Coupe d'Europe

Au Stade la première manche

Coupe d'Europe

A Toulouse (Ernest Wallon ) - Stade Toulousain bat Glasgow Warriore 19 à 11 (mi-temps : 9-3)
Temps beau et frais ; belle pelouse ; 16.700 spectateurs environ. Arbitrage de M. Lacey (Irlande).
Pour le Stade Toulousain : 1 essai de Médard (42) ; 4 pénalités de Bezy (19, 37, 40, 64) ; 1 transformation de Bezy (42).
Pour Glasgow : 1 essai de Matawalu ; 2 pénalités de Russel (25, 54).
Stade Toulousain : Poitrenaud (puis Huget, 64) ; Clerc, David (puis Fritz, 59), Fickou, Médard ; (o) Doussain, (m) Bézy ; Harinordoquy, Picamoles (puis Maka, 73), Nyanga (cap, puis Dusautoir, 61) ; Maestri, Tekori ; Johnston (puis Pulu, 70), Flynn (puis Marchand, 70), Kakovin.
Glasgow : Hogg ; Maitland, Dunbar, Horne, Seymour ; (o) Russel, (m) Pyrgos ; Fusaro, Strauss (cap), Harley ; Gray, Narakawa ; Welsk, McArthur, Grant. 
Carton jaune : Russel (37)

C'est Glasgow qui prenait le meilleur départ dans la partie, en prenant possession de la moitié de terrain toulousaine. Un coup de pied à suivre était mal négocié par Médard, qui se retrouvait en infériorité numérique et perdait le cuir. Suivait une longue séquence dans les 22 rouge et noir, certes sans dommage, mais le ton était donné : l'équipe écossaise n'était pas venue à Ernest Wallon pour y faire de la figuration.

La première mêlée du match, cependant, était l'occasion pour le pack stadiste d'effectuer une véritable démonstration de force. Le ballon était ainsi récupéré, et le jeu ramené au milieu du terrain. Dès lors, les débats se révélaient équilibrés et le combat acharné. La partie était rythmée, agréable à suivre, même si aucune occasion d'essai n'était à signaler.

En raison de petites fautes ou maladresses (touche perdue dans ses 22, pénalité bêtement concédée), le Stade donnait cependant à son adversaire l'occasion de s'installer à nouveau en zone dangereuse. Et si la défense, bien en place, faisait bonne garde, on sentait bien qu'il ne fallait pas donner trop gratuitement des munitions à cette équipe britannique.

C'est sur mêlée, un secteur dans lequel les joueurs de William Servat avaient incontestablement pris l'ascendant, qu'ils récupéraient la première pénalité tentable de l'après-midi. Bezy ne se faisait pas prier et ouvrait le score (3-0, 19ème).
Voilà une bonne chose qui était faite, même si la vigilance, évidemment, restait de mise. En l'occurrence, il fallait un plaquage dévastateur de Maestri sur Strauss, le capitaine écossais, pour mettre un terme à un déboulé le long de la ligne de touche qui aurait pu se révéler très dangereux.

C'est finalement sur pénalité que Russel égalisait, à la 25ème. Il fallait bien convenir que cela n'était pas usurpé. Sans démériter, les Toulousains ne trouvaient pas de solution pour déstabiliser Glasgow et n'arrivaient pas à véritablement emballer la rencontre. Or, on sentait que c'était sans doute comme cela que l'on pouvait mettre à mal cette solide formation.
Les Warriors, justement, continuaient de dominer légèrement, bien aidés en cela par le remarquable jeu au pied d'occupation de Russel. Jusqu'alors, les Stadistes s'en tiraient plutôt bien, mais ils se montraient légèrement plus fébriles que leurs adversaires en certaines occasions, et incontestablement, l'emprise sur la partie était écossaise.

Peu après l'heure de jeu, les Rouge et Noir se procuraient une immense occasion, avec une percée plein champ de Médard, un relais intelligent de Fickou et une passe malheureusement mal maîtrisée par Imanol, qui aurait pu filer à l'essai. La séquence était superbe, et on ne pouvait que regretter sa conclusion, d'autant plus que, on l'aura compris, de telles opportunités n'étaient pas légion.
Mais au moins, cela semblait galvaniser les joueurs de la ville rose. Ile repartaient à l'assaut, obtenaient une pénalité et ajoutaient trois points, alors que Russel était exclu temporairement pour un plaquage plus que dangereux.

La fin du premier acte était dès lors très nettement à l'avantage des quadruples champions d'Europe. Mais en raison d'un manque de lucidité, ils n'obtenaient rien de mieux qu'une pénalité sur la sirène, ceci dit convertie par Bezy. Avec un score de 9-3 à la pause, tous les espoirs étaient permis, même si Glasgow n'avait en rien usurpé sa réputation d'équipe difficile à manoeuvrer.

La reprise intervenait comme dans un rêve : sur un ballon de récupération, Doussain adressait une merveilleuse passe au pied dans le dos de la défense et Médard, pourtant en retard au départ, était le plus prompt pour aplatir. Bezy transformait et le score passait 16-3.
Désormais sur de bons rails, les Toulousains continuaient sur leur lancée et réalisaient quelques mouvements d'envergure. A la 45ème, Russel retournait sur l'aire de jeu, suspension purgée, et on pouvait dire que le Stade avait su exploiter sa supériorité numérique.

D'un point de vue général, les hommes de Novès dominaient les débats. On les sentait désormais en confiance, mais un petit en-avant, à deux reprises, venait réduire à néant de très belles intentions. En face, Glasgow n'avait pas abdiqué et sur chaque possession, on sentait les Ecossais capables d'amener le danger. Sur une chandelle, d'ailleurs, Clerc s'en sortait admirablement sous la pression de deux adversaires.

A la 54ème, les Warriors réduisaient l'écart sur pénalité. Cela n'était pas dramatique, mais néanmoins, ces trois points étaient la conséquence directe d'une touche non trouvée par Doussain et qui aurait pu permettre de négocier un ballon à cinq mètres. Au lieu de cela, les visiteurs revenaient à dix points (6-16).

La partie, du reste, était très loin d'être jouée. Les Ecossais dominaient à leur tour, et quelques frayeurs venaient parcourir l'échine des supporters toulousains, à l'image d'un dégagement de Clerc contré dans ses 22, heureusement sans conséquence. A l'heure de jeu, les coachs ajoutaient du sang frais, avec les entrées de Fritz et Dusautoir. Cela n'allait pas être de trop pour contenir l'équipe adverse...

Mais à la 63ème, Nakarawa écopait à son tour d'un jaune, pour un faute d'antijeu caractérisée. Bezy, toujours aussi impeccable, ajoutait trois points. Dans la continuité, un maul toulousain se structurait sur les quarante mètres et emportait tout sur son passage. Dommage qu'une chandelle ait été tapée dans la foulée, car d'autres opportunités semblaient préférables. Mais en dépit de ce choix pas forcément heureux, la domination stadiste était totale, et on ne voyait pas comment Glasgow allait pouvoir revenir...

Mais la formation écossaise ne lâchait rien, et marquait un essai, sans doute entâché d'un en-avant. Cela était sans conséquence, car l'essai n'était pas transformé. Toulouse tenait sa victoire et avait privé les Warriors du bonus défensif. Mais il va sans dire que le match retour, samedi en Ecosse, sera décisif pour la suite.