Communiqué officiel - François Cros
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Il est des joueurs dont le nom demeure attaché à un palmarès. Et il en est d’autres dont le souvenir raconte davantage encore : une époque, un territoire, une certaine idée du rugby et des hommes qui le servent. Christian Breseghello était de ceux-là.
Pilier solide et généreux, il avait rejoint le Stade Toulousain en 1979 après avoir découvert le rugby à Saverdun, sur cette terre ariégeoise à laquelle il restera toute sa vie profondément attaché. En six saisons sous le maillot Rouge et Noir, il dispute 131 rencontres officielles, participe en 1980 au dernier match joué par le Stade aux mythiques Ponts-Jumeaux, remporte la Coupe de France en 1984 et, surtout, entre dans l’histoire le 25 mai 1985.
Ce jour-là, au Parc des Princes, face à Toulon, Christian est de cette équipe qui rend au Stade Toulousain un Bouclier de Brennus attendu depuis trente-huit ans. Aux côtés notamment de Claude Portolan, Gérard Portolan ou Albert Cigagna, il appartient à ce pack qui incarne alors tout ce que le rugby toulousain porte de caractère, de solidarité et de détermination. Le titre de 1985 n'est pas seulement un titre supplémentaire dans notre palmarès : il marque le commencement d'un nouveau chapitre de l'histoire moderne du Stade Toulousain. Christian Breseghello en fut l'un des artisans.
Mais réduire Christian à ce Brennus serait oublier une part essentielle de ce qu'il était.
Car après Toulouse, il choisit de retrouver Saverdun et ses racines. Non pour tourner la page du rugby, mais pour continuer à transmettre ce que celui-ci lui avait donné. Engagé auprès de l'Union Athlétique Saverdunoise et de ses jeunes, il le fut également au service de sa commune, comme conseiller municipal durant plus de trente ans, notamment en qualité d'adjoint chargé des sports, et comme président de la régie municipale d'électricité.
Cette fidélité à sa terre disait beaucoup de l'homme. Christian appartenait à cette génération pour laquelle le rugby n'était pas un monde à part : il était une manière d'être au monde. On y apprenait l'effort, la solidarité, la fidélité aux siens ; puis, le moment venu, on rendait à son club, à sa ville et aux générations suivantes une part de ce que l'on avait reçu.
Aujourd'hui, avec la disparition de Christian Breseghello, c'est naturellement le Champion de France 1985 que pleure le Stade Toulousain. Mais c'est aussi un homme de racines, un homme d'engagement, un compagnon de notre histoire.
À sa famille, à ses proches, à ses anciens coéquipiers, à ses amis de Saverdun et à tous ceux qui ont partagé avec lui une part de cette aventure Rouge et Noir, le Président Didier Lacroix, l'ensemble des dirigeants, joueurs, salariés et membres du Stade Toulousain adressent leurs condoléances les plus sincères et les assurent de toute leur affection.
