (27-22). Mais depuis, le CAB s’est incliné à Toulon et reste bloqué dans les profondeurs du classement, à un rang bien éloigné de ses prétentions initiales. La saison passée, à Amédée Domenech, les Noir et Blanc avaient pris le meilleur sur leurs adversaires du jour, 28 à 20.

Après une entame européenne catastrophique, le Stade Français n’a pas été capable d’inverser la tendance lors de la journée précédente, qui lui offrait il est vrai un délicat déplacement chez le champion en titre clermontois.
Depuis le coup d’envoi de la saison, le parcours de l’équipe parisienne reste énigmatique, avec des contre-performances accompagnées de victoires de prestige, comme face à La Rochelle (35-24) et Montpellier (31-20).





Si les deux rencontres de Challenge Cup disputées par le LOU ont été mitigées, il est clair que cette compétition n’est pas une priorité absolue pour le club. En championnat, en revanche, tout va bien pour les Rhodaniens, vainqueurs le week-end précédent d’Oyonnax, pour un bilan provisoire en Top 14 de 7 victoires en huit matchs. A ce rythme-là, les coéquipiers d’Alexis Palisson ne pourront pas avancer masqués bien longtemps.

La forme rochelais est absolument étincelante en ce moment, et rien ne semble pouvoir résister aux hommes de Patrice Collazo. Le parcours en Champions Cup, la première de l’histoire du club, est pour le moment parfait avec deux succès bonifiés. Et le retour en Top 14 s’est traduit par une victoire face au Stade Toulousain.
Attention toutefois, car en fin de saison passée, les Maritimes s’étaient inclinés au Matmut Stadium, 29-25.





Montpellier, après trois défaites de rang, a bien réagi en s’imposant sur la pelouse de Pau la semaine passée. Aujourd’hui, si le futur du club en Champions Cup semble bien incertain, il occupe seul la deuxième place au classement du championnat.
Les Héraultais peuvent s’appuyer sur des statistiques en championnat absolument imparables à domiciles, avec quatre succès bonifiés en autant d’apparitions sur la pelouse de l’Altrad Stadium.

Depuis sa défaite à Ernest Wallon face au Stade Toulousain, Clermont a réagi de la meilleure des manières en s’imposant trois fois consécutivement. Pour confirmer cette embellie, l’ASM doit maintenant exporter ces belles prestations en déplacement. Or jusqu’ici, en Top 14, les Jaunards présentent un bilan provisoire inquiétant, avec… zéro point marqué en quatre rencontres.







Pour Oyonnax, l’heure est sans doute à la mobilisation générale. Le parcours en Challenge Cup semble en effet mal engagé, alors qu’en Top 14, le club n’a pu amasser qu’une victoire et un nul depuis le début de la compétition.
L’USO, qui navigue pour le moment juste au-dessus de la zone rouge, doit à tout prix reprendre la main à domicile, où elle a déjà chuté face à Pau (16-19) et Bordeaux-Bègles (9-39).

 

Castres a pu mettre à profit la réception d’Agen il y a quelques jours pour repartir de l’avant, après trois défaites de rang. Mais aujourd’hui, avec une qualification pour les quarts de finale hypothéquée et une place en milieu de tableau en Top 14, le CO ne semble pas dans une dynamique globale favorable.
A l’extérieur, les Castrais sont pour le moment friables, avec quatre revers en quatre rendez-vous et deux petits points de bonus amassés.







Le Racing 92, qui a connu un début européen mi-figue mi-raisin, reste en championnat sur une victoire face à Bordeaux-Bègles. Une victoire pour le moins bienvenue, car avant cela, le club des Hauts-de-Seine s’était incliné trois fois d’affilée. Cette deuxième rencontre à domicile en l’espace d’une semaine est en tout cas une opportunité pour les Ciel et Blanc de se rapprocher des premières places et d’enclencher une spirale positive.

Pau, à la surprise générale, s’était incliné à domicile devant le Stade Français pour le compte de la sixième journée, et n’a pas su relever la tête il y a quelques jours. Après deux succès en Challenge Cup, le club béarnais a en effet chuté à domicile face à Montpellier, pour ce qui constitue déjà sa deuxième contre-performance de la saison au Hameau.
Il y a quelques mois, à la fin du dernier exercice, la Section était passé tout près d’un exploit retentissant à Colombes, en s’inclinant de justesse 34 à 32.

Pour son retour en Top 14 après de longues années d’absence, Bordeaux-Bègles souffre énormément à Ernest Wallon lors de la 8ème journée de la compétition. Battus 56-6, les Aquitains encaissent 7 essais, dont un triplé de Matanavou.

Arrivé remplaçant d’un certain Albert Cigagna, Sylvain DIspagne a su, au fil des années, se faire sa place au sein de l’effectif rouge et noir. Il évoque ses souvenirs au cœur de la Ville Rose.

Tu as joué sept ans au Stade entre 1995 et 2002. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Le Stade Toulousain était à la recherche d’un numéro 8 car Albert Cigagna avait arrêté sa carrière. J’ai côtoyé dans ma jeunesse, notamment au sport-études de Jolimont, des garçons comme Hugues Miorin, Emile Ntamack, Michel Marfaing, avec qui j’étais ami. Cela correspond à la génération des années 90 du Stade. Le Stade Toulousain, avec René Bouscatel et Jean-Marie Cadieu, est venu me chercher à Narbonne. Tout s’est fait naturellement, en plus professionnellement je travaillais déjà sur Toulouse.

Tu es arrivé au Stade Toulousain à 27 ans, après avoir joué à Perpignan et à Narbonne. Pourquoi as-tu choisi de rejoindre la Ville Rose ?

Naturellement, puis pour deux choses : j’avais beaucoup de copains qui jouaient déjà au Stade et puis dans les années 90, si on voulait être champions de France, en signant au Stade Toulousain, on avait une chance sur deux de l’être. J’ai donc lié l’utile à l’agréable. De plus, je suis Ariègeois et le Stade Toulousain reste quand même important pour ces gens-là ! Il y a toujours eu une tradition d’Ariégeois au Stade.

Tu as numériquement remplacé un grand joueur du Stade Toulousain, Albert Cigagna. Comment s’est déroulée la succession ? Etait-ce une pression supplémentaire ?

Une pression supplémentaire oui, mais ce n’était pas lié au fait de remplacer Albert puisqu’il n’a jamais été remplacé et il est irremplaçable. Nous avons chacun notre style de jeu et notre façon de jouer. Je suis arrivé dans un club qui venait de faire le doublé avec deux Brennus d’affilée, donc effectivement il y avait une pression plus grande par rapport à cela. Je ne voulais pas être le vilain petit canard. J’ai eu la chance de tomber dans un groupe qui m’a énormément aidé. Les débuts ne sont pas simples quand on arrive au Stade Toulousain : il y avait un contexte, un style de jeu, une façon de jouer… Je crois que tout le monde m’a aidé, m’a permis de m’épanouir et de trouver mes marques. Le jeu du Stade Toulousain s’est également transformé. A l’arrivée, ce n’était pas le même jeu qu’avec Albert. Il y a eu une transition, nous avons tous évolué. Par bonheur, nous sommes devenus champions d’Europe et de France en 1996 ! C’était parfait !

Tu as pleinement connu les deux rugbys : avant et après l’arrivée du professionnalisme. Pour toi qui a eu très tôt une activité professionnelle, la transition a-t-elle été difficile ?

Non, la transition après le rugby n’a pas été difficile pour moi. Je pense que c’était la bonne chose. Avoir une activité professionnelle à côté du rugby nous permettait de rester connecté en permanence à la réalité des choses. On se rend compte que maintenant les joueurs sont dans un cocon, cloisonné dans le milieu sportif, et le jour où cela s’arrête, c’est beaucoup plus difficile pour eux.
Il y a des gens qui ont eu le temps et la conscience de se dire que le rugby dure un temps et qu’il reste ensuite trente ans à travailler, et qui préparent donc leur futur. Et puis il y a ceux qui se laissent bercer par le côté sportif. On est dans une bulle, on nous cageole ici et là. Effectivement, le jour où cela s’arrêtera, ce sera très compliqué pour eux. Je crois qu’il y a de plus en plus de joueurs qui arrêtent et qui sont en difficulté derrière. Il y a une première mort comme on dit, la mort du sportif. Ce n’est pas évident et si à côté, en plus, on ne sait pas ce que l’on va devenir, c’est encore plus compliqué. Pour ma part, le jour où j’ai décidé d’arrêter, j’ai vraiment arrêté. Le lendemain, j’avais mon activité, je suis allé voir mon patron pour lui dire que j’arrêtais le rugby et pour lui demander quand je pouvais retravailler à plein temps. La transition s’est faite naturellement et toute l’énergie que je mettais dans le rugby s’est retrouvée dans mon activité. Cela m’a permis de continuer ma vie normalement. Après le piment des vestiaires manque forcément, mais ce sont des choses que l’on retrouve uniquement dans le sport et dans le rugby en particulier.

Quel est ton plus beau souvenir en tant que joueur ?

Mon plus beau souvenir, je crois que c’est la finale de Coupe d’Europe en 1996, quand nous sommes champions à Cardiff. C’était la première, je venais d’arriver au Stade Toulousain avec beaucoup de pression car je remplaçais Albert (Cigagna) et j’étais dans une équipe qui gagnait des titres depuis déjà deux années. C’était une nouvelle compétition, dans un milieu hostile contre Cardiff et à Cardiff. C’était une ambiance particulière. Pour mon premier titre collectif, c’est un souvenir magnifique. Tous les titres ont été beaux et chacun ont leur histoire mais c’est vrai que le premier a un goût particulier. J’ai fait les choses un peu à l’envers : avant d’être champion de France, j’ai été champion d’Europe. Je dois être l’un des rares dans ce pays, ou peut-être l’unique, à l’avoir fait dans ce sens-là.

Tu as été partie prenante de la première épopée européenne du club. Tout le monde se souvient de la finale remportée, mais on croit savoir que le premier match de l’histoire du club, en Roumanie, a également été mémorable ?

Nous sommes partis à l’aventure. Le transport avait été un peu compliqué, nous étions partis avec un avion roumain car il n’y avait pas de ligne. Nous avions eu quelques vertiges dans cet avion, tout s’ouvrait, les soutes… (sourires) C’était un peu atypique.
Arrivés là-bas, nous avions joué dans une ville avec un terrain gardé par des militaires, avec des chiens et des kalachnikovs. C’était un peu irréel. Mais toute l’épopée a été sympathique car nous avons découvert de nouvelles choses et c’était sympa.

C’était le tout début, on était les pionniers. C’est rigolo, car quand nous avons préparé la finale, nous nous étions dit : « C’est la première, il faut la gagner ! Ce ne sera pas la dernière, il y en aura sûrement d’autres, mais nous serons dans l’histoire ! »
La Coupe d’Europe continue et elle est de plus en plus belle. C’était nouveau dans le rugby, les matchs internationaux n’existaient pas. Le Stade était précurseur car il y avait une compétition appelée le Master à laquelle participaient les provinces galloises, australiennes… Elles étaient en avance par rapport à cela. Mais c’était la première véritable compétition officielle pour tout le monde.

Les joueurs de l’époque mettent énormément en avant l’amitié qui existait au sein du groupe dans ces années-là. C’était quelque chose de fort ?

Oui, c’était quelque chose de très fort. De toute manière, dans ce sport, il est nécessaire d’avoir ces valeurs d’amitié, de camaraderie, de respect et l’envie de se dépasser et de se « faire mal » pour son coéquipier. C’est un sport collectif. Personnellement, je suis tombé au sein d’une génération exceptionnelle à ce niveau-là. Nous sommes aujourd’hui toujours en relation et à chaque fois que l’on se voit, c’est un grand plaisir car nous sommes une vraie famille. Les affinités, comme dans la vie, sont plus ou moins fortes mais nous avons tous un profond respect les uns envers les autres.

Sans tomber dans le fameux « c’était mieux avant », une telle amitié est-elle possible dans le rugby actuel ?

Oui, je pense qu’il est possible d’y arriver. Mais c’est aux joueurs de se créer cette amitié et les dirigeants y contribuent aussi… C’est un ensemble de choses qui font que cela se met en place.

Aujourd’hui, il y a une équipe qui représente réellement cet état d’esprit, c’est La Rochelle. Les joueurs véhiculent ces valeurs-là, ils ont énormément d’envie, de respect et une soif de victoire. Cela fait plaisir à voir, c’est rafraîchissant, c’est mieux que de voir des joueurs stéréotypés et des environnements aseptisés.

Tu as remporté cinq titres majeurs avec le Stade Toulousain. Le premier a été spécial à tes yeux comme tu l’as dit, que peux-tu dire sur les quatre autres ?

Le premier a été la Coupe d’Europe, il y a aussi le titre de champion de France en 1996, puis celui de 1997 dans la continuité du doublé de l’année précédente. C’était le « quadruplé » (quatre Boucliers de Brennus remportés consécutivement) et nous sommes vraiment rentrés dans l’histoire à ce moment-là. C’était quelque chose d’exceptionnel. J’ai cependant un petit regret : je crois qu’à l’époque, les gens, et nous aussi en tant que joueurs, ne nous sommes pas rendus compte de ce qui venait d’être réalisé. C’est aujourd’hui, avec la pénurie de titres et le fait qu’il soit de plus en plus difficile d’arriver à cet objectif, que l’on se dit : « On y est allé quatre fois d’affilée ! ». Il y aussi eu les titres de champion de France en 1999 et en 2001 : c’était une autre génération qui s’illustrait, la mienne était en transition… C’était différent, le professionnalisme est arrivé. C’était beau aussi, mais il n’y avait pas le même noyau de joueurs. L’année où j’arrive au Stade Toulousain, je suis la seule recrue du club. L’année suivante, il y a deux nouveaux joueurs : Jean-Louis Jordana et Pierre Bondouy. L’effectif bougeait très peu, c’était vraiment un noyau de « potes » qui jouait ensemble. Etre amis et arriver au bout ensemble, c’est fantastique.

Tu as pris part à certains titres du fameux quadruplé de 1994, 1995, 1996 et 1997. Quel était le secret de l’équipe pour ne jamais être rassasiée ?

Je crois qu’il y avait un groupe qui s’aimait vraiment et qui était très compétiteur. Nous avions un entraîneur, Guy Novès, qui a su nous mettre des challenges pour nous motiver en permanence. C’était un éternel recommencement : nous étions là et savions qu’une carrière de joueur durait un certain temps et qu’il fallait en tirer le meilleur, en remportant un maximum de titres et en se remettant en cause constamment. C’est ce qu’a réussi à instaurer Guy (Novès), parfois avec des tensions, mais en étant toujours l’élément moteur par rapport à cet état d’esprit. Guy Novès, le lendemain d’une finale, nous disait : « C’était joli, mais si nous voulons y retourner, il faut se remettre au boulot demain ». Nous étions dans cette culture-là : nous étions champions et la semaine suivante, nous n’avions qu’une seule obsession, c’est d’y revenir. Je crois que quand on a « goûté » à des finales mais surtout à des titres, par bonheur je n’ai jamais perdu de finale, cela devient une drogue, on veut y retourner. Ce sont des moments qui passent très vite. Il faut l’avoir connu une fois pour se rendre compte de l’importance.

Tu as connu deux sélections avec le XV de France. C’est déjà un honneur, mais pourquoi pas plus ?

Pas plus car je n’étais pas dans les attentes des sélectionneurs qui étaient en place, il y a aussi eu des concours de circonstances… A l’époque, l’équipe de France ne fonctionnait pas comme aujourd’hui où il y a énormément de turnovers. Si l’on entrait dans les plans des entraîneurs, on pouvait atteindre vingt ou trente sélections en étant bon en club. Sinon, on pouvait avoir zéro sélection. J’ai participé au Tournoi en 1996, j’ai fait des tournées, je dois avoir quarante ou cinquante sélections avec l’équipe de France B ou A’.

J’aurai pu en avoir plus mais aussi moins. J’ai néanmoins le regret de ne pas avoir retenu dans un groupe participant à une Coupe du Monde. Si l’on peut appeler cela un regret… J’ai été tellement gâté par les titres remportés avec le Stade Toulousain que le reste est secondaire.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

A Narbonne, Francis Déjean représentait beaucoup de choses à lui seul et était craint. Au Stade, je n’ai pas connu de vrai tueur ou guerrier. C’était plutôt le collectif qui allait dans le même sens et répondait présent.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

J’en ai connu tellement au Stade… Un des joueurs les plus doués avec qui j’ai joué est Philippe Carbonneau. Il pouvait évoluer demi de mêlée, à l’ouverture, au centre, à l’arrière ou à l’aile, ou même talonneur, et il s’en sortait tout le temps. C’était un joueur très doué à tous les niveaux.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

Christian Califano. Il y a plein d’anecdotes à raconter sur lui, c’était le joyeux luron de l’équipe. Les moments drôles font partie de la vie d’un groupe et Christian (Califano) était quelqu’un de très moteur à ce niveau-là. Il avait quelque part un rôle. Que ce soit avant ou après les matchs, il y avait toujours un sketch. Une année, nous jouions contre Agen, nous avions fait un mauvais match et tout le monde voulait partir à la fin du match. Nous avons pris les transports en commun. Il y avait tous les joueurs dans le bus et Christian était au volant. Avec lui, il se passait toujours quelque chose.

Le plus râleur ?

Patrick Soula. Il râlait tout le temps.

Le plus ingérable ?

A nouveau Christian Califano, qui était ingérable mais dans le bon sens du terme, car il a toujours répondu présent quand il le fallait. En dehors du terrain, il savait être boute-en-train, déconneur et était le premier à faire des conneries. Mais humainement, c’était l’un des premiers à répondre présent. De plus, au niveau rugbystique, au vu de sa carrière, il ne s’est jamais trop manqué.

Parmi toutes les troisièmes mi-temps à fêter les titres, laquelle te laisse le souvenir le plus mémorable ?

Ces troisièmes mi-temps étaient parfois longues, mais elles étaient toutes belles. Le soir de la finale, il y avait la célébration avec les partenaires et avec les familles qui étaient sur Paris. A ce moment-là, nous étions heureux mais c’était vraiment le côté familial de la fête. Les dirigeants du Stade étaient présents. Nous arrivions ensuite à Toulouse le dimanche soir, il y avait les feux de Bengale… Tous les soirs de la semaine, il y avait quelque chose. Le vendredi qui suivait la finale, nous faisions la tournée des bars de Toulouse, avec un repas sur une péniche sur les Quais de la Daurade. On remontait ensuite vers la Place du Capitole et la Place Wilson. Cela durait toute la nuit. Nous partagions avec la ville : on partait avec le Bouclier dans Toulouse, les gens venaient… C’était des moments magiques et très respectueux. Il y a donc plein de soirées d’après-titre qui ont été géniales.

Après ta carrière, tu es devenu entraîneur à la Vallée du Girou où tu es resté pendant sept ans. Etre entraîneur, est-ce quelque chose que tu avais imaginé ?

Non, je n’avais pas forcément pensé devenir entraîneur. Je me voyais plutôt être éducateur, cela me plaisait bien d’être aux côtés des jeunes, c’est quelque chose que je voulais faire. J’ai passé mon diplôme d’entraîneur pendant ma carrière. J’ai eu une opportunité dans le village où joue la Vallée du Girou et où j’ai quelques amis, comme Alain Mondon, qui était dirigeant du club. Un soir de septembre où je m’ennuyais, il m’a dit : « Peux-tu m’aider pendant deux mois car je n’ai pas d’entraîneur ? » Je lui ai répondu : « Si cela te fait plaisir, je viens ! ». A partir de là, l’histoire a duré sept ans, avec de très bons moments. C’était une très belle aventure humaine, à laquelle ont participé beaucoup de joueurs issus du Stade Toulousain. Franck Bélot est notamment venu jouer une année. L’histoire est rigolote car lorsque l’on dispute la finale de Championnat en 1996 contre Brive, les cadets du Stade jouaient contre Castres ou Massy et ils perdent cette finale. Nous leur avons offert nos maillots à la fin du match. Cette génération de cadets, peut-être pour une raison affective par rapport à cette soirée, avait en partie arrêté le rugby, même si certains jouaient dans des clubs aux alentours de Toulouse. Quand je suis arrivé à la Vallée du Girou, j’ai récupéré deux joueurs qui était issus de cette équipe. Je me suis dit que si ce groupe était génial lorsqu’il était en cadets, pourquoi ne pas continuer de faire évoluer ces joueurs ensemble ? J’ai donc attiré une dizaine de joueurs à la Vallée du Girou qui étaient dans le même groupe en cadets au Stade Toulousain. Ils ont en quelque sorte « rajeuni » de dix ans et nous avons passé sept années fantastiques. Nous avons notamment progressé de la Division Honneur jusqu’à la Fédérale 1.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Je vis sur Toulouse depuis janvier 2017 et je suis directeur d’exploitation au sein de la société Fontanie, qui est une filiale du Groupe Eiffage Énergie. Je n’ai plus de contact avec les terrains de rugby, car cela devenait difficile pour moi professionnellement. J’étais revenu sur Toulouse et j’avais une activité en dehors de la ville, ce n’était donc pas évident. Maintenant que je suis en train de « me poser », je reviendrai peut-être dans le rugby dans un futur proche. Si cela arrive, ce sera vraiment dans un esprit convivial et affectif. Ce serait dans un objectif de plaisir, je le ferais uniquement par passion, avec en face de moi des gens passionnés.

Le mot de la fin ?

J’ai passé de très belles années au Stade Toulousain. C’est un club magnifique, pour lequel j’espère que l’avenir sera rose.