Mag | Stade Français - page 18-19

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STADE TOULOUSAIN
VS STADE FRANçAIS
STADE TOULOUSAIN
VS STADE FRANçAIS
L’INTERVIEW
décalée
Imanol
Harinordoquy
Ton meilleur souvenir de match entre le Stade Toulousain et
Biarritz ?
La finale de 2006, parce que c’est sur ce match que nous sommes
champions de France. Après avoir perdu la finale de Coupe
d’Europe quelques semaines plus tôt, nous sommes parvenus
à nous remettre en selle et arriver au Stade de France contre
Toulouse. La première mi-temps est serrée mais la deuxième
nous réussit, grâce notamment à quelques combines que nous
avions travaillées. Une finale de rêve.
Ton pire souvenir de match entre le Stade Toulousain et
Biarritz ?
Je pourrais citer la finale perdue en 2010, mais ce n’est pas celle-
là. C’est en 2004. Je viens d’arriver à Biarritz et nous jouons à
Ernest Wallon. C’est le jour du mariage de ma grande sœur, et je
demande donc à ne pas participer à cette rencontre, parce que
pour moi, la famille est une chose très importante.
On me demande pourtant de jouer le match et c’est d’ailleurs
Serge Blanco qui m’a ramené pour rejoindre le mariage. J’ai loupé
malgré tout la cérémonie et surtout, nous avions perdu cette partie
que nous aurions dû gagner : un essai m’est refusé, puis l’arbitre
siffle une faute qui n’y est pas après la 80
ème
minute… Cédric
Heymans passe une pénalité des 50 mètres qui fait basculer le
score. C’est un match qui me reste en travers de la gorge.
De tes 82 sélections en équipe de France, laquelle reste la
plus mémorable ?
La première. Déjà parce qu’elle est inattendue, et ensuite parce
que je me retrouve titulaire face au Pays de Galles en 2002. Je
mesure l’écart qui me sépare du niveau international. Je me
revois encore à dix minutes de la fin, à quatre pattes sur le terrain,
tellement je n’en pouvais plus. Puis nous remportons la partie
avec un suspense incroyable.
Ça reste un super souvenir. Je ne savais pas s’il allait y avoir
une autre occasion de jouer en Bleu, et je me souviens avoir tout
donné pour ne pas avoir de regret.
Quel joueur valait-il mieux avoir avec que contre soi ?
Celui qui m’a fait le plus peur, c’est Soso Puleoto. Je me disais
qu’il était vraiment dangereux. Mais j’ai eu de la chance, parce
qu’il jouait dans mon équipe.
Quel est le joueur le plus fort que tu as côtoyé ?
Le joueur qui vraiment fait la différence quand il joue dans ton
équipe, c’est Dan Carter. Il a un don, il est en avance sur les
situations et voit immédiatement ce qu’il se passe. C’est un très
grand numéro 10. Et parmi les joueurs avec lesquels j’ai eu la
chance de jouer, dans le même style, pétri de talent et qui a
toujours un temps d’avance dans le jeu : Dimitri Yachvili.
Le joueur le plus drôle ?
Il y en a beaucoup, mais Fabien Barcella, certainement. On peut
dire que c’est quelqu’un qui sait mettre de l’ambiance dans un
vestiaire.
La scène de vestiaire la plus mémorable ?
En 2007, nous gagnons le Tournoi des VI Nations au Stade
de France. Quelques-uns se sont amusés à vider tous les
shampoings que nous avions en stock. Ça a rempli deux salles
entières et un couloir de mousse. On ne pouvait plus aller dans
les douches, on ne voyait plus rien dans le vestiaire !
Qu’est-ce qu’il te manque le plus de Biarritz ?
Honnêtement, pas grand-chose. Je rentre de temps en temps et
j’ai fait le choix de venir ici et vivre l’expérience à fond. Ce qui
me manque le plus, finalement, ce sont peut-être mes petites
habitudes…Mais c’est aussi pour les perdre que j’ai quitté Biarritz.
Maintenant que tu es Toulousain, quel est ton bon plan dans
la ville rose ?
Je n’en ai pas vraiment. Même si ça fait trois mois et demi que
je suis là, je me concentre beaucoup sur le sportif et je n’ai pas
eu souvent l’occasion d’aller en ville. Je n’habite pas loin de la
Pergola de Lardenne, je vais y manger assez souvent. Thomas
Fantini m’a bien accueilli. Et dernièrement, j’ai eu l’occasion d’aller
au Bibent. Je suis très admiratif de Christian Constant.
Ton dernier coup de gueule, en dehors du terrain ?
J’essaye de mettre beaucoup d’eau dans mon vin, notamment
dernièrement. Je fais en sorte de relativiser pas mal de situations
parce que je suis quelqu’un d’impulsif, d’assez fier et je peux avoir de
mauvaises réactions. Elles sont toujours présentes, mais je les avale.
Aujourd’hui, en dehors du rugby, peut-être dans mes affaires…
Mais là encore, j’essaie de faire passer les messages sans
forcément gueuler.
Quel était ton dernier long voyage ?
C’était à Tahiti. Je suis parti assez loin pour essayer de me poser
et de réfléchir à mon avenir. C’était la période où je devais prendre
une décision pour le Stade Toulousain. Ça ne m’a pas vraiment
aidé à décider
(rires)
! Je n’en savais pas beaucoup plus en
revenant, mais ça m’a quand même fait du bien.
Ton dernier achat ?
C’est cette chemise en jean que je porte.
Peux-tu nous parler du livre qui t’a le plus marqué ?
Je n’en ai pas particulièrement, mais je lis pas mal de bouquins sur
le vin, ça me passionne. En ce moment, je lis une œuvre japonaise
en plusieurs tomes, qui s’appelle Les Gouttes de Dieu, c’est écrit
d’une façon un peu originale.
Et ton film culte ?
The Game. C’est l’histoire d’un homme qui a tout mais qui pourtant
n’a plus goût à rien. Son frère s’occupe de lui faire un cadeau : il
met en œuvre tout un scénario en lui faisant croire que c’est sa
vraie vie. Il finit par sauter d’un immeuble en voulant se suicider...
sauf qu’il atterrit sur un matelas géant.
J’aime ce film parce qu’il est à l’image de ce que peuvent vivre
certaines personne à différents niveaux, et qu’il transmet un
message qui me parle : savoir apprécier le goût de la vie.
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